LES MÉDECINS DE LUZY PENDANT LE XVIII« SIÈCLE
Vient tout d'abord Fehvre Pierre, chirurgien, né à Luzy, en 1G54, de Dominique et de dame Laurence Lolliot, de la paroisse de Chaumard, mort vers 1734, à Tâge dQ quatrevingt-un ans. Il chevauche donc sur les deux siècles. Il avait épousé, en 1686, Jeanne Lallemant, fille de Hilaire, procureur fiscal à Luzy. Celle-ci étant morte en 1718, il convola en secondes noces, malgré ses soixante-sept ans, avec damoiselle Marie de Turpin. De son premier mariage il eut deux fils qui suivirent la profession de leur père. François, l'aîné, exerça à Luzy où il mourut le 30 avril 177G, à l'âge de 78 ans, ayant dignement suivi les traces de son père.
Hilaire, le puîné, devint chirurgien à Villapourçon.
François, chirurgien-juré, fut marié à Jeanne Cortet, dont il eut une fille, Claude, laquelle épousa Jean-Paul Navault, fils de Paul, chirurgien à Arnay-le-Duc. De là, rétablissement dans notre pays de la famille Navault. Jean-Paul, ayant hérité des propriétés de la famille Febvre, se fixa à Luzy. Plusieurs des membres de cette famille exercent actuellement la médecine et la pharmacie, et c'est avec plaisir que nous saisissons cette occasion d'affirmer nos liens de proche parenté et d'amitié avec cette famille.
Un cousin des Febvre, également du prénom de François, était vers la même époque chirurgien à Lucenay-rEvèque. Un autre, Hilaire Febvre, peut-être père du précédent, barbier ou aide-chirurgien à Autun, en 1731. Nous avons donc là une véritable famille de médecins ; nous en retrouverons plusieui*s autres.
MoRVANCHET (François), chirurgien, élève de Febvre, épousa en 1752 Anne Bonneau, de la famille du chirurgien dont nous avons parlé précédemment. Son père, Jean-Baptiste, était tanneur, profession alors très Hérissante à Luzy . La famille Morvanchet a disparu depuis peu de notre pays et y a laissé les meilleurs souvenirs En 1746, Marie Morvanchet, fille d'Etienne, procureur fiscal, et de Anne Bernier, épousa Pierre Imbart dit la Tour, chevalier du guet à Paris, fils de Antoine Imbart et de Marie Deversanne, demeurant à Avrée. Certains membres de cette famille sont connus aujourd'hui sous le nom de Imbart de la Tour. Nous croyons même savoir qu'un d'eux a été nommé tout récemment comte par le Pape.
Bezançon (Claude), chirurgien, époux de Claudine, fille naturelle du chirurgien Lazare de la Roche, dont nous avons parlé précédemment, paraît avoir appartenu à une famille qui venait de la Comté et s'était fixée à Bourbon-Lancy. Un salpêtrier de ce nom né, en effet, à Chambonnais-les-Bellevaux, dans la Comté, mourut à Luzy en 1774 et, à son inhumation, assistait un autre Besançon, cordonnier à Bourbon-Lancy. Besançon eut, en 1735, un fils du nom de Claude. En 1763, le chirurgien Besançon signait, comme témoin, l'acte de mariage de notre grand-père Pierre Gueneau avec Anne Mazover. Sa
fille Reine épousa en 1753 Gabriel Lambert, fils de Philippe, bourgeois de Saint-Niziersur-Arroux, et de Marie des Brosses. Nous pensons que c'est là quo mourut Besançon dont Tacte de décès ne se retrouve pas à Luzy.
CoujARD (Gilbert), docteur en médecine, fut marié à Anne Ballard, et mourut en 1714, laissant un fils posthume, Claude-Louis, et un autre du nom de Gilbert, qui épousa en 1735 Jeanne Maître, fille d'un bourgeois de Luzy, demeurant en Dosne (hameau près Luzy, sur la colline de ce nom).
La famille Coujard, originaire dos environs de ChAteau-Ghinon, où il existe encore une communauté de ce nom (commune de Ghàtcau-Chinon-Gampagne), a fourni plusieurs magistrats à notre pays. Elle est plus connue aujourd'hui sous les noms de de Laverchère, de la Chôze, de la Planche, etc., par lesquels elle a remplacé son nom patronymique.
DuPAiN (François), chirurgien, exerçait vers 1730. Son frère était alors curé de Saint- Pierre et archiprèlre de Luzy .
SuiTTARD (Gcorges-L('onard), fils de Claude, dit Hazard, hôte du logis du Cheval- Blanc, est désigné tantôt comme chirurgien, tantôt comme simple frater-garçon-chirurgien. Il mourut le 20 février 173 i, laissant une somme de cinquante livres aux pauvres de notre commune. Enterré en l'église Saint-Pierre.
CoGNY (François), né vers 1750, à Lanty (canton de Luzy), était fils aîné de Claude, fermier, et de Anne Huet. Il vint s'établir à Luzy et épousa en 177G Anne Thiériat, fille do François, notaire royal, et de Magdeleine Guillaume. Un des frères de Cogny fut notaire h Luzy, d'où le docteur Je;m-Paul Cogny, dont nous parlerons tout à l'heure, chez lequel nous avons vu un très curieux portrait de son oncle François. Son troisième frère exerça la médecine à Mont-Sainl-Vincent, où il mourut en 1820. Cette famille était alliée de très près à celle de notre excellent ami Antony Duvivier.
Perraut (Victor-Antoine), chirurgien, fils de Lazare et de Jeanne Prévost, demeurant au village de Mary-sons-la-Montagne (commune de Moulins-Engilbert), vint exercer à Luzy, où il épousa Marie Tliierriat, fille de François, et devint beau- frère de Cogny. Il mourut le 23 juillet 1769, à l'àgc de 29 ans.
Bertrand (Jean-François-Victor), maître chirurgien, était marié à Elisabeth Paulet, dont il eut une fille du nom de Marianne. De son extrait de baptême, il résulte qu'elle eut pour marraine Marianne Castagney, alors veuve d'un sieur Bertrand, jadis marchand à Sisteron.
Ce Bertrand de Sisteron, probablement père de notre chirurgien, n'en appartenait pas moins à une famille Bertrand, de Luzy, où un Jean Bertrand était marchand en 1612. Celui-ci avait probablemeni quitté le pays pour chercher fortune, et son fils revenait au pUe. Le chirurgien Bertrand mourut en 1782.
On trouve, vers la même époque, un autre Bertrand, chirurgien à Saint-Gengoux (commune de Larochemillay), qui institue pour héritier, en 1736, son cousin Lazare Bertrand, fermier à Villette-los-Forges (commune de Chiddes).
CoRTET (François), docteur en médecine et conseiller du Roy, parait avoir échangé sa profession contre celle d'officier au grenier h sel.
CoMPiN (Antoine), docteur en médecine, échevin de Luzy en 1783, mourut à La Chapelle-au-Mans (Saône- et-Loire), à Tàge de 90 ans, pendant un voyage qu'il fîiisait dans
celte contrée. Il a laissé le souvenir d'un homme d'un caractère aimable et bienveillant et fort aimé de ses concitoyens. La famille Compin, dont nous aurons à reparler, n'a plus de représentants à Luzy .
A cette liste des médecins qui ont exercé leur art à Luzy pendant le XVIII* siècle, nous pouvons ajouter les noms suivants qui nous appartiennent à plus d'un titre :
1® Saclier (Claude- Anne), chirurgien au Cliarnay, commune de Lanty, vers 1704, fils de Jean Saclier, sergier à Luzy, et d'Angélique Andriot.
2® Saclier (François), qui devint chirurgien à Paris et y mourut. Nous avons parlé de lui dans notre premier chapitre. Il était fils de Jean-Bapliste Saclier, demeurant à Monceaux-Cuvigny, paroisse Fléty et Tazilly alternativement, et de Jeanne Thevenot, celle-ci fille de Jean Thevenot, chirurgien au lieu de Riperroux, paroisse de Saint- Gengoux (aujourd'hui de la commune de Larochemillay). C'est de cette famille Thevenot que proviennent le docteur Thevenot, mort à Autun en 1842, qui a laissé un des meilleurs renoms de savoir et d'expérience, et le docteur baron Thevenot, qui devint une des célébrités médicales de Paris.
Ajoutons encore Jean Saclier, chirurgien à Issy-l'Évéque en 1726, toujours de la même famille, qui n'a disparu de Luzy que depuis peu d'années et dont un des derniers représentants Saclier, devint interne des hôpitaux de Paris et publia, le 13 novembre 1850, sa thèse de doctorat sur la conjonctivite pruriforme. Saclier allait marcher sur les traces de son oncle le baron Thevenot, quand il fut enlevé, fort jeune encore, par une cruelle maladie.
Derangère (Dominique), chirurgien à Larochemillay vers 17G4, famille encore à Villapourçon.
Barbier (Jacques), chirurgien à Chiddes et à Millay vers 1755, était marié à Anne Confaron.
Perrin (Jean), chirurgien à Apponay, paroisse de Rémilly (commune de Luzy), marié en 1765 à Marie Poupon. Plusieurs familles de notre pays portent ce nom.
BoNNOT (Lazare), chirurgien en 1751 à Crécy-sur-Somme (Saône-et-Loire), d'une famille de Luzy.
BouLLYER, chirurgien à Ternant (commune de Fours), mort en 1749 et marié à Françoise du Casse, famille existant encore à Luzy.
Girard (Pierre), 1741, chirurgien à Saint-Léger-sous-Beuvray, fils de Jean, apothicaire à Larochemillay, dont nous avons parlé précédemment. Il eut pour fils Girard François, que nous trouvons en 1762 étudiant en chirurgie à Paris. Pierre Girard était marié à Jeanne Dufraignc de Larochemillay. Un Dufraigne devient chirurgien h Saint-Léger-sous- Beuvray.
DuBOSC (Claude), chirurgien à Saint-Léger-sur-Arroux, fils de Gilbert Dubosc, chirurgien à Larochemillay, dont nous avons parlé précédemment. Il avait une sœur mariée à François Geoffroy, chirurgien à Autun, d'une famille de Larochemillay.
Chevalier (Marcel), chirurgien à Saint-Saulge, originaire de Luzy.
Seguin (Claude), à Laroche-en-Brenne, marié à Barbe Thierriat, de Luzy.
Blondeau (Pierre), 4733, docteur en médecine à Paray-le-Monial, d'une famille de médecins que nous avons déjà citée.
Lallemant (Pierre), chirurgien à Strasbourg vers 1736. Sa fille Léonarde était mariée à Philibert Balmain, marchand dans notre ville. Son frère y était procureur fiscal. D'une famille de marchands de Luzy, disparue aujourd'hui.
Segaud (Jean), chirurgien à Anost vers 173G, marié à Anne Baudriou, qui épousa ensuite Hilaire Lallemant, fils de Pierre, marchand à Lury. Cette famille nous a donné un échevin et existe encore chez nous.
Jacou (Charles), qui exerçait la chirurgie à Bourbon-Lancy en 1703, était marié chez nous à Marie Nault, fille de Denis et de Marthe Métayer.
Sechrat (Pierre), chirurgien à Bost, hameau de la paroisse de Rémilly.
ÏRiPs (Jean), qui exerça nous ne savons où, mais était marié à Jeanne Fournier, de Luzy, qui mourut le 5 septembre 1771, en donnant le jour à Françoise-Cunégonde, qui eut pour parrain notre chirurgien François Febvre.
Rehreget (François), chirurgien au Pont-de-Vaux, près de Luzy, celui dont nous possédons un ouvrage sur lequel il avait signe Rehreget, bon garçon. Il était d'une famille de Semelay. Jean y était chapelier en 175i. Un autre Rebreget, du nom de Guillaume, était chirurgien à Moulins-Engilbert, vers 1704. Cette famille, avec laquelle nous avons des liens de proche parenté, a quitté le pays.
Geoffroy (Pierre), chirurgien à Autun en 1730 ; fils de Joseph, praticien à Larochemillay. Cette famille a fourni d'autres médecins dont nous parlerons au prochain chapitre.
Pour terminer riiistoire de nos médecins du dix-huitième siècle, notons les noms de Lado (Pierre), opérateur, qui demeurait ordinairement à Grenoble, mais venait de temps à autre à Luzy, où sa femme, Anne Lachaud, mit au monde, en 1700, un enfant du nom de François.
En même temps que lui venait fréquemment, à Luzy, Duraxd Jean, oculiste, demeurant d'ordinaire à ChiUillon-en-Bazois, et qui levait les cataractes. Suivant l'exemple donné par celle de son confrère Lado, sa femme, Marie de Chargère, mit au monde à Luzy, le 9 août 1704, un fils du nom de Denis.