LVDOVICVS : DEI : GRA — FRANCO — REX
Ecu couronné et accosté de deux lys couronnés.
Au revers : croix fleurdelysée dans un cercle de quatre lobes; les branches de la croix sont cantonnées d'une couronne. — Point secret, 20^ lettre.
S»» Ecu au porC'épic :
LVDOVICVS ; DEI — GRACIA — FRANCORV — REX.
Ecu couronné, accosté de deux porcs-épics.
Au revers : croix fourchée, cantonnée de deux I. et de deux hérissons. — Poiplikgecret, 18« lettre.
4« Ecu au Soleil : François I^»" (1514-1546).
Franciscvs : dei — gra — francorvm bex.
Au revers : croix fleurdelysée, accostée au 2« et au 4® d'un F couronné. — Point secret, 4* lettre.
D'après les renseignements qui m'ont été donnés, les monnaies de Louis XII étaient en très grande majorité; à défaut d'une monnaie plus récente, il n'est pas douteux que ce dépôt a été effectué sous François I«^ — Mais pour quel motif ce trésor a-t-il été confié à un meurger? Voilà ce qui serait intéressant à connaître. Une conjecture plausible peut cependant être proposée; car une trouvaille de deux cents monnaies d'or, exclusivement composée des mêmes types royaux que celle de La Valette, a été faite, la même année, à quelques lieues de Moulins, à Diou ou Pierrefitte-sur-Loire. Or, tous les « François I^"^ » étaient d'une émission antérieure à l'ordonnance de 1539 qui supprima \es points secrets des ateliers monétaires, pour les remplacer par les lettres de l'alphabet
Dans le trésor de La Valette, il n'y a, à la vérité, qu'un c François I*"" », mais la monnaie ne porte pas la lettre de l'atelier monétaire; donc elle est antérieure à 1539.
Ce point établi, on est amené à rechercher, dans le règne de François l^^ quels sont les événements qui ont* plus particulièrement affecté la région du Nivernais et du Bourbonnais avant 1539.
Nous lisons dans les annales de la ville de Decize que, dans le cours du mois d'avril 1525, il advint que 3,000 aventuriers italiens, sous la conduite du comte de Bellejoyeuse, dirigés en toute hâte en Picardie, où les Luthériens projetaient une invasion, demandèrent aux habitants de Decize à traverser la ville pour passer sur la rive droite de la Loire. On sait que, sur le refus d'ouvrir les portes, les Italiens escaladèrent les murs, mirent le feu à la ville et massacrèrent un grand nombre d'habitants.
Ces scènes se renouvelèrent sept ans après, en 1532, par ces mêmes aventuriers qui revenaient sans doute de la Picardie. Ce second assaut n'eut pas le même résultat que le premier ; mais c'en était assez pour jeter la terreur h Diou, par exemple, direction d'où venaient les aventuriers, comme à Dampierre-sous-Bouhy qui était sur leur tracé pour se rendre en Picardie.
A défaut d'une explication plus positive, je propose la mienne pour ce qu'elle peut valoir.
Antérieurement à la trouvaille du trésor de La Valotte, une découverte des plus intéressantes avait eu lieu à 4 kilomètres de Champlemy, au hameau Les Crisenom (commune d*Oudan, canton de Varzy), dans des conditions assez singulières. M. Dourneau, aubergiste audit lieu, avait remarqué des dents humaines sur une taupinière. Très intrigué, il pratiqua une fouille qui mit au jour plusieurs squelettes, sur l'un desquels il trouva des ustensiles en silex de Tépoque de la pierre taillée et de la pierre polie.
Il s'agissait, en effet, d'une tombe préhistorique dont voici la composition : 3 grattoirs retouchés, 2 pointes servant de foret, 4 long couteau, 3 éclats avec quelques retouches, 5 éclats ou racloirs, 1 pointe de flèche, 2 couteaux ordinaires. Au total, 17 outils. Sauf un couteau de couleur grise, tous ces outils étaient d'une blancheur remarquable. Or il est constant que les silex recouverts d'une sorte de patine blanche, mate, remontent à une époque reculée dans les temps préhistoriques.
En outre de ces outils, il y avait quatre haches polies, toutes de grandeurs différentes. Je n'ai pu voir que trois de ces haches, la quatrième avait été emportée par un des ouvriers. La plus petite de ces haches, grise, en peroxyde de fer, avait une hauteur de 0"» 04 ; la moyenne, en silex d'un beau noir, 0™ 065 ; la plus grande, en silex d'une blancheur remarquable, 0'" 08.
Disons, à présent, que les cadavres étaient orientés, particularité importante qui révèle soit une religion, soit que ceux qui étaient venus mourir aux Crisenons avaient conservé le souvenir de la mère-patrie, l'Orient.
J'ai vivement regretté que l'ignorance ait brisé, broyé les crânes d'une façon stupide : on eût pu, sans doute, en mesurant Tangle facial et par l'étude de la boîte crânienne, déterminer Torigine de ces hommes.
Qu'est devenue cette trouvaille? Une sépulture préhistorique est, à coup sûr, très rare dans notre région. On ne saurait admettre que ce soit là simplement un ancien cimetière. Comment expliquer, en effet, la présence de silex dont quelques-uns sont, comme matière, complètement étrangers au pays ?
Avant de m'éloigner des Crisenons, j'ai voulu assurer le sort de cette dépouille préhis" torique. J'ai engagé vivement M. Dourneau, qui a été pour moi d'une obligeance extrême dont je le remercie, à réunir les objets dans un tableau et à les exposer dans la principale salle de son établissement, afin de perpétuer le souvenir de sa curieuse trouvaille, et de donner l'éveil aux habitants, avertis désormais de recueillir et non de briser ce qu'ils viendraient à découvrir.
BOUCHARDON, Sou»-Directcur des Contributions indirectes en retraite.