CHAPITRE VI
Les successeurs de J. Foillet jusqu'en 1713. S. Foillet, Speckhart, Cl. Hyp, J. M. Biber.
A la mort de Jacques Foillet, survenue en 1619, son fils Samuel lui succéda; mais l'époque de prospérité était passée, l'imprimerie De fonctionnait plus que par intermittences. D'après la Chronique de Bois-de-Chêne, Samuel Foillet fut enterré le 29 Juillet 1633. Nous ne connaissons pour cette période de quatorze ans qu'une dizaine d'ouvrages sortis de ses presses. On ne saurait le rendre responsable de cette décadence. La guerre de Trente ans amena dans DOtre pays des misères et des calamités sans nombre, et l'industrie du livre, comme toutes les autres, en subit le contre coup.
Nous savons peu de chose sur Samuel Foillet, il tenait comme son père boutique de librairie, papeterie et reliure. On voit fréquemment dans les comptes du chapitre de St Maimbeuf (') des mentions d'achats de livres, al manachs, papier, parchemin, faits chez lui. Ses deux principaux ouvrages sont l'Histoire de France d'Henri III à Louis XIII, de Pierre Matthieu et l'ouvrage de théologie en allemand de A nuit.
Samuel Speckhart, Hollandais d'origine, lui succède en 1633. A cette date il imprime une « Institutio puerorum in lingum latina », de G. Brisechoux, seul livre connu de lui. Il fut nommé imprimeur officiel l'année suivante seulement et accepta sans grandes réclamations les conditions qui lui furent imposées, sans doute analogues à celles de ses prédécesseurs, si nous en jugeons par le document suivant {') :
(1) Arch. du Doubs, G, 1643, 45, 48, etc.
(3) Arch. Nal. Ponds Monlb. K, S&8.
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n Du 7 Octobre 1634. Déclarations de l'Imprimeur sut les articles « à lui communiqués.
« Très honorés Seigneurs, les conditions des articles suivant « lesquels il plaît a vos nobles Seigneuries m 'admettre de rece- « voir à la charge d'Imprimeur de son Altesse m'ont esté com- « muniquées par Monsieur le Superintendant de ce lieu ; Sur « lesquelles il déclare à icelles vos nobles Seigneuries bien « humblement que je ne veux pas refusé aucune d'iceux comme h ayant esté jugez par vos Seigneuries convenables à son Altesse « au Conseil et au Consistoire, mais il requiert humblement de » vos Seigneuries qu'il leur plaise adiouster quelque quantité « des grains davantage. Car a la vérité un bichot de bled que « vous m'accordez de gages est trop peu à proportion des « charges portées sur lesd. articles.
« J'espère que votre équité jugera que comme d'un costé il « n'est pas raisonnable que ie tire gages sans les gaigner de « desservir par devoir suflisauts aussi ne serait-il pas conveii nable de vos Seigneuries ne vouldroyeul pas qu'un pauvre « compaignon fut par trop chagéde vous. Partant qu'il plaise « à vos nobles Seigneuries adiouster un deini-bicbot de bled « ie suis prest et content de satisfaire ù tous et un chacun « d'iceux articles de me comporter de telle sorte que ny son « Altesse ni le Conseil ni aussi le Consistoire aura occasion « quelconque de mécontentement ; pour la sauté prospérité et « longue vie de tous lesquels je prie Dieu le Créateur de tout <( mon cœur. Amen.
« A Mombiliard le 7 Octobre IG34. De vos nobles Seigneuries « le très humble et affectionné serviteur. Samuel Speckhart. »
Le style de cette déclaration s'explique par l'origine étrangère de Speckhart qui savait mal le français et aurait eu bien des difficultés à diriger l'impression d'ouvrages français de quelque importance, mais sa production devait être insignifiante. En 1636 il recevait encore ses gages de maître imprimeur ('). 11 ferma son atelier probablement vers cette époque et pendant une quinzaine d'années, par suite des guerres continuelles, il n'y eut plus d'imprimeur a Monlbéliard.
Vers I6;»0, Gaspar Dietze-l de Strasbourg remet quelque peu les
(I) Arch. du Doubs, G. liiïO.
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presses en mouvement; on connaît quatre ou cinq ouvrages édités par lui jusqu'en 1663 ; mais il s'occupait plutôt de librairie que d'imprimerie.
Nous ne comptons pas au nombre des imprimeurs montbéliardaïs Antoine Pétreqtim, bien que son nom se trouve sur le titre de deux ouvrages datés de 1650 et 1639. (N« lfiï.) et 16?) mais avec la mention : A Monthéliard pour et non par Antoine Pétrequin. Nous n'avons sur lui aucun renseignement; il est probable qu'il était simplement libraire et que les deux ouvrages ri-dessus ont été imprimés par DieUel.
L'art typographique reprit une certaine prospérité à l'arrivée de Claude Hyp en 1664. De nombreux volumes d'histoire, de science et de théologie en français et en latin, ainsi qu'une longue suite d'oraisons funèbres, dont plusieurs en allemand, furent édités par lui jusqu'en 167!). 11 fit paraître pendant quelques années les premiers almanachs imprimés à Montbéliard, intitulés le Berger Axtrologue. En 1667, il imprima pour l'archevêque de Besançon Antoine -Pierre de Grammont, un Missel in f", dont nous donnons au catalogue une description détaillée. Cet ouvrage, qui avait été fait clandestinement, porte comme lieu d'impression Mandeure qui dépendait en partie de l'archevêché; mais il est bien évident que Hyp n'y transporta pas ses presses, et que cet ouvrage fut imprimé comme tous les autres a Montbéliard ; le comte Georges, qui ferma les yeux sur cette irrégularité, est dans son journal très affirmatif sur ce point. Nous ignorons du reste par suite de quelle circonstance Antoine de Grammont fut amené à faire éditer ce Missel par un hérétique.
C'est également à Hyp qu'on doit le rarissime Traité de la tiible doue ri (FElie qui la doit ouvrir, écrit par le comte Georges, et publié en 1667 sans nom de lieu ni d'imprimeur.
Nous citerons encore parmi les ouvrages les plus importants sortis de ses presses ; la Logique de Bartbolinus, la Rhétorique de (i. Brisechoux, et les observations du médecin Binninger, en latin; Y Etat de l'Empire de L. du May, en français, Y Ecole Sainte de Barthol, le Jardinier unirenrl de Gabriel, une édition des lettres d'Arnaud d'Andilly, et différents ouvrages philosophiques et historiques de Pierre Borel, docteur en droit el avocat à Grenoble, réfugié a Montbéliard pour cause de religion.
La bibliothèque de Besançon possède dans la Collection Duverooy, deuxou trois reçusautographes de Hyp, qui représentent les
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seules indications précises, mais bien sommaires, que nous ayons rencontrées sur le chiffre de tirage et les prix de vente des imprimeurs mont bel lardais.
Le plus explicite de ces reçus est ainsi libellé :
« Je soussigné ay.receu de Monsieur Roemer, Docteur ès- « droits. Professeur et Doyen du collège de Montbéliard, la « somme de cinq cars d'écu pour l'impression de deux cents « exemplaires des programmes de la publication des privilèges « 20 Avril 1672, Claude Hyp. »
Le programme dont il s'agit est sans doute une première édition du N° 21i du catalogue, et devait comporter au plus 24 pages. in-4". Le quart d'écu valait au XVII0 siècle un franc faible. Ce travail serait payé aujourd'hui, une quarantaine de francs; malgré l'énorme plus-value actuelle de l'argent, on doit reconnaître que, les prix demandés par Hyp étaient des plus modestes, bien qu'il n'eut pas de concurrent sur place.
Les livres de Hyp sont moins soignés comme typographie que ceux de Foillet. C'est du reste toujours le même matériel, caractères, fleurons, etc., qui passe d'un imprimeur au suivant.
Le successeur de Hyp fut Jean Martin Biber, originaire de Thuringe. Il s'installa à Montbéliard en 1680 et dirigea l'imprimerie jusqu'à sa mort en 1713. La durée de son activité est la même exactement que celle de J. Foillet: trente-trois ans pour chacun d'eux ; mais à un siècle de distance les résultats furent bien différents. J. M. Biber n'imprima à notre connaissance qu'une quarantaine d'ouvrages d'intérêt local, parmi lesquels on peut citer les Formulae colloquiorum puerilium de Sebald Haidn, de nombreux sermons, une édition du Nouveau Testament et des Psaumes de Marot et Th. de Bèze, quelques ouvrages religieux de Ch. Duvernoy, entre autres ses trois célèbres sermons sur les armoiries d'Héricourt, précédés de la relation du siège de cette ville par les troupes impériales en 1636 ; enfin le gros in-folio renfermant les innombrables oraisons funèbres du comte Georges, prononcées dans toutes les églises du comté, dont nous donnons une description détaillée au catalogue.
A Biber revient l'honneur d'avoir créé le premier journal qui ait paru à Montbéliard : une Gazette hebdomadaire, dont tout ce que nous savons est que sa durée fut éphémère et dont aucun exemplaire ne nous a été conservé.
Une autre production intéressante de ses presses est une dis-
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sertàtion imprimée partie en latin et partie en hébreu, remarquable par la beauté des caractères et la correction du texte, qui parut en 1680, l'année de son installation, sous le titre de: Iniquum de Christo judicium ; c'est le seul ouvrage hébreu qui ait jamais été imprimé à Montbéliard.
J. M. Biber continua également la série des Almanachs commencée par Hyp, sur lesquels nous nous arrêterons un instant.
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Les anciens Almanachs montbéliardais
Nous rappellerons qu'il faut chercher l'origine des almanachs dans les livres d'Heures et autres ouvrages du mente genre qui comptent au nombre des plus brillantes productions de l'imprimerie naissante a la fin du XV0 et au XVI° siècle. Vers 1500 Antoine Vérard et Simon Vostre se distinguèrent particulièrement par la beauté de leurs éditions faites souvent à l'imitation des merveilleux manuscrits ornés de miniatures des siècles précédents.
En 1512, Simon Vostre éditait entre autres des Heures a l'usage de Besançon dont un exemplaire est conservé à la bibliothèque de cette ville.
Les modestes productions des presses montbéliardaises forment un contraste absolu avec le luxe de ces éditions. Mais on ne peut être surpris en constatant que l'almanach, ouvrage essentiellement universel et utile à toutes les classes de la Société, a donné naissance aussi bien aux plus pauvres brochures qu'aux plus somptueux volumes.
A coté du calendrier disposé comme un simple tableau chronologique, naissait l'Almanach proprement dit qui contient outre l'énumération des jours, les indications relatives aux saisons, aux sciences astrologiques, à la médecine, etc. Ces petits ouvrages, très goûtés des classes inférieures de la population et vendus à bas prix, étaient d'un débit facile. Bien souvent l'almanach était le seul livre qui entrait dans la modeste demeure des serfs et des paysans, là où un des membres de la famille savait à peu près lire. Leur origine remonte à 1490 environ, leur titre était en générai dédié aux bergers, réputés pour se connaître en étoiles. Celui qui eut le plus de succès et fut le plus souvent imité parut en 1493 sous le titre suivant : Cy est le Compost et
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/Calendrier des Bergiers nouvellement refait et aultrement composé que n'estoil par avant, imprimé à Paris, par Guiol Marchant, l'an MCCCC I1IIXX et XIII (1493). Quelques années plus tard, à Troyes qui devint un centre important d'impression de ce genre d'ouvrages, l'imprimeur Nicolas le Rouge éditait le Grand Kafendrier et Comptât des Bergiers aveeq leur astrologie et plusieurs aultres choses (1503). Les prédictions de la température, plus fausses si possible en ce temps-là que de nos jours, les baroques conseils médicaux, les indications relatives à l'influence des astres, et cent autres sornettes du même genre sont la cause de l'extraordinaire succès des almanachs, et l'on doit se ranger à l'avis de Voltaire quand il écrivait : « Ne vous étonnez point si « la terre a été la dupe de l'astrologie. Cela est faux, absurde, « donc cela sera cru par la multitude : voilà la vérité. »
Au reste, dans la seconde moitié du XVII" siècle, un genre tout nouveau d'almauach prit la vogue en France. C'est le calendrier illustré, imprimé sur une seule feuille in-f° entièrement couverte par une gravure souvent divisée en plusieurs petits tableaux, et qui rappelle un des faits saillants de l'année précédente. Le succès de ce genre de calendrier fut tel que, pour ne citer que cet exemple, en 1675 il n'en parut pas moins de six différents, relatifs à la conquête de la Franche-Comté par Louis XIV, tous édités à Paris. Mais à Montbéliard on ne suivait pas la mode de si près, et les almanachs de Hyp et de Biber rappellent beaucoup plus les « Composts » du siècle précédent que ceux qui étaient alors à la mode. Déjà en 1650 Christophe Schorer, docteur en philosophie et en médecine, physicien ordinaire de la ville de Memmingen en Souabe, qui résida à Montbéliard de 1650 à 1651 avec le titre de Conseiller du ponce, avait fait paraître à Bâle un Almanack astronomique et pronostication calculé et accomodé sur le méridien du climat de Montbéliard dont nous ne connaissons pas d'exemplaire.
Parmi les almanachs imprimés à Montbéliard, le premier en date, que possède la bibliothèque de la ville, est de 1081. C'est un petit in 4° de 20 1T. qui porte le titre suivant, encadré d'une bordure sur bois et orné des armoiries de Wurtemberg Montbéliard. a Calendrier selon le xtile ancien et nouveau pour l'an a de grâce MDCLXXXI dressé selon le cours du Soleil, de la lune et » les apceti des autres planètes ; atec une description du Monde, un « prognostiaue et un avertissement toucliant les foires et les saignées.
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i Calculé de nouveau diligemment et réglé principalement an Mérin dieu de la ville de Mantlièliard. tle la Suisse, Alsace, Boitrgongne, « Savoye, Lorraine et autres lieux voisins, par Jean Martin Biber, u Astrologue. Imprimé à Montbéliard aux dépens de l Auteur.
Et comme si ce titre, qui est à lui seul une table des matières et promet même plus que l'ouvrage ne contient , ne suffisait pas, nous trouvons au quinzième feuillet une nouvelle page de titre complétant le premier en ces termes :
Pronostique ou observations touchant les ebangemens du temps es quatre saisons de l'année et des gouternemensd'icelles atee la description des éclipses des maladies de la fertilité de la terre et autres événements qui pourront arriver selon les remarques du cours du Soleil et d'autres planètes en cette année MDCLXXXÎ. Dressés fidèlement et avec soin par Jean-Martin Biber, astrologue. Imprimé à Montbéliard.
Une grossière vignette sur bois représente la terre sous la main du Père éternel, dans un abîme de nuages où souillent les vents.
L'ouvrage est dédié par Biber, l'imprimeur devenu pour la riranistanre astrologue, à Louis-Christophe de Porstner, intendant du Domaine du duc Georges.
Dans son épitre datée du 2 Novembre 1680, Biber, qui était arrivé à Montbéliard la même année, offre à Forstner « pour la première fois ce mien labeur quoique peu considérable», parce que, ajoute t- il modestement « je croy que vous chérissez les » écrits qui sont remarquables et ne dédaignez pas des autres « ouvrages encore qu'ils ne soyent pas si relevés. »
L'almanach proprement dit indique d'abord les Fêtes mobiles en style ancien et nouveau, comme le promet le titre. Il peut au premier abord paraître singulier qu'en 1681 on s'occupe encore du calendrier Julien, alors que la réforme introduite par le pape Grégoire XIII en 138:! est vieille d'un siècle ; mais si la France et les autres pays catholiques adoptèrent immédiatement le calendrier Grégorien, il ne fut délinitivemenl mis en usage dans les Etats protestants d'Allemagne qu'en 1700, en Angleterre en 1752 seulement, et, à la fin du XVII" siècle. Montbéliard parsa situation politique et ethnographique devait avoir besoin de l'un et de l'autre.
Ensuite vient, une Explication des caractères du présent Calendrier qui n'en est pas la partie la moins curieuse. En
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dehors des signes habituels réservés aux phases de la lune, au zodiaque et aux planètes, le tableau donne une vingtaine de ca ractères typographiques dont nous retrouverons quatre ou cinq à chaque jour de Tannée, relatifs à la température, à la médecine et aux soins corporels; ils indiquent entre autres les jours astrologiquement bons ou mauvais à soigner, à ventouser, à prendre médecine, à prendre médicament pour les yeux, à sevrer les enfants, à couper soit les cheveux, soit les ongles, à semer plantes, fumer la terre, couper du bois à bâtir, etc., etc. Le calendrier, comportant une page par mois, est disposé en trois colonnes : dans la première, les jours avec leurs saints suivant le style ancien; dans la troisième, le style nouveau, ou grégorien commence naturellement 10 jouis plus tard. La colonne intermédiaire renferme, outre les indications relatives au soleil et à la lune, les signes dont il est question plus haut. Nous apprenons par exemple qu'en Janvier le temps est généralement froid, avec vent et neige ; qu'on peut se saigner ou se ventouser presque tous les jours, par contre on ne se soignera les yeux que le 6 et le 16, on se coupera les ongles le 18 et le 24, les cheveux le 7 et le 2,'i, on sèvrera les enfants au choix le 5, le lit, le 20 ou le 27, mais on ne prendra pas médecine, etc. . La page de gauche est laissée aux deux tiers en blanc pour permettre au possesseur d'y inscrire des notes journalières; on rencontre en outre assez souvent ces alinanachs interfoliés de papier blanc, et certains d'entre eux portent de nombreuses indications manuscrites, éphémérides locales qui ne sont parfois pas sans intérêt.
Non content de ces signes hiéroglyphiques difficiles à déchiffrer, étant donné que l'impression et le papier sont aussi médiocres l'une que l'autre, Biber résume chaque mois ses conseils sanitaires dans les quatre derniers vers d'un mauvais nui ta in dout les premiers, relatifs au mois lui-même, ne signifient pasgrand'chose. Voici celui de Janvier.
Janvier regarde en celte année Et dans celle i|ui est passée Il conduit le char du soleil Avec un nouvel appareil.
Traite- toy de vin et d'éplce Mais trop dormir serait un vice A Vénus n'adhère pas tant Fait tirer au pouce du saog.
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Les conseils sool souvent négatifs; les bains passaient pour bien dangereux il y a plus de deux cents ans ; l'Almanach recommandait à nos ancêtres en Juillet ceci :
Ne désire point médecine
Ny vin, saignée, éplce Une
Laisse lia ventouse et le bain
Et je eniy que tu seras sain.
Dors peu, bois avec tempérance Aux plaisirs ni aux bains ne pense Donne toy garde de saigner Si tu ne sens le mal régner.
par contre en Septembre, les défenses sont moins sévères :
Baigne, ventouse, prend remède Le saigner est une bonne aide, Joui des amoureuses lolx Et du vin, mais modère toi.
A côté de ces conseils éminement pratiques, l'auteur veut faire montre de ses connaissances théoriques en cosmographie, et au cours des douze mois se poursuit un article intitulé « Le miroir du Ciel auquel est représentée la structure et l'état de l'unir-ers » qui commence ainsi :
« Le monde n'est autre chose qu'un grand théâtre des œuvres « de Dieu et un palais magnifique au milieu duquel Dieu le « Tout-puissant a assigné la demeurance à l'homme pour pouvoir « contempler tout autour cet ouvrage merveilleux créé de rien, h aiin que par ce moyen il soit porté à connalre, craindre et « aimer son Créateur. «
Cette phrase est la seule digne d'être citée ; l'auteur se lance dans de confuses explications sur la sphère céleste, l'horizon, le mouvement de la terre et des astres ; la lecture, même attentive, de ce fatras ne devait pas apprendre grand'chose à ceux qui s'appliquaient à en saisir le sens. L'auteur arrivé à lin Décembre est, du reste, bien loin d'avoir épuisé son sujet, et il écrit en terminant : « La continuation de cette belle matière se « verra l'année suivante s'il plait à Dieu », formule qui serait remplacée de nos jours par la phrase banale : La suite au prochain numéro.
La dernière page de l'Almanach contient la figure de la Sai gnée et les règles utiles servantes (sic) à la bien entendre. C'est
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une petite vignette sur bois d'un homme debout, nu, entouré des douze signes du zodiaque, chacun correspondant par un traita la partie du corps où l'on ne doit pas se saigner quand la lune est dans le signe en question. Suivent quelques préceptes sur les jours de la lune qui conviennent aux médecines, purgalions et saignées.
La seconde partie de l'Almanach ou Pronostique, qui ne comporte que douze pages, commence par une description des quatre saisons de l'année 1681, c'est-à-dire une suite de prédictions météorologiques et même politiques et sociales absolument fantaisistes ; puis vient l'énuinération plus exacte des éclipses; de nouveau une page sur les maladies et la fertilité de la terre. Enfin l'auteur réserve une modeste place à la poésie en insérant un Sonnet à la France, sur la nouvelle année 1681, signé Alanois. Nous rappellerons que, de 1673 a 1697, Mon tbélîard était aux main» de Louis XIV et, quelque loin de Versailles qu'il fût, l'auteur cherchait à se montrer bon courtisan en écrivant :
Le Rhin et l'Océan reconuissenl lez lys. L'arbitre des chrétiens c'est le Grand Roy Louis.
Enlhi le pelit volume se termine par la liste des foires environnantes, celles de Bourgogne, Lyonnais, Champagne, Lorraine, etc., ont leurs dates selon le nouveau calendrier, celles de Mon tbéliard, de l'Allemagne du Sud et de la Suisse selon l'ancien. Montbéliard avait alors quatre foires par an, en Mars, Juin, Septembre et Novembre.
On remarque que, contrairement à la plupart des autres aimanachs, celui qui nous occupe ne renferme aucun article sur les événements historiques contemporains. Sans doute faut-il en chercher la raison dans la situation politique de Montbéliard ijui supportait impatiemment l'occupation française et déployait toute l'habileté de sa diplomatie pour secouer le joug du puis sant monarque qui temporairement l'opprimait. Le pauvre Biber n'était pas assez habile pour écrire l'histoire de son temps sans risquer de mécontenter ses maîtres présents ou futurs.
Il est probable qu'à dater de 1681 Montbéliard vil paraître régulièrement son almanach. Il ne nous en a pas élé conservé avant celui de 1693 qui diffère peu du premier. Biber renonce a se donner comme astrologue et son nom ne parait plus que connue imprimeur. Ce calendrier est fait pas .H. H. J. à M,
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Mathém. et astrologue. Il est vrai que dans ces initiales on retrouve dans un autre ordre celles de Jean Martin Biner à Montbéliard. Au verso du titre est une gravure sur bois représentant le buste de « Andréas Argolus, Theoretico-Practico Astro nnmus ». Le nom de ret inconnu ne reparaît du reste pas au cours du volume, qui est orné, ainsi que ceux des années suivantes, de douze vignettes sur bois représentant les travaux do m fis tiques de chaque mois. Le « miroir du ciel » est enfin terminé et remplacé par « Quelques anciennes observations en chaque mois », l'ouvrage se termine toujours par le » Prognostique ».
Jean-Jacques Biber, ayant succédé à son père, continue sans modifications la série des almanachs, mais il tient ses lecteurs nu courant des événements contemporains. L'année 1718 renferme par exemple uneassez longue « Relation de ce qui s'esi paxsf entre l'armée de Sa Ma). Impérial* commandée par le Prince Eugène atec le siège et la prise de Belgrade. Ces almanachs ont beaucoup d'analogie avec ceux d'Antoine Souci nommé le Messager Boiteux, qui furent publiés à Baie a la même époque, mais ue renferment pas comme ces derniers des gravures d'actualité.
Nous ne savons pas au juste quand cessa ce type d'Almanach. En 1762 il était remplacé par VAlmanach historique nommé t'aveugle noutelliste en François, publié par l'imprimeur Jacques- Michel Becker ; la partie historique n'y est pas beaucoup plus étendue que dans les précédents.
()n sait qu'au commencement du siècle dernier, l'industrie des almanachs, de la littérature et de l'imagerie populaires en général, devait prendre à Monlbéliard, avec les Oeckerr, un rapide développement.
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