‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 21 sur 89 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Les imprimeurs montbéliardais au XVMImn siècle.

Jean-Jacques et Jean-Pierre Biber, Jacques-Michel

et Jacques-Louis Becker.

Jean Martin Biber mourut le 17 Avril 1713. Son fils Jean- Jacques lui succéda et dirigea l'imprimerie jusqu'au moment de son décès le 17 Décembre 1733. Ses productions ne sont ni nombreuses, ni importantes ; on n'y remarque guère que des sermons et des catéchismes, eu français et en allemand, des rééditions d'ouvrages de piété ; quelques thèses et les imprimés de l'administration du gymnase ; la grammaire latine du recteur Duvernoy; des almanachs ; enfin plusieurs factums publiés par ordre de Léopold Eberhard soutenant ses prétentions contre ses voisins, exposant ses démêlés avec la France ou ses griefs contre ses cousins de Stuttgart, faisant valoir ses droits platoniques sur la succession de Neuchalel et Valangin, etc. Bien de tout cela n'est d'un intérêt capital, et ne suffisait pas a occuper les presses de J. J. Biber qui, poussé par la nécessité, consentit en 1730 a imprimer clandestinement pour le diocèse de Besançon un Catéchisme catholique. Mais le conseil de Bégence, informé du fait, fit saisir les exemplaires et réprimander le pauvre imprimeur qui reconnut, piteusement que s'il avait imprimé cet ouvrage, c'était pour ne pas mourir de faim.

Quand J. J. Biber mourut en 1733, son tils atné Jean- Pierre, qui devait lui succéder, n'avait que dix-huit ans. Pendant quatre ans jusqu'en 1738, les ouvrages sortis de ses presses portent l'indication : Chez les héritiers de J.J. Biber. L'atelier était alors dirigé par son beau frère G. F. Blech, qui avait épousé sa sœur Anne Elisabeth. Celle dernière mourut le

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9 Août 1738 âgée de trente-deux ans, et celte même année Jean-Pierre remit l'imprimerie pour son compte personnel ; il se maria l'année suivante (M. La production de Blech, de 1734 h 1738 est tout à fait insignifiante, son atelier était désorganisé à un tel point qu'il préférait se faire simplement l'éditeur d'ouvrages imprimés au dehors. 11 mit entre autres en vente quelques fades poésies du pasteur J. P. N. du Commun dit Véron, sous le titre suivant :

Les quatrains de Monsieur D. C. Première Centurie. A Sevchâlel lie l'imprimerie des Editeurs du Journal Helvétique. Et se rend à Monlbeliard, chez G. F. Itleck, Marchand-libraire.

Le dernier des Biber, Jean-Pierre qui fut à la léte de son imprimerie pendant environ dix ans, laissa complètement tomber son industrie ; il ne nous reste de lui qu'une dizaine d'ouvrages ou pièces sans importance.

Nous ne voyons à signaler que la Liturgie de 1741 et une édition des « Principes de la Religion chrétienne » où réapparaît pour la dernière fois sur le titre la marque du cerf de Foillet, retrouvée sans doute au fond d'une casse.

Les Recersales du duc Charles-Alexandre, qu'il publia en 1739 en français et en allemand, sont une curiosité typographique ; papier, caractères, encre, composition, tirage, tout est aussi exécrable que possible.

Les ouvrages de J. P. Biber qui nous sont restés sont datés de 1739 à 174(1, mais il ne mourut que le 21 Octobre 17ÎI3; il eut de nombreux enfants dont il perdit plusieurs en bas âge. Il fut le dernier à avoir la jouissance du logement et de la boutique dans les Halles, octroyés plus d'un siècle et demi auparavant à Foillet et conservés par ses successeurs.'

Quelques années avant sa mort, en 1748, un autre imprimeur, Jacques- Michel Beeker originaire de Wertheim dans le (ïrand Duché de Bade, vint chercher fortune à Montbéliard. Les impressions de ce dernier sont certainement meilleures que celtes

lll Le mariHge de Jean Pierre Biber imprimeur, lits do. Jean- Jaques Biber quand il vivait aussi imprimeur, el bourgeois de Monlbeliard el d'honnête JudilheMargueriltc Rerguer, fille de S' Charles Christiane Berguer, eordler el du nombre des S" neuf bourgeois hires et ancien de l'Eglise a élé. bénit dans l'église française de Monlbeliard le a May iTJS par J.-F. Mûrier, mi nislrede laditle église.

(Archives municipales de .Monlbeliard |.

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des Biber; les caractères sont moins usés, le tirage plus soigné, le papier un peu meilleur. Mais malgré cela, son industrie ne le conduisit point à la richesse, bien au contraire ; tout ce que nous savons sur les quinze premières années de son séjour à Montbéliard se trouve résumé dans une requête au duc Charles- Eugène imprimée par lui en 1768, dans laquelle il énumère ses principales productions et où il narre, non sans amertume, les pertes et les déboires de toute nature qu'il eut à supporter; nous lui laisserons donc la parole, en reproduisant son fart uni (') dont nous respectons l'orthographe et la disposition typographique remarquable par l'abus des majuscules.

A son

Altesse sérénissime

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