CHAPITRE IX
Traité du 6 juin 1608 i Salle de déclamation, atlongement de l'égliM. La ville abandonne certaines maisons aux Jésuites qui se cliargent de faire construire l'église. Première cl^alre de philosophie. Exercleea publics. Démêlés avec le prieur de Saint-Etienne. Pian du collège, 21 avril 1624. Chapelle Saint*jtt«ric. Congrégations. Déclamation.
J'ai dit, au Cliapitre V'III, que les Echevins avaionl |jromis aux Jésuite;! de (airo bâtir un corps de logis dans lequel ii y aurait tiae salle de déclamation et du pluij d*al!onger l'église el d'y ajouter deux chopellçs. L'acte suivant, du 6 juin 1608, nous montre que si la construction d'une salle de déclamation semblait nécessaire aux Jésuites, l'agrandisseraenl do la chapelle ne leur souriait plus et qu'ils préféraient l'édification d'uoe église :
(I Coituiie ainsi soit qu'il avoit plu au Roy, faisant droit sur lu " requesle des habitants de ceste ville de Nevers, leur accorder le •• rostoblissement des Pères Jésuites en leur collège de ceste ville t< de Nevers auquel Monseigneur se seroil employé et de faict avoil H (onde certaine pension ausd. pères pour leur nourriture et entre- >' teneraent. a quoy serablablement lesdits habitants avoient con- '• tribuô de leur part et notamment se seroient chargés de bastir el Il construire ledit collège ainsy que porté est par le contract entre « lesdits habitants et lesdits pères jésuites, passé pardevant Sarre Il et Charpy, notaires royaux, en date du 11* janvier 1(07, par (I lequel contract lesdits habitants entre autres basliments auraient (t promis de badr un corps de logix au dedans duquel il ij auroii une •' salle de déclamation, ralongcr leyli»c dudit rolle{fe et /aire deux M chapelles en icelie, lesf/nels dits ouvrages ne sont encore commencés, «1 qui auroii donné occasion ausdits pères d'offrir, consentir et re- •< mettre à se dtipartir de la construction d'iceux moyennant qu'on « leur donoast en propriété les maisons estant entre les classes f dudJt collège et ancien corps d'iceHuy au dedans duquel est le
t( gmnâ portail dudil collégo, lesquelles maisons sont lo long de la « rue des Ardillicrs alliint du t>itys de liidite rue è la pnrle des « Ardilliers de celte ville, pour nu Heu et place otr sont les dites « maisons y ba>ttir par eux Jetiiutcti, à leur propre compte et despen», (( une éffline. Laquelle otTre et accordance ayaot été proposée aux « habitants ouroient par assemblée pour co faite, conclu et résolu i( qu'il étûil l'aîsotinable d'accepter ladite offre comme estant faite <( au profit et adrantsgcde la dite ville ainsi qu'il apert par assomu blée faite en l'hostel commun en date du 1*' jour d'août 1607, « laquelle résolution et conclusion ayant été particulièrement pro- « posée à François Luzy, boulanger, et Anne Dyen, sa femme, M demeurant en cette ville de Nevers, propriétaire de l'une des dites « maisons à cause de la dite Dyen et par succession k elle échue M par deffunts ses père et mtre, pour scavoir d'eux s'ils vûuloient t( accorder la vente de ta dite maison moyennant prix raisonnable. ti Lesquels auroient librement accordé de faire. Lesquels Luy.y et " Dyen, de leur bon gré, ont vendu à honorable homme Vincent (I Bouzitat, bourgeois de Nevers, Nicolas Moquot, conseiller des (( Comptes de Monseigneur, Ësnie Doilet, aussi bourgeois de Xe- « vers, cschevins de la dite ville, présents et stipulants, une maison H assise en la rue des Ardilliers, consistant en chambres, greniers, i( cellier, boutique et court derrière, tenant d'une part pur le devant « à la dite rue, d'autre par le côté à la maison de Jean Chat le Jeune, « boulanger, et des deux autres ô la maison de Louis Dyen, sous <i la charge de cent sols et deux poules de cens bourdelier par an « à d"» Marie Turpin, veuvede noble homme Guillaume Tenon, au « jour saint Martin d'hyver, et moyennant le prix et somme de « six cent cinquante livres » (î),
La ville de Nevers, s'iuclinant devant îes préférences des Jésuites, s'empresse d'acheter les maisons qui devaient être démolies pour permettre la construction d'une église.
Après l'acquisition de la maison Luzy, faite le 6 juin 1608, moyennant (!50 livres, les éclievins acquièrent ; 1» le 23 juin 1008, pour mille livres, d'Ktienno Roux, menuisier, « une maison sise en (( la rue des Ardilliers, tenant par devant ft celle dite grande rue, « par derrière aux maison et court du collège, d'autre h la maison « de Louis Dyen, taillandier, sous te charge de neuf deniers de
(i) D'aprûa les Arcfùtct carnmunaUi de Necers, CC. Md, maître Edme Mailly âtoit etors régetit do la dusse tl« 0'
tt cens à l'abbé de Saint Martin *>. — 2^ le 2S du même mois, moyennant six cent cinquaute livres, de Jean Chat le jeune, boulanger A Xevers, " une maison sise en la grande rue des Ardillîers, « tenant d'une ptirt à lu dite gninde rue, à lu maisoit de François <t Luzy, etc., soui;. lu charge de 4 livres 10 sols et 1 poule dus aux « l'ftigieux de Sninl-Martin 'i. — 3* le 23 novembre 1609, moyennant dix huit centfi livres, de Louis Dyen, taillandier, •• une maison « sise en la grande rue des Ardillers, tenant 6 la maison d'Etienne " Roux, à celle de François Luxy, etc., réservé les pierres, cor- « niches et autres tnalériaux de la forge qui sont en la dite maison, M qui demeureront au dit Dyen pour les transporter où bon lui semi« blera •>. — 4" le 20 août 1611. moyennant huit cent soixante une livres, de Jean de Sougy. sergent huissier audiencicr en l'élection du Nivernais, <• une maison sise en la grande rue des Fanjats, Il tenant par le devant à la dite rue, à ta maison de Jean Chat lo Il jeune, acquise par leseschevins, aux classes et cour du collège... »)
Pendant ce temps la ville avait quand même passé des marchés pour la construction du portail du collège en 160S et payé, en 1609, 45 livres a Antoine Magnen, maître menuisier, pour la confection delà grande porte (1), Les bonnes dispositions des échevins permettront aux Jésuites de leur adresser des demandes incessantes.
L'année 1610 vit la création de la première chaire de philosophie grAcc à la géocroailé d'Henry Bolacre, procureur général de Nevers, et de Jeanne Millet, sa femme. On commence également, vers ce temps, les exercices publics. Ces exercices, qui se présentaient sous forme de drame, de discours, de thèses philosophiques ou simplement d'exercices scolaires, avaient lieu le jour de Saint Rémy (i"octûbre}, jour où les échevins entraient en charge. Ces exercices étaient annoncés, au moyen d'affiches, aux villes voisines. En 1611 la ville paya 18 livres à i( un sculpteur qui a gravé en •• taille douce sur une table de cuivre, un nom de Jésus, les armes <t de Monseigneur et de Madame et les armes de la Ville pour « mettre aux placards que l'on envoie aux villes prochaines de la u lecture qui se fait au collège de celte ville au jour de Saînt-Reniy « prochain » (2). Les succès de ces représentations engagèrent le B- P- Pierre Pastoureau, recteur du collège, à demander en 1612, diverses réparations u pour le bien et honneur du collège de la très
(1) Archife$ communales de .Veeer». CG. 163, 172, 265, 267, (8) Archift» communalet de Nerert, CC. m, Î83,
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(I renommée ville de Nevers, surpassant Moulin» en la classe de • Ihéologie morale m, La ville accordu :W livres (H.
On dit que la première pierre du l'église des Jésuites fut posée le 9 septeoibre 1612 par Charles Gonzague, duc de Nevers. 11 esl possible que la première pierre de cette église, qui est l'église de Sainll'ierre actuelle, ail été posée à cette date, mais il est oerlain que l'église n'était pas très avancée en 1624. Le^^ Jésuites avaient des afioires de tous les l'ûlés et indirectemenl avec dom Henry Girard, prieur de Saint-Etienne de Nevers. Ce prieur avait, au mois de mai 1906, donné assignation pardevant le bailli de Nivernais aux Echevins ot procureur du fait commun de la ville do Nevers |>our s'entendre condamner h exhiber les litres en vertu desquels ils ont joint au collégo : (( une maison et deux fais avec te jardin, aisances et (I dépendances qui fut à feu Erard Giraud, tenant par ledevanl à 1» (I rue des Bourgeois et k l'ancien logis du collège, chargée envers (( le prieuré dv^ doux deniers de cens chacun an ; plus une autre il maison, qui {ut à Jean Lepied, avec lo jardin derrière, aisances (I et appartenances, tenant entre la susdite maison et la cour du jeu » de paume, tenant par ledevant à la rue des Bourgeois, chargée Il envers ledit prieuré de vingt-deux deniers de cens chacun an; Il plus deux corps de logis avec la cour et le jardin derrière qui <t furent à Pierre Guillaume, faisant le carré de la rue des Fangoata i* et de celle de Mirangron, chargée de quatre deniers de cens H envers ledit prieuré ; plus une place qui estoil naguère en cour el n jardin où on fait fjtXir i/aelrjue commenrement de chsse, ayant •' appartenu h (iilberl Billard, tenant ô la rue de Mirangron, char- <( gée do neuf deniers de cens par au envers ledit prieuré; plu» un « jardin en carré qui fut ô feu M. Barthélémy do lîrienne (2), assis u en la rue dp Mirangrop, tenant à l'alit'e par Inquelie un t'a de la « dite rue à la chapelle du fùlléye, à la chnpelle et anx mitrtiillett et <i place du pressoir de liistj, chargé d'un denier de cens envers le (1 prieuré; plus !o pressoir de Bi/.y faisant»^ présent partie du (jranil (I jardin du collège, tenant ft la rue de Mirangron, chargé di« sept Il deniers dr. cens envers le [irieur ; plus deux corps de maison cl it jardin, aisances et appartenances qui furent k Léonard Cotignon. it sieur de Trnclin, faisant de présent partie dudit grand jardin du <i collège, tenant d'un bout k la rue de Mirnupron et de l'autri' fùtt-
(1) Arehieet commwuiies de Nevers, CC, 274, |2) Avitit, il api>arlciuiit aux liotrs Dangcul.
I» » lu rue des Buuryecis, chargés de dix deniers de cens, l'our •• ladite c\liibition foite se voir condamnés 6 lui payer les lotis et <• ventes des acquisitions qui ont élé faites ensemble ïea arréra^ofl " des cens dopui<i les acquisitions, ri^'tablir les bAltmonIs qui ont été n minés, en letii- première nature... Cunitin; ous.ti s«^ronl assignés '< lesdits echcA-ins «l prorureiir du fait coiimrun nfin de «; voir « condamnés l't dunnfr indemnité et récompense bonne et valable <* îiii prieur de Saint-F.tienn© pour les maisons, bfttinients, places et " jardins qu'ils ont occupé de leur auloritij pendant les guerres au « bourg, paroisse et censive dudit prieuré pour y faire des plaltes Il formes, comme de fait ils ont fnit les plates formes esdit/. lieux i> tant sur la rue des Ffingeats que vers Saint-Trohé, desquels bôli- 'I menis et de leurs cimrges li< déi-lyralion s'ensuit assavoir: Au n Heu et «adroit de la plattefomie qui est sur la rue des Kangeats, (I une maison et jardin derritïre, aisances et appartenances qui fut à « Henry Ricliier. sous la charge de trois deniers do cens par an ; •' plus un jardin qui fut à Jean (îerardin sous la charge de quatre " deniers; plus une maison (|ui étoit en tippendis appartenant h <i Laurent, menuisier, luquolle est ruiurte et demeure descrie & cause H de ladite platle forme et est «'hargêe de deux deniers de cens ; t' plus une inoison el jnrdin, aisances et appartenances qui furent à M Jpanne Berricn, vivante femme do noble homme et sage maître M François Taverny (■'), sous la charge de deux deniers de cens. Kt •' au lieu des remparts et plattefomie de derrière Sainl-Trohé, un I' jardin qui t'toit à niaitro Nicolas Fontaine, npoliquaire, chargé de •I sei/e deniers de cens, de quinze sols, une géline el demie de rente » foncii'sre ; plus un autre jardin appartenant aux héritiers de feu " maître Jehan Carpentior, sous lu charge de huit deniers de cens; " plus un autre jiirdin qui appartenoil. à Pierre Morion, orphèvre, •• et aux héritiers de feu Jehan Marion, son frère, chargé de deux !• deniers de cens ; plus un autre jardin que feu maître Regnaul !• Martinet, vivant apoliquaire, tciioit sous la rbargc de trois deniers !• de cens el treize sotîj quatre deniers de rente foncière par an. " Les Prieur, religieux ol couvent de Saint-Etienne domandèrent de plus que les Jésuites fus.sent condamnés à reconnaître tenir d'eux en censive les maisons, cours et jardins du collège comme en étant propriétaires et tenanciors, et d'eu payer indemnilé, suivant l'estimation qui eu sera faile «< attendu que les dites maisons sont tombées en main morte. » Ils appelèrent en outre le duc en garantie. Une sentence de la pairie de Nevers, du 18 mars 1611, condamna les échevins à faire les roconnaissnnces demandées, mais rien ne
parail «ruir tUi aet m ies Jésuites. Le Priey r.
dans un inérootre fil < .que les Jésuites ont accru
peu à peu le collège daos le plus bel endroit de la rille el dans la censive du prieuré de Saint- Elienoe, qu'ils ont ' - . '"étal lieux en démolissant les maisons de la eeasive. L ■ ier 1(
vue et figure des lieux fut ordonnée n pour la cooserration des limites d'ioelte par prudtiomtaes choisis. » Le plan ft Jigtire du collège des Pères J6suit«s fut dressé par Philippe €restin, peintre, « pour scr^-ir au débat pendant ru boiltiogv entre les Religieux du couvent de Saint Etienne, demandeurs d'une part, el les échevins el procureur du fait commun do la %'inede NcTers, d'autre part. 22 juin, 31 août 1623 et 28 mars 1624. » Le plan daté du 21 s '.
dont une réduction est ci-jointe, serx'il k faire ta démorut< <
duigt et à Vtcil suivante qui mérite d'tilre retenue et comparée h l'indication succintr! de l'assignation. Elle aidera du reste à suivre la transformation du collège :
1" Une maison consistant en deux fais av<)c le jardin, cour derrière, qui fut h feu Erard Giraul el auparavant h Guillaume Simonin et à Cliurie» Bertbîer. tenant par le devant à la rue des Bourgeois (du Lycée), d'au Ire k l'ancien logis et grand cour du collège étant des dépendances de ceux do la susdite maison, d'autre ft lu inui-son do Pierre Lepied, d'autru par derrière au jardin qui cet de présoiit dudit collège où souloit d'ancienneté être bôli le cellier de Bizy. Chargée de deux deniers de cens annuel.
2" Une nuire maison qui fut audit Pierre Lepied et auparavant auxdils Simonnin el Bei'lhîer, assise en ladite rue dos Bourgeois, ensemble le jardin, tenant 6 la maison qui fui audit Giraud. d'autre ft un nuire corps de maison faisant le derrière que souloit tenir mcMsiro (iilbui't Ilodon au lieu de Ltonard Cotignon, sieur dô Traclin. Glinrgéu de vingt-deux deniers de cen.s.
3*> Un uulru corps de maison attenant ô la cour du Grand Jeu du Paume couvert, assis en le rue des Bourgeois, tenant ft la maison qui (ut audil Pierre Lepied, pardevant à la rue des Bourgeois, ledit corps du maison faisant le derrière delà maison, jardin, aisances et appartenances qui furent ft Léonard Coligiu.m où demeurait messire Gilbert Hudon, assise et tenant par ledevunt ft la rue Mirangron. Le tout chargé de dix deniers de cens.
i° Plus au dedans du collège, de l'enlrëe du collège le long du ruisseau jusqu'ft l'endroit des degrés et desdits degrés ensemble de In moitié do la grande salle haute et de tout le grand corps de logis qui..... ladite grand cour et ladite entrée, ensemble ladite grand
cour qui est entre ledit grand corps do logis et l'éj^liso du collège, et encore d'une autre cour où est le [tuys, cl deux dusses qui sont d'un côté oroche la cuisine et attontint aux dtiiiendanees du grand corps dudil lugis, toutes lesquelles choses sont dans la cenâive,
pantchioge t^t cyd«vunl justice dudit |ir)eur(} avec lu chaimllL' du collège, ensemble le coi'ps de logis attenant à lu grande salle où est la cuisioe.
5» Plus une autre place do deux inoisons en deux cur[is hvoc lo jardin et cuur, laisant le carré de in rue Mirangron et de la rue par où on vo de la rue des Fangeots à la rue des Ardilliers (1), lesquels maison, jardin et cour furent à Pierre Guillaume, tenant par ledessous ô la cour du collège oii est le puis, d'autre ù lj place de maison qui au petit Boutault. Cliargé de quatre deniers de cens.
6" Plus ufi corps du logis naguère bâii en classe en une place qui (ut à nuble Gilbert Billard, tenant par ledevant à lo rue Mirangron, d'autre par ledessous ou jardin, cour, place et maison qui fut audit Guillaume, d'autre à la cour oii est le puis du collège. Chargé de neuf deniers de cens.
7" Plus un jardin et carré ùtiint audessous desdiles classes avec l'allée et ejitrée pour aller à l'église du collège, tenant par ledevanl h la rue Mirangron, d'autre à ladite église, d'autre par ledessous au grand jardin du coltege et place où souloit être b&ti le cellier do Dizy, lequel jardin fut jadis aux hoirs feu Dangeul et depuis â feu Barthélémy de Qrienne, sous la charge d'un denier de cens.
6° Plus une portion dudit grand jardin ou souloït être bâti le pressoir et cellier de Btzy, tenant audit jardin dudit Dangeul, d'autre par le devant à la rue Mirangron et par le dessous à la place, maison et cour qui fut à Léonard Cotignon, sieur de Traclin, et par derrière aux aisances des maisons sises en la rue des Bourgeois qui turent è Lepied et Girauld au lieu desdits Berthier et Simonin.
9« Plus une autre portion dudit grand jardin où souloit être bâtie une maison, cour et jardin qui tut Léonard Cotignon, en laquelle souloit demeurer M. Gilbert Rodon, tenant par devant à la rue Mirangron, par le dessus audit jardin où étoit le pressoir et cellier de Bhy, d'autre aussi dessus h la maison et cellier de M. Jean Maqueau, continuant jusqu'à la rue des Bourgeois en laquelle est située l'autre corps de maison dépendant, la susdite maison en la rue dos Bourgeois, chargé de dix deniers de cens.
(1) C'eat k rut de rEsguillerle,
10* Et t;n tu rue des Fangeats, »u devnnl. île la plnteforme diadit lieu, à la place de lequelle platefornie avoit été bâti quolre maisons. Uue è prendr» du côté de la purto de la Dorre, appartenant aux héritiers Henry Richer. tenant par le devant à ladite rua des Fan geatH, par le dc^saus â la niaiiioii du feu maître Pierre Marioa, par derrière aux murs de la ville, par le dessus & ladite plateforme où souloit ôtre bâtie une «ulro maison (jui fut h Pierre Jounlin. Ladite maison chargée de trois deniers de cens.
11" La seconde appartenant audit Jourdin, chargée de quatre deniers. La troisi6mo qui fut 6 Laurent, menuisier, chargée de deux deniers de cens. La quatrième qui fut au\ héritiers de fou Jean Berrion, chapelier, chargée de deux deniers de cens, tenant par le dessus & la maison des hoirs do (eu Pierre Tarnus?, meunier, au lien de M, Paul Prévost, dans laquelle place esl de présent ptnntoe ladite plateforme et pour icelle faire lesdiles maisons ont été démolies ») (1).
12° Plus en là plateforme Saint-Trouvé, en la rue des Cloueras, une place creuse oii souloient être trois jardins, le premier appartenant à feu Antoine Fontaine, «poliquaire, tenant k la rue des Clouêres chargé de seize deniers de cens et quinxe sols, une géline et demie de rente foncière; le deuxième qui souloit appartenir à M. Jean Carpenliçr, chargé de sei?.o deniers de cens.
13" Le Iroisitme qui souloit appartenir à Pierre et Philippe Marion et Iluguos Marion, tenant A la ruo ol vieille porte do Saint- Trouvé oi'i est è présent ladite plateforme, chargé do deux deniers de cens, faisant les bornes et limites de la censive et parochiaj^e, cy devant justice de Saint- Klienne du cùlé de Saint-Trouvé. Lesdits trois jardins ayant été réduits en ladite place creuse par le moyen des terres qui ont élii tirées pour faire et l'Iever ladite plateforme.
1 1" Plus eu la ruo des Tiinnerios, autrement la vieille Clievrye (vieilleClievrerie>(2), une autre plateforme où souloit être un jardin appartenant à feu Begnout Martinet, epoliqnairo, tenant par te dovont ('i ladite rue. (lar derrière aux murailles de la ville, d'un cùté au jardin du la vouve Pasquet Alardin. par le dessous, du côté de la [lortc de Nièvre; à In place d»? ladite plateforme souloit 61te un jardin appartenant à M. Charles Savro, lequel avec celui dudit
<l) Quoique les indicaliona tuivontâs ne conoerneut pas le cptIAge, jo ne craia pas devoir los passer soas silcnci* à oauso de ^inl<Jr^t qu'elles prisentont pour J 'histoire lie la vlllû de Nevera.
(!) Aujourd'hui ruo des Moulina.
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Martinet sont entièrement en ladite plciteforme, celui de Martinet chargé de trois deniers de cens et treize sots quatre deniers de rente foncière.
Le Plan, dont je regrette de no pouvoir donner qu'une réduction, est accompagné de deux légendes. La première, inscrite le long de la rue de !'Esguillerie, est uinsî conçue :
I' L'eslat des bastiments et assiette du collège qui est à présent en l'an mil six cent vingt quatre selon les lettres cottes en la dite (ïgure.
A, est partie du grand jardin et de la salle des conférences et
d'unt' galerie et pavillûn qui respond sur la rue des Bourgeois.
B, est partie dudit grand jardin et de lad. salle et de la cour qui respond sur lad. rue des Bourgeois,
C, est partie dud. grand jardin, de lad. salle ft lad. cour et lallée et vis qui est entre lad. salle et la salle du réfectoir.
D, est l'ancienne chapelle dud. collège, la sacristie qui souîoit estre un colombier, la salle du réfecloir et cuisine et la cour qui est entre deux avec une partie de lu cour des classes où est l'ancien puis et encore partie de ladite cour respondant sur la rue des Bourgeois jusqu'au lieu oh est le coullereau de présent.
E, est partie du dessus du perron au devant de la 1'* et 2" et moitié de la troisième classe dudit collège comprenant lesdiles deux classes et la moitié de ladite troisième.
F, est la salle des déclamations joignant lu rue de Mirangron et partie de lu cour estant devant icelle salle.
6, est l'allée par laquelle est l'entrée de lad. rue de Mirangron allant de lad, chapelle et le jardin qui est entre lad. rue et lud. chapelle.
l, est partie de l'allée pour aller à la salle des conférences devant la porterie et partie de la cour respondant sur la rue des Bourgeois.
K, est la petite salle qui joint l'entrée du collège et le four et la boulangerie.
L, le portail et entrée dud. collège avant l'alléo pour aller aux classes.
M, le bâtiment de la nouvelle église commencée,
N, est la cinquième classe, la quatrième et partie de la troisième ûveo partie du perroo devant [celles classes.
H, est partie dud, grand jardin looant au petit jardin el k lai rue de Mirangron. d
La seconde légende, inscrltti dans le demi cercle qui indique la pue des Ardilliers, est ainsi conçue :
i( Déclaration des antiens bastimentâ el tenements qa0 le sieur Prieur de St EUenoe prétend estre de sa censive el paroisâiage de
Si-Etienne qui sunl de préseût dans l'enclos du colttige de la ville, selon l'oi'dre contenu au procès-verbal de descenlo du 'JO juia 1623.
A. Les maisons, cour et jardin de m'* Gilbert Rodon, pour dix deniers de cens.
B. Maison, cour et jardin Lepied qui (ut à Micard el Simonin co partie, sous la charge de treize deniers de cens.
C. Les maisons, cour et jardin d'Errard Girault, cens deux deniers sur les trei^.e deniers du précédent article de la maison Lepied.
D. Les logis, cours, chappeile et autres tenemens premiers du colluge qui furent â Pierre de Veaulce, Anlhoine Pcrot et partie à Charles Berthier au lieu dud. de Veaulce, sous la charge de vingtdeux deniers de cens et autres sommes distinctes et séparées.
E. I^es maisons, cour el jardin de Pierre Guillaume et jadis de maistre Jacques Bolacre, sous ta charge de deux sols trois deniers.
F. La maison Rameau et Ilillard où fut depuis le jardin du collège el deas. classes basties en icelluy, par après desmolies, soubz la charge de neuf deniers de cens.
6. L'allée pour aller de la rue de Mirangron à la chapelle du
collège, ensemble le jardin joignant lad. allée et chapelle, lequel fut ô de Brienne et aux de Dangeul, sous ud denier de cens.
H. Le pressoir des Berthier, sieurs de Bii;y, auparavant à Charles Guesdat, souU six deniers de cens.
L Place où souloienl estre les degrés do pierre pour monter h la grande salle haulte. »
Après H la vue des lieux », le prieur dom Henry Girard el les éclievias unirent par s'entendre le g novembre 1624, On arbitra le
prix des maisons, cours et jardins désignés ci-dessus, — lo tout tenu en censive du prieuré de Sainl-Elienne sous les prestations et redevances anciennes, — « ensemble les fortifications situées aux deux endroits de ladite censive », puis les cchevins s'engagèrent à payer 750 livres pour l'indemnité dile au prieuré. Les Pères Jésuites furent heureux de voir endosser le tout par la ville mais ne se doutèrent pas que trente ans plus tard un autre prieur leur demanderait des comptes. En attendant la villet toujours généreuse, leur donne 300 livres pour les aider à construire leur église et particulièrement « la chapelle Saint-Marc étant en icelle » (1). Le nom de celle chapelle doit rappeler que Saint-Marc avait le Lion pour attribut et que, jadis, on croyait naïvement que les jeunes lionceaux sortaient sans vie du sein de leur mère et n'arrivaient à l'existence que trois jours après, réchauffés par l'haleine paternelle. Au figuré, les jeunes lionceaux n'étaient autres que les élèves confiés aux jésuites qui les réchauffaient el leur donnaient la véritable vie. Très habiles de toutes façons, les Pères du collège établirent plus tard dans leur église diverses congrégations. En 1653 ils en avaient trois : celle des Messieurs, celle des Artisans et celle des Ecoliers (2). Plus lard, ils en eurent d'autres et firent fêter le 3 mai, jour de Sainte-Croix, la Congrégation des Pénitents; le 15 aoiU, jour de l'Assomption, la Congrégation des Habitants; le 8 décembre, jour de l'Immaculée- Conception, la Congrégation des Messieurs (3). Je regrette de n'avoir pu me procurer le Manuel à l'usage des associés de l'Adoration perpétuelle insiitiufe en l'éfjlise du collège de Necers, et je le regrette d'autant plus que, paraît-il, le chapitre I'^' contient le Détail historique de l'ëf^li^e du cnlkije. Nous reviendrons sur cette église quand des artistes la peindront; mais disons de suite qu'en 1619 la ville donna quinze livres au fils de fi-'u M. Baptiste Conrado, pour la déclamation par lui faite en l'honneur de la ville (4). Le jeune déclamateur avait dix-sept ans. Il devint médecin de Jean Casimir, roi de Pologne, et publia cet ouvrage très inconnu aujourd'hui : L'Iit/dre féminine combattue par la Nymphe pouguoise, qui aurait peut-être mérité que la ville de Pougues donnât le nom de Conrade à l'une de ses rues.
|t) Arcliiee* communales de Necers, CC. 174, 29Î. |2j Voir Chnpitre XII.
(3) Abbé Bouiillier Almanack de la Niésre, Î878, Archioes paroUtialetf 24, noie.
(*) Archites ecm*nunalci de Neter§, CC, 284.