‹ MemoiresChapitre 54 sur 93 · Louis, qui a fait la branche de Monceau · texte numérisé non relu

Louis, qui a fait la branche de Monceau

Louis Olivier paraît avoir eu une fortune considérable. Il acheta, en 1546, une maison avec cour, galeries, chapelle et jardin en la rue Creuse, à Nevers (2). Peu après, il affermait les greniers à sel de Nevers et de Saint-Saulge (3). Le 2 août 1553, renouvelant une transaction du 11 septembre 1467 avec le comte de Nevers, il acquit divers droits dans les bois de Mauboux. Quatre ans après, le 9 juillet, étant alors époux de Marie Lamoignon, il achète de Paul de Pontailler, seigneur de Chàtillon-en-Bazois, les moulins banaux de Chatillon (4). Le 20 décembre 1559, il acquiert, sous réméré d'hui/ en trois ans, de Jacquette de Veilhan, femme de Paul de Pontailler, la terre, justice et seigneurie de Berniôre, moyennant 2,000 livres. Pour le payement des dettes qu'elle avait contractées avant son mariage, Henriette de Clèves, épouse de Louis de Gonzague. lui vendit, le 17 octobre 1566, les seigneuries de Bonnincourt et de Meneslie, au pays do Picardie (5).

(i) Archives de Nyon. Communication de M. Héron de Villefosse, chef de bureau des grâces au Ministère de la Justice.

(2) Epi graphie héraldique de la Nièvre, p. i5i.

(3) Archives du Cher, E. 782.

(4) Titres de Nevers, 686.

(5) Titres de Nevers, 898, 55o. — Archivas de Nyon,

Le 15 avril 1561, Louis Olivier et Marguerite Lamoignon, sa femme, reconnurent tenir de Maître Imbert de la Platière, maréchal de Bourdillon, seigneur des Bordes, d'Ourouër et autres, diverses terres à Saint-Lay et aux Carrogets, sous l'annuel et perpétuel bordelage de 15 sols tournois. Louis Olivie^ était seigneur de Saint-Lay et fit hommage pour cette terre en 1575 (1).

Il agrandit sa seigneurie de Nyon par l'acquisition du domaine Dourneau, aujourd'hui domaine de Nyon, et ses dépendances, moyennant 540 livres, 30 boisseaux de blé et quatre aunes de drap (2), et par celle des biens des héritiers de Pierre Moussy, ancien curé d'Ourouër, le 15 septembre 1573, moyennant 600 livres.

Après la mort de leurs parents, certaines contestations s'élevèrent entre Louis Olivier, sieur d'Arriaux, Antoine Olivier, sieur de Surpalis, et François du Broc, frères utérins. Le différend fut soumis au duc de Nivernais qui, le 25 janvier 1588, mit tout le monde d'accord par la sentence suivante :

« Ludovico, duc de Nivernois et de Rethclois, pair de France, lieutenant général « pour le roy en Picardie et pays reconquis, et Henriette de Clèves, princesse desdits f lieux, à tous, présents et à venir, salut. Sçavoir faisons que nous ayant remontré nos c chers et bien amés François du Broc, sieur du Nozet, et Antoine Olivier, sieur de < Surpalis, frères utérins, comme par succession de feue damoisclle Marie Lamoignon, c leur mère, il leur serait entre autres choses échu, et à Louis Olivier, sieur d'Arriaux, « leur frère, la justice haute, moyenne et basse et droits de justice et de bailliage qui « devait appartenir à feu les seigneurs nos prédécesseurs dans la paroisse de Saint- « Martin d'Ourouër acquise par feu Louis Olivier, sieur d'Arriaux, père desdits Antoine « et Louis en l'année 1554 et 1555 de notre très honoré seigneur et père, de nous... à € la charge de fief et de ressort pardcvant notre bailly de Nevers, comme aussi « leur devoir en lieu et fief des Meures et de Nyon, assis en ladite justice. Après le « décès de laquelle leur mère, eux trois, ses enfants, procédant au partage des € immeubles par elle délaissés, leur aurait voulu diviser en deux ladite justice haute, c moyenne et basse, les droits de bailliage en icelle, affectés auxdits fiefs des Meures a et de Nyon, avec les adjacens de l'une et de l'autre pour et pouvoir s'intituler seigneur « desdits fiefs. Donc par le sort, pour ce jeté entre eux, est advenu au dit sieur de € Nozel le fief des Meures, et audit sieur de Surpalis le fief de Nyon, avec la moitié de « la justice et droit de bailliage à chacun d'eux, et audit sieur d'Arriaux des héritages € assis hors ladite justice, la division de laquelle, reconnaissant ne pouvoir faire sans « notre permission et voulant éviter d'en être inquiétés à l'avenir, ils nous avaient c supplié l'avoir agréable et leur permettre faire élever un signe patibulaire en chacun « desdits fiefs pour marquer leur haute justice, sur quoi, après avoir eu l'avis de nos « féaux et amés les gens de notre conseil et de nos comptes de Nevers, et de nos € avocats et procureurs généraux du mois d'août 1585, et désirant honorablement € traiter lesdits du Nozet et de Surpalis, avons pour cette fois, sans tirer à conséquence, « consenti et accordé la division de la justice haute, moyenne et basse et droit de

(i) Saint-Lay, lieu détruit au sud d'Ourouër. (2) Archives de Nyon.

c baillage. Laquelle justice et droit de baillage en tant que besoin est, nous avons de c nouveau par ces présentes divisé en deux et attribué pour l'avenir et à toujours à f iceux fiefs des Meures et de Nyon, à la charge de tenir en fief de nous et de nos c successeurs ladite justice et droit de baillage ainsi déclaré du ressort par devant € notre bailli de notre duché de Nivernois et que lesdits sieurs du Nozet et de Surpalis « devront tenir de faire au plus tost borner à leurs dépens leurs dites justices en pré- € sence de notre procureur au domaine de notre duché pour la conservation de la c mouvance de nos droits et qu'ils ne pourront s'aider de la susdite division jusqu'à ce € qu'ils aient fait faire ledit bornage. Leur avons aussi permis et permettons par ces c mômes présentes de faire ériger en chacun desdits fiefs des Meures et de Nyon le c signe patibulaire... >

Il faut conclure de tout ce que nous venons de voir que les ducs de Nevers possédaient la justice entière dans la paroisse de Saint-Martin d'Ourouôr, que l'un d'eux vendit, le 2 août 1554, la justice moyenne et basse à Louis Olivier qui dut acquérir la haute justice l'année suivante, et qu'en 1588 celte justice entière fut divisée en deux justices entières dont l'une fut attribuée au fief des Meures et l'autre au fief de Nyon. Ceci bien établi, nous continuons la suite des seigneurs de Nyon.

Antoine Olivier, seigneur de Nyon, Surpalis, Ghitry-les-Mines, Boisfranc, Chaumot, baron de Sergines, épousa Marie Hodoart, sur la famille de laquelle les renseignements nous manquent. Il devint trésorier général pour la généralité du Languedoc établie à Bourges. En 1590, les fabriciens de l'église de Saint-Pierre de Nevers lui cédèrent divers héritages que cette église possédait à Nyon. En 1597, il reçut les doléances des habitants de Nevers qui demandaient do pouvoir relever les digues de la rivière de Loire au-dessus du grand pont de la ville souvent envahi par l'eau. Le 28 juillet 1598, il fit hommage pour la seigneurie de Nyon. (Archives de Nyon). L'année suivante, il céda aux chanoines de Saint-Cyr de Nevers une rente de 10 sols et demi et une moitié de géline à lui dus sur une maison sise à Nevers. En 1601, il est dit gentilhomme ordinaire de la maison du roi. Le 26 janvier 1602, il acquit, moyennant 240 Kvres, le pré du Pontot, sis à Balleray, contenant 24 charretées do foin.

Il avait eu Etiennette qui épousa, par contrat du 25 février 1611, François de Blanchefort, baron d'Asnois, auquel elle porte Nyon et autres.

François de Blanchefort, chevalier, sire et baron d'Asnois, Saligny et le Bidon, seigneur de Saint-Germain-des-Bois, était fils d'Adrien et d'Henriette de Salazar. Par son mariage avec Etiennette Olivier, il devint seigneur de Nyon, Surpalis, Chitry et baron de Sergines. Il eut une douzaine d'enfants dont nous n'avons pas à nous occuper ici, car il céda Nyon, le 20 juin 1620, à Alexandre de Pergues (Archives de Nyon).

Alexandre de Pergues était fils de Nardin, seigneur do Villiers-sur- Yonne, Averly et autres, et d'Eugénie de Villaines. Le 14 avril 1622, il fit hommage pour Nyon qu'il avait acquis le 20 juin 1620. Il avait épousé Louise de Juisard dont il eut :

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