‹ Memoires (volume 2)Chapitre 33 sur 68 · CLAUDE TILLIER · texte numérisé non relu

CLAUDE TILLIER

Claude Tillier *' homme dangereux '*

««//« attention le Gouoernement prètait-il aux écrits de Tillier f

Les Archives nationales {1} sont muettes our ce point. Mais Its Archives de la Nièvre (2) permettent., du moins, de connaître le$ ren' seiffnements que la préfecture tranumettait au ministre sur la perynnaiilé, l'œuvre et l'influence du pamphlétaire.

C'étaient des renseignements fort tendancieux. Redoutant beaucoup Tillier, qu'ils affectaient de mépriser, préfet et procureur désiraient qu'un bon procès vint supprimer l'infatigable censeur. Et fTillier nefai4ait rien pour éviter les poursuites.

Mais le Gouvernement s'y opposait. Sans doute, iTnc se souciait pas de donner aux pamphlets un retentisssement que le cercle restreint de leurs abonnés et l'obscurité des personnages en cause leur empêchait toujours d'atteindre.

Le procès qui tue le journal est souvent pour le licre ou la brochure un élément de succès.

C'est ce que le procureur général sut faire comprendre au procureur de A'evers lor.^gue celui-ci lui transmit l'incitation du Préfet (13 janvier 1844) i poursuivre la Dotalion du Duc de Nemours.

Le procureur de Nevers n'eut pas jilus de chance, lorsqu'il tenta leapres de Dupin l'atné ce qui avait si bien réussi contre TAssociatioD

(I) Ktir l'absence, aux Archives nationales, do ta plupart des documenti da *T dâ rinlerieiir datant de la mooarchto do juillet, voir Cu. Schuidt,

/ -l'a de C Histoire de {■'ntnt:e depuii 17S9; Paria, Cliampîot», tW,

(SI Les docum enta atiliâés dans cette notice aonl put>liéa A ta saitet

arec M. A vriî. fl eut beau «« mettre à la disposition du prétident de la Chambre pour poitruuipre le « libelle « Comme quoi j'aurais touIu me vendre é M. Dupin {25 février 1844) ; Dupin refusa, troucanl sans doute si^/Jisante aux malices du pamphlet la publicité de set

quatre centaines d'abonnés.

Ces deux échecs engagCrent le pré/ci ù, chercher un autre systàme de persécution. Dans le seul rapport sur Tillier qu'on connaisse de lui (16 juillet 1844), il rassemble arec une céritable haine Us Jugements les plus méprisants — les plus /aux aussi, saucent — trur la moralité du pamphlétaire, et de méme^ue son / ' acait cherché à ruiner l'injîuence de Tillier en r- /

1843) une condamnation gui n'aeait rien, cependant, de bien infamant, de même il chercha ù enleeer a l'écricain toute autorité morale en le représentant comme un icrogne orgueilleux, cicieux et jaloux. Mais il eut ieaufeindre de ne reconnaître aux pantphlets que n peu de portée», prétendre qu'ils étaient <i peu goi'dés », faisaient n peu d'impression », ne soulecaienl t que dégoût et mépris », affirmer que leur auteur n'avait <( queforl peu d'importance n, était vpeu estimé dans son parti u, la lettre de renseignements écrite au sous-pr<fel de Clamecg, les lentatioes faites auprès du procureur du roi et auprès de Dupin, la lettre au ministère du 16 Juillet 1844, et surtout ce rapport oti il réunit, sans en avoir été prié, des renseignement très précts sur^ Tillier, le démentent.

Il redoutait si bien les coups du pamphlétaire, u vouait si iuen en' lui riiomme dangereux qui est le cauchemar de toutes les autorités constituées, qu'à ce moment même il demanda qu'on lui permit de le bâillonner.

Car, il tenait enfin le moyen infaillible d'atteindre Tillier : soumettre ses pamphlets aux exigences de la loi sur les périodiques politiques. Pour Tillier, c'était l'amende et la prison et, s'il coulait continuer à psiraltre, soit l'obligation d'un cautionnement énorme qui l'écranerait, soit l'interdiction de ne paraître qu'une fois par mois, gui le tuerait.

Le préfet n'eut pas le temps d'expérimenter sa nouvelle méthode. Lorsqu^il reçut des bureaux de l'intérieur l'encouragement à poursuivre, 7'illier acait publié le dernier pamphlet dont il dcrait surveiller l'impression ; il motwait peu après, le 12 octobre.

Ses éditeurs épuisèrent rapidement ce qu'il acait laissé de manuscrils. Mais le préfet ne s'en souciait plus: morte la bête, mort le ceninf Et il s'empressait , dès la 13 octobre, d'annoncer le décès au ministre.

intt, pour rt hon gercitetir du Gourernement, une délierance. Il n'est pan douteux, en effet, que dans les t-oënementH graeea des annéen fjni tuirirent, TiUier, s'il aeait oécu, fût craiment decenu, «oiï <i Xeners, soit A Paris où son talent l'ippelait, l'homme dangereux fjn'atait en lui presnenti un ami de l'ordre (1).

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