III. — A travers la lande
Myrdhinn se tait. Et puis, d'un pied leste et robuste, Comme si la vigueur de ses lointains vingt ans Erigeait la hauteur spectrale de son buste,
Il va, tournant le dos aux fracas éclatants
Des lames dont l'assaut ébranle au loin la terre,
Vers ces lieux si connus de son joyeux printemps .
Mais là lande jamais ne fut tant solitaire,
Jamais le vent du Nord ne lui sembla tant froid, —
Isolement profond, aquilon délétère
Dont l'acre intensité de ses rancœurs s'accroît... — rajeunissement de son front centenaire !
Pourtant voici la rive et le sentier étroit
Où jadis Corentin, l'apôtre débonnaire, L'accueillait d'une main toujours prête à bénir, Et lui parlait du Christ d'une voix qu'on vénère.
Mais, hélas I tout s'enfuit, même le souvenir De ce qui fut suave et beau dans la Nature, Et lui reste vivant, aussi droit qu'un menhir,
Dominant le passé de sa grande stature ; Il erre, nuit et jour, désespérément seul, En proie au mal latent qui sans fin le toi*ture,
Drapé dans son manteau, comme dans un linceul.