‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 152 sur 159 · M. le comte Pappenheim, lieutenant-colonel · texte numérisé non relu

M. le comte Pappenheim, lieutenant-colonel

9. M. le baron de Schack, gentilhomme de la chambre du duc et capitaine de ses gardes à cheval.

10. M. le baron de Montolieu fils, gentilhomme de la chambre.

Suite :

Pour Mgr. le Duc : deux pages, un valet et un garçon de chambre, un friseur, deux coureurs, deux laquais, deux heiduques.

Pour MM. ses frères ; deux valets de chambre, un friseur, deux laquais. »

Les 16 et 17 juillet Charles-Eugène alla prendre congé du roi et de la reine. « M. le Comte de Grœiiingen fit trois profondes révérences en se retirant, comme en entrant : ensuite il fit un discours au Roi dans lequel il prit congé de S. M. et la remercia de toutes les bontés dont il la voit comblé pendant son voyage en France. Le Roi lui répondit fort gracieusement et lui fit plusieurs questions extrêmement obligeantes. » Mais la visite de Versailles n'était pas complète, tant qu'on n'avait pas fait sa cour à la toute puissante favorite. On sait que la toilette de Madame de Pompadou'r était, comme le dit d'Argenson, « une espèce de grande cérémonie », où s'empressaient de nombreux

courtisans. C'est à ce moment qu'en général on conduisait chez elle les étrangers ; il est probable que Charles-Eugène put faire des réflexions analogues à celles du prince' de Ligne : « Après la ronde des révérences qu'on me fît faire, dit ce dernier, chez tous les individus de la famille royale, on me conduisit chez une espèce de seconde reine qui en avait bien plus l'air que la première. » La Tournelle écrit : « Nous menâmes ensuite le duc de Wurtemberg visiter Madame la marquise de Pompadour qui étoit à sa toilette. Son Altesse y resta un quart d'heure, ne s'assit point et l'obligea de continuer ; elle le reconduisit presque jusqu'au bout de la salle. )> Puis le duc s'en alla dîner chez le cardinal de Tencin. 11 est probable qu'il avait apporté quelques présents pour Louis XV ; le roi n'eut garde en tout cas de l'oublier ; le marquis de Puysieulx fut chargé décrire à l'abbé Bignon, bibliothécaire rue de Richelieu, a afin qu'il fit porter chez M. le duc de Wurtemberg à Paris vingt-quatre volumes des gravures du cabinet du Roy. »

A la fin de juillet les jeunes princes partirent pour l'Angleterre où ils voyagèrent trois mois incognito, mais nous n'avons aucun détail sur cette période de leurs excursions. Le 1®' novembre M. de Montolieu fit savoir au ministère qu'ils arriveraient à Fontainebleau le lendemain. Le 9 les princes allèrent à la chasse en compagnie d'un noble génois, Centurioni ; ils étaient montés sur des chevaux de la petite Ecurie ; le soir ils furent au spectacle.

On les revit souvent à Versailles ; le 27 novembre ils assistaient à la première des Surprises de l*Amour, ballet en deux actes, paroles de Gentil Bernard, musique de Rameau, qui fut donné au Théâtre des Petits Appartements. C'est par cette soirée de gala qu'on inaugura le nouveau théâtre construit dans l'escalier des ambassadeurs et qui avait coûté 73.000 livres. Les acteurs étaient Mesdames de Pompadour, de Brancas, de Marchais, MM. de la Salle, le duc d'Ayen et le vicomte de Rohan. On remarquait dans le public: Le Roi, le Dauphin, la Dauphine, Mesdames de France, le président Hénault, Centurioni, le président Ogier. Ce fut un grand succès digne d'émerveiller les jeunes princes et l'on aime à croire qu'ils n'entendirent pas le

roi dire en bâillant à Tun de ses voisins : « J'aimerais mieux la Comédie ! » {').

Ce séjour se termina avec Tannée 1748 : le dimanche o janvier 1749 les princes virent prendre congé du roi a qui les gracieusa beaucoup ». ils saluèrent ensuite la Reine, le Dauphin, la Dauphine, Mesdames de France et dinèrent chez le marquis de Puysieulx.

Les deux princes retournèrent auprès de leur frère à Stuttgart, puis ils se séparèrent pour de longues années ; Frédéric Eugène entra au service du grand Frédéric qui lui donna dès 1749 le titre de colonel de cavalerie et le commandement d-un régiment de dragons. Par une coïncidence frappante, Louis Eugène prenait à la même époque du service dans Tarmée française ; la vie parisienne avait fait trop d'impression sur lui pour qu'il pût se résigner à vivre au fond de l'Allemagne ; son séjour en Wurtemberg dura à peine six mois, car le 6 juin 1749 on lui envoyait déjà une partie de ses apanages à Paris. Il fut nommé maréchal de camp dans la promotion du 23 août 1749 et le 8 décembre le roi lui donnait le régiment étranger de Rosen ('). Louis Eugène était d'ailleuts un soldat de premier ordre dont la bravoure fut très remarquée, mais il ne partit en campagne qu'en 1736 selon toute apparence. De 1749 à 1756 il tint surtout garnison à Paris, fut reçu dans les meilleurs salons et mena une vie galante et mondaine dont il nous reste heureusement quelques souvenirs.

(1) Luynes. t. X. p. 99 (7 mars 1749).

Ad. JuUien : op. cit. p. 193.

(2) Ahnanach Royal, — Luynes. l. X p. 49.

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