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26 avril 1843 Le Préfet de la Nièvre (3) au sous-préfet de ClnmeCY [Minute)
M. le sous-préfet de Clamecy,
Je vous prie do m'adresser la plus promptemetit possible un rapport détaillé sur ia conduite et les antécédents du sieur Tillier, ancien instituteur à Clamecy, actuellement rédacteur de V Association (4),
M) !t n'est pas sans intérêt de rappeler qu'à la veille de la R^volutioa de 1S48 les répulilioains de Paris jugeaient mile de rééditer le pamphti'I A'on, il n'u a pa* eu tle FéBotution dé Juillet (Paris, 13+7, Bibliothèque nationale, 8" Lli
12} Je rosnercie très vivement MM. Sctiraidl et Bourgrin, archivistes aux Arcliivcs nationales, Jes redierclies («^'ailleurs infructueuses) qu'ils ont bien voulu faire pour moi à Paris dans les aOrios modornes, et nolammenl dans BB iS, BB 30, K7 et FIT. Je remercie aussi M I.angei'on, de Nevers, qui s'est cttar^'y, sur mes indications, do me copier a Never.-* U>3 piôcoa qui sont ici publiées. Ces pii^ces, sauf la dernière, conslituent le dossier polilioue do ïiUier, aux Archives départementales de la Nièvre: on a compris dans la dossier une pièce relative & l'oulorisation, pour Tillier, d'ouvrir une tVcolo (avril i8?2i qui n'a aucun rapport avec elles.
J'ai a peine besoin d'ajouter que je me Euis constamment sei"v'ï dos Etudeê »ur Ctoude rii(ier par M. GSrin (Pans, 1902, in-8) ainsi nue des Lettres et Documents (Severs, 1903, in-8), et des Pamphlets (Paris-Nevcrs, 1903, tii-8) publié" par le même.
M. Gi-rin a d'ailleurs connu al brièvement utilisé le dossier politique do Tiitlm-, au?: ai'rliises de la Niiivre. Par contre il semble avoir ignoré la leUre itnportoiile du Bureau de la librairie du 18 août !848 (n° V).
(3) Le Préfet (Je la Nièvre élait Paulze d'Ivoy, depuis le 29 novembre 1S4Ï.
H) Le 1"' avril 1843, (J. TilliHr avait dé •lari'i i'Assoeiation comme journal llll*niirc. U'aiitre part la nouvelle série de soa nouveaux pamphlets no commence A paraître qu'en juillet. Quel mobile put donc pousser le préfet à r^iinlr, â ce moment prôL^is oi'i Tillier ne publie pas d'ècrita politiques, de tels renseignements sur lui ?
Je rroi» que sa demande de renseignements est motivée, tout de mSme. par
— fl —
A cal tSeU, ▼ou poorrez tous concerter «vcc M. le procureur du
Je Toai reoofflmeode do reite d'entrer d«asdes explications astex complète* pour bien me fixer sar le siottr TiDier.
8mmI1848.
ltépoB»e tfn «oas-^rèTct de demeer an PrAfM de la NièTr«
a«mecy (Ni^rre), le 8 mei 1843.
Moaaieor le Préfet,
J'ai l'honoear de vous adresser les renseigDementa que ▼oiu m'aTBZ demandés par votre lettre do 25 8TT~ r sur )e compte
da sieur Tillier, ex insUluteur à Clamecr. :■ i< rédacteur en
chef du jouraal VAtsociation.
Fils d'un serrurier de notre ville, honneie nomme ei ouquei on oe peut reprocher d'antre (ori que c«lui de trop boire, le sieur TilHer commeac-a sod édacattoa au collège de Clamecy. 11 s'y dieliogua et fut placé comme boursier au lycée impérial de Bourges par la protection de quelques persoDoes notables.
Après sToir fini ses études, il entra dans l'instruction publique et, au bout de quelque temps, il la quitta pour s'engager. Nommé
un écrit politi<iue ; la broctiuri-.
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(1) Le 21 m»i Itiiâ, U Itllltir
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plusieurs fois sous ofBcier, il fut autaol de fois cassé pour causa d'indiscipline (1),
De retour dans ses foyers, il fut aororoé directeur de l'école tnatuelle : mais il ne tarda pas à avoir des difficultés avec le comité
d'instruction (2) et le conseil municipal qui, d'abord, s'était montré disposé k le soutenir, l'ayant abandonné, il fut obligé de donner sa démission. 11 ouvrit alors une école privée. Sa capacité iocoulestable, sa bonue manière d'enseigner, lut amenèrent promptemeot un grand nombre d'élèves; mais ses discussions continuelles avec les inspecteurs des écoles, son défaut de tenue tant dans son école qu'au dehors, ses habitudes de café, le cynisme avecleijuel il s'attaquait à (oui le monde Unirent par ddgoiller les parents el il fut obligé encore une fois de fermer son école (3). Depuis lors il ne fit plus que fumer, boire et écrire des pamphlets jusqu'au moment où les propriétaires de VAxsociation l'ont appelé à Nevers,
La fortune du sieur Tillier est à peu près nulle. Il a eu de sa femme 20.000 francs perdus en partie par suite de mauvais placements.
Ënâo le 21 mai 1835, il s été condamné correction nelleroent à huit jours d'emprisonnement pour outragea à M. le juge de paix dans l'exercice de ses fonctions.
Tels sont, M. le Préfet, les renseignements que je puis vous donner sur les antécédenls de M. Tillier. J'ajouterai cependant encore que cet homme, impatient de toute discipline, est boufïi d'orgueil, plein de haine contre toutes les supériorités sociales, qu'il envie d'autant plus que ses vices l'ont empêché d'atteindre la position à laquelle son éducation et son intelligence assez remarquable lui permettaient raisonnablement d'espérer.
Dans des temps de troubles, le sieur Tillier serait un homme dangereux.
(1) Lu lait n'a iamais Hé noté par les biographes de Tillier. Il auraii besoin de confirmation.
(2) Voir A. UuNois, Le premier pamphlet dt C. TUtier, Milmoire* Société acaU/mique, l. xv, p. 4 1-58.
(3) Ces iaformtilions lencluocieusos sont eo partie contredilea pur les rapporU mf'tncu ilen inspe'-li>urs (AjrhtveBdôpartemcDlalos do la Ni<>vro|, Je r«ppnlle par exemple celui qu'a r-ommuiiitjué M, Viclor Gnenoau fi la SodiJIê acai! :• ■ iatis la B<innce du 29 iiovernhi'e 1906, et qui r-at date de 1840; « M ■ '■■ n'en dit rleii ; «anavitt- ; distinjîuôo; léte: pab^'ldn ; connidiratt'i- , iisanec les aulcritJs ciriles et tcwsiùtliijWt'.nulimot {Mémoire» Sùciile iKuiJiimique, t. xv, p. 11>7).
Je suis avec respect M. le Préfet, votre très humble et obéissant serviteur.
Le sous-préfet,
S& février ie«« Extrait des Némoirea de n. Dupin (Paris, IMl, ia-S. t. 10, p. 518).
H Faits particuliers & l'aonôe 1844.
« ...25 février. — Le procureur du roi de Nevers me signale ud libelle dirigé contre moi (2) et me demande mon conseDlemenlpoar eo poursuivre l'auteur. Je l'en remercie et m'oppose à toute poursuite u (3).
I-SO Juillet 1844 Rapport du Préfet de la Nièvre au Ministre de Plntérleur t?V [Minuit] |4
Claude Tiilier est né à Clamecy vers l'année 1800.
Il possède UQ petit capital de 10.000 francs.
La femme exerce la profession de sage femme.
Il a fait comme soldat la campagne d'Espagne eu 1823.
(1) II était sou$!>(>rél'et de Clamecy dépais te S novembre 1S38 et y avait ca Tiilier comme admiDistre pendant ppôs de deu.x «ns.
(!) C'est to |j(irophlet Comme quoi J'aurai* eoulu me pendre A M. Dupin, paru eti février 18*4.
(3) Dupin, même de son siôge de procureur général, Jéfondit aveo assez de ténadléla liberté delà presse, t Elle doDDO (laelqviefoi!;, Je l'avoue, <lil-il à la Cour do CAssatioD dans Vafl'airede la Sémeiiê de BsrthelQtny it^'ltK Iinu A de bien Tuneates ânarta ; c-Ue n'en est pas moins unu de nus plua iniportnnles libertés. Cette liberté est le droit commun et le» restrictions, les ftônea, les pfinalitéa ^onl autant d'exceptions qui, par leur nature, ne sont pas suoceptlblea d'extension », (Sirky, ftecueit, i, xjtxii. eol, 98|.
|1| Cette minute représente, ou bien le Tragroenl d'une lettre Ju préfet au ministre de t'ititéricur dans laquelle it lui pose des ounslion» rel.mvemetit * l'applicattou, aux pamphlets, de la toi du 18 luillrl Is28 : ou bien \>n rapport politique nu ministre, ind<^pendent de celte lettre. Elle ne oonliool {«t en efTnt la question prâcise du la < lottro du 16 juillet i>, a laignetle les Ixirxnox du mini^<t<^ro répondent le (S aoitt t><l4. Mais, s'il y eut un rapport et uuo lellro KOpori^s, ils datent do la tiiôrao quinzaine. Kn ofTei. le prt>i*t, dans crtl» minute, niontionne le contenu du dornier pamphlet de la promu^ffl «Orle ul note qu'il ru- snil rien encore du premier du In sccouile; il écrit donc i*ntrc le ïl> juin idttle de Un qumrt d'heure cff coneer*at\on\ ni le 80 juillet (dote de Lts canont de M, Miotl
Rentré dans sa famille, il embrassa la carrière de l'instruction primaire. A la suite de divers faits, il avait été révoqué de ses fonctions.
Dès 1834 il s'était mis en correspondance avec les journaux de ('opposition qui se sont succédés à Nevers (1). Lors de la fondation de VAasociation, feuille radicale, il adressa souvent des articles h ce journal.
En 1841, îl fut chargé de la rédaction de cette feuille. Mais il n*y fit preuve que de son aptitude à des agressions locales, à des attaques personnelles; il s'attacha principalement S satisfaire ses rancunes personnelles, ses inimitiés particulières. Aussi le journal radical V Association, dès qu'il en eut pris la direction, perdit l'influence politique qu'il aurait pu exercer dans le pays et devint un pamphlet permanent. Un procès en diffamation qui intervint et qui Bl infliger su journal une forte amende, occasionna la ruine de cette feuillet et eut même pour résultat de jeter la discorde dans le Comité républicain en le dissolvant à jamais par la haine qui s'introduisit entre ses membres.
Le journal cessa de paraître au mois d'avril 1843 (2}.
C'est è dater de ce moment que Tillier se mit Ô faire des pamphlets, genre d'écrit qui convenait mieux à la nature de son caractère.
La déclaration faite à la préfecture au mois de juillet 1843, annonçait 24 pamphlets ; le dernier a paru le 29 juin 1844.
Ils ont été tirés à 400 et à 500 exemplaires.
Ils se vendaient 0 fr. 75. Voici leurs litres :
!•' Comment l'Association peut être remplacée,
2* Sainte Flade.
3« fbid.
i* Quelques pamphlets de me» adoersaires.
5' Du pa m pli la t.
|t| [.• Notiet tur l'imf/rimerie à .Vereri, do P. Bèoat, ne iiipntionnc. comme journniiï d'oppoaitioD, à Nevers, antérieurs à VAmoriation, ((ue In Oaïutt^i (lu Ninfnifiit. fcuillo lôgilijiiiste (1" mars 1831-13 septomliri» 18;iôi, et le Mémorial Ue ta .ViV-^re, feuille d'opposition dynastique (1( diJcenibre Itt37- 5 septembre 4831»!. Il est li-ês pciii probable qviè Tillier y lit collabori'. Au conlraire, diV lo 17 sf^ptflmbra 18S0, «on nom paraissoSt dan* VAstociation, journal d'opposition democj'ali(iue fondiS le 8 juillol précédent,
[2l Plus exactement, il cessa d'être' un journal poliliciue, car il ne disparal W le U mai 18tô.
Ù* A M. éréque de Seeer», sur /'.- de
roui- , est allouée par U Conseil (j,
7* Sur la àittrihuticn de» prix aux écotet chrétienHcs. 8» el 9« Ibid, e: " ■■<£ de plus.
10» Sur jVr -ai.
11*, 12*, 13* Sur la Dotation du duc de yemoura. 14», 15', 16* Comme qtioi ' i roulu mr - ' ' "/ Duptn, Bl
Deiix fj' une Inur/'
17* el 18« Quelijues mots sur un mandement. 19* el 20 Sur tes Jésuites.
21* Sur un Epoque de ciliage. 22* el 23* Sur les banqueroutes.
24* iSKf un quart d'heure de conrersation entre mon patron et le Bon Dieu.
Ces publicatioQii sont [>riocipslemeoldirigé«s contre l'évéque et on ne peut nier qu'elles n'eienl exercé un fâcheux effet pour l'ascendant Qioral du prélat sur la populatioo (1).
Du reste ulles^ oqI peu de portée politique.
Les pamphlets qu'il a publiés sur la Dotation ont été généralement peu goûtés et ont fait peu d'impression. La plupart des allafues peraoQuell&â qu'il a dirigées contre divers particuliers n'ont soulevé que dégoQl et mépris.
Claude Tillier est un homme qu'on doit considérer comme n'ayant que peu d'iaiporlance. Il est peu estimé dans son parti.
A mesure de leur publication les pamphlets ont été adres.-*iis i^ M. le Procureur du Roi de Nevers.
Une lettre spéciale a été écrite à ce magistral Je Ici janvier 1»44, en ce qui touche les 11". 12<> et 13" pamphlets sur la dotation du due de Nemours, en lui faisant observer que celte publication paraissait avoir pour objet de répandre la décoosidération sur la personne du Roi et sur la famille royale.
Il en a été au.-isi rendu compte A M. le ministre de l'Intérieur.
Tous ces écrits ont été également adressés en double exemplaire à M. le ministre do l'Intérieur, savoir un exeniphiire 6 Ut PoHc« générale el l'autre au Bureau de l'imprimerie et do la librairie (2).
(Il C«o) eontnKlil los apiirt^ctation» qui sitirent sur rîneDtcacité daa icrUa de Tillior.
r8| l«i ruKl><ir«'s F tt* IX * M et HuivAnts. aux Aiv.tiivei n«tioQale».-v>i «ont k* rctiiatrei oti l'on tmx^rivalt, t ['ans. les dà^tfAs eCTectuéi au fur et à mesaro fl« ]i>iir nrriv(^(1, tia meuttonnoiit pa« lus |iatirp)it^t« 2, 3, 4, 5, 6, 14. 15 et 16; 0'a»)lr« iiiirt. le Jiiur-nal de U Librairne iio lijnna i>a« les pnmithlots 7, 8, 17, IS, iV. ab. Kl, Ï4
M. le Procureur du Roi n'a jamais trouvé matière à poursuites.
he dernier pamphlet annonce douze nouveaux pamphlets, tnais aucune déclaration n'a été faite à la préfecture.
Les pamphlets ont été tirés en moyenne à 400 exemplaires, 6 raison de 0 fr, 75 par pamphlet.
La coKectiou se compose de 2'S pamphlets, ce qui donne la somme de 7,200 francs.
On pense que déduction faite des frais d'impression, Tillier a pu se (aire au moins 3,500 (r.
Les rentrées se sont bien opérées [i\.
18 noAt 1844 L« Ministre dt l'Intérieur au Préfet de la Nièvre (2)
MJWSTÈRE DE^L'tNTÉRIEUR pari». i8 août i844.