‹ MemoiresChapitre 44 sur 93 · LE VIEUX-MARCHÉ. LE 30 MAI · texte numérisé non relu

LE VIEUX-MARCHÉ. LE 30 MAI

Le Vautour du remords relAche un peu sa serre.

— Un ange conducteur, à ses pas attaché.

Mène Frère Isambart tout droit au Vieux-Marché, Le jour où l'on célèbre un saint anniversaire.

Il s'agenouille là. — Sa poitrine se serre.

Mais son crime d'antan n'est plus qu'un lourd péché.

— Il prie et son front bas jusqu'à terre penché Heurte et baise le sol dans un élan sincère,

Quand un lis d'or jaillit vers le ciel embaumé. Plus splendide que ceux de ce beau mois de mai. Qu'il déposait jadis aux pieds de la Madone ;

Sur la corolle il lit — ineffable bonheur I —

« Bon moine, meurs en paix, Jehanne te pardonne ! »

— Lors Isambart s'endort dans la paix du Seigneur.

Marcel Coulloy.

(1) Parmi nos fleuves, la Seine est bien le fleuve sacré par excellence.

Les restes de la vierge de France, dit Marins Sepet, dans sa splendide Histoire de Jeanne d'Arc, c'est-à-dire un peu de poussière, quelques ossements, son cœur et ses entrailles, furent jetés dans la Seine par l'ordre de Winchester.

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