QUI ONT EXERCÉ LEUR ART A LUZY PENDANT LE XVII« SIÈCLE
Le premier docteur dont il nous ait été donné de retrouver le nom est Pierre de Lalucassière qui, en 1610, faisait baptiser un fiIs auquel il donnait également le prénom de Pierre. En admettant que ce fils fut son premier né, le docteur de Lalucassière devait avoir au moins une trentaine d'années vers 1610; il avait donc dû débuter à Luzy dès le commencement du XVII^ siècle tout au moins. 11 mourut en 1645 et fut inhumé en Téglise Saint-Pierre de Luzy, le jour de Pâques charnel, comme on disait alors pour distinguer la grande fête de Pâques de celle do Pâques fleuri ou dimanche des Rameaux.
De Lalucassière, à en juger par les registres de Tétat-civil, dans lesquels son nom est souvent cité comme parrain, devait être un personnage aimé et estimé dans le pays. Il fut témoin des grandes pestes de 1628, 1629, 1631, qui désolèrent notre Luzy, et dont nous aurons à reparler. Sa famille nous est inconnue et n'a laissé aucunes traces chez nous. Nous pensons pourtant qu'elle devait être originaire de Grenoble ou de Montpellier, dont les Facultés, alors célèbres, nous envoyèrent plus d'un médecin. Nous étions, en eflet, en rapports commerciaux très fréquents avec Grenoble, en particulier, qui s'approvisionnait chez nos tanneurs des peaux nécessaires à ses importantes fabriques de ganterie.
Jehan Ballard était chirurgien h Luzy à la même époque et s'y maria. Il eut, en 1617, une fille du nom de Charlotte, qui épousa en 1634 Pierre Blandin, chirurgien, dont nous parlerons tout à l'heure. En 1628, Ballard demanda à lamunicipahté d'Autun l'autorisation d'aller y soigner les malades atteints de la contagion pestilentielle qui ne tarda pas, du reste, à gagner Luzy. De là vient sans doute qu'Autun le revendique comme sien, mais nos registres d'état-civil ne laissent aucun doute sur sa présence à Luzy.
La famille Ballard, dont nous aurons à reparler, nous a donné un président du grenier à sel, des magistrats, des maires, etc. Certains de ses membres se seigneurisèrent depuis et devinrent Ballard de la Chapelle, Ballard de Pervis, etc. Elle compte également des représentants en Bourgogne. En 1622, un Pierre Ballard était échevin d'Autun; Antoine y exerçait la médecine ; Ballard Jean-Baptisle-Jacques en fut, de 1797 à 1841, un des plus célèbres médecins.
Brunat (Pierre), qui mourut le 10 avril 1640, est désigné comme apothicaire. 11 légua dix livres à la confrérie du Saint-Sacrement, six à celle du Rosaire, autant à la fabrique et, de plus, dix livres à l'hôpital. Il devait être frère ou cousin d'Adrien Brunat, alors chirurgien à Autun. Cette famille était originaire de Saint-Léger-sous-Beuvray, ainsi qu'il résulte d'une note indiquant que Charles Brunat, marchand audit Saint-Léger, fut parrain d'un enfant de Pierre. Ces Brunat vinrent sans doute se fixer à Luzy avec Pierre, car un Jehan Brunat y devint notaire vers 1623; Claude y était boucher à la même époque et fut enlevé par la peste de 1631. En 1681, Toussaint-Joseph Brunat, curé de la paroisse Saint-
Germain-du-Rosier, près Toulon-sur-Arroux, lègue au collège des Jésuites d'Autun les revenus nécessaires pour une mission qui se ferait alternativement à Saint-Léger-sous- Beuvray et à Luzy (Société Eduenne, tome XIII, page 1],
Pierre Brunat fut marié à Françoise Vaget, puis à Claudine Repoux. Un de ses fils eut pour parrain le docteur de Lalucassière, dont nous venons de parler.
Blandin (Pierre), dit la Goste ou la Côte, chirurgien, épousa, ainsi que nous l'avons dit, une des filles de son confrère Ballard, auquel il succéda sans doute comme médecin. Blandin avait débuté comme apothicaire à Semelay et mourut le 13 décembre 1673. Il fut inhumé dans Téglise Saint-Pierre, en présence de François Blandin, marchand à Moulins- Engilbert. Un autre Blandin était marchand à Luzy et marié à Antoinette Vaget, d'une famille alors fort considérée à Luzy.
Lardereau (Charles), apothicaire, mourut en 1646. Il était marié à Jeanne Bertrand, fille de Jean Bertrand, marchand bourgeois à Luzy, vers 1612. La famille Lardereau fut fort connue à Larochemillay. Nous aurons à en reparler.
LoY (François)^ chirurgien, mourut en 1660 et perdit, pendant la peste de 1631, sa femme Léonarde de Lavernée et son beau-père Léonard de Lavernée^ praticien et maître d'école à Luzy, dont nous aurons à reparler. François paraît avoir été fils de Claude Loy, chirurgien sur lequel nous n'avons aucun renseignement ; il eut plusieurs enfants, dont l'un, du prénom de Claude comme son grand-père, lui succéda. Ce Claude Loy, chirurgien, fut marié à Marie Callièreset mourut le 1^' décembre 1686. Sa veuve lui survécut jusqu'en 1707. Un de ses frères, Durand Loy, fut vicaire à Luzy. Une de ses sœurs était mariée à Adrien Rubicau, sellier.
Baudrion (Guillaume), désigné sous le titre de chirurgien du roi, dut commencer à exercer à Luzy, vers 1632. Nous le pensons fils du notaire Baudrion qui vivait vers 1540 et fut l'auteur d'un terrier bien connu. On sait que, par édit royal de 1692, le chirurgien du roi fut remplacé par un médecin ordinaire du roi, dans toutes les villes, bourgs et autres lieux du royaume.
Baudrion (Jehan), peut-être frère du précédent, apothicaire à Luzy vers la môme époque, fiit marié à Jeanne Combéiat, puis à Jehanne de La Roche, d'une famille de médecins dont nous allons avoir à parler. Ce Jehan eut un fils du nom de Hiérosme, qui devint greffier de la justice de Luzy, c'est-à-dire prit place au nombre de ces gens qui, après avoir trempé leur plume dans le grand écritoire de la justice, devenaient juges et faisaient ensuite souche de nobles.
Jurin (Philibert), chirurgien, ne nous est guère connu que par la date de son décès, qui advint le 12 juillet 1668, et par le mariage de sa fille Louise avec Pierre Royer, armurier.
Andrio (Jehan), apothicaire, est cité une seule fois dans les registres de l'état civil, en 1661, comme exerçant sa profession à Luzy ; c'est tout ce que nous en savons.
DuPRÉ (Charles), chirurgien et apothicaire, fait baptiser, en 1650, une fille du nom de Magdeleine, qui épousa Ponthus Dubosc, praticien à Luzy, et une autre du nom de Catherine, qui devint femme de Léonard Gueneau, chirurgien, dont nous allons bientôt avoir à parler. On trouve un Edme Dupré, chirurgien à Corbigny en 1652 {Archives de la Nièvre, page 273), Il est plus que probable que le nôtre appartenait à la même famille.
BoissELOT (Louis), noire second docteur en médecine, dont le nom se trouve cité plus d'une fois dans nos registres d'état civil, paraît être venu h Luzy pour y prendre la succession de de Lalucassière et avoir exercé son art chez nous jusqu'en 1656 ; après quoi il aurait quitté le pays, car nous ne rencontrons nulle mention de son décès ni rien qui indique que sa famille se fut fixée dans le pays.
Garhin (Gilbert), apothicaire, inhumé la 27 juin 1676, épousa en premières noces Anne Dijon, fille d'un notaire, et en second lieu Anne Prescheur, qui se remaria avec Claude du Crest, écuyer.
Carrin appartenait à une famille alors florissante, dont nous parlerons au titre de nos curés. Jehan Carrin était alors curé de Saint-Pierre ; Etienne l'était de Semelay, et on sait que rien ne posait alors une famille et ne l'enrichissait comme une parenté avec les gens d'église. Nièce de curé fut toujours morceau convoité.
GuENEAU (Denis), apothicaire, fut marié à Anne Combéiat ; nous n'avons pas la date exacte de son décès qui dut avoir lieu vers 1678.
GuENEAU (Léonard), désigné tantôt comme apothicaire, tantôt comme chirurgien, fut ensépulturé le 24 juin 1679, en Téglise Saint-Pierre. Nous le pensons frère du précédent. Il fut marié à Toussine de Lafond, d'une famille alors bien connue, dont il eut d'assez nombreux enfants. Il se remaria à Catherine Dupré, lille du chirurgien dont nous avons parlé. Il dut épouser en troisièmes noces Anne Lecoq dont il eut deux enfants : Philippe, né en 1677, et Jeanne, en 1678.
Anne Lecoq paraît avoir appartenu à la famille du médecin Lecoq, de Clamecy, qui, étant venu à Nevers, en 1582, pour y soigner les pestiférés, y mourut.
Il y avait à la môme époque, à Luzy, un autre Léonard Gueneau qui tenait l'hôtel du Lion-d'Or. Etait-il frère ou cousin du chirurgien? C'est ce que nous ne saurions dire, mais ce qui est plus que probable. Les registres d'état civil permettent parfois de confondre avec l'autre.
Cette famille Gueneau était alors, comme aujourd'hui, fort répandue dans le Nivernais et dans la Bourgogne, où elle jeta de nombreux rameaux. Les uns fructifièrent, les autres restèrent pauvres. Son berceau paraît avoir été Moulins-Engilbert, où un Guillaume Gueneau était alors avocat en parlement. C'est la tige dont sort l'auteur de ces lignes. Un autre Claude Gueneau était assesseur en la pairie de Nevers, en 1678.
Une Magdeleine Gueneau, mariée à noble Claude Mérat, receveur au grenier à sel de Luzy, mourut à 105 ans. C'est là un vrai titre de noblesse dont nous aurions peut-être certain plaisir à hériter. Nous en recauserons.
BoNNEAu (Claude), maître chirurgien, fils d'honorable homme Benoit Bonneau et de Gabrielle Gentilhomme, épousa, en 1680, Edmée Danguy, fille naturelle d'Adrien Danguy, capitaine du château de Luzy et seigneur de Monteuillon. La famille Bonneau a compté de nombreux représentants à Luzy et n'en a disparu que depuis peu.
Repoux (Claude), notre troisième docteur, était fils de Durand Repoux, avocat, et de Marguerite Bouton. Il était né en 1637 et fut inhumé le 2 février 1687, dans l'église Saint- Pierre. Il fut marié à Françoise Faure, fille de Gaspard, notaire et juge d'Amanzé. Cette famille existe encore à Luzy sous le nom de Chevagny. Elle a donné un curé et plusieurs magistrats à Luzy et à Bourbon-Lancy. Nous aurons à en reparler.
RÉGNIER (Jean), maître chirurgien vers 1675, ne nous est guère connu que comme ayant eu une fille mariée à Pierre Dubosc.
Pris (Jean), chirurgien à Luzy, fut marié à Adrienne Régnier, fille ou sœur du précédent, vers 1679. Ne nous est pas autrement connu.
RoBELOT (Jehan), maître chirurgien, avait débuté par faire partie des gardes du corps du Roi, ainsi qu*il résulte de l'acte de baptême d'un de ses enfants, ainsi conçu :
« Baptême de Jean, fils de Jehan Robelot, ancien garde du corps du Roy, maître chirurgien à Luzy. 5)
Il fut marié à Gilberte Thevenot, d'une famille qui s'illustra dans la médecine et dont nous aurons à reparler. Il mourut le 28 octobre 161)0, à Tûge de 60 ans. Jeanne Robelot, sa fille, fut mariée à honorable Menot, chapelier, et fut enterrée en l'église Saint-Pierre, en
Nault (Henri), chirurgien, fils de Nicolas, procureur à Luzy, et de dame Toussine Dubosc, né vers 1657. Il épousa en 1688 damoiselle Marie Tixier, fille d'honorable Etienne Tixier, marchand en la ville de Nevers. Il se remaria à Jehanne Marotte et mourut en 1709, à l'âge de 52 ans. Nous pensons qu'il succomba à la fatigue pendant ce terrible liiver qui décima notre population. La famille Nault a fourni à Luzy des juges, des châtelains, un général, etc. Nous aurons à en reparler à plus d'un titre.
Roche (Lazare de la), maître chirurgien et apothicaire, fils de Jean, drapier à Luzy, et de dame Claude Remey, épousa vers 1679 Marie Labot, fille de Germain, marchand drapier à Luzy. Il épousa en secondes noces Claudine Demonchanin, dont le père était marchand à Issy-l'Evêque (Saône-et-Loire). Entre ces deux mariages, il eut une fille naturelle du nom de Claudine. Il ne craignit pas de convoler en troisièmes noces avec Reine Chantereau et mourut en 1704.
Un de ses fils du nom de Lazare était chirurgien en 1708 et mourut fort jeune.
Un autre, Gabriel, fut prêtre; un troisième, Louis, devint, à son tour, chirurgien-juré en 1724 et épousa Reine Pignon. Il quitta Luzy pour aller exercer son art à Paris, dont il devint bourgeois.
Claudine, la fille naturelle de Lazare, dont nous avons parle, avait été légitimée entre temps et épousa Claude Besançon, chirurgien, dont nous parlerons à son heure.
Telle est la nomenclature trop aride des médecins, chirurgiens et apothicaires qui ont pratiqué leur art à Luzy pendant le dix-septième siècle. Nous pouvons y joindre celle de quelques médecins qui appartenaient à Luzy par leur famille ou qui ont pratiqué la médecine dans des paroisses voisines de la nôtre.
"Vient d'abord Jacques Virot, docteur en médecine à Autun en 1618. La famille Virot appartenait alors à Luzy à plus d'un titre. Le frère ou père du docteur Virot y était notaire et y mourut vers J608.
Vaget (François), chirurgien à Autun en 1659 ; né à Luzy, et d'une famille déjà ancienne chez nous à cette époque.
Bâillon (Michel), chirurgien au Pont-de-Vaux (Saùne-et-Loire), à une petite lieue de Luzy, vint s'y fixer plus tard et y mourut en 1690. Son fils François y exerça la profession de mégissier.
Tempier (Jean), chirurgien à Autun, de 1665 à 1672, était marié à une fille d'Antoine Bertrand, bourgeois de Luzy.
Delongchamp, maître chirurgien à Autun, vers la même époque, avait également épousé une fille dudit Antoine Bertrand.
DuBOSc (Gilbert), chirurgien à Larochemillay, canton de Luzy, vers 1674, était frère de Jean, notaire au même lieu.
GuÉRARD (Gille) le jeune, époux de Jeanne Dubosc, était chirurgien à Larochemillay vers 1652.
Son fils Gilbert Guérard, marié à Louise Rozier, de Luzy, lui succéda et mourut vers
Citons encore Jean Girard, chirurgien et apothicaire à Larochemillay, vers 1690, marié à Philiberle Coujard, de Luzy, et fils de « humble homme d Lazare Girard et de Jeanne de la Goutte.
Girard (Pierre), frère de Jean, était chirurgien à Saint-Léger-sous-Beuvray.
Perreault (Claude), médecin à Autun, vers 1616, était marié à Jeanne Lallemant, d'une famille de Luzv.