LE CAMP DES PRISONNIERS
Quoi ce n'est point un rêve
Qui s'achève Une fausse illusion
Une vision Qui, endormi, me transporte
Et m'emporte Loin de mon cher foyer
Prisonnier.
C'est la réalité
La vérité, La France est envahie
Trahie Vendus, quand on y pense
Pauvre France!
Tes fils sont malmenés,
Enchaînés.
Sur la terre étrangère
Oh! misère
Vivre dans un désert
En hiver Le matîD de la colle
Claire et molle À midi du rata
Oh, la la!
C'est de ta ragougnasse
Que l'on brasse D'un aoir manche à balai,
Le café I Sans sucre, au jus de chique
Ma critique Est bien vraie et voyex
Le troupier, A la figure blême
Qui blasphème La faim lime ses dents;
Pauvre enfant 1 Prenez, prenez courage, patience
Car la France Relève son front,
Et du fond De l'Empire terrassé va la laisser
Se redresser.
Plus forts que jamais
Oh, Français!
L'amour de la Patrie
C'est la vie Héroïsme, fierté,
Liberté.
C'est la devise oh! Fraûce
Mais j'y pense Je suis loin de ton sein
Oh I destin Cerné de baïonnettes
De vedettes Qui vont baragouinant
Vous parlant De leur gosier qui grouille
La patrouille
Parcourt un cercle étroit
C'est l'endroit Qui marque la limite
Où s'agite, Le soldat prisonnier.
Le prisonnier, Croyez-le bien, n'est pas pire,
A le dire, Je n'ai pas peur vraiment
Je ne mens.
Car voyez cette corvée
Escortée, Par de sombres soldats,
L'arme au bras, Et la quittant d'un pouce
On nous pousse Parfois brutalement
Lâchement.
Un de nos braves frères
Peine amère Vient d'être assassiné
Oh! pleurez C'est tout ce qu'on peut faire
Mais on espère Un jour. Un jour viendra
Tout ira Pour le mieux; oh! vengeance
Frères de France.
Armez vos bras vengeurs
Oh! fureur Tu seras frère d'armes
Par leurs armes, De ce vil étranger
Bien vengé.
Falloir poser sa chique
C'est comique Pour des soldats français
Non jamais, Ces soldats de Guillaume
Qu'on renomme
Ne nous auraient Taincus
Si vendus Nous n'étions malmenés
Et
Par ces traîtres maudits
Ces bandits Qui vendirent leur Patrie
Que leur vie
Il faudrait tous les pendre
Les pourfendre Ou bien les empaler
Les brûler.
Pauvre soldat I ton martyre
Doit sufiBre  garder dans ton cœur
La fureur.
Portant la souvenance
De l'offense Pour dire à tes enfants
Qu'en un temps, La France fut vendue
Et perdue Par Badinguet et Bazaine
Que la haine Soit toujours dans ton cœur
Oh malheur!
Tombe sur cette race
Si vorace.
Que tous les diables de l'enfer
Lucifer Inventent des souffrances
Et des transes Oh I génie infernal
Si fatal Fais bien rougir les flammes
Que leurs ômes, S'abreuvent de ton feu éternel
Amen 1