L. MORILLOT, Curé de Beire-le-Châtel (Côte-d'Or
P. S. — «... Je me suis borné aux seules inscriptions, mais le passé de Saint-Honoré pourrait être l'objet d'autres observations.
a II est dit dans les Guides que depuis l'époque de la destruction des établissements
(1) «... L'estampage du marbre encastré dans le mur de l'église était difilcile à prendre : il a fallu grimper sur une haute échelle. Mais je garmitis les lettres que je signale. En enlevant le bord des enduits, j'ai retrouvé des lettres dont personne n'avait parlé et qui sont très distinctes. Mes estampages les reproduisent, peut-être incomplôtement, à cause du raccord de la pierre avecle mur. Mais encore une fois, ma lecture est très exacte... »
(Extrait d*une lettre au Président de la Société Académiqiie du Nivernais).
gallo-romains jusque vers les VIII® ou IX® siècles, Saint-Honoré ne dut pas être habité. Cette assertion me parait fausse.
Ordinairement, après avoir détruit, les barbares reconstruisaient à proximité des édifices renversés, si ce n'est aux lieux mêmes où ceux-ci s'étaient élevés. La position où s'étaient établis les Romains, et, avant eux, les Celtes (comme les trouvailles celtiques en témoignent), n'est pas de celles que les Francs durent dédaigner. Au surplus, il y a mieux que des inductions. De l'aveu des Guidesy sur un des côtés de l'esplajiade qui environne l'église et où se trouvait l'ancien cimetière chrétien, on a découvert plus de cinquante corps parfaitement alignés dans autant de fosses. Ils étaient en dehors de l'enceinte du cimetière tel qu'il se trouvait limité au milieu du moyen-âge et dans les temps modernes. A notre avis, ces sépultures étaient des sépultures franques de l'époque mérovingienne, établies sur la déclivité de la colline, à une centaine de mètres du polyandre gallo-romain. Elles attesteraient donc que, dans le haut moyen-âge, le village de Saint-Honoré existait déjà, et qu'après les invasions, il n'y a pas eu une lacune de plusieurs siècles. Les Francs de ce temps, une fois convertis, ont dû, comme je l'ai fait remarquer dans mes notes, bâtir une église antérieure à l'église romane du prieuré, et dans laquelle furent employés comme matériaux des stèles et des marbres brisés, qui ont été de nouveau utilisés pour la construction de l'édifice du XI*^ siècle, où on les a retrouvés en 1875.
Pour Vichy, on avait aussi supposé qu'après les invasions le lieu était resté désert jusque vers le IX^ siècle. Mais il y a dix ans, j'ai rencontré, dans la Bibliothèque de cette ville un grand nombre d'objets mérovingiens négligés, lesquels avaient été trouvés dans un ancien cimetière de Vichy et dataient des V®, VI« et VII'* siècles ; et depuis ce temps, il a été admis, sans conteste, que cette localité n'avait pas cessé d'être habitée. La même chose ne s'est-elle point passée pour Saint-Honoré? Je suis porté à le croire, et la découverte des squelettes dont j'ai parlé me confirme dans cette opinion. Une étude serait à faire sur le point que j'indique. Mais je m'aperçois que je me suis laissé entraîner au-delà de toute mesure. C'est une lettre que j'écris, et je ne dois pas faire une dissertation... »
(Extrait cTune autre lettre au Président de la Société Académique),