CHAPITRE III
Etablissement de Jacques Foillet à Montbéliard
Douze ans après la tentative de François Estienne, en 1386 Jacques Foillet, originaire de Tarare près de Lyon, vint se fixer à Montbéliard et y créa la première imprimerie de cette ville. l'n local lui fut concédé à cet effet dans le bâtiment des Halles, où il ouvrit également un boutique de librairie. Nous ne savons rien de certain sur la naissance et les origines de Foillet. Les registres paroissiaux de Tarare mentionnent pour la seconde moitié du XVI* siècle la naissance de quelques membres d'une famille Vloigltt dont le nom se déforma sans doute en Foillet, entre autres un Veran Vloiglet né en 1554, mais rien n'autorise à identifier à coup sur ce personnage avec Jacques Foillet.
En arrivant à Montbéliard, il quittait Besançon où il exerçait son art, associé a Janus Exertier son beau-frère. Il avait dû épouser une sœur d'Exertier qui lui-même était marié à Marie Montprost, et continua à imprimer à Besançon après le départ de Foillet; il édita entre autres en 1588 des « Lucanici centimes e.c Pkarsalia de&umpti, collectore Petro Christiano Vesontione Janus Erertortus 1588. »
Foillet paraît avoir fait son apprentissage à Lyon et être resté en relation avec ses concitoyens; nous ignorons aussi combien de temps il séjourna a Besançon ; un seul renseignement nous est parvenu sur lui, c'est la délibération suivante du Conseil de Besançon en date du 14 Août 1591 :
« Sur Jacques Foillet imprimeur. Attendu ses fréquentations <i suspectes en divers lieux estrangés et aussi suspects joinctes « sa résidence avec sa femme famille et mesnaige au lieu de » Montbélial combien il soit esté icy receu citoyen soub pro- « messe d'y résider et vivre catholiquement. Messieurs (en la
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« personne de Janus Exertier son beau-frère aussi imprimeur) « luy ont défendu retorner ny rentrer en cesle cité sans leur (t permission à peine d'en être chastié arbitrairement » {').
Nous pouvons en conclure qu'il n'était pas protestant, ayant dû promettre de vivre catboliquement à Besançon. Ou bien ses convictions religieuses étaient élastiques, ou bien il fut con verti à Besançon aux dogmes luthériens qu'il dut reconnaître comme seuls vrais pour être accepté à Montbéliard.
Cependant il avait à l'origine des doutes sur la réussite de son entreprise et ne quittait pas Besançon en 1386 sans esprit de retour, puisque c'est seulement cinq ans plus tard que le Conseil s'aperçut qu'il n'était plus là, et, pour le punir de ses fréquentations suspectes, lui interdit définitivement le séjour de cette ville.
Les engagements que Foilletdut prendre pour être autorisé à se lixer à Montbéliard sont peu différents de ceux qui furent proposés à François Es tienne. Voici les conditions qui lui furent imposées (*)■
Jacques Foillet sera tenu :
« t. Prêter serment de fidélité à S. A. S. <( i. Ce qu'il imprimera pour la Seigneurie il le fera à un prix juste et raisonnable sans y gagner, mais seulement pour se dédommager de ses frais.
(i ;t. D'imprimer, suivant la promesse, une feuille ou une feuille et demie gratis.
h 4. De ne rien imprimer sans le scel et la permission de S. A. ou du Conseil.
« 3. D'embrasser la confession de S. A., d'y être attaché, de la défendre contre toutes les calomnies, ce qu'il a promis de la main et du creur.
On lui accorde annuellement :
«1.3 bichots de froment qui lui seront délivrés par le receveur du Chapitre.
« i. Le logement à la papeterie près de Courcclles, avec jardin y joignant et le champ qui contient environ un journal. k 3. Il sera tenu d'entretenir le logement qu'on lui accorde.
(I) Arch. municipales île Besancon, reg. Bit, 42.
(2,1 Bibl. de Besançon, communiqué par M. Léon Nardln.
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