NOS PHARMACIENS
Nous ne pouvons terminer ce chapitre sur nos médecins sans parler de nos pharmaciens, leurs dévoués et si utiles auxiliaires. N'ont-ils pas, en effet, leur grande part dans le soulagement apporté à nos maux ? N'est-ce pas, le plus souvent, de la bonne et prompte préparation des remèdes ordonnés que dépendra le succès de telle ou telle cure? On sait aussi quelle grave responsabilité pèse sur le pharmacien dans certains cas.
Dépouillant la robe du vieil apothicaire, leur ancêtre, homme de bien dont ils n'auront garde de rire, car ils savent qu'il a eu sa part de labeurs, nos pharmaciens d'aujourd'hui suivent hardiment la route du progrès scientifique et humanitaire. Ils sont, en général, excellents préparateurs, chimistes et botanistes distingués. Nombre d'entre eux ont trouvé de savantes préparations pharmaceutiques qui rendent de grands services au médecin. Grâce à leurs efforts, quantité de médicaments qui ne causaient que dégoût aux malades et aux enfants surtout sont devenus d'onctueux sirops, des pâtes savoureuses, de charmants bonbons qui, sous leurs enveloppes appétissantes, dissimulent, au goût et à l'œil, les amertumes et les infectes odeurs des drogues de jadis. N'est-ce pas là un vrai service rendu à Thumanité? Nous leur devons donc un tribut d'hommages et de reconnaissance que, pour mon compte, je leur apporte de tout cœur.
Le premier en date, à Luzy, est M. Tixier François, né à Digoin (Saône-et-Loire), le 10 novembre 1810. Il était fils de Barthélémy et de Louise Carpet. C'est vers 1836 qu'il vint s'établir chez nous, y fondant la première pharmacie que nous ayons possédée. En 1837, il épousa Marie-Françoise Bourdin, d où Louise-Marie, mariée à Charles Martin, propriétaire à Mâchefer, commune de Larochemillay, et Joséphine, actuellement veuve de M. Arthur Epinat, d une famille bien connue à Luzy.
Tixier, âgé aujourd'hui de 86 ans, est un bon vieillard très aimé, que nous avons vu jadis brillant officier de notre première compagnie de pompiers.
Il céda sa pharmacie à Berthier (Jean-Claude), d'une famille des plus anciennes de Luzy. Berthier, praticien des plus distingués, quitta Luzy pour aller achever sa fortune à Dijon, où il dirigeait une pharmacie des plus importantes et des plus renommées.
Il eut pour successeur Gudin (Jean), né à Château-Chinon, le 9 janvier 1827. Pharmacien de première classe de l'Ecole spéciale de Paris, ancien interne des hôpitaux, élève de l'Ecole pratique après concours. Gudin a exercé à Luzy de 18-43 à 1883, avec un zèle et un savoir auxquels nous nous plaisons à rendre hommage. Il est, en ce moment, retiré à Nevers.
A celui-ci a succédé Câlin (Paul), pharmacien de première classe de TEcole de Paris, né à Autun le 3 octobre 185i, et marié à Cladie Bonnet, de Montceau-les-Mines. Nous n'avons pas à le louer, mais nous tenons à lui adresser toute l'expression de notre affectueuse sympathie et à lui dire que nous conservons des bons soins qu'il a donnés aux nôtres les meilleurs souvenirs.
Depuis quelques années, un second pharmacien, M. Vincent (Henri), originaire de Germigny-sur-Loire, où il est né en 1862, pharmacien de deuxième classe de l'Ecole de Dijon, est venu s'établir à Luzy, où il a épousé, en 1888, M^^^ Lucie Goublot.
Et maintenant, à tous, médecins et pliarmaciens, bonne vie et saluts affectueux.
Lucien Gueneau.
A M. d'Asis-Gaillissans.