‹ Memoires (volume 2)Chapitre 3 sur 68 · V . liumblor paradoxal» au prcimier · texte numérisé non relu

V . liumblor paradoxal» au prcimier

abord. Il sutlit lie réfléchir un iDslaot pour ae convaincre de la râalil»' ' : l'A l'^vidiîticfi t'ii un tn»l»nt.

' -.'i! «M il'etiilniiiohugi» i-'n Nivi.-rnui».

Or, pour foire des pr^ ou pour les enlrotonir, que fout-il uurtout? De l'eau. Et c'est des bois que nous vionaont les sources; c'ijst par oux que les eaux sont cooservôes ot rendues peu à peu, avec mosuro et sans discontinuité. Ce sont le.s massifs foresliers qui maintiennent rbuiiiidittï de ratiiiospht^nxtl favorisent, par consiiquent, la crois »«n<!iî di^s liiîrhfijfes. Aussi, est-c« aux limites de cetlo rt^gion forestière, qui s'Hppclle le Morvnn, qu'on troiivo les meilleurs el les plus grss pâturages.

De Montigny-sur Canne jusqu'à Corbigny se trouvent Ie.4 mamelles du Nivernais. La valk^o de l'AIlior ol coile de la Xiôvre sont riche!) é^alomtml el complètent udinirableuient ce bel ensembtu.

D'fiulrc port, les culture** agricoles redoutenl aussi le» trop grondes inégalités de leinpéralure, le passage trop brusque de la chulcur aux froids, de rimmidité à la séclieresse. Or, lo théorie et l'oxp^irience s'unis-sent pour démontrer lo rôle pondérateur de la for*t qui nivelle tes climats ot neutralise les influences atmosphéques pernicieu.ses. De Irt, lo rôle salutaire qu'elle joue sur les cultures d'une région et sur leur bon fonctionnement.

Les jolis ruisseaux, les rivière.s aux ffrucieux rivages qui sillon oent le département sont sortis de.s forêts nivernaises pour féconder le plaine et enrichir l'agriculture el l'industrie du pays.

C'est ainsi que l'Yonne, qui prend sa source au milieu dos bois de la Gruvelle, va contitiuaul son cours à travers te Morvan jusqu'à Oaniecy où ello Ironsporlo les bois de chauITagu destinés k Paris.

Dons ses vallées pîlluresques, on trouve des prés largement iiTÏguôsfiui servent à l'élevage des bestiaux employés aux dtarroi» des produits forestiers, richesse principale de la région.

Bref, il est hors do doute que les eaux sont indispensables aux prés et la fraîcheur nécessaire' aux cultures. Or, c'est la forél qui est la dispensatrice suprême do ces éléjnents de culture.

Supposons un instant seulement (et puisse celte hypothèse ne jamais devenir une réalité Ij qu6 lo (orËt nivernaise disparaisse, que le bexoia du défrichement h outrance s'empare de nos compa-

triotes, quelles conséquences en résulterait-il? Nous verrions les rivières se tarir en été, et descendre en hiver, de la chaîne du Morvan. comme les torrents des Alpes, en flots écumants détruisant tout sur leur passage, roulant dans les vallées les rocs détachés de la montagne, ravinant le sol, fracturant les chaussées et stérilisant la montagne ainsi que la plaine, au lieu de les faire servir harmonieusement aux destinées l'une de l'autre. Les usines qui prélèvent leurs forces motrices sur les cours d'eau de la Nièvre, les nombreux moulins qui agrémentent les sites de nos jolies vallées morvandelles, les usines de Guérigny et, jusqu'au milieu du dernier siècle, la fonderie de canons de Nevers, alimentée par les eaux de la Nièvre, les papeteries et imprimeries, les usines de toutes sortes qui tirent, en toute saison, leur force des chutes d'eau à leur portée, no pourraient plus désormais se servir de ce moteur économique trop abondant en hiver, et insuffisant en été.

Nous voudrions que, de cotte modeste et trop courte étude forestière, sortît un enseignement pour nos compatriotes; c'est que notre Nivernais, très riche en bois, doit sa prospérité à ses massifs forestiers protecteurs et qu'il importo de les conserver et de ne pas les appauvrir.

Comme, d'autre part, nous sommes volontiers amenés et retenus au culte des choses qui « rapportent », plutôt qu'au culte de celles qui « coûtent », nous avons besoin de démontrer (et nous espérons pouvoir le faire dans une prochaine étude) qu'il est possible, par un ensemble do réformes bien comprises et harnjonisées entre elles, d'obtenir dé ces bois, aujourd'hui devenus presque improductifs, des rendements assez élevés pour donner légitime et complète satisfaction aux intérêts réunis et solidaires des propriétaires de forêts, des bûcherons et des consommateurs.

François CAQUET.

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