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CHAPITRE V

UN MOT SUR LA PÈTE DE PAQUES. SON ORIGINE, SON SYMBOLISME. — LES LIVRÉES

DU SOLEIL. — l'Énigme de la roulée.

Pâques, cette grande fête du culte catholique et qui a Noël pour pendant, n'est pas — en faisant cette petite incursion sur le domaine religieux, j'espère ne pas manquer pourtant aux statuts de notre chère société — n'est pas, dis-je, une fête catholique, pas plus qu'elle n'est hébraïque : elle nous vient de bien plus loin encore. Au dire des savants qui se sont occupés de ces graves questions, elle remonterait pour le moins au culte du dieu Mithra, ce dieu Aryen, dieu de la lumière, dont nos évéques portent encore la coiffure symbolique avec ses croissants. En étudiant les antiques religions de nos pères et grands-pères, on a remarqué, en effet, que le culte mystérieux de ce grand dieu avait de si nombreuses analogies avec le christianisme qu'il pourrait bien en être le père ou tout au moins le parrain. Qui sait si Jean-Baptiste, si le précurseur et le baptiseur du Christ n'était pas un de ses adeptes ?

Ce culte, d'après ce qu'on en connaît aujourd'hui, admet, en efifet, un baptême, une sorte de communion entre ses adeptes et môme une résurrection symbolique. Ceci dit, pour en revenir à mon sujet, on y célébrait surtout deux grandes fêtes astrales, en même temps fêtes de l'agriculture : celle du solstice d'hiver, notre fête de Noël, fête du feu nouveau, et celle de l'équinoxe de printemps, fête de la fécondation, de la résurrection des germes endormis que le soleil venait enfin réveiller — notre fête de Pâques, en un mot. Remarquons en passant que ce nom de Pâques, qu'on emploie le plus souvent au féminin et dontla fête qui nous occupe a seul e, ou presque seule, retenu le nom, s'appliquait jadis à toutes les grandes fêtes. On disait la Pâque de la RésuiTection, la Pâque de la Pentecôte ou Pâques des Roses, les roses fleurissant surtout à cette époque et jouant un grand rôle dans une fête du culte d'Isis. Une des roses de la couronne de cette déesse rendit, comme on le sait d'après Apulée, à sa forme humaine, le pauvre Lucius qui avait été métamorphosé en âne par le pouvoir d'une infâme magicienne. Or, je soupçonne fort cette couronne de roses de la grande déesse de n'être pas étrangère à celle qui orna plus tard la tête de la Vierge et dont nous avons fait notre rosaire, — Mais pardon de cette digression.

Nous avions, disions-nous, la Pâque des Roses, la Pâque de l'Epiphanie, et nous avons même encore aujourd'hui la Pâque des Rameaux ou Pâques fleuries, la Pâque noire ou fête de la Passion, d'où il s'ensuivrait que ce mot ne voudrait pas dire passage, ainsi qu'on l'a écrit, mais simplement fête, cérémonie. Par suite, notre Pâques, la Grand'- Pâque, comme on dit chez nous pour la distinguer des autres, ne serait autre que la Pâque ou fête des œufs, fête du renouveau et de la fécondation des germes, comme nous allons le voir.

Deux mots pourtant encore du culte des astres.

Cette fête, avons-nous dit, était primitivement fixée à Téquinoxe de printemps ; eUe l'est auj ourd'hui au premier dimanche qui suit la pleine lune de mars, ce qui est absolument la même chose, la pleine lune de mare ayant lieu vers Téquinoxe de printemps, coïncidence que n'ont pas manqué de remarquer nos premiers astronomes et qui leur a servi de point de repère pour la fixation de cette fête. Pâques iôt^ Pâques tard^ dit le proverbe, Est toujours en lune de mars.

Vers ce temps-là, comme on le sait, le soleil, se rapprochant de la terre, traverse une ligne fictiv e tracée par nos astronomes sur la sphère céleste, ligne que nous nommons le cercle équatorial et qui la divise en deux parties égales. A l'époque du passage de cette 1 igné par le soleil, les jours sont égaux aux nuits et vont dès lors en croissant. C'est la date du commencement de notre printemps et elle fut longtemps celle de notre année. A partir de cette époque, le soleil commence à répandre sur nous sa bienfaisante chaleur. Les germes ensevelis dans leur tombeau et dont la mort n'était qu'apparente, semblent ressusciter et s'animer d'une vie nouvelle. Tout renaît, tout revit, tout est fécondé. Les poussins et les graines vont éclore et briser leur coquille. Quoi d'étonnant à ce qu'on ait songé à marquer ce jour de délivrance, ce jour de résurrection et de passage à une vie nouvelle par une fête symbolique. Les Hébreux l'ont pris pour rappeler le souvenir de leur passage de la Mer Rouge et leur sortie de l'Egypte ; les catholiques y ont vu la résurrection du Christ, mais chez tous le symbole primitif est resté celui de l'œuf, c'està-dire du germe qui va éclore, et toutes les religions l'ont conservé, car il était, en effet, le vrai et le naturel symbole de cette fête du réveil de la nature, de la fécondation des germes de la terre par le soleil.

Sans entrer dans de plus gran ds détails qui ne seraient pas ici à leur place, laissezmoi dire pourtant que l'agneau pascal n'est, lui aussi, qu'un souvenir, qu'un symbole de cette fête du culte de Mithra. Le jour de l'équinoxe, en effet, le soleil, poursuivant sa course victorieuse et échappant définitivement aux ténèbres, entre dans un de ces signes dits signes du Zodiaque ou demeures du soleil, entre lesquels on a partagé la sphère céleste et dans lesquels il demeure pendant un mois. Ce signe se nomme le Bélier ou Aries. Ce nom lui vient, non pas de la ressemblance plus qu'imaginaire de cette constellation avec un bélier ou un agneau, mais de ce que cette époque est celle de la naissance des agneaux.

Jadis, c'était le signe du Taureau et non celui de l'agneau que rencontrait le soleil, après avoir traversé le cercle équatorial. Pour symboliser son arrivée dans ce signe, on représentait le dieu Mithra tenant une épée à la main et la plongeant dans l'épaule du taureau. L'agneau étant devenu à son tour le premier signe, l'ancien mythe n'en persista pas moins et c'est l'agneau qui reçut dans le flanc l'épée du dieu vainqueur. De là, l'agneau immolé pour racheter les péchés des hommes, c'est-à-dire pour les faire passer de la vie des ténèbres, des longues nuits à celle de la lumière. — De là, cette coutume des Juifs d'immoler un agneau le jour de la fête équinoxiale, et de marquer de son sang la porte des fidèles pour leur annoncer l'arrivée du dieu qui devait les délivrer. — De là, disons-nous, le symbolisme de notre agneau pascal. Ceci dit, on comprendra le symbolisme de la fête de Pâques, c'est-à-dire le passage du symbolisme de la fête astrale de Myllira à notre fête de la Résurrection. Toutes deux ne sont que des fêtes solaires, des fêtes de

N'est-ce pas aussi pour cette raison, pour perpétuer ce symbolisme, ainsi que Ta si judicieusement remarqué M. du Cleuziou, que les potiers donnèrent à certains vases sacrés la forme d'un œuf, et que les Egyptiens adoptèrent pour emblème mystique le scarabée qui forme un œuf avec le pollen des fleurs ?

N'est-ce pas encore pour cela que nous retrouvons Tœuf dans les mystères d'Isis, où les prêtres et prêtresses de cette bonne déesse, vêtus de blanc, portaient un œuf en grande procession ?

Le caducée, cet emblème mystique de nos médecins, ne représenterait-il pas aussi, non pas un disque, mais un œuf entre deux serpents, le serpent d'eau et le serpent de feu, le principe igné et le principe humide d'où doit sortir la vie ?

Quoi qu'il en soit, je crois avoir fait comprendre la corrélation qui existe entre la fête des œufs, la fête du renouveau, la fête du soleil et la raison des cadeaux d'œufs faits à cette époque, ainsi que celle des offrandes d'omelettes ou d'œufe mêlés (omelette : œufs mêlés, melettes d'œufs) adressés à l'astre qui donne la vie. Et j'en retrouve à l'instant une autre preuve. Sur les monts Sudites, les jeunes filles promènent, le dimanche de la Passion et lorsque le temps est doux, une branche de sapin à laquelle elles ont attaché des coquilles d'œuCs ; cela s'appelle les annonces de l'été. Cette procession attire les faveurs du ciel sur les récoltes et sur les entreprises.

De là, toutes ces fêtes des œufe, toutes ces vertus attribuées aux œufs éclos pendant la période de l'équinoxe, et l'emprunt fait par les sorciers aux rites religieux, car on sait que toutes les prières des sorciers et leurs prétendus sorts ne sont que des souvenirs d'antiques religions et des rites, pour ainsi dire retournés. De là aussi, comme je l'ai dit, les repas d'œufs durs, repas symboliques rappelant les vertus de l'œuf et celles de l'hospitalité.

Faut-il dire que la défense de manger des œuCs pendant le Carême nous paraît n'avoir rien de religieux, ni même rien qui touche à l'hygiène, et qu'elle doit provenir d'une cause toute naturelle. La fête de Pâques, la fête du printemps devant nécessiter une grande consommation de ce mets symbolique et rare encore à cette époque, il est plus que probable qu'il fut défendu d'en consommer, un certain temps avant la fête, pour en avoir quantité suffisante quand viendrait l'époque de s'en servir. On fit de cette défense une prescription religieuse pour en assurer l'exécution et rien de plus.

Mais j'allais oublier la roulée et les motifs delà couleur rouge ou jaune exclusivement donnée aux œufs de Pâques.

Au dire des uns, cette couleur se rapporterait au culte druidique et aux sacrifices humains ; je n'en crois rien. Suivant les autres, elle viendrait de ce que les Hébreux teignaient en rouge la porte des fidèles la nuit de Pâques ; ce n'est guère plus probable. Â Rome, on l'expliquait par le souvenir d'un œuf rouge pondu par une poule appartenant aux parents de l'empereur Alexandre Sévère, le jour de sa naissance, présage de ses hautes destinées futures, ce qui prouverait seulement que la couleur rouge était regardée comme d'un présage heureux.

Cette explication ne nous satisfait pas plus que les précédentes, et nous croyons qu'il ne faut pas aller chercher si loin ce qu'on a tout près de soi. Etant établie l'analogie indubitable qui existe entre la fête des œufs et le culte du soleil, nous devons voir dans la couleur jaune d'or celle de rayons du soleil & son lever, alors qu'il embrase le monde de

ses feux et vient dorer de ses rayons le sommet de nos montagnes. Le soir, est-il d'un beau rouge à son coucher, c'est alors un spectacle magique et un heureux présage pour le lendemain. Le rouge et le jaune sont, en un mot, les « livrées» du soleil et, si parfois on y joint le bleu, c'est pour rappeler la pureté du ciel par un beau jour de soleil. Ces couleurs restent donc le symbole du bonheur et de la fécondité, et, par suite, les vraies couleurs des œufs d'étrennes du nouvel an. Et maintenant revenons à la roulée.

C'est, ai-je dit, un jeu rappelant quelque antique cérémonie religieuse et ayant, lui aussi, son symbolisme. J'en trouve la preuve presque chez nous et chez nous-mêmes. C'est encore au soleil et aux astres qu'il faut en demander l'explication.

Rappelons d'abord un ancien jeu symbolique que vous connaissez sans doute et qui consiste, au retour du printemps, à former de grosses pelotes avec des primevères jaunes qu'on trouve en grande abondance dans les prés et dans les lieux frais, vers le commencement du printemps, et qu'on nomme aussi coucous ou pâquerettes, ce dernier nom s'appliquant en général aux fleui-s du printemps. On a coutume de jeter ces pelotes fleuries vers le ciel, comme pour lui en faire hommage, et de faire de ce divertissement une sorte d'invocation symbolique dont on a oublié le sens chez nous, mais nous allons le retrouver dans un usage qui se pratique aujourd'hui encore dans la Sarthe, vers la semaine de Pâques. Dans plusieurs localités de ce pays, on fait sauter aux jeunes mariés un ruisseau dans lequel on a jeté préalablement, en grande cérémonie, une profusion de bouquets de ces primevères. On est persuadé que cette pratique doit amener la fécondité et la prospérité dans le nouveau ménage. Le jet des boules de primevères est donc un souhait de fécondité et de prospérité. N'en serait-il pas de même de celui des œufs ?

Or, voici que je trouve dans le très intéressant ouvrage de M. le président de la Société Eduenne, M. Bulliot, sur la Vie de Saint-Martin, une coutume qui semble justifier ce que j'ai avancé :

€ Outre les chapelles de Cormot et de Vaux-Chignon, écrit-il, la chapelle de Saint- Philippe, dont la fête, le l«f mai, correspond à une date spéciale des fêtes païennes, est située à mi-côte, sous la muraille de rochers qui enveloppe le vallon. Elle était autrefois le rendez-vous d'une multitude de pèlerins qu'un témoin nous a assuré avoir vus au nombre d'un mille. Mais c'est à la pleine luney le jour de Pâques que, traditionnellement, comme à la première fête du printemps, les habitants de Nolay (Côte-d'Or) se rendent après la messe pour prier et dîner sur l'herbe. On y faisait jadis rouler des œufs, usage pratiqué aussi à la montagne de Rome-Château, dans les mômes parages et dans bien d'autres lieux. »

Voilà donc une preuve indubitable, cette fois, de l'origine religieuse du jeu de la roulée et en même temps de la véritable origine de la fête de Pâques, première fête du printemps, fête que nos pères Gaulois ne manquaient pas de célébrer en pleine lune de mars et qui se célèbre encore, comme dans le Berry, dans l'Isère, etc., etc., pendant la semaine de Pâques, par des danses et des jeux tels que celui de la roulée.

Disons qu'à Luzy, ce jeu de la roulée avait lieu tout particulièrement derrière notre ancienne église, là où fut l'ancien temple qui remplaça notre pierre druidique. Il y avait dans cet usage persistant un souvenir non équivoque de l'origine religieuse de ce jeu, ainsi que je viens de l'établir.

Et, pour en terminer avec la roulée, ne pouvons-nous admettre, maintenant, que ce

jet d'œufe, de même que celui du jet des boules de primevères, de même que celui du jet de graines qu'on répand sur la tête de nos jeunes mariés quand ils entrent dans la maison, au retour de la cérémonie nuptiale, ne soit un souhait de bonheur, un souhait de fécondité pour la nouvelle année ? C'est un souhait adressé aux choses de la terre sur laquelle on

fait rouler ces œufs.

Peut-être pouvons-nous y voir encore un symbole du roulement des ans et des astres. Chez nous, comme on le sait, il est dans les habitudes, quand deux personnes se rencontrent, de se demander non « comment ça va-t-il ? » mais comment ça roule-t-il ? »

C'est donc pour que vous « rouliez » bien et longtemps qu'on vous a apporté votre roulée symbolique. C'est pour vous souhaiter bonheur, fécondité pour vous et pour vos biens ; c'est pour que tout « roule > à souhait chez vous qu'on vous a donné ces beaux œufs de Pâques que vous allez faire rouler dans la prairie. Puissiez-vous, chers lecteurs, rouler aussi heureusement et aussi longtemps, vous et les vôtres, sans trop vous casser par les ans, que vous le souhaite de tout cœur votre ami bien dévoué.

Lucien Gueneau.

p. s. — Ce travail était terminé quand je lus dans la Revue Scientifique du Siècle (no du 29 janvier 1894), sous la signature de M. Guyot-Daubès, l'article suivant qui se rapporte trop à mon sujet pour que je n'en fasse pas profiter nos confrères de la Société Académique et ceux qui s'intéressent à nos travaux. J'espère que l'auteur de cet article voudra bien me pardonner cet emprunt.

« LA GRAVURE SUR LES COQUILLES d'œufs. — Pendant l'Exposition de Chicago, les camelots vendaient des œufs portant l'empreinte d'une photographie. Il ne s'agissait pas, comme on pourrait le croire, d'une image sur papier, collée sur l'œuf; c'eût été trop simple. La photographie était obtenue directement sur la coquille. Par quel procédé?

C'était pour les curieux, et même pour les photographes, un problème dont on ne trouvait pas tout d'abord la solution, et qui vient d'être expliqué par un journal photographique américain.

Pour obtenir ces photographies, on commence par passer sur la coquille une solution à 5 0/0 de chlorure de sodium ; on laisse sécher. Puis on sensibilise cette première couche avec une solution de 10 0/0 de nitrate d'argent ; il se produit dès lors sur la coquille de l'œuf une couche de chlorure d'argent, sensible à la lumière, propre à recevoir l'impression du négatif. Ce négatif est constitué par une mince pellicule transparente de gélatine. Pour la faire tenir, on emploie un morceau de lustrine noire percé d'une ouverture convenable et maintenu par un nouet du côté opposé. On expose cet ensemble à la lumière du jour; on vire à l'acétate et l'on fixe, et on termine l'opération comme pour les autres photographies.

Ces œufs photographiques rappellent les œufs gravés qui furent jadis à la mode en Angleterre, comme petits cadeaux de Christmas et de Saint- Valentin.

Ces œufs portaient en relief à la surface de leur coquille, un nom, une fleur, un emblème.

L'industriel qui les mit à la mode fit, dit-on, fortune, bien que son seul mérite fût d'avoir su appliquer un procédé connu depuis longtemps de tous les chimistes. Ces œufs gravés ont même un intérêt historique et jouèrent un certain rôle sous le premier empire, pendant la guerre du Portugal. Nous rapporterons ce fait qui peut être considéré comme un point curieux de l'histoire des sciences.

Au mois d'août 1808, on trouva, sur le maître-autel de l'église patriarcale de Lisbonne, un œuf sur la coquille duquel étaient gravés en relief quelques mots annonçant l'extermination prochaine de tous les Français. Ce fait causa une vive effervescence parmi la population superstitieuse et crédule de la ville. Un soulèvement était à craindre ; le commandant français y remédia d'une façon ingénieuse. Dès le lendemain, des milliers d'œufs gravés portant les mots de : « Vive la France î » furent distribués par la ville. La stupéfaction des Portugais fut extrême : c'était un nouveau miracle, mais plus concluant que le premier, en raison même de sa répétition. Dès le jour suivant, le miracle fut expliqué : l'autorité française fit en effet apposer au coin des rues des affiches indiquant le moyen de graver des coquilles d'œufs.

Ce moyen est très simple : on écrit sur la coquille de l'œuf les caractères ou les dessins qui devront paraître en relief, à l'aida d'une plume ou d'un morceau de bois taillé, trempé dans la cire jaune, dans la stéarine d'une bougie ou un peu de graisse fluide, l'œuf est mis ensuite dans du vinaigre au milieu duquel il plonge complètement. Au bout de quelques heures on a obtenu un relief suffisant. Partout, en effet, où le corps gras n'a pas protégé la coquille, le calcaire de celle-ci a été décomposé et dissout par Tacide acétique du vinaigre. Tout autre acide faible, ou très affaibli, donnerait le même résultat. Le procédé ne présente aucune difficulté.

Naturellement, les œufs doivent être ensuite sou//ï^s, afin d'assurer leur conservation. Graver sur les œufs est, comme on le voit, une opération facile. Le miracle d'autrefois est devenu une simple expérience de physique amusante. »

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