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Les -4clM du Colloque, premier livre Imprimé A MontWHard.
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« 4. On paye les Irais de son établissement dans cette maison.
« ;i. Si d'autres libraires vendaient des livres que le sieur » Foillet aurait aussi, il leur sera défendu de le faire ».
Le texte de ce document parait définitif ; Foillet a déjà promis, au moment de sa rédaction, d'embrasser la confession de foi luthérienne. De même que François Estienne, on le logera gratuitement; il touchera annuellement trois bichots de froment au lieu de deux, mais il n'est pas question de lui payer ses frais de voyage, à moins que l'art. 4 ne les comprenne. 11 devra travailler au prix de revient pour le gouvernement, et bien entendu tout ce qu'il imprimera sera soumis à la censure; par contre le dernier article le préserve de la concurrence que d'autres libraires pourraient lui faire. Le logement qui lui est désigné est la papeterie qui se trouvait sur l'Allan près du village de Courcelles à 3 kilomètres environ en aval de Monlbéliard ; il y séjourna deux ans à peine comme nous le verrons plus loin.
On remarquera qu'il n'est pas question qu'aucun emplacement pour un atelier ou une boutique lui ait été concédé dans le bâtiment des Halles dès son arrivée, et nous pouvons en conclure que ce nouveau local ne lui fut accordé qu'après la destruction de la papeterie en Janvier 1588 ; |>ar suite, il serait possible que le Colloque, son premier et seul ouvrage daté de 1387, ait été imprimé à Courcelles, et non pas à Montbéliard même.
D'autre part, nous savons que les (luises saccagèrent tout à Courcelles, et on ne s'expliquerait pas bien comment Foillet aurait pu reconstituer son matériel complet d'imprimeur assez rapidement pour éditer plusieurs nouveaux ouvrages l'année même où il avait été détruit. Nous serions amenés de ce fait à supposer que ses presses se trouvaient non pas à Courcelles mais à Montbéliard, d'autant plus que la convention citée plus haut parle seulement de logement et non d'atelier d'imprimerie à la papeterie. Nous ne trancherons pas définitivement cette question, dont l'intérêt est du reste secondaire.
Aussitôt arrivé dans le courant de l'année 1386, Foillet se mit à l'œuvre, et son premier ouvrage fut publié l'année suivante.
Contrairement à ce qui avait lieu pour beaucoup d'autres immigrants, il dut attendre seize ans pour être reçu bourgeois de Montbéliard; ce n'est que le t Décembre 1602 que le Magis-
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trat « certioré qu'il est de sa prudhomie et honnête conversalion » lui accorda le droit de bourgeoisie. Il fui également reçu en 1613 bourgeois de Bâle, ville avec laquelle il avait de fréquentes relations, soit qu'il allât y acheter du papier ou des livres, soit qu'il imprimât des ouvrages pour les libraires bâlois.
Lors de sa réception, il s'était engagé à ne rien publiersans la permission du Prince ou de son Conseil. A différentes reprises il obtint des privilèges spéciaux du duc Frédéric et de son fds Jean -Frédéric. Malgré cela il eut, à l'occasion de certaines impressions, maille à partir avec le Conseil de Régence. Le fait suivant prouverait que les engagements pris à l'origine n'étaient pas régulièrement tenus.
En 1597 il imprima le « Guide dex fortifications », de Claude Flamand, ingénieur entré au service du duc de Wurtemberg en 1593. Cet ouvrage n'avait pas élé soumis au visa du Conseil de Régence. Dès son apparition Foillet fut poursuivi judiciairement pour avoir imprimé cette œuvre « remplie d'injures et d'invec- « tives tant contre la personne de l'ung des principaux conseilh 1ers de Son Altesse, que de toute la nation allemande, et ten- « dant directement au blasme et déshonneur de Sa Majesté « Impériale que de tous les princes, citez et membres de l'Emit pire»(l).
Le procureur général Hector Lorys requit contre lui un châtiment exemplaire, mais Fa flaire traîna en longueur pendant plusieurs années et ne semble pas avoir reçu de solution.
Nous ne savons pas au juste quel conseiller est visé, mais voici un court extrait qui parait légitimer l'indignation des représentants de S. A. S. de Wurtemberg ; en parlant des qualités militaires des allemands en général, il dit: « Ils ont bien de « l'apparence en marchant en parade, et ne monstre que trop « bonne trongne mais à un besoin ils n'ont pas beaucoup « d'asseurance ni d'espérance ... ils ne se hasardent point si ce « n'est bien par force ou par grande nécessité, ne pouvant faire « autrement; ils sont négligés lasches et paresseux surtout, peu « souvent prennent-ils la painne de se barricaderny fortilier en « leur cartier, dix mille chevaux François seroyent plutôt prest (i que cents chevaux Reistres et à toute heure que l'on voudra
(1) Arcb. Nal. fond. Montb. Registre des causes fiscales Z 1721 cilé par Tuetey. In Allemand» en France, p. 265.
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« en disant «goût frind» on entrera dans leur corps de garde et k sont aysez surprendre, de la discipline militaire ils ne s'en « soucient pas beaucoup et encore moins de l'honneur et ne « sont pas plus valeureux qu'il les faut. A table sont les plus h braves de la terre et les plus beaux discoureurs, quant ils h sont yvres ils ne vallent pas beaucoup pour la guerre et peu « de chose les estone. »
Il faut reconnaître que Flamand et son compère Foiliet en prennent à leur aise avec la nation de leurs nouveaux maîtres; et pourtant on ne leur en garda pas rancune, car l'ouvrage eut en 1611 une seconde édition où les passages trop violents furent supprimés. Malgré cela, Foiliet continuait sans doute à imprimer sans autorisation; il est bien certain par exemple qu'il n'avait pas demandé la permission d'imprimer le Missel bisontin pour l'archevêque François de Rye (N° 7) car en 1609 la Régence par ordonnance du 11 Octobre établit définitivement la censure à Mootbéliard : aucun manuscrit ne pouvait. être livré a l'impression sans avoir été examiné et approuvé. Le but poursuivi n'était pas tant de mettre un terme à la propagation de mauvaises doctrines et d'idées subversives, que de faire cesser les éloges exagérés des amis des auteurs, si nous en jugeons par le considérant suivant :
« Sur ce que quelques uns s'ingèrent de faire des vers ou u autres écrits à la louange de ceux qui font imprimer leurs « livres, en quoi se reconnaît de l'excès par la louange et exal- « talion démesurées attribuées aux personnes. » (')
Plus tard on ajouta une peine arbitraire et l'interdiction envers tout imprimeur qui publiait un ouvrage non censuré, et on alla jusqu'à soumettre à l'examen d'une commission prise dans le sein du Conseil de Régence, de simples programmes émanés des professeurs du collège |1670) et de ceux du gymnase (1733).
L'un des auteurs pour lequel Foiliet imprima le plus est le naturaliste Jean Rauhin, né a Bâle en 1541, de réfugiés protestants originaires d'Amiens, qui, après avoir beaucoup voyagé durant sa jeunesse, fut appelé à Montbéliard par la Régence en 1571 pour succéder comme médecin et physicien du comté au réfugié français Nicolas Vigier. Il fit faire de rapides progrès à
(1) Ephém., p. 691.
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-alla médecine dans le pays, mais son principal titre de gloire est la fondation d'un jardin botanique à Montbéliard, le troisième d'Europe, établi en 1598 sous le château, et qui disparut pendant les désordres de la guerre de Trente ans. Il a décrit les plantes qui s'y trouvaient au nombre desquelles on peut citer la nicotiane et la pomme de terre, très rares à celte époque. Son gendre Cherler édita les derniers de ses ouvrages.
Bauliin s'était mis d'accord avec Foillet pour la publication d'un ouvrage beaucoup plus étendu qui devailétre intitulé n Histoire générale des plantes, » On voit en effet dans les comptes du Domaine privé qu'en 1596 il fut prêté à J. Bauhin et à Foillet conjointement une somme de 400 florins pour les frais d'impression de l'herbier écrit par le premier. Le duc Frédéric, par une note autographe, recommande expressément de faire rembourser cette somme aussitôt l'impression achevée. Nous savons que ce projet ne fut pas réalisé. L'ouvrage en question ne parut que longtemps après, en 1650-51 , à Yverdon sous le titre de « Historia ptantarum unitersalis nova et absalutissima », 3 vol. in-f° divisés en 40 livres où se trouvent la description de 5000 plantes et de mauvaises figures sur bois pour 3577 d'entre elles.
Quelque temps avant la mort de Foillet, ce même ouvrage avait été pour lui l'occasion d'une sérieuse menace de concurrence. Un réfugié originaire de Marseille, Pyramus de Candolle, imprimeur- libraire à Genève, présenta en 1616 au duc Jean Frédéric le projet d'une grande imprimerie qui devait éditer l'Historia ptantarum, le Corpus jurii, et d'autres ouvrages de même importance. Mais le duc, qui protégait Foillet, mit sans doute peu d'empressement à accueillir Candolle, qui renonça à son entreprise. II quitta Montbéliard et se fixa à Coligny sur les bords du lac de Genève où il établit une imprimerie qui peu après fut transférée à Yverdon.
Jacques Foillet vécut à Montbéliard de 1580 à 1619, date de sa mort; il avait au moins deux (ils, Samuel et Conrad, nés antérieurement à son arrivée dans cette ville, les registres parois siaux de l'époque ne mentionnent pas de naissance d'enfant de Jacques Foillet à Montbéliard, par contre ils nous renseignent mieux sur son fils Samuel, probablement l'aîné, qui lui succéda à la tête de l'imprimerie :
« Le 30 Avril 1616, Samuel fils de M" Jacques Foillet, impri- « meur pour son A. et Bourgeois de Montbéliard espouse
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« Magdelene fille de Jean Pierre (ïète, charretier et bourgeois « aud. lieu. »
De cette union naquirent deux enfants: Adam baptisé le 24 Juin 1623, présenté par Adam Cordelier et Judith Venter (?), et Marguerite baptisée le 30 Septembre 1627 et présentée par Maître Guyon Brisechoux au nom de son fils Samuel, et Claudine Viénot (?) au nom de sa fille Marguerite Guidot. Ni l'un ni l'autre de ses enfants ne se maria à Montbéliard,
Conrad Foillet exerçait encore la profession de relieur en 1633. A celte date il reçoit 9 1. 18 s. 8 d. « pour avoir relié des des livres pour les princes et princesses » ('). Mais bientôt après, la famille s'était éteinte ou avait quitté le pays; on ne retrouve pas une seule fois le nom de Foillet dans les registres de l'état civil au XVII* siècle.
(1) Arch. du Doute, G 1655.
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Les papeteries de Foillet aux Graviers et à Belchamp.
Dans ses recherches sur l'imprimerie à Troyes, M. Corrard de Breban donne deux motifs pour lesquels cette ville fut une des premières en France où l'imprimerie prit naissance: d'abord son voisinage et ses relations avec l'Allemagne, ensuite l'état florissant de ses papeteries.
Il semble, toutes proportions gardées, que Montbéliard était à ces deux points de vue au moins aussi favorisée que Troyes lorsque Foillet y arriva ; une papeterie en pleine activité existait à petite distance de la ville, et il était en droit de compter sur de grandes facilités comme approvisionnement de matière première. L'industrie du papier avait pris naissance quelques années auparavant ; nous renvoyons le lecteur, pour l'ensemble de ce sujet à l'intéressant travail de M. J. Gauthier, archiviste de la Cote-d'Or, paru dans les Mémoires de la Société d, Emulation, XXVI' volume, nous bornant à rappeler et à compléter ce qui concerne plus spécialement Foillet.
C'est en 1574 ou 1573 qu'Eusèbe Episcopius, imprimeur à Baie, construisit à Courcelles-les Montbéliard la première papeterie du pays, actionnée par les eaux de l'Allan. Nous n'avons sur elle de détails précis qu'en ce qui touche sa destruction par l'armée des Guises eu 138H. On a conservé la lettre par laquelle le capitaine Dupuy, chef d'une des bandes de pillards qui mirent toute la coulrée à feu et à sang, essaye de se faire payer par les bourgeois de Montbéliard pour consentir à ne pas brûler l'établissement. Sa démarche n'ayant produit aucun effet, ses gens, après avoir brisé tout le matériel, y mirent le feu de façon a ce que les quatre murs seuls restèrent debout.
|1| Tueley, les Allemands en France, p. 885, Mém. Soc. d'Em. Tome XIV.
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Ceci se passait en Janvier 1388, moins de deux ans après l'arrivée de Foillet qui dut chercher au dehors le papier nécessaire à son industrie, et peut-être reconstituer aux Halles son matériel si, comme nous le disons plus haut, il se trouvait à l'origine à Courcelles.
Il était probablement trop mal noté en Franche Comté pour pouvoir s'adresser à l'une des nombreuses papeteries fonctionnant sur les rives du Doubs, et c'est principalement à Baie, ville avec laquelle il était en relation pour son commerce de librairie, qu'il se procurait le papier dont il avait besoin.
Les transports, à cette époque particulièrement agitée, étaient difficiles et coûteux, et en présence du dévelopemenl pris par son imprimerie, il avait tout intérêt à fabriquer luimême son papier sur place, où il n'avait que l'embarras du choix pour trouver un cours d'eau lui fournissant la force motrice nécessaire. Ce n'est pourtant qu'en lû'97 (') qu'une papeterie située à Montbéliard même, au bord de l'Allan près de la porte des Graviers, fut construite par ordre du comte Frédéric et lui fut amodiée pour 50 ans. L'architecte Schikardt en avait dressé les plans ; il écrit dans son Inventartum; « A Montbéliard j'ai bâti une papeterie par la gracieuse permission du Duc, là où il n'y en avait pas auparavant. S. A. S. m'en a généreusement payé les frais en me donnant 280 frs. et 20 rames de papier» (*)■ Foillet partageait la jouissance de cet immeuble avec Pierre Ménegay scieur de long, qui utilisait la chute d'eau pour débiter des bois de charpente. Cette entreprise ne réussit qu'à moitié; l'emplacement était mal choisi, et le matériel eut à souffrir des dégâts par suite des crues de la rivière et de la débâcle des glaces. Le 4 Mars 1611 Foillet et Pierre Ménegay « rasseur » présentent une requête (*) au Conseil « faisant remarquer que depuis la « St Michel 1610, ils ont bien peu joui des papelleries et casses « à causes des glaces, bresches et pertuis survenus en l'escluse » et demandent remise du prix depuis Noël. » Le même jour on leur répond par un h appointement négatif. »
Mais l'année d'après, Foillet obtint du Conseil de Régence, au nom du comte Jean Frédéric, un terrain au bord du Doubs en
(1) Bols -de- Chêne. Recueil mémorable.
(S) Bibl. de SLuttgard, mss. in-I- .m (3) ArcJi. du Doubs, E 33.
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face de l'ancienne abbaye de Belchamp, et l'autorisation d'y élever une usine mieux située que la précédente. Pour réaliser ce projet qui dépassait ses ressources, il s'adjoignit deux associés commanditaires : fierson Binnînger, conseiller du comte, et Jean Maire, marchand, qui lui fournissaient, chacun 1600 francs en espèces. Son apport représenté en grande partie par le matériel de l'usine des Graviers n'est que de 600 francs. L'acte d'association est du 9 Octobre 1612 ('). Un autre acte (') rédigé par le notaire Titot, et émanant du Conseil de Régence lui donne l'autorisât ion définitive» de dresser sur la rivière du Doubs « au devant de l'abbaye de Belchamp une papeterie avec des « commodités et appartenances pour en jouir à titre d'accense- « ment perpétuel soubs les charges et conditions de payer « chacun au trésor du domaine la somme décents francs... A « cet effet le Conseil lui cède pour la construction des bastimens « nécessaires, une place prouche et joignant ladite rivière du « Doubs vis-à-vis l'abbaye dudit Belchamp de la contenance « d'ung journal et demi. Lui est et sera permis de construire une « escluse sur ladite rivière sans préjudice et porter dommage à « l'escluse des moulins dudit Belchamp... Déplus il cède et « onctroie audict Foillet les utils et choses qui esloïent en la h papeterie de son Altesse bastie devant la porte des Graviers « de ceste ville pour les employer en ladite nouvelle papeterie. »
« Ledit Foillet en déduction de la somme de cent francs « chacun an sera tenu de fournir et délivrer aultant de papier « qu'il sera nécessaire pour l'usage de la Chancellerie dudit « Montbéliard, au prix de 12 florins et demy, monnoie d'Allées magne, la balle du grand papier et celle du petit papier pour h huict florins et celle du papier gris à empacqueter à mesme « raison de huict florins la balle; le tout de bon papier licite « et convenable au prédit usage de la Chancellerie. »
Après la mort de Foillet en 1618, Binnînger et Jean Maire restèrent seuls propriétaires de la papeterie qui continua à prospérer sous la direction du maître papetier Jean Poinsot. Ses produits se vendaient principalement aux mires de Strasbourg. Son établissement disparut en 1628.
(1) Arcb. uat., K 8181.
[ïj Bibl. Soc. d'Emul., 12 pp. ial' sur parchemin.
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OTROYEES AVANT