A DONNER AUX BREBIS, AUX CHEVAUX, ETC
U ne faut vendanger que quand le raisin est bien mûr et depuis que la lune est au plein jusqu'à ce qu'elle tourne. Les vins faits pendant ce temps se conservent plus longtemps et ne sont pas sujets à tourner.
On plante la vigne en lune croissante, depuis le premiervendredidela lune jusqu'à ce qu'elle entre dans son plein. Si on la plante en lune décroissante, elle ne pousse pas.
Il faut couper les osiers et roueites au déclin de la lune, elles se tournent mieux, ne rompent pas, durent plus longtemps, notamment les rouettes de chêne, de châtaignier, de saule et d'osier.
On taille les arbres dans le croissant de la lune.
« Taille tôt, taille tard, il n'y a pas la pareille taille qu'en pleine lune de Mars. »
Il faut ôter les chardons et mauvaises herbes, depuis la lune au plein jusqu'à la nouvelle.
Un métayer ne doit avoir qu'un jardin dans lequel le maître ne prend rien, mais, partout ailleurs, il prend sa moitié, soit chanvre, pois, faviolles, pois noirs, navettes, même des nèfles (1).
^1) Le néflier tenant rang entre les arbres mi-sauvaees, mi-fruitiers, la nèfle, comme la prunelle, ne faisait pas partie d'ordinaire des bons fruits partageid>le8 à moitié, d'où cette réponse proverbiale, û qui vous demande ce qui ne lui revient pas : « des nèfles I » c'est-à-dire : on ne vous doit rien.
Il ne faut pas arracher les trèfes (1) qu'elles ne soient bien en maturité, ainsi que les oignons et citrouilles que Ton voudra garder toujours, comme je l'ai dit ci-dessus, au déclin de la lune et par beau temps.
On cueillera les pommes lorsqu'elles seront bien mures ; si elles ne le sont pas, elles se rident et se gâtent. Il vaut mieux ne pas tant en amasser, mais les amasser bien mures, elles se gardent mieux et font plus de profit et d'honneur.
On fera de môme pour les poires ; il faut les cueillir à la main, avec une échelle qu'on tourne autour de l'arbre, parce que si elles tombentelles se talent etse conservent moins.
Il faut choisir un beau temps clair et serein, sans nuages ni brouillards, dans la pleine lune ou dans le dernier quartier parce que, si c'était au croissant, les fruits ne se conserveraient pas.
Observations diverses. — Si un cheval a de la toux, qu'il pousse, qu'il ait du farcin ou une espèce de gale ou bouton attaché au poil, donnez-lui à jeun, tous les matins, deux onces de bonne fleur de soufre mêlées dans deux picotins de son de froment. Si le mal est invétéré, vous irez jusqu'à deux livres. Le soufre rafraîchit, purge, tue les vers, fait sortir la gale et le farcin, débouche les pores du cuir, désobstrue les glandes de l'estomac et des intestins et fait mieux respirer.
Vous en ferez de môme aux bœufs ou vaches auxquels vous en donnerez une livre le matin à jeun dans du vin blanc, avec le cornet. Vous les laisserez ensuite deux heures sans manger.
Vous en donnerez aussi aux cochons qui ont la gale, la toux, le farcin ou la clavelée, le matin à jeun dans de l'eau blanche, aux brebis, dans du son de froment.
Pour purger un chien qui aura des vers, qui sera maigre et barrasse, donnez-lui six onces de fleur de soufre, savoir deux onces chaque matin pendant trois jours consécutifs dans du lait.
La fleur de soufre est bonne aussi à l'homme dans la pleurésie, elle débouche, désobstrue et fait respirer.
Toutes sortes de hôtes tuées au croissant de la lune sont toujours plus tendres et cuisent mieux qu'au décroissant.
On met couver les oies et les dindes au plein de la lune ou dans le dernier quartier parce que, couvant un mois entier, les oisons et dindons pourront éclore en lune croissante et éclosent plus facilement.
La poule ne couve que trois semaines, il faut donc la mettre couver au plein ou au commencement du dernier quartier pour la raison sus-dite.
(I) C'est le nom sous lequel on désigne chez nous la pomme de terre, nom qui parait lui provenir de sa ressemblance avec la truffe ; n'était regardée, à Tépoône où Bonfils écrit son livre que comme un fruit de jardin. On la tenait même généralement en discréait. Cet éloignement du peuple pour ce fruit qui forme aujourd'hui la base de notre nourriture, et dont la culture nous a mis à l'aori des famines, provenait, il faut bien le dire, de ce que les prêtres Espagnols, puis les nôtres, craignant de voir cette racine remplacer le bled sur leauel ils percevaient la dixme et de perdre ainsi une des meilleures sources de leurs revenus, l'avaient déclarée plante du diable, fruit diabolique, d'où son nom, du reste, de triife ou trèfes, dérivé de Tarteafel, der Teufel, le diable. La Révolution ayant fait disparaître la dixme et, d'autre part, les essais de Parmentîer avant fait espérer que la farine de pomme ae terre remplacerait celle du blé, la culture de la pomme cle terre prit dès lors le rapide développement qui se continue aujourd'hui encore. (Voir MsRaKR, Tableau de Paris. — Anggelo de Gubernatis^ la Mythologie des Plantes, etc.