CHAPITRE III
Séjour de Louis-Eugène à Passy
Le prince Louis-Eugène avait beaucoup fait parler de lui pendant l'hiver de 1750-1731 et Ton apprit sans étonnement au mois de juin qu'il s'était transporté à Passy avec toute sa suite pour prendre les eaux : ce village si proche de la capitale était un centre de plaisir et le rendez-vous des hommes à la mode (*).
Les plus anciennes eaux minérales de Passy étaient déjà exploitées au milieu du XVII« siècle ; en 1685 un jésuite* le P. Lemoyne décrivait en termes galants et discrets les charmes de l'automne sur la colline de Passy où l'on voyait errer de volages Amours :
« De là parfois d'une rapide course, Tirant vers la fameuse source, Où Ton voit en toute saison Tant de corps langoureux chercher leur guérison, lis vont d'une brûlante haleine Mettre le feu dans la fontaine Et quiconque y vient après eux, Surpris de ces humides feux, En les beuvant, boit une maladie A quoi nulle eau ne remédie ('}.
A la porte de l'établissement des Anciennes Eaux, on voyait vers 1710 une enseigne portant ces mots pleins de promesses :
(1) Abbé Lebœuf : Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Ed. de 1883, in-8*, 1. 401-407 et 461-467. et en général l'excellent Bulletin de la Soc. hist, d'Àuieuil et de Passy :6 vol. in-4% 189*2-1909, et 1 toI. en lormaUon (1910-1911).
(2) Entretiens et lettres morales, Paris, chez Loyson. 16(K), ia-12. p. 184- 189 (Jeu poétique à des Yveteaux).
« A Teau salutaire ». La renommée ne s'en était pas encore ralentie, lorsque Tabbé Le Ragois se mit à exploiter de nouvelles sourcesenl719 ; cette fois l'installation fut grandiose ; plusieurs pavillons se dressaient le long de la rue Basse, aujourd'hui la rueRaynouard ; du côté de la Seibe, s'étageaient trois terrasses plantées d'ifs et de tilleuls, avec des bosquets, des jeux, (( une espèce de salon voûté », où J. J. Rousseau allait a barbouiller du papier » en 1751 et noter les principaux airs du Devin du Village (*). En 1748 Néel, dans son spirituel Voyage de Paris à Saint-Clcmd, décrivait ainsi le Casino de Passy :
t Nous nous trouvâmes insensiblement vis à vis de deux jardins charmants fort voisins Tun de l'autre et dont la propreté et l'ornement attirèrent toute mon attention ; .... elle me dit que ces deux jardins étaient destinés à prendre les eaux minérales de Passy, que bien des familles étaient redevables à ces deux endroits de leur origine et de leur postérité, que l'on y venait de fort loin pour recouvrer la santé, qu'il y avait pendant toute la saison une compagnie choisie, qu'il y avait eu à la vérité autrefois quelques abus dans le grand nombre des personnes qui venaient prendre les eaux, mais que depuis que les temps sont devenus si durs, on n'y voyait plus guère que de véritables malades qui ne pensaient point à la galanterie,.... que le Passy d'aujourd'hui n'était plus le Passy de son tems pour les plaisirs et qu'enfin sa fille y était depuis un mois sans.... » (*). Cette réputation ne paraissait point usurpée ; Anseaume, un revuiste de l'époque, brodait sur ce sujet d'agréables variations dans Le docteur Sangrado, pièce jouée à la Foire Saint- Germain le 13 février 1758. On représenta enfin en 1761 une comédie de Pierre Naquet intitulée Les Eaux de Passy ou les Coquettes à la mode : plusieurs hôtes de marque échangent leurs impressions, réunis sur une terrasse : « Il se forme assez souvent des bals toutes les nuits ; on n entend que des instruments ; c'est une sérénade d'un côté, un bouquet de l'autre. Le séjour est délicieux !» — « Mes malades sont traités tout naturellement, répond le docteur, avec des remèdes simples ; j'ajoute quelques doses de contes, de bons mots, un peu de musique et de danse ».
(1) Confessions. 2' parUe. livre VIII.
(2) L. B. Néel : Voyage de Paris à Si-Cloud. Ed. de Rouen, 1878 in-S» p. 3.
On voit que les distractions ne manquaient pas à Louis-Eugène et que la danse y tenait une grande place ; nous avons pu retrouver quelques unes des contredanses qui faisaient fureur à Passy vers 1751 ; nous les publions ci-après. Ce genre de danses était presque le seul qui fût pratiqué à cette époque. Le comte de Kaunitz écrivait le 26 décembre 1750 : a On ne danse que des contredanses et il n'y a presque plus personne ni en hommes ni en femmes qui dansent un peu honnêtement le menuet. Jugez où on est réduit » (*).
C*est aux Anciennes Eaux que le prince Louis-Eugène avait élu domicile : « ces eaux proviennent de deux sources, dit un journal du temps ; elles ont un léger goût de fer qui n'est point
piquant et très peu d'odeur elles conviennent mieux aux
tempéraments faibles, aux femmes vaporeuses, aux viscères délicats et susceptibles d'irritation » (*). Un plan détaillé des Archives Nationales, datant de 1793, (») permet de reconstituer ces Anciennes Eaux dont l'entrée se trouvait au n^ 28 de l'actuel quai de Passy : deux grands jardins en terrasse, communiquant par des escaliers, ornaient la pente de la colline ; à droite, isolés par des massifs de verdure, s'élevaient quelques pavillons meublés, d'allure discrète, où les hôtes de passage venaient abriter leurs rhumatismes ou leurs amours ; au fond, en contrebas et au pied d'un rocher abrupt, des bâtiments d'exploitation entouraient les fameuses sources ; une porte dérobée au bout du jardin ouvrait sur une ruelle en pente appelée en core aujourd'hui le passage des Eaux et dont l'aspect n'a point changé. Par des marches très raides, entre de hauts murs couverts de mousse on gagnait sous une voûte de feuillage les châteaux du haut Passy. Tout cela n'est plus que souvenir et la pioche des démolisseursa détruit récemment cette retraite, dont les pavillons en ruines sous leurs grands tilleuils évoquaient encore toute la poésie d'un passé si vivant (*).
(1) Correspondance secrète entre le comte A, W, Kauniti Rietberg et le baron Ignaz de Koch, Paris, 1899. in 8% p. Gi.
(2) Anno7ice8, affiches et avis divers. 1754. p. 119(24 juillet). (8) N'" 1194 (Seine). Cf. S. 1544.
(1) Ajoutons que le séjour de Passy était fort recommandé à ceux qu'on appelait discrètement « les invalides de Cylhère ».
Louis-Eugène sut-il apprécier ce pittoresque et goûter cette solitude ? 11 semble bien au contraire que ce lui fut un prétexte à mener joyeuse vie, comme nous l'indiquent quelques documents inédits, tout à fait pris sur le vif. On sait combien la police secrète était savamment organisée sous Louis XV et quel plaisir le roi prenait lui-même à entendre les potins que lui communiquaient Hérault ou d'Argenson. Il existe aux Archives de la Bastille un rapport au lieutenant de police, rédigé par une des plus célèbres procureuses de l'époque, Madame d'Osmont, dans les termes suivants :
« Rapport du 28 juin 1751 : Le 23 juin «à 8 h. j'ay conduit Nanette chez le prince de Virtemberg aux anciennes eaux de Passy qu'il prend. 11 m'avoit fait Thonneur de m'écrire de lui envoyer une paîsanne et non autre chose ; j'ay fait habiller Nanette Poisson en paîsanne et l'ay donnée pour la fille d'un jardinier Le prince lui a dit de le revenir voir deux jours après
sans me le dire et qu'il la garderoit pour lui à son retour de Compiègne, en luy donnant pour compagnie la femme de son valet de chambre ; mais cette fille n'ayant entendu parler qu'allemand, elle n'y veut pas retourner.
Le 1<'>^ juillet à 9 h. j'ay conduit une nommée Madame Cruchote, femme d'un jeune perruquier pulmonique qui demeure rue
Mauconseil chez M. le P" de Virtemberg à Passy elle a eu
ses deux louïs ; c'est le deuxième des trois frères.
Le 11 juillet à midy j'ay reçu une lettre de M. de Virtemberg par laquelle il me demande Nanette Poisson pour l'entretenir ; il offre pour ce 20 louïs. J'ay laissé le marché à 30 et payés d'avance ; sinon rien de fait, les Princes doivent payer et remplir les non valeurs qui se trouvent souvent dans notre métier.
Le 12 le Prince a écrit de nouveau pour que j'accepte les 20 louïs qu'il m'a offert et que je luy donne la fille ou bien que je l'envoyé chez lui seulement et qu'il luy en donnera deux. Je luy ai fait réponse qu'il falloit qu'il y renonce ou qu'il eut la bonté de faire compter l'argent. J'en attends une dernière déci sion ; il la .croit fille d'un jardinier de Vincennes ; en effet il la veûe habillée en paîsanne et il n'en veut pas d'autre ; au reste lui donner une fille en bonne santé, ce n'est pas le tromper ; la croyant telle que je la luy avois annoncée, il l'a fait chercher par tout le village pour éviter de passer par mes mains, mais il n'a eu garde de la découvrir, puisqu'elle est toujours dans une chambre chez moy.
Le 13 sur les deux heures j'ay reçeû une dernière lettre de M. de Virtemberg par laquelle il marquoit que je n'avois qu'à lui envoyer ou mener le soir à 8 h. la petite paîsanne et que le lendemain j'irois chercher les 30 louîs que je demandois ; mais comme j*avois appris qu'il l'avoit fait chercher afin de ne rien payer, s'il l'avoit pu trouver, j'ay fait réponse par écrit au Prince qu'il n'étoit pas possible qu'il eût la fille, sans donner sur le champ la somme demandée, mais il n'a pas fait de réponse (*). ))
Louis-Eugène avait mieux à faire à Passy où de puissants voisins recherchaient l'honneur de le traiter à leur table. Le long de la rue Raynouard se groupaient alors dQs villas entourées de jardins. En suivant le quai, on arrivait au château de la duchesse de Lauzun habité depuis 1734 par la marquise de Saissac et au moment qui nous occupe par la comtesse d'Egmonl- Pignatelli. Plus haut, entre la rue Basse et la rue de l'Eglise s'élevait l'hôtel d'Aumont ou de Valentinois ; il appartenait depuis 1740 à Charles-Maurice Grimaidi de Monaco ou plutôt à sa femme, Marie-Christine de Saint Simon, petite fille du grand écrivain (*).
Mais la plus illustre de toutes ces demeures était le château seigneurial de Passy construit par Samuel Bernard en 1678 et loué à vie par ses héritiers au fermier général Le Riche de la Pouplinière ('). Depuis le 4 mai 1747 La Pouplînière y avait donné une série de fêtes, de bals et de concerts dont tout Paris s'entretenait. Du commencement de juin au milieu d'octobre, il habitait cette immense demeure d'un style un peu froid, mais bien meublée et entourée d'un parc somptueux. Louis-Eugène était donc arrivé à Passy à un heureux moment et ne tarda pas à être présenté au fermier général par le comte de Kaunitz- Rietberg, ambassadeur de l'Empire. La liste des invités était cette année là fort remplie : le prince put rencontrera Passy le peintre La Tour, M. de Buflon, lord Albemarle, ambassadeur d'Angleterre, le comte de Friesen, neveu du maréchal de Saxe.
(1) Arch. Bastille, l(K5d.
(2) Bulletin de la Soc , t VII (1910) p. 947.
(3) Nous ne pouvons ici consacrer que quelques lignes à La Pouplinière sur lequel nous publierons prochainement un ouvrage important
Il fut peut-être du grand souper du 6 juillet 1751 qui réunissait entre autres deux fermiers généraux : Durey d'Harnoncourt et Fillon de Villemur avec M«**® Beaucbarap et M«iï® Deschamps, actrice à TOpéra. L'orchestre était encore dirigé par Rameau qui faisait répéter Acante et Céphise avec les cors et les cla rinettes.
Parmi tous ces hommes illustres, celui dont la personnalité frappa le plus Louis-Eugène, fut naturellement Jean-Jacques Rousseau. Malgré bien des avatars, Rousseau était resté le familier de la maison où Tavait introduit en 1744 son ami Capperonnier de Gaufïecourt. L'entrevue qu'il eut avec le prince dans le salon de La Pouplinière devait être le début d'une longue amitié et exercer une grande influence sur la vie de Louis- Eugène (') ; le 21 janvier 1764 J. J. Rousseau lui écrivait : « Oserais-je vous demander si nous ne nous sommes jamais vus ? n'est-ce point avec vous que j'ai eu l'honneur de causer un quart d'heure il y a huit ou dix ans à Passy chez M. de la Pouplinière. Je n'ai pas, comme vous voyez, oublié cet entretien, mais j'avoue qu'il m'eût fait une autre impression, si j'avais prévu la correspondance que nous avons maintenant et le sujet qui l'a fait naître ».
Le 31 janvier 1764 le prince répond par cette lettre inédite conservée à la bibliothèque de Neuchâlel : « C'est moi-môme, Monsieur, qui ai eu l'avantage de vous voir chez M. de la Pouplinière. Déjà alors je vous admirais et vous respectais, mais les sentiments que vous m'avez inspirés depuis sont d'une nature bien supérieure et cela est tout simple, cardans ce tempslà vous n'aviez pas encore élevé Emile et moi je ne jouissais pas du bonheur d'être père et de vous devoir tout ce que ma chère Sophie sera un jour ».
Cela est charmant et tout à fait exact. Louis- Eugène ne s'attacha guère aux idées de Rousseau avant 1763 ; à cette époque-là, marié et père de famille, il est devenu un bon bourgeois uniquement soucieux de son bonheur domestique et fort éloigné de l'aimable viveur que connut La Pouplinière. L'impression produite en 1751 fut toute de surface et il s'écoulera plus de dix ans, avant que se nouent entre ces deux hommes des rapports de maître à disciple.
(l) Nous n'avons pu nous procurer l'ouvrage suivant Otto Schanzenbach : Ein Rousseau jiinger im Bause Wûrttemberg, Stuttgart. 1839. ln-4».
Louis-Eugène, comme soo frère Charles, aimait la musique et s'intéressa à quelques uns des musiciens du fermier général ; il eut des relations plus étroites avec un couple d'artistes qui sans faire partie régulièrement de Torcbestre, se fit souvent entendre au château de Passy et à l'hôtel de la rue de Richelieu : Filippo Ruggi et sa femme étaient tous deux italiens et originaires de Rome ; Ruggi jouait de la flûte et sa femme était cantatrice et professeur de chant. Les Archives de la Bastille renferment un dossier assez complet sur cette dernière que l'inspecteur de police appelle a la dame de Rouge, italienne (') ». Nous apprenons qu'elle était «grande musicienne et venant d'en faire métier dans différentes villes d'Italie ».
Arrivée à Paris, elle avait été recommandée dans le monde et envoyée à La Pouplinière par Berthier de Sauvigny, conseiller d'Etat (*). a Ordinairement elle se tient à Passy chez M. de la Pouplinière ; elle va même familièrement chez lui. La dame de Rouge est grande, bien faite, blonde, fort blanche, ayant peu de gorge ; elle paraît âgée de 2o à 26 ans ; elle porte ses cheveux bichonnés ». Ses talents et ses charmes la tirent bientôt connaître dans le monde musical ; elle fréquenta <( chez Carie Van Loo, place du vieux Louvre, chez lequel on fait aussi de la musique, chez M. Boulet, commissaire des guerres, rue Saint- Thomas du Louvre, lequel a aussi des concerts ». La faveur de M™® Ruggi chez le fermier général dura jusqu'à l'automne de 1753 où elle dut céder le pas à une autre cantatrice. Au reste elle ne s'avoua point vaincue, mais donna tous les quinze jours des concerts à sa petite maison de Chaillot « et l'on assure que Ton y paye gros ».
La guerre des Bouffons qui battait alors son plein avait ramené sur l'eau la querelle de la musique italienne et de la musique française ; les pamphlets et les satires s'échangeaient entre le coin du Roi e1 le coin de la Reine ; en 1753 la balance penchait du côté de la musique italienne ; on trouvait dans les romans des phrases comme celle-ci : (( On jettera quelques fleurs de jasmin sur mon tombeau, si je meurs dans la saison des jasmins
(1) Arch. BasUUe. 10 39 (13 juin 1754 - 6 août 1755 — 29 Juin 1736).
(2) Intendant de Paris, gendre du fermier général Durey d'Harnoncourt.
et Ton me dira le dernier adieu par une cantate en musique italienne, la française n'étant pas bonne, même pour les morts »(^).
Louis-Eugène n'entendit chez les Ruggi que de la musique italienne ; après la rupture avec La Pouplinière, ils avaient fondé chez eux, rue Plàtrière, un concert fort apprécié qui avait lieu toutes les semaines. (( Les gens à talens et les partisans de la musique italienne s'y réunissent ; on prétend que la dame Ruggi ne fait point la guerre à ses dépens et que cela lui vaut beaucoup {*) ». Cette dernière phrase, un peu obscure, nous renseigne suflisamment sur les complaisances delà belle cantatrice ; le prince eut-il l'occasion d'en bénéficier après La Pouplinière ? Cela est probable, encore quïl s'agisse d'un genre de choses où il est aussi périlleux d'affirmer que de nier.
Naturellement Louis-Eugène était en excellents termes avec le mari sur lequel les rapports de police sont moins complets ; pourtant Filippo Ruggi était un artiste et un compositeur de mérite : par une heureuse fortune, la première de ses œuvres musicales est un recueil de duos dédié au prince : Au dessert
Duetti I per due Voci in soprano con l'accompagnamento \ ad libitum di due Flauti Traversi o due Violini \ dedicati \ a sua altezza Serenissima il Principe | Eugenio, duca di Wurtemberg etc. I di Filippo Ruge, Romano |.
L'ouvrage, gravé par Mo^i® Vendôme, avec privilège du roi, était en vente chez l'auteur, rue Plàtrière, la seconde porte cochère à droite en entrant par la rue Montmartre, et aux adresses ordinaires ('). La dédicace, en italien, est adressée à S. A. S. le prince Eugène, duc de Wurtemberg et Teck, Comte de Montbéliard, seigneur de Heydenheim et Justingen, maréchal de camp des armées de S. M. très chrétienne. L'énumération de ces titres ne saurait laisser de doute sur l'identité du prince, au cas où le prénom d'Eugène pourrait paraître ambigu. La dédicace est plus longue qu'il n'est d'usage : « Si mon petit recueil peut se glorifier d'un seul regard amical de votre part, tous mes vœux seront exaucés. C'est la seule grâce que j'implore de V. A. SS. Je ne désespère pas de l'obtenir, bien que je l'attende
(1) Le livre de quatre couleurs. S. 1. n d. (1753), in-16, p. 96
(2) Arch. Bast. 10239 (juin 1756).
(3) Bibl. du Conservatoire, in-f* obi. — Id. British Muséum. — Pour l'adresse rue Plàtrière, cf. Tableau de Paris (par de Jezej, in- 8. 1757 à 1761.
de votre bonté oaturelle et non du mérite de l'œuvre ; celle-ci, quelle qu'elle soit, est toujours une attestation du profond respect de celui qui se dit, de V. A. SS., le très humble et très obéissant serviteur. »
Ces quatorze duos ne manquent pas de charme, mais ils ressemblent aux innombrables ariettes italiennes publiées à la même époque ; c'est le genre de phrases des Bononcini, des Lotti, des Benëdetto Marcello. Le n^G est une amusante chanson bachique avec solo et chœur à tiois voix ; nous la publions ci-après.
Cette œuvre, dut être composée vers 1753, c'est-dire au moment où Louis-Eugène fréquentait le plus volontiers le château de Passy. Dans un recueil manuscrit d'airs italiens au Conserva toire, un ariette de Ruggi porte la date de 1753 (*) ; les paroles et la musique sont tout à fait analogues à celles du recueil, qui fut publié pendant l'été de 1755 ('). La suite Au dessert véritable musique de table, devait se compléter peu de temps après par la suite intitulée Uaprhs Soupée, duos et chansons du même genre dédiés à M^^^® Roussel ('). Toutes ces œuvres furent sans doute exécutées chez La Pouplinière qui aimait à donner des sérénades au dessert ou pendant l'entremet.
De 1753 à 1760 Ruggi se plaça parmi les bons compositeurs de musique instrumentale ; il exécuta un concerto pour flûte au concert spirituel du 26 mars 1753 (*) et publia comme op. 2 six concertos pour cet instrument chez Téditeur Walsh à Londres. Puis il se lança dans la grande symphonie, probablement sous l'influence de Slamitz. Le 11 avril 1757 on entendit au Concert des Tuileries sa symphonie intitulée la Nova Tempesta ou la Tempête suivie du calme, écrite pour deux violons, alto et basse, flûtes, hautbois, clarinettes, cors et bassons (*). <( Elle était déjà connue, dit le Mercure de France, dans des Sociétés particulières où elle avait fait beaucoup de bruit » ('). Publiée en 1761^ cette importante symphonie semble avoir disparu (^).
Cl) Recueil de chant n» 105. f 160.
(2) Annonces, affiches el avis divers, 21 Juillet 1755, p. 4i6.
(3) Bibl. nat. — Sans numéro d'œuvre.
(4) Annonces, affiches et avis divers, 1753. p 198.
(5) Mercure, mai 1757. p. 197.
(6) Mercure. Avril 1760 p. 206, 207.
(7) Il est probable que celte symphonie, comme plusieurs œuvres du même genre, s'inspirait du fameux concerto de Vivaldi : La Tempesta di Mare (op. 8. concerto 5). L'orchestration est très complète pour l'époque.
Andante
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