CHAPITRE VII
Pt^bende donnée au collège le S8 juillet t591. Les Jésuites ligueurs et proscrits. Interrègne. Les régents. Vente par les éctievîns de la rue du Chaillou i réparations aux bâtiments du collège. Visite A taire par des délégnés pour constater les progrès des élèves. La chapelle. L«8 jésuites rentrent en France, 180S. Les échevins les réclament. Le duc et ia duchesse de Nevers obtiennent leur retour, 2t juin 1608. Traité entre les jésuites et les échevins, tl janvier 1007) ils obtiennent de rentrer dans la dotation du duc, dans tes revenus de la prébende, dans la possession des maisons et bâtiments du collège t ils obtiennent une rente annuelle de 1300 livres provenant de la constitution faite par plusieurs habitants eut profit du collège, les domaines du Coudrayi de Salnt>Antoine, etc., le tout libre, fNinc et exempt de toutes charges quelconques. Ils s'engagent â entretenir cinq classes de grammaire, humanités et rhétorique et ont la promesse qu'on leur fera bfttir une salle de déclamation, qu'on allongera l'église et y lyoutéra deux chapelles.
Les bénéfices assignés, en vertu du Concile do Latran, 1179, à ceux t|ui enseignaient aux onranls les principes de la religion et des sciences, turent le» premières prùbeades. On doit donc entendre
^igtr prébeode cette portion des biens de l'égUsv rathôdralû qui âtuil as&iguée è ua ecclésiasliquu & cunditioD qu'il rcmplirail ci>i'ltii»a^ foDctions. C'est le 29 juilliat 1591 qu'Aruaud Sorbiii, l'^vèque de Nevere, » Ji ht suppiicalioii des ôcbevius «ît procureur du fuit commun do la ville de Ncvers, et pour se conformer su décret du Coacila de Trente et aux ordonnances d'Orléans et de Dlois ». accorda une prébfDde au U. P. Alhanase. rôdeur du coll^go. Lo 14 août suivant, le Chapitre approuva cette donation. Quelques jour» après, lo incvcredt 21 aoQl, le P6ra Athanase tt remontra au Chapitre, iisscmhlé sOuà lo pr«?sidcnce de noble et scieritirK|uu personne Jf^un de RofTignsc, qu'il lui seroit fort incommode de recevoir [lar le menu les fruits dépendant de ladite prébende et lui demanda d'accorder certaine somme en remplacement. " Après avoir délibéré, lo Chapitre, H considérant que les fruits pouvoient valoir 40 écus (120 livres), offre de pBver 40 écus chacun an, par quartier, le premier quartier commentant le 1 janvier venant et ce si longuemi-nl que le R. P. Alhanase et ses successeurs s'cmployeronl h l'instruclton de ta jeunesse et si longuement que les vénérobles du Chapitre verront leur église et Chapitre pouvoir supporter ladite somme do 40 ecus par an, en faisant par eux déclaration de leur volonté trois mois avant l'année commencée, it
Cette offre fut acrceplée par le P. Alhanase. La prébende était bien donnée ou collège. L'accord du payement h faire en argent ne concernait que le Chapitre et le Recteur. De nombreuses diiVicuUés surgiront à ce sujet.
Tout en s'occupant sans relâche de politique, les jésuites voulurent se faire agréer à l'Université de Ptirts, Antoine Arnaud parla contre eux, en 1594, et loup reprocha d'avoir tenté à Nevers, par la confession et leurs sermons, do soulever les habitants contre Henri III en faveur de la Ligue. Nous ne savons po.s ce cjue tirent les jésuites è Nevers après lu formation de to Ligue ou Suinte Union, mais il est probable qu'ils soutinrent, comme certains théologiens à la solde des ligueurs, x qu'on doit déposer un prince qui s'acquitte mal de son devoir, qu'il n'y u que la puissance bien ordonnée qui soil de Dieu. >> Quoi qu'il en soit, nous savons que Henri IV devenu roi et catholique, envoya à Rome notre duc, Louis de Gonzague, pour obtenir son absolution du fiape. Louis de Gonzague qui, tout en étant très catholique, avait toujours été dévoué à celui qui était le roi légitime, n'obtint rien du tout. Catholique et royaliste, il prit cependant, h Nevers, le parti des Jésuites, mais eut le bon esprit de faire congédier, par le recteur du collège, plusieurs régenta, prédi-
Cateurs et confesseurs. Ces changemeuts de personnes n'amenèrent pas de changeinenl dans les e!>[jrits et l'uttental de Jean Chatel, estudianf au. collège des Jésuites, sur Henri IV, le 27 décembre 1594, fil accuser les Jésuites d'être les auteurs de ce crime et les fit chasser de France. Mulgrû l'appui du duc de Nevers, ceux du coltôga furent compris dans la proscription générale et obligés de se retirer au commencement de l'année 1595 (1).
Par suite de cet événement, le collège se trouva en désarroi et, chose curieuse, aucun titre n'est venu nous dire par qui les Jésuites furent remplacés. Tl est plausible de croire qu'on appliqua ,lo règlement dont parle Guy-Cofjuille dans ses Msmmres pour la Réformatiofi de CEtat ecclésiastique, règlement qu'il nous fait connaitre en ces termes :
t( Fust aussi statué qu'en chacune ville épiscopale sera dressé un (( collège pour l'instruction des jeunes enfans en la Doctrine chré- « tienne, es bonnes mœurs et es sciences humaines, selon que bon- (I nement faire se pourra. Chacun collège sera fourny de quatre (( régens, dont deux seront près très séculiers, les autres simples <( graduez ; l'un des prestre sera le principal maître recteur du col- <( lege; les quatre seront nommez et instituez par l'advis commun « de l'Evesqtie pour une voix, du chapitre de la Grande Eglise pour « une autre, et des eschevins de la ville épiscopale pour la tierce (( voix. Mais l'Evesque, avec deux de son [conseil, examinera les (I dits quatre régens tant sur la profession de leur foy que sur leur « doctrine hiimaino. Pour l'entretenieut dudit collège l'Evesque « fournira une prébende de son Eglise, qui dès lors de la première << inslit'Jtion demeurera admortie, et si les prébendes ne sont jà sa « collation, il fournira des bénéfices simples jusqu'à cinquante ({ escus de revenus, lesquels il unira perpétuellement au collège. Le « Chapitre fournira ou une prébende, si les prébendes sont à sa « collation, ou des bénéfices simples jusqu'à ladite valeur. Le Corps « de ville fournira et entretiendra le logis du collège, auquel tt y « aura chapelle, une salle pour le repas, quatre chambres basses n pour les quatre classes, et six chambres hautes avec cheminées « afln de loger les Principal et Regens et des enfans à pension. (I Chacun enfant pensionnaire payera cinq soh par mois, fors tes (I bien pauvres qui seront enseignez gratis. C'est presque conforme-
Il) parmenlier, ArchiDét ae -Verew, t,I, p, 312.
n cent à ce qui fut ordonné en un concile de Latran et sous Inno- « ceol III, in cap. <iiila nonntdUs au titre des maginfris es antiques <t où est dtt non seulement des Eglises cathédrales mais aussi des et collégiales et autres qui ont grand revenu. »
C'est seulement au commencement de juin 1597 que les échevina traitèrent avei Arnaud Renault, maitre es-arts, licencié en droit canon et chanoine de Nevers, pour la principalité des écoles. Moyennant un traitement annuel de 300 écus (900 livres) et diverses petites redevances, le principal se chargea de la nourriture, des gages et de l'entretien des régonts qu'il devait, au (iréalable, présenter aux échevins. Il (ut de plus convenu que le service divin serait fait & ia chapelle et que la philosophie serait enseignée dès qu'il y aurait des écoliers capables. On trouve alors comme régents : Jean Lecesue, prêtre ; Claude Eunerer, Guillaume Berthault et Gabriel Pierrot (1).
L'année suivante, afin d'employer la montant 'de la vente è la réparation du collège, la Ville vendit la rue du Ghaillou qui se trouvait entre la rue Creuse et la rue des Chapelains et tenait, d'un côté, à la rue Saint- Etienne et, d'un autre côté, à la rue Fonmorigny.
Ou bûtit alors trois classes (2), Le travail fini, la Ville nomma, le 30 décembre 1601, quatre délégués chargés d'aller, avec le procureur du lait commun, visiter le collège au commencement de chaque mois, s'assurer du progrès des élfevcs et se rendre compte de ceux qui ne se trouveraient pas en état de payer, afin de payer pour eux (3).
On joue des drames au collège depuis l'année précédente au moins, car on trouve dans les comptes de la Ville, à cette date, la mention suivante : Payé à Philippe Nolles, charretier, 10 sols par charrois de hay: et bois conduits au collège pour y faire des échaffauds alîn de jouer des tragédies (-i).
La chapelle n'est pas oubliée et, en 160i, le clocher est achevé. Aucun changement n'est survenu parmi les quatre régents que le
(i) Archives communale* de Xefsrs, CC 168 ei 244.
|S) IJcm, CC. t€0 et Idl. Clause Colas ust. régent do la première clause en 1601. Parmeolier cite, on 1602, Malhurin JaiUard, prêtre, Pomme un dca régenta.
(3) Parroentier, Arekieeê de Neeers, 1. 1, p. 314.
(4) Arehinei communales de Nevers, CC. 249.
principal nourrit et entretient, La situation reste la même pendant l'année scolaire du 1"' octobre 1605 au 30 septembre J606 (1 J.
Cependant, par suite de l'édit du mois de septembre 1603, les Jésuites étaient rentrés en France et le corps municipal de Novers avait demandé de suite leur retour à Nevers. Sans perdre de temps, les religieux adressent au roi une requête tendant à ce que les titres et papiers concernant les rentes et revenus dont ils jouissaient leur fussent rendus.
Le 30 avril 1604, un nouvel édît fit u mainlevée aux suppliants « de tous leurs biens pour en jouir du jour de ledit de leur réta- « blissemont et recevoir par eux les arrérages de leurs rentes non « reçues par les commissaires établis au régime et gouvernement c( d'iceux, et le revenu des immeubles autres que ceux desquels « vente et aliénation a été faits (2) ».
Charles !«' de Gonzague-Glèves, duc de Nevers, et sa jeune femme, Catlierine de Lorraine, tous les deux ullra-cstholiques (3), appuyèrent chaudement la demande des échevias de Nevers et obtinrent du roi, le 21 juin 1606, le brevet suivant :
(1 Le roy étant ô Paris, sur la très humble requête et supplica- « tton & luy faite par monsieur le duc de Nevers d'avoir agréable Il que le collège des Pères Jésuites, qui était auparavant les der- » niers troubles en la ville de Nevers y soît réinstallé pour le bien (( public et instruction de la jeunesse. Sa Majesté desiruut de grati- « fier et favorablement traiter autant qu'il luy sera possible mondit (( sieur le due de Nevers et inclinant h sa requête et supplication, a » accordé et a pour aggreoble que ledit collège des Jésuites cy det( vaut fondé en ladite ville de Nevers y soit rétabli à la charge ti toutes fois d'en faire rapporter les contrats et titres de fondation » et institution auparavant que d'en avoir autres lettres ni expédi- (( tions que le présent brevet qu'elle a voulu cependant signer de sa
IJJ Archites eommnnalet de Netiers, CC. 168.
(î) Il n'y a donc rioii de nouveau aujourd'hui. On a fait sous les rois ce qu'on rail.
(3) Tous les deuï 8'flssociôrcnt, te 10 octobre 1611, à l'ordra de saint François (Bécolletsl ; le ai juin 1613, â l'ordre des Cbartreui; le S mars 1616, & Tordre des Frères priJcUenrâ (Jaootiius, Dorai -licains), et. le Sî février 1618, à l'ordre des Carmes déchaussas,
« main et elre contresigné par moy son conseiller et secrétaire « d'Etat. Signé Henry, et, plus bas, Suse. »
Aussitôt ce brevet reçu, le Père Provincial arrive à Nevers et la Ville le fait traitop convenablement par rhôlelier de la Fleurde- Lys (1).
Les désirs des échevius ne tardèrent pas à être réalisés par l'acte suivant, signé le jeudi II janvier 1607 (2) :
(( Comme ainsi soit que deSunts très hault et très illustre prince H Monseigneur Ludovic de Gonzague, duc de Nivernois et Retel- <( lois, prince de Mantoue, pair de France, et Madame Henriette de \i Clôves, son épouse, ducliesse et princesse desdits lieux, eussent Il fondé en leur ville de Nevers un collège des prestres et escoliers « de la Compagnie et Société de Jésus et îcelluy dollé do deux mil « livres de rentes par contrats passés devant Cassard et Boreau, « notaires au Chastellet db Paris, le 26'' jour de septembre 1573 et u le 27* mai 1578 et que, depuis leurs décès, très hault et très il- H lustre prince Monseigneur Charles de Gonzague, duc de Niverti nois et de Retellois, prince de Manthoue, marquis d'Isle, pair de <( France, gouverneur et lieutenant général pour le roy des lieux et « pays de Champagne, leur fils, désireux du resta blissement et en- <( tretenement dudit collège, ayant obtenu de Sa Majesté la pro- II messe et consentement de restablir ledit collège sous la conduite Il desdits Pères Jésuites, comme il est prouvé par la déclaration de t( Sa Majesté, signée Henry, et, plus bas, Suze, en datte du 240 ti jour de juin 1606, et que pour ce faire et asseurer auxdits Pères M le payement et continuation de la rente de 2.000 livres, mondil « seigneur ayt passé procuration à aucuns des principaux officiers « cy après nommés et qu'ayant esté rapportés en assemblée générale (t des vingt-quatre conseillers de ladite ville de Kevers et autres no- « tables habitans d'icelle avoir esté estimé estre nécessaire d'aug- « menter laditte pension jusques à quelques sommes suflBsantes à Il ce que lesdils Pères sont tenus, par ladite fondation, nourrir et (I entretenir des hommes doctes de la qualité requise, tant pour (< l'instruction de la jeunesse que pour les autres exercices et fonc- « tions, et encore de remeubler ledit collège et de fournir ornemens
(1) Arcftioes communaleê de Ne fer s, CC. 259,
(2| Il y a plusieurs copies de oe traité, avec quelques variantes qui ne cban" gent en rieo le sena.
î'églîse et autres choses nécessaires, et pour ce faire il avait esté « conclu de rechercher tes volontés des particuliers habitants de fi ladite ville pour savoir ce qu'ils voudroient donner et contribuer i( tant pour l'augmentation de ladite pension que pour remeubler 0 ledit collège et icelluy restablir, estant demeuré presque tout « ruiné depuis l'absence des susdits Hères, Ce qu'ayant esté faict (i et ledit contract et stipulles desdits particuliers par losdils esche- H vins de laditle ville ou proËBct desdits Pèros de la Compagnie de « lesus et iceux communiqués auxdils Pores, après plusieurs cân- » férences et assemblées pour ce faire en la présence de Monseî- « gneur le duc de Nevers et les supérieurs de ladite Compagnie, « eux se ressouvenant des bienfaits qu'ils ont receus de mesdita « seigneur et dame, duc et duchesse de Nevers, et recognoissant « l'affection et bienveillance que Monseigneur te duc, leur fils, el « très haute et très illustre princesse Madame Catherine de'Lor- « raine, son épouse, leur portent, se seroient condescendus, de « l'advis du Révérend Père Général de leur Compagnie, de retour- « ner audit collège de Nevers, sous les clauses, promesses et obli- (( gâtions qui sensuivent et â cette fin ont esté, en la présence de « Madame Catherine de Lorraine, duchesse de Nevers, et de son « consentement, personnellement establis, nobles hommes Henry (( Bolacre, seigneur de Cigogne, lieutenant général au bailliage ot <( pairie de Nivernois; Erard Bardin, seigneur de Champagne, con- (( seiller maître des comptes de mesdits seigneur et dame et procu- H reur de leur domaine, et Guy Rapine de Sainte-Marie, conseiller « et maître des comptes de mesdits seigneur el dame, lesquels fon- (( dés de procurations spéciales de Monseigneur de Nevers passées Il & la Cassine te 11= jour d'avril 1606, pardevanl Honoré Morer et (t Hector Pilldde, notaires au duché de Relhelois, ont, pour et au « nom de Monseigneur, ratifié el confirmé la fondation faite par « mesdits seigneur et dame des Pères professeurs et escoJiers de la « Compagnie de Jésus en la ville de Nevers, avec la dottation de « deux mil livres de rente, consenlïz et accordé que lesdits Pères « soyent remis et restablis au collège de laditle ville de Nevers sui- K vant laditle fondation, et qu'ils entrent en possession réelle et ac- M tuelle du collège, dotlation des biens et possessions qu'ils y avoient (I du vivant de mesdils seigneur et dame, savoir :
n Premièrement, de la maison et baatiments anciens dudit collège n et autres qui ont esté acquises par mesdils seigneur el daiue pour i( l'accroissemeol «t adjancdmeni d'iceluy, plus le lieu de Nob-
H tange(l)t assis à Saint-Eloy, près Necers, consistant eo bastît( ments, pastures, bois et buissons que mesdits seigneur et dame <( leur avoient acquis et délaissez, et du tout jouir ainsi que de ia « rente et pension de deux mil lirres par an payables de quartier en « quartier par le Racepveur généra! de son pays et duché de Ni « vernois et Donzioîs, sur les provenances les plus claires, tant or- (( dinaires qu'extraordinaires, desdits pays et duché, lesquelles ils « ont, eo vertu dudit pouvoir, particulièrement et spécialement (i obligées, aflectées et hypotequées au payement de ladite rente îet « continuation d'icelle tant et silonguementquelesdits Pères seront a et demeureront audit collège; et outre lesquelles choses sera et (i demeurera aux dits Pères le recenu d'une prébende de l'église « cathédrale de A'crcrs, aHectée par les statuts (2) et ordonnances (t royaux au recteur dudit collège, selon la provision et collation (1 d'icelle prébende faite par feu Révérend Père en Dieu monsieur « messire Arnaud Sorbin, evesque de Nevers, au proÉBct du Père « Baptiste Alhanose, procureur de la Compagnie de Jésus, lors- « recteur audit collège, et encore pour tous ses successeurs audit « collège, par lettres di3 provision signées Cotignon, en date du «I 20 juillet 1591, laquelle provision Révérend Père en Dieu mon- " sieur messire Eustache Dulys, évesque de Nevers, a aussi con- (( senly, agréé et, autant que besoing seroit, confirmé au profficl « desdits Pères de la Compagnie do Jésus. Et, outre ce, ont esté « personnellement eslablis nobles hommes Guillaume Rapine de « Sainte-Marie, assesseur au bailliage et pairie de Nevers ; Jehan « Gascoing, grenetier au grenier à sel de Nevers; Jacques de Fa- « vardin, conseiller du roi et advocatû Nevers, et honorable homme « Vincent Bouzitat, marchand bourgeois, eschevins de ladite ville (i de Nevers, lesquels, suivant délibération de l'Hostel de ladite i( ville prise cejourd'huy malin, ont promis de paier ou (aire paiep « par advance chacun an aux Pères de ladite Compagnie, la somme « de treise cents Uores payable de quartier en quartier à commencer » au premier jour d'octobre prochain, des deniers provenant des « rentes et pensions constitJiées par plusieurs habitants de la cille au <t proffict dudit collège et dont lesdits esche%'ins bailleront estât aui « dits Pères, sans qu'ils soient tenus d'exiger particulièrement les
\\) On lit dans udq autre copie : plvi te lieu et métairie de Saint~Elo]/, prié Neter*,
(S) Idem : Iet taint» eoncilet.
(( dites rentes lesquelles lesdits eschevins ont promis et sont tenus
H de faire exiger et paier auxdits Pères par les mains du receveur
« qui sera, pour cet effet, choisy et nommé en ladite ville, et jusqu'à
K ce que ledit collège soit pourvu par ladite ville, ou autres per-
(t soîines à sa décharge et en contemplation dudit collège, d'autres
(( biens et revenus équivalents, liquides et qui ne soient point oné-
. u reux au peuple, auquel cas ladite rente de treize cents livres
(( cessera pour te tout ou partye, et au cas que lesdites rentes cons-
H tituées par les particuliers fussent éteintes et rachetées il sera, â
« la charge desdits eschevins et de leurs successeurs, fait emploi en
u autres rentes ou revenu pour fournir ladite somme de 1.300 livres
<i par an, pour laquelle ladite ville et communauté de Nevers de-
<e meurera obligée ; et encore lesdits eschevins délaisseront ,auxdits
« Pères le lieu et domaine assis au Coudrai/ et Saint Anlhoine ainsi
(i qu'ils s'étendent et comportent et qu'ils sont destinés pour ledit
H collège et dont ils ont promis faire jouir lesdits Pères. Toutes les-
« quelles choses ont esté approuvées et acceptées par le Révérend
(( Père Ignace Arnaud, Provincial de ladite Compagnie en la pro-
« vince de France, au nom et en vortu du pouvoir à luy donné par
« le Révérend Père Claude Aquaviva, Général de laditle Compa-
II gnie, assisté du Père Antoine Mesnage. de ladite Compagnie,
« pour eux et leurs successeurs audit collège de Nevers et, moyen-
« nanl ce, ont promis d'entrer au collège de Nevers et y faire com-
i( mencer l'exercice et instruction de la jeunesse et autres fonctions
« ordinaires et accoutumées en ladite Compagnie au mois d'octobre
« prochain venant, les bastiments estant en bon estai de logis et, à
« cette fin, y faire résider ordinairement nombre de personnes suf-
« fisantes pour en<re(en«V cmç classes de grammaire, humanités et
0 rhétorique, et pour l'esgard des bastiments dudit collège et appar-
(I tenances d'icelluy les eschevins ont promis de les faire reparer de
« moitié en bon estât (!}, selon le plan et dessin qui en a esté faict
« pour chacune des parties qui en a retiré une copye, et lesquels
« bastiments lesdits P6res seront tenus entretenir par cy après. El
a outre ce, ont promis lesdits eschevins de rendre audit collège
<i vingt chambres meublées dans le premier jour d'octobre, selon et
« à la manière que ceux de laditte Compagnie ont accoustumé
« d'avoir en leurs maisons et collèges, avec l'infirmerie, vaisselle,
(1) Sur certaines copies, les mois • do moitié • n'esiatenl pas.
n potterie, linges et autres roeubles nécessaires pour la cuisine du H dit collège (1) ; plus de faire délivrer auxdils Pères les meubles et ti ornements de la sacristie dudit collège que les Pères de ladite » Compagnie y laissèrent lorsqu'ils se retirèrent, et encore les livres (t et librayrie qui y etoienl lors, selon l'inventaire qui en a esté faict « et signé par le Père Baptiste Athanase, lors recteur dudit collège; « en outre ont promis lesdils eschevins de fournir aux frais néces- « saires pour le viatique et conduicte de ceux desdits Pères qui (( viendront audit collège pour une fois seullement. Â esté accordé (i que lesdits biens ctj dessus délaissés aaxdits Pères et autres qu'ils H leur pourront ci-après bailler, seront libres, francs et exempts de i( toutes tailles, emprunts, gabelles, impositions, droits d'entrée en (1 cille et toutes autres charges gtielconques et de queltjues qualités t< qu'elles soient, encore que, pour l'expression d'icelles il fut néces- (( saire de clauses spéciales et particulières, lesquelles lesdites parties « ont tenu pour bien et deuement spécifiées et exprimées (2), à ce que « lesdits Pères soient maintenus et gardés en leurs anciens privii( lëges et exemptions, car ainsy l'ont voulu, dit, fait, passé, con- « senti et accordé lesdites parties par devant lesdits jurés, promet- « tant ne contrevenir aux présentes, renonçant en ce fait expresse- (I ment à toutes choses généralement h ces présentes contraires et « meame au droit disant generalle renonciation non valoir si (une « ligne illisible).
« De quoi, nous Fiorimond de Bornes, chevalier de l'ordre du (( roy, maistre d'bostel ordinaire de sa maison, cappitaine, bailly et (( gouveroeor de la ville de Saint-Pierre-le-Moutier, et garde du « scel estably aux contracts de la prevosté dudit lieu, au rapport et u relation de Jehan Jarre et Nicolas Charpy, notaires jurés du roy, « nostre sire pour ledit scel, au nombre de six establis en la ville (c de Nevers, auxquels nous avons commis nostre pouvoir quant à « ce, le scel royal susdit avons faict mettre et apposer aux pré- « "Tseo tes qui furent fa ictes et passées au chasteau des susdits sei ff gneur et dame, audit Nevers, après midy, le jeudy onzième jour n du mois de janvier de l'an 1SÛ7, en la présence de madite dame « duchesse.
(1) L'ameublement t\ii payé 944 livres 9 sols 4 deniers (Arehioes commit* naleë de Neeers, GG. 170).
IZ) Ce paragraphe sera employé dana toutes les revendicatioBS, suppliques, mémoires et lettres des Jâsuites,
« Signé : Catherine de Lorraine, duchesse de Nevers ; Arnaud, « Anthoine Mesnage, Bolacre, Rapine, Bardîn, Rapine, Gascoing <( de Favardin, Bouzitat, Jarre el Charpy, jurés. »
Douze jours après, le 23 jsQvier, l'approbation du roi était oble ntie eo ces termes :
« Henri, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre, À « tous ceux <(ui CCS présentes lettres verrons, salut. Par notre Edil « du mois de septembre 1603, vérifié en notre cour de Parlement de it Paris le 12 janvier ensuivant. Nous avons, pour plusieurs bonnes, « grandes et importantes considérations à ce nous mouvant, permis « à toute ia Société des Jésuites de demeurer et résider en cettuy « notre Royaume et lieux contenus en notre dit Edït, et, par le « premier article d'iceluy, voulu que lesdils Jésuites ne puissent <i dresser aucun autre collège ou résidences eu autres lieux ou en- (1 droits de cettuy notre Royaume, Pays, Terres et Seigneuries de (I notre obéissance sans noire expresse permission, quoy faisant (f nous nous sommes voulus réserver le choix de l'établissement des I' dits collèges es lieux que nous jugeons être plus utiles pour notre « service, bien et commodité de nos sujets el parce que notre cher u neveu, le duc de Nïvernois et Rethelois, Pair de France, Gou- « verneor et notre Lieutenant général en Champagne et Brye, et (< les Echevjns, manants et habitans de notre ville de Nevers nous « ont très instamment supplié et requis leur vouloir octroyer leur i( rétablissement du collège desdits Jésuites en ladite Aille comme il « étoit cy devant, ayant jugé que ce collège etoit grandement utile (( pour nos sujets, tant de ladite ville et Pays de Nivernois que des u lieux circonvoisins pour être leurs enfants instruits conjointement « à la piété et bonnes lettres par lesdits Jésuites, Pour ces causes et « autres considérations 6 ce nous mouvans, désirant leur subvenir H en cet endroit, Nous avons permis, accordé et octroyé, et de nos « grâces spéciales, pleine puissance et autorité royale Permettons M et Accordons que lesdits Jésuites puissent se remettre et rétablir « dans le collège qu'ils evoient cy devant en notre ville de Nevers « pour y instruire la jeunesse comme ils font es autres endroits oit (( ils sont jà établis, et faire les autres fonctions do leur profession t( conformément â notre dit Edil, et afin qu'ils puissent s'entretenir « honnêtement on nous servant et le public, Nous leur avons per- (( mis et permettons par ces présentes, outre la jouissance de ce quy « leur avoit été cy devant donné par feu nos très chers cousin et « cousine le duc et duchesse de Nivernois et qui leur a encore de
(( nouveau été confirmé par notre dit neveu, leur flls; ils puissent u accepter )es fondations des biens meubles et immeubles ou autres (( qui leur seront Faites par notre dite Ville, légués et délaissés par <( nos sujets tant en général qu'en particulier pour l'entretenement H dudit collège. Le tout néanmoins sous les expresses charges et u conditions par notre dit Edit du mois de septembre et non autre- «t ment. Si donnons mandemitut à nos amës et fcaux mailre des H requêtes de notre hoslel, conseillers de nos cours souveraines, H bailly de Saint-Pierre-le-Moutier )>
La précipitation des échevins de Nevers ne leur permit pas de peser mûrement les ternies du traité que leur duc et leur duchesse leur firent signer avec les Jésuites et causa plus tard bien des ennuis moraux et pécuniaires à la ville de Nevers. Us accordèrent tout ce qu'on leur demanda.
Ils accordèrent de plus, comme nous allons le voir tout h l'heure, de taire bâtir un corps do logis dans lequel il y aurait une salle de déclamation, d'allonger l'église et d'y ajouter deu.x chapelles (1). La classe de déclamation reçut les soins les plus assidus des Jésuites; c'est là qu'ils excitaient l'amour-propre de leurs élèves, qu'ils les habituaient aux expressions fines de la conversation, qu'ils leur donnaient cet esprit si catholiqueraent fourbe et charmeur qui devait leur faire prendre dans la société un rang et un pouvoir néfastes.
Par contrat du 3 août 1607, passé devant Micaut, notaire au duché, et accepté par Guillaume Rapine de Sainte-Marie, Jacques de Favardin et Vincent liouzitst, échevins de Nevers, honorable homme Jacques Bailezy, procureur pour Monseigneur le duc en sa ville et chatellenie de Moulins-Engilbert, et dame Anne de Saint- Vincent, sa femme (2), donnèrent 75 livres tournois pour êtra employées & l'augmentation et fondation des bâtiments des Pères de la Compagnie de Jésus » en leurencien collège de la ville de Nevers « pour l'instruction de la jeunesse en la piété et bonnes lettres suî- « vaut la permission donnée par Sa Majesté (3) ».
(1) Arehieei c9*nmunales de Neeers, CC. 266,
(l) A cause do sa femme, Jacques Bailezy était 1« beau-frère d'Etienne OecoloDS, licencia es lois, avocat au bailliage de Nivernais, demeurant h Nevera.
(3) Met Astes des Notaires de HoitUns-Engilbert. Les 75 livras tournois données val&ient ft peu prés 700 francs.
Mais, avant de nous occuper de la Iransformalion du collège, parlons d'abord, aTm de ne pas trop nous embrouiller, non seulement de Saint-Antoine et du Coudray donnés aux Jésuites par les les échevins, le 11 janvier 1607, mais aussi des rentes souscrites parles particuliers.