CHAPITRE VIII
H6pital Saint-Blalse appelé Hôpital Saint- Antoine. Trois éeus d'or dûs à chaque mutation d'évëque. Difficultés avec le Chapitre. Procès avec le curé de Challu^. Commanderies et lépt^series, 1884, 1872. Chevaliers de Saint-Lazare. Dépossession des Jésuites. Correspondance. Arrêt en faveur des Jésuites. Désunion des maladeries et léproseries, 1893. Correspondance. Les Jésuites prétendent être curés et ne font dans la chapelle aucun service religieux. L'évéque déclare, le 15 février 1724, que les habitants reconnaîtront réglise Saint-Sauveur pour leur paroisse. Domaines de Saint-Antoine et du Coudra^ i baux, fermages t pavillon et colombier de Saint- Antoine, Rentes aouscHtes par les particuliers.
L'hôpital de Saint-Biaise, vulgairement appelé hôpital de Saint- Antoine, était situé hors de la ville de Nevers, sur le grand chemin de Paris à Lyon, et servit primitivement de maladrerie.
C'est après l'année 1569 qu'il est utilisé pour la retraite des pauvres qui ne pouvaient se rendre à l'hôpital de Saint-Didier, soit à cause de leur lassitude, maladie ou infirmité, soit parce qu'ils arrivaient en ce lieu lorsque les portes de la ville étaient fermées,
La maladrerie de Saint-Antoine, comme celle de Saint- Lazare, fut érigée par Herman, évoque de Nevers, lors du rétablissement du chapitre, en 840, suivant le cartulaire de ladite année où se trouve celte phrase :
« Hospilum denique loca duo instîtuimus non longe a civi- H tata, unum ad pauperes suscipiendos, alterum ad nohiles undique (( confluentes tara ex noslro proprio quam ex nonis el decimis « ejusdem ecclesias ».
Ces établissements ont été confirmés par un cartulaire de l'année 888 intitulé :
« Privilegium Garoli régis de omnibus abbatiis etcerlibus eccle- {( sias Nivernensis (1).
<1) Comme seigneur de Challuy, le chapitre de Nevers était eeigneur de l'bOpital de Saiat-Aatoine et dépendanceB.
L hôpital de Saint-Antoino étail administré par les (irftqncs da Nevers qui y établirent des recteurs. Les nombreuses roconaais- «ances de directe» bordeliëres et cen&iTières que j'ai lues l'indiquent clairement.
Irobert de lu Plaliôrc, évètiue de Nevers, ayant fuit bfttir un colombier à Saint-Aotoine, il y eut, & cause de cette construction, le 16]"' ■"î:^. une Iransnition entre l'évêque et le c!i»pitre. nu
sujet t^ ' , i ice et seigneurie de ce colombier. L'évêque s'ctbligea h payer au chapitra uq cens annuel de 10 sols et 3écus doré chaque mutation d'évôque. La valeur de ces trois écus d'or, qui était alors de 9 livres 15 sols, fil naitro plus tard de nombreuses 'discussions entre le chapitre et les Jésuites.
A la suite d'arrôls, en date de.»» 28 février vi 2S.st!pti>mbre 1569, intervenus surdJRicultiîis entre Gilles Spifame, (ivêque do Nevers, et les Echevins et Administrateurs de l'Hotel-Dieu de Saint Didier, de Nevers, les revenus de Saint-Antoine durent être oniptuyés, comme ceux derUûtel-Dieu. â la nourriture des pauvres •• et provision ac n cordCe aux administrateurs i>.
Plus tard, par une transaction du 23 décembre 1580, psssûo devant le notaire Brisson, les Echevins et administrateurs du l'Iiôtol- Dieu de Saint-Didier accordèrent à M. Sorbin, évéque de Nevers, " lo jouissance des maisons et revenus de l'hôpital de Saint-Antoine, •' appartenances d'icelui, pour y exercer la charité ot hospitalité « requise et que chacun attend que ledit seigneur fera pour le bon « tele et affection chrétienne qu'il a envers les pauvres et ce par Il forme de précaire seulement durant sa vie, sans que celte jouis- <i âancQ puisse tirer à conséquence pour ses successeurs ni préjudi- « cier à leurs droits. »
l'ar une antre transaction, du 11 ftivrîer 1606, sur l'exposé que les revenus de l'Hù tel Dieu étaient augmentés, les Echevins et Administrateurs dudit Hôtel- Dieu, d'accord avec l'évêque Sorbio, décidèrent que les revenus de l'hôpital Saint Biaise, dit vulgairement Saint-Antoine, seraient einpioyéa h l'établissement et entretien des Pères Jésuites que les habitants de la ville avaient le désir d'avoir ô Nevers pour l'instruction do la jeunesse, c à la réserve toutefois « des cens, rentes, bourdelages dépendant dudit revenu et du droit « de dixme de Neultable assis en la paroisse de Luthenay, du Il dixme de la Creoze assis en la paroisse de Sainl-Parize, et du I' dixme du Vernay en^ta paroisse de Ghalluy et Sermoise, et du Il pré appelé le pré Lévôque assis derrière les bâtiments et cour du •• dit Ssint-ÀQtoiue contenant à croître 20 à 25 chartées ou environ.
i< tenant au grand chemin ailaul de Nevers au Pont Carreau, u d'autre k une rue allant dudit grand ehcntiu au village des! (( Bruèrcs, lesquels sont réservos nudil seigneur rêviirend (évèque) (1 pour lui appartenir et deojeurer à lui et à ses successeurs fran- (I chement et sans charges et 6 condition touiefois qu'avenant que u les Pères Jésuites se départissent du gouvernement dudit collège. Il et instruction de la Jeunesse, chacune des parties rentrera en 0 inèmos droits que de présent es maisons, rev9nus et biens dudit <• Saint Antuiny )>.
Cette réserve allait à plus de 400 livres de revenu, et ce qui était abandonna pour le collège valait plus de 500 livres. Il parait que ces deux transactions furent passées sons que le doyen de l'église Aa- Nevers fut appelé à y prendre part, ce (]ui amena des contestations < assez aigres.
Par acte du 15 février 1608, l'évèque, Eustache de Lys, abandonna le pré Lévèque aux Jésuites qui jouissaient alors de Saint- Antoine et (* ont fait les services en lo chapelle le jour de Saint-Ao- (I toine, auquel jour il y a grande aflluance de peuple et y ont re(;u Il les offertes tout ainsi qu'auparavant le faisoit l'évèque Sorbin qui Il y alloit lui-même ou y envoyoit son aumônier »,
Bien installé», les Jésuites, par le R, P. Jacques Saillant, recteur du collège, déclarent aux échevins que, par leur contrat de fondation, ils sont entrés en possession des lieux et domaines du Coudray — j'en parlerai sous peu — et de Saint-Antoine, mais qu'on leur avait promis i< de réparer et mettre en bon état, en faire jour lesdtts « Pères franchement et e.tempts de toute taille, impositions, etc, et (( encore meubler le collège... que les échevins n'ont pu faire lesdites « réparations... »
Un accord se fait alors le 30 juillet 1608 ; par cet accord, les Je- i suites s'engagent à faire faire toutes les réparations nécessaires' moyennant 1.400 livres, qui leur seront payées la moitié comptant, l'autre moitié six mois plus lard.
Nous verrons en temps et lieu les difficultés soulevées par lea Jésuites à propos des impùls ; disons de suite que la ville finit par consentir que, en ce qui concernait la taille imposée et à [imposer Bux fermiers, il sera fait un extrait du taux payé par les métayers ou fermiers dans la paroisse d'où ils venaient et que, dans le cas où ils auraient été augmentés, la ville payerait la différence. Premier pas funeste dans les concessioDS.
Le 25 janvier l&)9, le vénérable chapitre de Nevers délégua auprès des Jésuites deux de ses membres, Michel Cotignon et Claude
Corop&re. pour leur «faire enlendre que la chapelle et hôpital Saint- « Biaise, vulgoiroment appelé hôpital Saint Anthoitie, ensemble « tout la circuit et pourprts d'iceluy dans lequel est bôti un colom- M bior en fond, est situé et assis en et au dedans de leur terre, jus- II tice et seigneurie de Chaluy, lec|uel colombier aurait esté bâli du « temps de défunt R. P. en Dieu messire Jehan Bohter, vivant f< evesque de Nevers (1), avec la perniissioii dudît chapitre, ô conu dition qu'il leur seroit payé à chaque inutaliùn d'ûvôque la somme « de 3 écus d'or sol et encore la somme de 10 sols de cens par an au « profit de leur prévôté de Chaluy, ainsi qu'il appert par acte du « 16 juillet 1513 tînire messire Itiibert de la Platière, évêque de « Nevers, et lesdits chanoines, n
Les deux députés s'étont mis d'accord avec le R. P. Saillant, recteur du collège, celui-ci reconnut aussitôt « tenir el portera titre (* de cens portant lots et ventes, du vénérable Chapitre de Nevers, M pour et au profit de sa prévôté de Chaluy, ledit colontbier b&ti en Il fonds dans la cour du pourpris dudit hôpital Saint Anlhoine les et Nevers, dans lu totale justice dudit vénérable Chapitre, sous la (I charge de 10 sols de cens payables chacun au le jour et fôte de la « Purification de Notre Dame, et avec ce lui payer à chacune mu- « tetiou d'évèque audit évérhé de Nevers la somme de 3 écus d'or « conforinéiiient à la transaction susdite. i>
Ces 3 écus d'or sol firent naître entre les Jésuites et le Chapitre, surtout après le départ de Guillaume d'Hugues, le 4 août 1571, de nombreuses discussions qu'il vaut peut être mieux faire connaître de suite,
Le Chapitre prétendit toujours que la valeur des écus d'oraol devait augmenter à proportion de l'augmoatation des monnaies ef, en conséquence, il exigea dans un temps 15 livres ; dans un autre, 15 livres 15 sols ; dans uo autre, 18 livres, et, après le départ de Guillaume d'Hugues, 30 livres. La quittance du chanoine Chaillot. pu 12 janvier 1572, portait : (( Ladite somme à raison de 3 écus d'or <i par chaque mutation et au cas que les 3 écus d'or valent plus ou Il moins, sauf à répéter ou ft rendre. »
On ne trouve nulle port, dirent les Jésuites, que les 3 écus d'or aient été évalués à 30 livres, mais au contraire à 15 livres jusqu'à la
It) Johan Bohier mourut le 30 juillet 1512. Imbert delà Platière, doyen de Neverx depuis H88, lui succéda. C'est, d'après plusieurs litres que j'ai dit cidessus, qu'il t^vmt fait construire le colombier en question.
t( 2^ Un srrôl du Grand Conseil qui nous nisiulienl en possession <( jusqu'à leltros d'union;
n 3° Letlres patentes du roy portant l'union, rériliées au Grand « Conseil
H GiBAULT. «
Ce qui se passa depuis cette lettre nous est connu seulement par la lettre suivanlo du Père Pallu, on date du 20 février iGTfj :
» Mon Révérend Père, « Pax Christi,
<( J'ai receu l'exploit que R. R. ma adressez touchant la taxe du V clergé. N'en failles aucune composition cela tirera conséquence. « Pour respondre à vos doutes ('/), suivant vostre arresl tous bjisti- « menls vous appartiennent. Je dis suivant vostre orrest car il a été « faii par une petite malice. Vous n'aurier. pas eu les bastimenls de (I Saint Anthoinc suivant l'Edil, mais j'ai fuit tourner t'arrest d'une <( manière qu'ils notiit ont exté (ittrihtiés. Pour ceux du Goudray. dont <( je no scais point la situation, je me persuade néaiitmoins qu'ils « sont dans un lieu SL'paré qui n'estoil point un hospital mais qui (I appartenoil ft l'hospilal, Suivant l'Edit ils sont à vous car l'Ordre t( n'a du réserver que la sole des malades et ce qui y esloil joint. « Comme néantmoins cela pouvoit passer en fonds, le moins quo « vous puissiez prétendre c'est la moitié.
« L'article des charges déduites uniquement, tellement que
« le partage doit estrodu revenu ou du fonds par moitié et sur leur « dite moitié i!s doivent porter toutes les charges à la réserve de la « réparation dos baslinients qui nous sont l'éservés. Vous n'ovoz « point do droit sur ce que possède Tevesque. Si loutctTois l'Ordre V inquiète M. l'Evosque il faudra m'en advertir rnv peut estre qu'oR^ <i pouroit pescher en eau trouble, mais prenez garde que dansrost; « trailté vous ne faciez aucune mention, au contraire tous y pouvez (' insinuer le droit commun pour les uns et pour les autres on cas H qu'il se trouve quelque article appartenant à la ranladiTrie (jui t( n'eusl pas esté pMrlagé sons rien désigner. Vous n'avez point de *( droit de repeter vos voioges à Saint Pierre le Moustier ny vos « frais si ce n'est quil y eut un procès el une instance réglée cor " pour lors les dépens su poiwronl pur coluy qui sera rondaniné. t( Votre déclaration à M" du l'Orrlre est bonne pour leur dire di»s i< partages cntfc vous b l'amiable mais s'ils veulent vous traduire « pour faire la..... parles rogtcs ils en sont en droit, s'ils vous mo>
« lestent mandez-le moy. On pourra peut estre traiter avec l'Ordre n mais i! (sut auparavaDl establir ce qui lui appartient, prenez Il garde de n'y point laisser comprendre les bestiaux h
Il ressort de cette lettre que, dans l'aHairâ de Saint Antoine, l'ordre de Saint-Lazare fut joué par les Jésuites qui se firent allouer, outre les bâtiments, ta moilié des propriétés ot des 'revenus (1). De plus, les Jésuites, toujours mendiants, s'adressèrent aux échevins, le 29 août 1677, pour être dédommagés de la perle du revenu que le roi leur avait tait subir. Ils obtinrent 80 livres de rente annuelle.
Quelques années plus lard, par édit et déclaration du roi des mois dt! mars et août 1693, les maladreries et léproseries furent désunies de l'ordre de Saint-Lazare et unies aux hôpitaux établis avant le mois de mars 1693. L'article 11 de l'Edil portait :
t( Ne seront pas compris en la disposition de l'édît les unions dos H maladreries et léproseries à des hôpitaux ni celles faictc-s depuis « 1561 à des séminaires et collèges |Mur leur fondation et établisse- « ment ou par augmentation de charge. »
Les Jésuites ne perdirent pas de temps, la lettre suivante écrite par le Père Goyet, à Paris, le 29 août 1693, le prouve suffisamment :
V Mon Révérend Père,
« Il n'y a encore que deux jours que deux avocats de cette ville Il de Nevers me disoient qu'en conséquence de l'Edit du Roy nous " estions rentrés en possession de la moitié de nostre hospital sans » qu'il fust besoin d'autre procédure. Mais j'ay mieux aymé vous Il en écrire, c'est pourquoy je vous envoyé par le Père Bigot, qui « partit hier par le carrosse de Moulins, les pièces que vous m'avez i< demandées, au moins toutes celles que j'ay pu trouver qui nous «1 serviraient dans nostre attaire.
u La l'^'" est la coppie collationnéo do la transaction entre Mon- Il seigneur l'Evesque de Nevers, MM. les Eschevins, MM. les Récit teurs de l'Hôpital de Saint Didier et le collège pour l'union du " revenu de l'hospital de Saint Antoine au collège du 11 février Il 1606.
« La 2^ une coppie collationnée du troisième contract de nostre
(t) Il y eut partage entre les ckevaliera et les Jésuites. {Voir la lettre du 80 octobro 1693)
<i fondation par lequel les Eschevins de la ville de Nevers donn nèrent au collège pour partie de la fondation le revenu de lliospi- " tal de Saint Antoine qui lous estoit destiné. Ce contractde nostre " fondation nons servira ou pourra nous servir à un autre usage " savoir pour la grosse affaire dont je vous parleray cy après (1). (' La 3* est un arrest du Grand Conseil qui fust donné pendant le (' procès que nous eûmes contre les relligieux de Saint Antoine de Il Vienne qui nous voulaient faire déguerpir dudit hospital. A cette " occasion le Grand Conseil ordonna que nous représenterions les '.' lettres d'union par Sa Majesté dudit hospital de Saint Antoine au « collège.
« La i* est un autre arrest du Conseil en parchemin qui ordonne « que ces lettres d'union seront enregistrées.
« Enfin la 5" sont les lettres patentes d'union dudit hospital au <( collège dans lesquelles vous trouverez et sur le replis, les lettres '< ont été enregistrées.
« On me dit que cela sufSsoit
(( Il faut souvenir s'il vous plaist :
« l** Qu'il n'y a que la moitié du revenu de l'hospital dont nous « ayons été dépossédés, l'autre moitié nous ayant été conservée.
<( 2" Que la moitié qui nous a esté ostée est encore entre nos « mains à titre d'accense ou de ferme n'estant pas possible de faire « valoir lune sans lautre.
'( '.\" Que tout le revenu de l'hospital dont nous jouissons fait '< partie do la fondation du collège, comme il est porté sur le con « Iract de fondation.
« Lo pfcrc Bigot arrivera à Paris mardi ou mercredi »
Le même écrit de nouveau, le 20 octobre 1693 :
« L'ovcs(|ue Arnaut Sorbin en nous donnant le revenu de l'hos- (< pilai Saint-Antoine s'en est réservé quelque partie, entre autre « les bordclages et autres droits. Ainsi il faut conclure seulement à (( lu restitution de la moitié qui nous a esté ostéo pour être donnée <( aux Clievaliers ou, si vous voulez, h la totalité du revenu tel que « nous le possédions avant la désunion ou tel qu'il nous a esté donné « par l'cvesquo et les eschevins ; or je ne suis pas tenu de scavoir « ce <jue l'ovosquo s'en est réservé en nous le donnant, cest assés
(1) Voir lo biou de l'IIeriuittaifO.
<( qutf je scache ce qui nous a eslé donné et vous le verrez par le
(' portage qui a esté fait entre les Chevaliers et nous, par lequel il
<« paroist qu'il estoil eschau pour leur loi trois pièces de terre, nca-
41 voir un champ de 28 quartelées ou environ, un autre champ da
H 3 quartelées et un autre pré d'environ 11 charlées do foin. Or ce
H sont ces trois morceaux qui nous ont esté ostés el que nous rede-
i< roandoDs. n
Le 5 février 1694, un arrêt du Conseil maintient les Jésuites en la possession de la maiadrerie de Saint- Antoine (l). Doivent-ils continuer alors à toucher la rente de 80 livres que leur avait accordée la Ville ?
Il faudrait pouvoir 'consulter les registres des délibérations du Corps de ville pour arriver à répondre à cette question, et ce pouvoir ne m'appartient pas. Toutefois, nous verrons qu'une délibération du 18 mai 1733 constate qu'ils juuissatent do cette rente encore à cette date,
Ud sieuF Mahaut, fermier depuis neuf ans d'un domaine situé aux Chaumes de Loire et aijparlenant aux Sa?urs do la Charité, jouissait, à cause de ce domaine, d'uo pré joignant celui des Je suites et dans lequel il fallait absolument passer k n'ayant nî chemin ni rue pour charroyer le foin des Sœurs »; se Ironvant gôné dans sa jouissance, il se plaint, et, en 1720. les religieuses usent de papier timbré avec les Jésuites qui, eux, ne se gênent avec personne. Je le prouve de suite.
Le 15 février 1724, <i Charles, évoqua de Nevers, informé de " l'embarras des habitans et manans de l'enclos et métairies de (I Saint Antoine par rapport aux exercices do paroisse, parce que « les Pères Jésuites du collège, qui prétendent être curés, ne font « dans la chapelle de Saint Antoine aucune instruction nî même « d'office publique sinon trois ou quatre fois par an, ordonne par « provision et sans aucun préjudice au principal que lesdits manans « et habitans reconnaîtront l'église de Saint Sauveur pour leur pa- « roisse comme étant la plus proche et le sieur curé de Saint Sau- « veur les regardera comran ses véritables paroissiens. »
(1) Les raaJadreries de Ouain, Saint- Péravl! le, Saini-Eloy, la Marche (?) et [Saint-Lozare furent réunies à l'Uàtel-T)i&u de Novers pararrèts du Conseil des iSS juin el 22 décembre 1696. L'Hûl«I-Dieu se pourvut au Cecseil pour rentrer |dans le revenu de la maiadrerie de Saint- Antoioe. Il oRiot, le 15 décembre
170?, un arrêt lui permettant de Faire fissigner l'Evéque de Nevers et les Je-
suites, mais je ne vois pas qu'il ait eu gain de cause.
Si )a chapelle de Saint Antoine avait donné des protits dox Jé-
suiteii, ils ne l'auraient certainement pas délaissée.
Voyons maintenaDt, d'après les baux et autres actes, ce qu'étaient les domaines de Saint-Antoine et du Coudray. N'oublions pas qu'à Saint Antoine il y avatl chapelle, pavillon et métairie.
Le 18 septembre 1644, le R. iP. Jean Gosseraent, procureur du collège, afferma à Pierre Pautrat, demeurant à Saint Antoine, le papillon de Saint-Antoine, avec le verger, cour et ce qui en dépend, à la réserve de ce dont jouit le fermier. Le bailleur retient la moitié des fruits des arbres <i que le preneur fera cueillir après avoir averti ledit R. P. pour assister à la cueillette si bon lui semble. Le preneur plantera dans le verger une douzaine de sauvageons pour anter. « La présente accense est faite moyennant 20 livres par an tant ot si lonjitemps qu'elle durera. »
Dans ie fermage du 26 mai 1675, fait par Jacques Eroery, procureur du collège, ô Pierre Gouneault et à Jean Georget, manœuvres aux Claaumes de Loire, paroisse de Saint-Sauveur, pour six années commençant à la Saint-Jean-Baptiste prochaine, les désignations sont plus explicites. L'acte dit en effet :
« Ledit pavillon hors la métairie, avec le jardin y attenant, ré- H serve au R, P. une chambre avec les aysances d'icelle dans ledit « pavillon pour s'y retirer avec ceux du collège quand ils iront au (( lieu de Saint Antoine. " Le prix reste à 20 livres par an.
Ce bail ne dura que trois ans et fut fait, par le même procureur, le 18 mars 1678, avec les indications suivantes :
i( Ledit pavillon consistant en quatre chambres ô feu, grenier, (I cave, tout ainsi ou'il se comporte, réservé le rolombicr de ladite « maîgon et une chambre chaque jour el ffite Saint Antoine; plus est <i accensé le jardin, ouche à chenevît^re tenant ô la maison, aisances ti et appartenances, le tout pour six ans è Claude Dubois, Jean Peli> lin l'ainéet Jacques Dumonceau, vignerons, moyennant 33 livres n par an h (1}.
Entre temps, les Jésuites achètent, le 5 mai 1679, de Charles Cariiuantran l'aîné, marchond ti Novers, un pré porlaiU revivre, appelé Je Pré de la Forest, contenant cinq charretées de foin ou environ, situé proche et derritre la chapelle de Saint Antoine, moyen-
nant huit vingt livres tournois (160 livres) et sous les charges réelles et foncières « si aucunes sont dues, n'en ayant jamais été payé aucune chose n.
Quoique se disant toujours très gênés, les Jésuites, par le R. P. Charles de Larmoyé, recteur du collège, acquièrent de M" Gaspard Arvillon, avocat en parlement, un pré portant revivre, avec une pièce de terre < renfermée en iceluy », appelé )e Rompis et vulgairement le pré Berthelot, contenant, le pré 15 charretées de foin ou environ et la terre 3 quartelées ou environ, assis en la paroisse et justice de Sermoise, derrière la maison de la Renarderie, tenant au pré Trésorier appartenant au collège, chargé de i deniers de cens, suivant la coutume de Bourbonnais, envers dame Magdeleine de Villaines, veuve de messire Edme de la Barre, seigneur de Bréviande, messire Jean de Chantelot, soigneur de la Chaize, et dame Gabrielle de Villaines, son épouse, seigneur et dames de Sermoise, demeurant â Nevers.
Ces personnages, le 12 octobre suivant, consentirent à 'ce que les i deniers de cens, payés autre/ois par des laïques, fussent changés en <10 SQÎs tournois de cens « è cause de l'indemnité qu'ils auroient pu prétendre ou que l'acquéreur eut à leur donner un homme vivant ou mourant u.
Jusqu'à cette date, je n'avais rencontré aucun document se rapportant au domaine de Saint-Antoine, et ce ne fut que fort longtemps après que je pus être enfin fixé (1),
Jean Autour, fermier du lieu de Saint-Antoine, est obligé, le 25 juin 1738, de vendre aux Jésuites une pièce de terre de 17 quartelôes moyennant 340 livres, sur lesquelles il devait :
Au Père supérieur du séminaire.
Au Procureur du séminaire
Au Recteur du collège pourpris.
Pour semence de petits bleds. . .
125 livres.
85 livres.
67 livres 17 sols 6 deniers.
25 livres 11 sols.
Total... 303 livres 8 sols 6 deniers.
(1) Lo 9 juillet 1723, !e pôrn Louis de Villelte, procureur li a collège, et Louis Penauille, charpentier, constatont ainsi les réparations à foire aux Mlîraents des domaiDoa du collège de Nevoi'» ; l^à l'ôglise de Saint-Antoine et bâlimenta en dépendant, reprise et couronuement d'un pilier butant liors de l'église, en pierre de taille; rôtabliasement de la couverture du colorobier; deux fêtièrea d'augmentaiion k la grange et enduire tous les murs desdits église et bàtitaantB, estimé tlO livres, etc., etc.
Le règlement de cette affaire se fit te 3 juillet 1739, mais les Jésuites le firent saisir l'aoncesuivatite pour feule dopaycmenl, Jeanne Lapertot, domestique d'Autour, faitoppcsilion aux saisies. Le papier timbré pleut de tous côtés. £niin, le 25 juillet 17-K), Michel UoirûD, entrepreneur d'ouvrages, demeurant à Novers, paya au R. P. Georges Brisson de l'iaguy, recteur du collège, 152 livres 19 sols, dont 138 livres 11 sols 6 deniers pour principal de la créance et le reste pour intérêts.
Le 16 février 1760, le R. P. Gil-Jean François Juhel, procureur du collège, afferme pour neuf ans, è Josepli Maillot, laboureur, et h Françoise Guichard, sa femme, le lieu et domaine de Saint Antoine, consistant en bâtiments de métayer, la coliére et les pigeons qui y sont, le papillon de maître, prés, terres labourables, patureaux, aisances et appartenances, y compris les terres acquises cy devant par le collège de Jean Autour et sa femme, i< sans réservo outre Il qu'il sera laissé aux R. P. d'occuper une des salles du pavillon « quand ils iront audit lieu ou leurs préposés et encore qu'ils auront Il la liberté de détruire ledit pavilloD ou de le réparer, d'en jouir ou X de l'accenser à qui ils voudront, mais alors ils fourniront au fer it mier un cellier audit lieu et en outre le fumier qui proviendra de Il la volière appartiendra aux R, P i>. Le droit d'usagf dans la forêt d'Usseau est compris dans le présent bail (1). Les preneurs devront faire tous les cbarrois nécessaires pour les réparations du lieu de Saint Antoine, ils conduiront le pesseau et charnier ôla vigne de la Perrière des R. P., fagots et sarments et la vendange de la môme vigne en la maiaoQ du collège, ils fourniront un homme et une charrette à bœufs pour aider à serrer la vendange des vignes de Garchizy des R. P. à la vinée dudit lieu, ils conduiront à deux charrettes le charnier en ladite vigne de Garchizy pour le tiers conjointement avec le métayer du Goudray et celui de l'ilerniitage, ils conduiront de même le tiers du vin de Garchizy eu collège, les charniers et les poinçons aussi par tiers et feront par an 40 toises de fossés dans tes lieux les plus nécessaires du domaine de Saint Antoine. Le présent bail fait moyennant 400 livres par an payables on deux termes, Ô la Saint Marlin d'hiver et le i"' mai. u Les preneurs (* donneront aux R. P. six bons dindons, trente-six pigeonneaux
(t) Ce droit avait étii accordé aux Jésuites, pourSaiot-Antoioe otio COndrAy, par le duc, le i avril 1G4T, sons ta prestation snDUolla de S daiiierH, 1^ forêt d'Usseau était coniprlto dans la cbeteU^olo de CbfttMunouf-cui^Ailier.
(t dans le lemps que les R. F. (es dciiiunderonl, un charroy de foin, M huit gerbes de gluy chacun au rendu conduit au collège quand « les R. I*. le demanderont. Payeront de plus au soigneur do Ser- « moise, chacun an, deux boisseaux d'avoine, pour droit do blairie, H à cause du revirre de ta prairio des Noues, dans laquelle les R. P. *«> ODt te droit de faire pacager leurs bestiaux, n
Le Coudrai/.
Lb domaine du Coudray. situé jadis dnns la paroisse de Ser>moise et aujourd'hui dans la commune de Cballuy, fut donné, en mâme temps que Saint-AntoiDO, aux Jésuites qui entrèrent en possession le 1" octobre 1607.
Nous avons ru, à propos de Saint-Antoine, que, les écbevins ayant promis do faire les réparations nécessaires et ne les ayant pas faites, il fut convenu, le 30 juillet 1608. que les Jésuites se chargeraient de cette besogne moyennant 1.400 livres dont la moitié leur serait payée comptant et le reste six mois plus tard. Cet accord disait de plus ;
« Quant aux impositions des fermiers, la Ville ne s'est engagée n 6 rien autre qu'à exempter lesdils domaines des impositions la M concernant mais non de celtes concernant le roi. Pour le payedi ment de la taille qui a été et sera imposée aux métayers du Cou- « dray, Saint Antoine et Saint Eloy, il sers fait extrait du taux que n les métayers payaient dans la paroisse dont ils sont sortis et que, « dans lo cas oii ils auraient été augmentés pour lesdits domaines. Il la Ville payerait la différence. «
Les Jésuites, imposés pour le Coudray, laissèrent, selon leur habitude, couler l'eau sans rien dire, puis réclamèrent et enfin firent h lo Ville dsA poursuites qui amenèrent, le 22 septembre 1650, un traité. Passe entre le R. P. Hichard Poignant, recteur, et le R. P. Léon Lelobvro, procureur du collège, d'une part, et les écbevins, d'autre part, co traité règle que, pour les impôts du Coudray, de Saint-Antoine et do SaintEloy, depuis 1638 jusqu'au dit jour, et pour les frais faits à ce sujet, la Ville devait aux R, P. 1.800 livres qui seront payées à raison de 400 livres par an.
Diflérenls baux à métairie sont faits jusqu'au 26 novembre 1652, jour oti le fermier reconnaît tenir à titre de cheptel: 8 grands bœufs do trait, 2 taureaux de trois ans, 2 taureaux de deux ans, 5] vaches
mères garrnês de leurs suivants môleset femellosdo l'aonéo. 3aiitres vaches, I cavale sous poil gris avec 1 poulain sous poil noir d'un an, 1 poulain venant à un an sous poil noir, 3 truies figées de deux ans avec 6 petits cochons d'un mois, 4 corhons d'un »n ou environ. Le dil cheptel s'élevonl au prix el somme de iAXi livres.
Dans un dossier de pièces fort mélangées, j'ai trouvé, sur une r^uilte sans date, les intéressants renseignements qui suivent et qui m'ont paru se rapporter au domaine du Coudray :
i grands bœufs de trait, estimés la paire 280'. 5fi0' » »
i autres bœufs de trait, estimés la paire 240'. 480 d »
4 taureaux tirants, estimés J[50 livr. la paire. .^CX) i> » 2 taureaux de deux ans, esliinés SOlîvres. . .. 80 " »
5 vaches garnies dont 4 sont garnies de leurs veaux de l'année, Bslimée chaque vache
garnie 75 livres 300' i
et l'autre vache garnie d'un veau \ 380 "
et prête ô mettre bas 80 '
2 taures do trois ans, estimées chacune 50'.. 100 » >>
2 juments, l'une garnie d'un poulin de 'deux ans et l'autre d'un poulin d'un an, estimées les deux 23 pislotes 230 » >t
2 poulins de trois ans, estimés 100 >> -
60 brebis, estimées la paire 7 livres 210 *) »
5 brebis garnies de leurs agneaux, estimés 4'. 20 ii i>
Tous les harnais do labourage, consistant en 2 charrettes garnies de leurs essieux de fer et 2 mauvaises charrues garnies de leur fer, et 8 jougs et 4.. ., estimés le tout 120 » »
Total.
Le 11 novembre 1664, Jean Joliveau, manoeuvre de la paroisso d'Aglan, vend aux Jésuites du co]l«>ge, R. P. Martin Claire, recteur, el Jean Grossemau, procureur, stipulants et acceptants, une pièce de terre de deux boisselées, sise on lu paroisse d'Aglan, et une autre pièce de terre de la môme contenance, sis au village du Coudray paroisse do Sermoisc, tenant au chemin par loquol on va de Nt-vers au Petit Coudray, fr.inches et quittes do toutes charges, moyennant 20 livres tournois « qui viendront en à compte sur une ohligolion t( de 85 livres IS sols que le vendeur a souscrite aux acquéreurs )\.
Une note indiqnc qtie>, le R juillet 1669, R. P. Pierre LefoftT
3ur du collèee, occense pour six uns, h niaitro Robert Verger, praticien & Nevcrs, le domaine du Coudray et celui de Saint Antoine.
Les Jésuites s'arrondiaseot de ce c6lé comme des autres.
Le 21 avril 1720, Robert Bidault, moitre boucher à Nevors, leur vend HD prt} portant n'vivre, sis au Coudruy, appelé le pré Dancares et contenant deux clmrretéos de foin ou environ, tenant bu pré des acquéreurs, moyennant 160 livres ot 30 livres pour les épingles.
Maître Guillaume Goby, sous lieutenant de la compagnie des gardes do Monseigneur le duc de Nevers, et dame Claude Durand, 8» femme, leur vendent, lo 30 mars 17H1, lo petit champ du Coudray de cinq boisselées de terre, tenant de soleil levant h une rue qui vient du Champ Regnault su village du Coudray, moyennant 33 livres.
Les Jésuites possédaient au territoire des Boulaizes. près le Coudray, deux prés qu'ils tenaient sous l'annuel bordelage de 3 sols 4 deniers, 1 boisseau avoine, mesure du Marais, et une poule, de messire Euslache de Cliory, baron de Grenan, seigneur du Marais, Gimouille, Aglan et autres.
Renies aouitcrite» par les partir uUers.
Le traité du 11 janvier 1607 dit que les échevins ont promis de payer aux Pères Jésuites la somme de 1.300 livres provenant des deniers des rentes constituées par plusieurs habîtanls de la ville de Nevers au profit du collège, Ces rentes furent augmentées de 400 livres, en 1611, par la Ville, pour l'entretien d'un professeur de logique.
Par un acte du 26 septembre 1621, les échevins, autorisant les Pfrres Jésuites â acquérir le domaine de l'Hermitage, consentent k l'aliénation de 200 livres de ces rentes, ce qui tait qu'ils « ne seront K plus tenus de garantir ie payement que de 1.500 livres par quar- 6 lier et par avance, chaque quartier de 375 livres ».
A la suite de divers arrangements constatant l'aliénation de 28 livres 2 sols 6 deniers de rente, il fut stipulé, le 15 novembre 1623, que la rente totale ne serait plus que de 1.471 livres 10 sols 6 deniers. Quelques jours après, le 23 novembre, un remboursement do 33 livres 15 sols réduisit la rente à 1.438 livres 2 sois 6 deniers.
— iU —
Enfin, par une délibération du 19 juin 1641. il fut constaté que la dotation ne s'élève plus qu'à 1.336 livres 10 sols et qu'il est dû aux Jésuites une année et demie.
J'ai pu retrouver la trace de vingt-neuf de ces renies. C'est peu, i saD3 doute, mais je me tais un véritable plaisir d indiquer le montant de chacune d'elles avec les noms des donateurs et ceux des héritiers de ces donateurs, héritiers qui se firent parfois tirer l 'oreille pour s'acquitter de leur dette.
tivTis eoit ilraien
Par h.h.Antoine de Berault, marchand gantieràNevers. 48 fi » (Sur cette vente, il fut remboursé 3 livres en 1621.)
Par h, h. maître Léonet Jolly, notaire royal, et Marie Maulgain, sa femme, le 30 octobre 1606 5 u »
Par Antoine de Hérault, flls, receveur du taillon; racheté à i8 livres 3 » it
Par maître Claude Gentil, procureur à Nevers, et dame Claude Blanchet, sa femme 3 15 06
Les donateurs eurent pour fiHe : Antoinette Gentil, femme de M. Claude Deméru, d'où vint : Jean Démeru, avocat, lequel eut :
Cécile Deméru et Françoise Deméru, femme de M. Claude Regnard, qui, poursuivi par les Jésuites, fut condamné, le 30 octobre 17C^, è reconnaître cette rente. Ses héritages, hypothéqués engarantie, furent vendus ; 1" à maître Jacques Panseron, sieur de la Moussière, conseiller et garde marteau de la maîtrise des eaux et forêts de Nevers, et à dame Ursule Millin, [sa femme; 2'' à dame Marie Louise de la Grange d'Arquian, comtesse de Bélhune; 3° aux dames religieuses de Notre Dame de Nevers, [ce qui suscita des procès qui durèrent jusqu'en 1720.
Par n. h. et sage maître Erard Bardin, seigneur de
Champagne. 18 15 »
(Cotte rente fut cédée ô l'hôpital de Saint-Didier pour 300 livres.)
A reporter.
Une*
sols .
^^t Par maître François Mauloourry
^^B (Rachetée par son fils Etienne, avocat,)
^^P ParJeau Pascnullet Jcann<? de Monlfort, sa femme..
^^Ê D'eux vint : Dauphine Pascault, qui épousa Jeau Bcr-
^^^K Ihelot, d'oi'i sortit :
^^^^^^^a Gabrielle Berlhelut, femme de Charles Guynet,
^^^^^^^1 DOlaire, lesquels eurent :
^^^^^^^1 Charles Guynet que les Jésuites poursui-
^^^^^^^' virent, en 1637, pour avoir payement.
^^^^ Par n. Pierre Dufour, écuyer, sieur de Villars, con-
^^^^B seiller et maître des comptes, k Ne vers
^^^^H II eut pour lit^ritier : Louis Diifour, écuyer, sieur
^^^^^ft^^ de Villars, d'où vint :
^^^^^^b Marie Dufour, femme de Jacques Forestier,
^^^^^^^1 seigneur de Villars, lesquels eurent :
^^^^^^^1 Jucques Forestier, curé de Mars ;
^^^^^^^1 Gabrielle Forestier, majeure ;
^^^^^^1 Pierre Forestier, mousquetaire du roi;
^^^^^^^B Hélène Forestier, mineure, qui, tous les
^^^^^^^K quatre, furent assignés par les Jésuites,
^^^^^^^B le 30 septembre 1680, pour payement]
^^^^^^^1 de cette rente impayée depuis l'année
^^^Hp
^ Par maître Claude Bredeau
^^Ê Par maître Guillaume Bernard et Claude Bourgoing,
^^K sa femme
^^1 Par maître Jacques Marquet, avocat, et Antoinette
^^M Marion, sa femme
^^P Par maître Michel Lardin, orphèvre (sic)
^K Par Guy Rapine, sieur de Boisvert
^^^^^ Dans un procès intenté par les Jésuites, on trouve
^^^^H que Guy Rapine et Hélène Guichard donnèrent, le
^^^^H 3 novembre 1606, pour le collège, une renie de
^^^^H 3? Ucres 10 sols et qu'ils eurent :
^^^^^^^> Marie, femme de M, CoilSer;
^^^^^^B A reporter
livns sols
niers
Report 271 08 »
Odette, femme de M. Florimond Rapine ;
Jacquette, femme de M. Charles Litaud, d'où François Litaud,
et Henry, sieur de Boisvert, qui, le 15 mars 1654, donna à son neveu, François Litaud, sieur de la Planche, tous ses biens à l'occasion du mariage dudit Litaud avec demoiselle Claude Dupuy. Les Jésuites poursuivirent François Litaud, devenu lieutenant particulier au bailliage de Nivernais, pour avoir payement de la rente. Celui-ci répliqua que, sa mère étant encore vivante, il n'était pas son héritier. Les Jésuites lui firent observer qu'en sa qualité de donataire d'Henry Rapine il possédait la terre de Boisvert qui était hypothéquée et que, de plus, sa mère lui avait abandonné tous ses biens. Ils impliquent dans le procès Gabrielle Brisson, veuve d'Henry Rapine ; Pierre Rapine, conseiller du roi en ses conseils d'Etat et Privé, seigneur de Fourcherenne, procureur général au bailliage et pairie de Nivernais. Le 15 septembre 1607, noble Florimond Rapine, seigneur de Sansy, conseiller du roi au présidial de Saint-Pierre-le- Moùtier, avait fondé, au profit du collège, une rente de neuf livres sept sols six deniers, ra- 9 07 06 chetable à 150 livres. La terre de Boisvert arriva à Pierre Rapine, seigneur de Fourcherenne, comme héritier de son père Florimond. Cette terre était .hypothéquée en garantie de la rente et Pierre l'ayant vendue à François Litaud, elle a conservé l'hypothèque. Complications sur lesquelles je ne suis pas renseigné.
Par maître Jean Brisson, avocat, et Antoinette Mosnier, sa femme 18 15 »
Par M. Edme Dollet (rachetable à 100 livres) 6 05 »
A reporter 305 15 06
""•* *"'* Di^f
Report 305 15 06
Par maître Pierre Henry, élu du Nivernais 6 05 »
(Rachetable à 100 livres.)
Par M. Claude Varque et Françoise Moquot,safemme. 3 » »
Par demoiselle Marie de Mesangarbe, veuve de Gaspard
de Brienne 9 07 »
Elle fut rachetée moyennant 150 livres par Simon le Maréchal, sieur de Corbet, et René de Lanty, écuyer, héritiers de ladite demoiselle. Cependant je remarque, dans le détail des. rentes remboursées pour l'achat du domaine de l'Hermitage,
une rente de 7 10 »
fondée par défunte demoiselle Marie de Mesangarbe. Y a-t-il confusion entre les deux rentes?
Par n. Louis de la Chasseigne, seigneur d'Uxeloup et
de Rosemont 18 15 »
Cette rente fut remboursée au principal de 300 livres, le 11 janvier 1667, par Jacques Munerat, laboureur en la paroisse de Jaugenay, mari de N... de la Chasseigne.
Par n. Jean Desprez, sieur de Torteron 9 07 06
Le donateur, prévôt de Fa maréchaussée de Nivernais, ayant épousé Françoise Dubrocq, il eut : Jean Desprez, contrôleur en la maréchaussée de Chàteau-Chinon, dont la femme, Madeleine Delaporte, était veuve en 1632, ayant eu : Madeleine Desprez, femme de Pierre de Nourry, écuyer, seigneur de Turigny, laquelle fut assignée par les Jésuites pour avoir payement de la rente ci-dessus.
Par n. Anne Desprez, seigneur de Charly, commissaire ordinaire des guerres à Nevers, et Marthe Duche-
min, sa femme 12 » »
II n'existait plus en 1632 et avait eu :
Anne Desprez, qui épousa M. Claude Prisye,
A reporter,,.,. 371 19 »
Im» «1. ^
Report 371 19 »
médecia à Nevers, auxquels payement fut réclamé.
Par Anne Desjours, veuve de Pierre Desprez 5 08 »
(Remboursable à 90 livres.) Us eurent :
Marguerite Desprez, femme de François Dechamps, d'où :
François Dechamps, conseiller et élu en l'élection de Nevers, mari de Jacquettede Vaux, d'où :
François Dechamps, seigneur de Champcourt, mari de Catherine le Bourgoing, d'où :
François, seigneur de Champcourt ; Gaspard, seigneur de Bussy ; Madeleine, femme de Florimond
Bardin, sieur de Limonnet; Catherine, femme de Jean Bré chard, sieur de Bernay.
Marie Desprez, femme de Louis de Druy, seigneur d'Avril-les-Loups, d'où :
Erançois de Druy, seigneur d'Avril-les- Loups, qui, par acte du -4 décembre 1682, reconnut ladite rente, conjointement et solidairement avec François Dechamps, mari de Catherine Le Bourgoing. L'un des deux racheta sa moitié.
Par (Remboursable à 80 livres.) 5 » »
Le 24 'juillet 1666, Jacques Marandat, marchand à Nevers, et Catherine Vincent, sa femme, furent condamnés à payer cette rente depuis le 14 février 1656. Le procès avait duré dix ans.
Par maître Claude Damond l'ahié, marchand à Nevers. 3 » » Celte rente fut reconnue par maitre Marinier, notaire, et demoiselle Thereze Damond, sa femme,
A reporter 385 07 »
deniers
lirm lois
Report 385 07 »
veuve de maître Jean Sabourin, seigneur de Nanton. En 1680, Marie Uamond, petitefiUe du donateur, était femme de Pierre de France. La rente fut réduite à 1 livre 10 sols parce que l'autre moitié fut remboursée, le 24 février 1706, par M. Dollet, conseiller à la pairie de Nivernais, et Catherine Damond, sa femme.
Par n. Etienne Pernin 9 07 06
Par Guy Cotignon, chanoine de Nevers 33 15 »
(Cette rente fut vendue aux Ursulines.)
Par dame Marie Marion, veuve de feu M 18 15 »
Par Droin Millin et Catherine Richard, sa femme ? ? ?
Droin n'existait plus le 10 avril 1627, époque à laquelle ses biens furent partagés entre ses enfants, savoir :
Jean Millin, marchand à Nevers; François Millin, mineur en 1627; Gabrielle Millin, femme de Jacques Panseron, grenetier au grenier à sel de Nevers. Ellle n'existait plus en 1627 et avait eu :
Françoise et Jacques Panseron.
Jeanne Millin, femme de Jean Carpentier, marchand à Nevers, lesquels eurent :
Jacquette Carpentier, femme de Barthélémy Chapelain, d'où :
Jacquette Chapelain, femme de Jean- Baptiste Langlois de la Provolière, demeurant à Decize.
Claude Carpentier, qui eut :
Claude Carpentier, écuyer, sieur de la Tuilerie, lequel fut poursuivi par les Jésuites, le 7 février 1681, comme héritier de son bisayeul maternel Droin Millin.
(A mitre) Victor QUENEAU.
Aménagement et Conservation des Eaux
Notre si dévoué collègue de la Société Académique du Nivernais, M. A. Mazoyer, ingénieur en clief des ponls et chaussées, dont tout le monde apprécie à juste titre la haute compétence en tout ce qui concerne l'hydraulique en particulier et l'ogricutlure en général qui lui est intîniement liée, invité par M. le Président de la Société d'Agriculture du Cher à examiner un rapport de M. de Grossouvre. ingénieur en chef des mines ô Bourges, sur l'amena' gement et la conservation des eaux et à y donner son adhésion, veut bien nous faire part par la lettre ci-jointe du rapport qu'il adresse en réponse à cette question.
Nous sommes d'autant plus heureux de publier celle communication dans notre Bulletin qu'elle n'est en réalité pour nous qu'une suite de celle que M. A. Matoyer nous adressait eu 1889 et que nous avons publiée dans notre Bulletin de celte époque. La priorité de cette étude sur l'aménagement et la conservation des eaux revient donc à bon droit à M. Mazoyer, ainsi qu'il le rappelle avec raiiion dans sa lettre. Voici du reste la note lue à ce sujet dan.<( notre séance du 24 octobre 1889, note qui ne laisse aucune iticerlitude sur la question.
Le Président de la Soc tété Académiqtie,
Lucien QUENEAU.
NOTE Dtj 24 OCTOBRE 1889
M, Mazoyer donne lecture de la cinquième de ses études hydrologiques. Il traite do l'influence des forêts sur le régime dos eaux. C'est lô un genre de culture qui exerce sur le régime des cours d'eau une inÂuenco fav'orable plus accentuée et plus permanente que le gazonnement des montagnes; c'est donc aux reboisements qu'il faut demander ; 1" 1» défense des montagnes contre les eaux; 2» la régularisation du régime des cours d'eau torrentiels. Il est utilr^de
recommander, dans chaque coromunede la parlto montagnftuse du bassin, tous les terrains peu produclits et surtout les ploleaux dénudés. Mais .t'il convient de reboiser les pluleoux. il ronvienl aussi d(! J(''hiiisi;r le-s plfjmes, t'i'coulenicnt déjà lenl étant raodu encore plusdilliciiitueux par la présence des forêts et les eaux stagnantes engendrant des marécages et l'insalubrité.
« Nevers, le 18 mars 1907.
K Monsieur le Président et cher Monsieur.
« J'ai rec-u récemment de M. le Président de la Société d'Agriculture du Cher un© lettre et un rapport concernant un sujet dont le côté utile et pratique ne saurait échapper à personne :
<( 'Lt^s moyens d'Bni«?nager et de conserver les eaux et de combattre les sécheresses excoptionnulles.
•< Comme vous le voyez, j'ai été appelé & émettre mon avis sur Tétude présentée par un de mes collègues du corps des mines : M. l'ingénieur en chef Orossouvre.
Il J'ai formulé cet avis dans l'élude ci-jointe et jo le devais d'autant plus que j'ai eu occasion de rappeler dans ma réponse que certaines théories du nouveau rapport ont été déjà exposées par mes soins et publiées dans les comptes rendus do la .Société Académique du Nivernais en 1889. Mais c'est moins pour rappelor nos droits à la priorité de certaines théories, du reste de mieux en mieux connues, que pour compléter l'iUude présentée ô la Société d'.Vgri- CuUura du Cher et y ajouter nolammenl quelques détails pratiques au double point de vue légal et technique sur la situation acluctle et sur !es moyens à employer pour améliorer cette situation.
<< Au cas où cette réponse vous paraîtrait, ainsi qu'à nos confr<fres delà Société Académique, présenter quelque intérêt pour le« comptes rendus do notre Société tant en raison des précédents de 1889 qui sont rappelés que par suite de la fâcheuse acludlité des sécheresses excoplitianolle^, vous pourriez lui réserver quelques pages dons notre prochain volume.
« Personne ne peut prévoir maintenant avec précision quelle sera la suite que recevront pratiquement les théories préconisées par M. de Grossouvre de la multiplication des barrages mobiles et des grands réservoirs. Pour aboutir il faudrait que le pays, et ses représentants dans l'ordre politique, commercial et technique don-
nassent d'un commun accord une impulsion énergique h celle kraocbe des travaux publics.
« Seulement je ne sais si actuellement les tendances sont suflSsamment orienti'^es vers la (.Téalion de nouvelles richesses sociales, et préparées aux eflorls à faire dans ce but. Mais ceci n'6to rit'n de leur valeur et de leur întér*5t aux théories exposées.
« Veuillez ayréer, Monsieur le Président et cher Monsieur, Tassurance de mes sentiments distingués et dévoués.
« MAZOYER. D