‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 4 sur 89 · SITUATION ET LES TRAVAUX · texte numérisé non relu

SITUATION ET LES TRAVAUX

DE LA SOCIETE DÊMliUTION

pendant l'exercice 1!*03 1904

PAR

M. Georges LODS

Secrétaire-Général.

Mesdames, Messieurs, Pour la quatrième fois j'ai l'honneur de vous présenter le rapport que, d'après nos statuts, le secrétaire général doit faire à la séance de mai sur la situation et les travaux de la Société d'Emulation pendant l'exercice écoulé. C'est assez vous dire que j'envisage sans déplaisir l'époque maintenant prochaine où je repasserai à un autre la plume chargée de rédiger, au cours de chaque année, l'histoire de notre Société. Non, que j'éprouve la moindre lassitude, ou qu'un refroidissement se soit produit dans mes sentiments à l'égard de notre œuvre commune ! Bien au contraire, je crois qu'à la voir de plus près et à y mettre la main, j'ai senti s'accroître la vive sympathie que, dès ma jeunesse, j'éprouvais pour la Société d'Emulation, alors que, rhétoricieu ou philosophe encore sur les bancs du

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Collège Cuvier, je venais timidement assister aux séances publiques à la place que j'aperçois d'ici dans l'antichambre, et entendre avec recueillement les sobres harangues de Monsieur le [irofesseur Duvernoy, les rapports si savoureux de Monsieur le pasteur Viénot ou les dissertations lleuries du regretté Monsieur Favre. Mon dévouement reste entier, et mon très modeste concours est toujours acquis à la Société d'Emulation. Mais j'estime que, dans une association comme la nôtre, où les compétences et les bonnes volontés ne manquent pas, il serait regrettable que les mêmes hommes s'éternisent dans les mêmes fonctions. Du reste, on s'use et l'on s'épuise; et je crois que ce serait un mauvais tour à jouer à quelqu'un que de lui conlier à perpétuité la charge de secrétaire, avec le soin de rédiger iliaque année un copieux rapport, destiné a être imprimé tout vif — scripta mariait — dans les Mémoires d'une société savante. Aussi je suppose que dans les Sociétés où existe le titre de Secrétaire perpétuel, on ne décerne cette distinction flatteuse qu'a un homme presque au déclin de sa carrière, ou que, si on le choisit plus jeune, on lui laisse du moins la latitude de se faire suppléer a intervalles réguliers par un ou plusieurs secrétaires adjoints!

Je reviendrai, tout d'abord et rapidement, sur la séance publique du 25 juin 1903. Le Bureau a eu la satisfaction de voir à cette date (comme aujourd'hui du reste) un public suffisamment nombreux et bienveillant répondre à son appel. Toutefois cette satisfaction était tempérée par le regret de ne compter parmi nous aucun représentant des sociétés voisines, avec qui nous entretenons les meilleures relations. Nous sommes plus heureux aujourd'hui et nous nous félicitons tout particulièrement de voir ici les délégués d'une société qui nous est unie par les liens les plus anciens de sincère affection, la Société jurassienne d'Emulation de Porrentruy. Ce qui contribuait à donner a la séance publique de l'an dernier un attrait spécial, c'était, vous vous en souvenez. Messieurs, la proclamation des résultats du concours institué par notre société en 1!K)2. Nous avons eu le plus grand plaisir à entendre l'élégant rapport, présenté au nom du jury par Monsieur Maneville, principal du Collège Cuvier, qui avait bien voulu accepter cette tache généralement considérée comme ingrate, et qui a su mêler d'une main si légère les critiques les plus justes aux éloges les plus mérités, que

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certainement concurrents et lauréats se sont félicités d'à voir un tel juge! Aiusi préparés, nous avons d'autant mieux apprécié la lecture qui nous a été faite des principaux passages des œuvres couronnées. Mais je n'aurai garde d'oublier les deux communications qui précédèrent celles-là. Monsieur Léon Saliler voulut bien nous donner lecture de son travail sur les Origine» de la Maison Mtquillel-Soblot à llérieourt qui fut comme l'ébauche, comme l'embiyon du travail beaucoup plus considérable sur Vliidustrir rotouiiière au Paya de MoutMiard el ses r.riijines, que nous avons publié dans notre volume de 1903, et auquel j'avais bien raison de prédire, dès l'an dernier, un véritable succès. Cette publication parait en effet avoir piqué la curiosité des industriels de la partie, si nous eu jugeons par plusieurs demandes d'achat que nous avons reçues récemment, même de la région du Nord. Monsieur Meunier avait demandé à Monsieur le capitaine d'artillerie Hubert de bien vouloir rédiger à notre intention une note sur le livre de l'ingénieur Claude Flamand : lœ guide des fortifications, paru en 1593 chez Foillet. Cette note analysait avec beaucoup de compétence el faisait connaître par un choix intelligent des citations le savant ouvrage de notre compatriote, où les remarques ethnographiques et morales se mêlent d'une manière assez plaisante aux considérations mathématiques. Je suis certain, Messieurs, d'être votre interprète en adressant, à un an de dislance, nos sincères remerciements à Monsieur le capitaine Hubert, pour cette intéressante communication.

Nous aurions souhaité que nos collègues répondissent avec autant d'empressement qu'en juin à notre convocation pour la séance du ili novembre. Une importante question devait en elïet leur et ru soumise : celle de la ri'cision des statuts.

Malgré le i élit nombre des sociétaires présents, nous avons cru devoir l'aborder quand même, et préparer par un premier vole le travail (pu i ne sera définitivement acquis qu'à la prochaine séance de novembre. Permettez-moi, Messieurs, de vous inviter pressa minent à y assister pour que la discussion ail, s'il y a lieu, toute l'ampleur nécessaire el que la sanction soit plus nettement marquée par de nombreux su tirages. Vous savez quelles sont nos intentions. Nous voudrions introduire, pour la Société d'Emulation, tiue demande en reconnaissance d'utilité publique. Mais il y a un certain nombre de formalités préliminaires à remplir. Nous avons conformément à la loi de UK)1

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sur les Associations fait notre déclaration a la Sous- Préfecture, le 2(> juillet 1902. Il faut en outre insérer dans les statuts certaines dispositions prévues par la loi. C'est pourquoi nous avons jugé bon, avant toute autre démarche, de procéder à une révision de nos statuts. Le règlement, qui nous régit et qui date de l'origine de la Société, ne répond plus à la situation actuelle ; il trahit les ambitions légitimes, mais peu pratiques, de nos devanciers. On y avait prévu la division de la Société en sections qui n'ont fonctionné que pendant un an ou deux et qui, en fait, n'existent plus depuis longtemps. Le bureau proposait donc de supprimer dans les statuts tout ce qui, parla force même des choses, est tombé en désuétude, et d'adopter un règlement simplilié, image exacte de ce qu'est aujourd'hui la Société d'Emulation. Ces idées furent partagées par les membres présents à la séance de novembre dernier. On lut alors, article par article, les statuts dont on discuta immédiatement le maintien, la suppression ou la modification. Cuis .lecture fut donnée, dans leur ensemble, des articles maintenus, et le projet fut adopté a l'unanimité. Le soin était laissé au secrétaire général de rédiger le texte définitif d'après le vote ainsi acquis et de le présenter eu dernière lecture a une prochaine assemblée générale. Nous n'avons pas voulu le (aire à la séance d'aujourd'hui ; vous comprenez pourquoi. Nous ne saurions soumettre nos invités et nos hôtes à cette besogne ingrate. C'est donc à la prochaine séance de novembre que vous devrez statuer en dernier ressort. Nous aurons d'ici là le temps d'établir avec tout le spiu désirable le texte qui vous sera soumis, et nous en profiterons pour y introduire quelques légères modifications, que la loi nous impose en vue du but que nous nous proposons d'atteindre, ou que les circonstances nous ont amenés à considérer comme nécessaires. Mais nous aurons bien soin de les sigualer à votre attention, avant le vote.

Certains de nos collègues ne verront peut être pas sans regret disparaître, ne fut-ce que dans les Statuts, les sections qu'on avait créées à l'origine. Je recueillais moi même, pendant les vacances de Pâques, l'écho de ces doléances : « Ah ! me disaiton, les travaux de la Société étaient beaucoup plus intéressants autrefois, alors qu'elle était divisée en sections, qui réunissaient et sollicitaient les diverses compétences. Les scienliliques pouvaient travailler alors, et présenter des communications qui

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n'ont plus leur raison d'être aujourd'hui ». Mon interlocuteur était, vous le devinez, un médecin, el ses dires étaient fortement approuvés par un pharmacien, qui prêtait, comme il sied, un solide appui a la Faculté. Notez que ni l'un ai l'autre n'appartiennent, pas plus que moi même, à l'époque lointaine où fonctionnèrent les sections, et ne savent donc pas quels furent les résultats de celte organisation périmée, ni pour quelles causes on dut l'abandonner. Aussi, ni 'appuyant sur l'expérience qu'ils ne pouvaient récuser, j'étais fort pour leur répondre: « Mes chers compatriotes, comment se fait-il que l'organisation qui vous est chère n'ait pas duré, et qu'elle ait même disparu presque aussitôt après sa conception? Si elle eut été aussi bonne et aussi pratique que vous le pensez, nos pères, qui s'y connaissaient, auraient tout fait pour la maintenir, tandis que, conservant fidèlement dans son ensemble la Société d'Emulation, ils laissèrent discrètement s'effondrer une institution trop compliquée, et nous n'avons qu'à imiter leur sage exemple. » J'ajoutai :■ h Vous n'avez pas l'air de vous douter de la difficulté qu'il y a à réunir une ou deux fois par an, un nombre décent de sociétaires pour entendre en séance générale les communications que veulent bien leur faire quelques collègues dévoués et laborieux. (Jue serait ce s'il fallait les convoquer aux séances plus fréquentes des sections spécialisées ? Mais, par contre, vous me paraissez avoir bien mauvaise opinion de l'intelligence de vos collègues en général, et en particulier de ceux qui se donnent la peine d'assister aux séances, puisque vous les jugez incapables d'entendre avec intérêt les communications scientifiques qu'on pourrait leur faire. Permettez-moi de protester en leur nom, à tous ! Apportez-nous le résultat de vos travaux, exposez-le en un langage qui ne soit pas trop hérissé de termes techniques et barbares, (el vous ne me ferez pas croire que ce soit impossible dans la patrie de Cuvierl] puis, vous verrez si les membres de la Société d'Emulation ne sont pas capables et heureux de vous comprendre et de vous applaudir. »

Je crois, Messieurs, avoir indiqué aussi nettement que possible, dans celte réplique aux boutades de deux de mes bons collègues, les raisons qui justilient notre révision, notre simplification des statuts. La conversation très authentique que je viens de rapporter n'était au fond qu'un épisode de la vieille querelle entre les historiens et les naturalistes, toujours en

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guerre et toujours cependant les meilleurs amis du monde. Je me suis, du reste, assez expliqué la dessus depuis trois ans pour n'y pas insister davantage.

La question des statuts ne doit pas me faire perdre de vue les autres objets de nos préoccupations. Mis en goût par le succès de notre concours de 11M>*, vous vous rappelez, Messieurs, que sur l'initiative de Monsieur Maneville et sur la proposition de .Monsieur Roux, vous avez décidé il y a un an l'ouverture en 1903 d'un concours photographique qui devait se fermer le 1er Mai 1904. Le concours a été organisé; le règlement en a été publié; et trois cents francs, dont cent ont été offerts par un généreux donateur, sont affectés à récompenser les meilleures œuvres envoyées au Concours. Mais, dans son avant dernière séance, notre Bureau a décidé qu'il y avait lieu, en présence du petit nombre des envois, au i" Mai, de remettre la fermeture a une date ultérieure. La qualité des épreuves reçues nous permet d'espérer que notre tentative ne sera pas infructueuse. Mais il parait nécessaire de laisser un peu plus de temps aux hésitants pour se décider. J'ai entendu formuler coDtre ce concours photographique certaines objections qui me laissent supposer qu'on n'a peut-être pas très bien compris dans quel esprit nous l'avons institué. Nous ne devons pas oublier, Messieurs, que nous avons été les héritiers et que nous devons par conséquent nous considérer un peu comme les continuateurs de l'ancienne société des Beaux-Arts. A défaut d'un concours de peinture ou de sculpture qu'il nous serait assez difficile d'organiser, vous en conviendrez, nous avons ouvert un concours pholographi que. 11 n'est plus permis aujourd'hui à n'importe qui de s'ins crire en faux contre ce jugement que la photographie est un art Je n'en veux pour preuve que le très honorable succès remporté depuis deux ans à Paris par le Salon de photographi dont certaines œuvres reproduites par les journaux illustrés témoignent d'une véritable originalité chez leurs auteurs. Cet art de la photographie s'est répandu partout; il est populaire. C'est donc bien à une manifestation artistique, esthétique, que nous avons convié les nombreux et habiles amateurs de notre pays. Mais n'oubliant pas le but spécial que nous conservons comme Société d'Emulation, nous avons voulu que ce concours fut en même temps documentaire, si je puis ainsi parler; que les concurrents fussent dans l'obligation d'emprunter leurs

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sujets au Pays de Monlbéliard, dont ils pouvaient reproduire les sites variés et pittoresques, les monuments, costumes anciens, vieilles coutumes ou scènes originales de mœurs et d'intérieur, publiques ou privées. Nous nous flattions de constituer ainsi une collection fort intéressante qui pourrait parfaitement trouver place dans notre Musée. Ce programme, d'un concours à la fois esthétique et documentaire, n'a, comme on voit, rien de contraire aux principes qui ont présidé à la fondation et à l'existence de la Société d'Emulation depuis cinquante ans ; et nous persistons à espérer que les résultats répondront à notre attente.

Votre bureau, Messieurs, a donné tous ses soins comme d'ordinaire aux deux objets principaux de son activité : les Mémoires et le Musée. Depuis mon dernier rapport, vous avez reçu le trentième volume de nos Mémoires daté de 1903 ; j'en ai fait l'analyse l'an passé et je n'y reviens que pour constater avec plaisir qu'il a rencontré auprès de nos collègues et même au dehors un excellent accueil. Les plus difficiles — mes deux interlocuteurs de tout à l'heure eux mêmes — ont daigné convenir qu'il était intéressant. Nous espérons les satisfaire encore celte année, et en leur donnant plus de matière, en un volume de cinq à six cents pages. Nous avons en effet, outre le Bulletin, d'importants travaux à publier. Ce sont d'abord les deux ouvrages de Messieurs Perrenot et Mériot, qui ont obtenu le premier et le second prix au concours de 1902. Monsieur Perrenot a revu et augmenté dans d'assez notables proportions le manuscrit sur les Etablissements burgondes qu'il nous avait soumis. Nous avons pensé qu'il était juste de répondre favorablement au désir que notre savant collègue avait exprimé d'être publié cette année. Son travail très original ne peut que faire honneur à nos Mémoires et à notre Société.

Le travail de Monsieur Mériot sur V Eglise luthérienne au XVII' siècle est une excellente contribution à l'histoire religieuse et sociale de notre pays ; il prend place entre les deux thèses de Monsieur Viénot sur la Réforme au XVIe siècle et la Vie ecclésiastique au XVIII1' siècle. A ces deux œuvres importantes vient se joindre une troisième à peu près de même étendue. Voici son titre : Is service des Incendies dans la Ville de Monlbéliard depuis le XIIIe siècle et la Compagnie des Sapeurs-pompiers, par Julien Maureaux, arcliiriste municipal. J'ai lu pour ma part,

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avec beaucoup d'intérêt cette curieuse monographie; j'ai retrouvé au Livre d'or des Sapeurs-pompiers montbéliardais des noms qui sont chers à tous les membres de notre Société d'Emulation : ceux de Luc Wetzel, de Frédéric Hossel, de Paul Bernard. Et cette simple mention suffît, je pense, à justilier le lait que notre ami Mauveaux, archiviste municipal et sergentmajor de la compagnie des pompiers, ait pensé à nous offrir son manuscrit pour nos Mémoires, et que nous l'ayons accepté. Entre ces importants travaux, prendront place deux mémoires de moindre étendue : l'un est le travail, que vous connaissez de Monsieur Albert Roux sur les origines de l'horlogerie à Montbéliard ; vous aurez le plaisir d'entendre l'autre tout à l'heure, c'est l'Inventaire des biens du père du Juge de paix Duvernoy, par Monsieur Léon Sa hier.

Mais pourquoi, me direz vous, grossir ainsi le volume de cette année et ne rien réserver pour l'année prochaine ? C'est, Messieurs, parce que nous avons déjà des réserves pour le volume de 1905 ; le cas est assez rare, mais il est authentique. Notre dévoué président, dont l'activité est vraiment infatigable, a écrit sur les origines de l'Imprimerie à iïontbéliard et les grands imprimeurs montbéliardais un important travail, dont il avait envoyé une partie au Congrès des Sociétés Savantes, qui a eu lieu à Paris le 3 Avril dernier; sa communication a eu les honneurs d'une lecture publique. C'est assez vous dire quelle en est la valeur ; et j'ai à peine besoin d'ajouter qu'un pareil travail a sa place marquée dans nos Mémoires. D'autre part nous comptons toujours sur les lettres de fierdot au conseiller de Faber promises par Monsieur Viénot. Et pour peu qu'un de nos collègues se décide à nous donner un travail d'histoire natu relie, voila de quoi faire en 1905 un volume presque aussi important que celui de 1904 1

Je n'insisterai pas, Messieurs, sur les acquisitions archéologiques très remarquables, qui ont été faites au cours de cette année. Vous savez déjà, par la notice très complète que Monsieur Roux a lue à la séance de Novembre dernier, et qui sera reproduite dans nos Mémoires (après l'avoir été dans la Revue archéologique par les soins de Monsieur S. Reinach, son directeur), que nous avons réussi à traiter enfin avec l'intraitable Louis Bouchot de Mathay. Après dix-huit mois de réflexion, notre homme s'est décidé à nous vendre pour la somme de 1,010

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francs la collection complète des statuettes et objets, qu'il avait trouvés dans son champ sur l'emplacement d'une maison romaine au bord du Doubs. Tous les témoignages que nous avons recueillis, principalement celui de Monsieur Salomon fteinach, conservateur du Musée de St-Gerniain, qui est, comme vous savez, un maître incontesté en la matière, nous autorisent à penser que nous n'avons pas (ait un marché de dupes, et que nos collections se sont enrichies de pièces importantes et rares. Tout récemment, nous avons encore acheté à un habitant de Mandeure une petite statuette d'enfant caressant un animal, que l'on suppose être un chien, avec quelques autres objets dont une belle spatule en argent. Décidément le territoire de l'antique Mandeure est inépuisable I mais il est à souhaiter que la veine des chercheurs s'épuise, sans quoi notre caisse risquerait d'être mise à sec, ou bien nous aurions le regret de voir passer à d'autres des trouvailles qui nous auraient facilement tentés. Je dois dire a re propos que nous n'avons pas perdu l'espoir d'entrer en possession de la somme de 1,000 francs léguée au Musée par Monsieur le Docteur Beurnier; de cette façon le trou creusé par l'achat fait a Louis Bouchot serait comblé, et nous aurions encore des disponibilités.

Je rappellerai, pour mémoire, un fait sans précédent dans nos annales, et qui ne se renouvellera plus, souhaitons-le. 11 en a déjà été question à la séance de Novembre, et les détails donnés à ce moment me dispensent d'y revenir. Je veux parler du vol commis au Musée, dans le courant d'Octobre 1903. A une date et dans des conditions qui n'ont pu être déterminées avec précision, un voleur a enlevé, dans la vitrine des médailles, qui avait été transportée dans la salle voisine de celle-ci, un nombre assez considérable de monnaies d'or et d'argent, notamment tout le petit trésor de Mon téche roux, dont je vous avais signalé l'acquisition dans mon précédent rapport. La justice a été naturellement saisie de l'affaire, une enquête a été ouverte qui n'a, jusqu'à présent, donné aucun résultat ; et nous n'avons tout bonnement qu'à regretter la disparition de nos médailles en prenant toutes les précautions possibles pour éviter le retour de pareil fait..

Notre cabinet d'histoire naturelle s'est enrichi d'un magnifique squelette de cheval, que nous devons à la générosité de notre collègue Monsieur Edmond lenné, et qui a été monté par

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les soins de Monsieur le vétérinaire Barriltot. Nous avons exprimé à ces Messieurs toute notre reconnaissance.

Nous avons à regretter cette année la perte de trois de nos membres titulaires : Monsieur Auguste Schwander qu'un déplorable accident a tué dans la force de l'âge, alors qu'il était sur le point de recueillir les fruits de sa persévérance et de son activité intelligente, en dotant notre région d'une source de richesses nouvelles ; Monsieur Preiss, ancien notaire, qui suivait assidûment nos séances et avait su se concilier l'estime de tous par la courtoisie de ses manières; et Monsieur Weissgerber, ingénieur principal du contrôle des chemins de fer à Paris, allié par son mariage à de vieilles familles monlbéliardaises. Au mois de septembre dernier Monsieur Roux nous communiquait une lettre de Monsieur Ulysse Robert, inspec leur des bibliothèques, l'un de nos membres correspondants les plus qualifiés, qui offrait sa collaboration a nos Mémoires, pour un travail historique sur les écoles. Nous avions accepté, lorsque nous avons appris que notre compatriote était mort subitement en plein banquet de la Société des Gaudes à Paris, au commencement de Novembre 1903. Cette brusque disparition nous a causé les plus vifs regrets.

J'ai déjà noté au début de ce rapport les excellentes relations que nous continuons à entretenir avec nos sociétés correspondantes. Malgré les pressantes invitations de Monsieur Girardot, conservateur du Musée de Lons le-Saunier, et à notre grand regret, nous n'avons pas pu nous faire représenter au Congrès de l'Association franc-comtoise, qui s'est tenu au mois d'août dernier en cette ville ; aucun membre delà Société d'Emulation ne s'y est rendu. Il n'en sera sans doute pas de même au prochain Congrès qui aura lieu à Besançon dans les premiers jours d'août, et dont le succès est assuré malgré le départ pour Dijon de Monsieur Jules Gauthier, qui lut l'initiateur et le grand organisateur de ces congrès régionaux. Nous savons déjà que notre collègue Perrenot se fera inscrire pour diverses communications relatives à ses études sur les Burgondes ; et il est probable que plusieurs autres sociétaires de l'Emulation montbéliardaise assisteront du moins aux travaux du Congrès, s'ils n'y prennent pas une part plus active.

Bien que j'aie, Mesdames et Messieurs, retenu voire bienveillante attention au-delà des limites permises, vous me

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laisserez encore, pour conclure, jeter un rapide coup d'œil rétrospectif sur les trois années qui viennent de s'écouler.

Vous serez appelés, Messieurs, à remplacer en novembre prochain votre Président, votre Trésorier et votre Secrétaire général. Ma conclusion sera pour ainsi dire le compte rendu de mandat, présenté par la série sortante des membres du bureau.

En prenant possession de nos fonctions, il y a trois ans, nous n'avions pas eu l'outrecuidance de vous tracer un programme et de vous faire des piomesses, qui n'eussent été ici, ni de mise ni de tradition. Toute notre ambition se bornait à continuer honorablement l'œuvre de nos prédécesseurs, à ne pas laisser péricliter entre nos mains l'instrument qui nous était confié. Je ne craindrai pas de dire que, dans ces limites modestes, on peut nous accorder le témoignage que nous avons réussi. Nous avons heureusement doublé le cap de la cinquantaine, grâce, il faut bien le dire au risque d'e (la loucher sa modestie, grâce à la main sûre et expérimentée de notre Président, Monsieur Roux, qui faisait partie du Bureau depuis plusieurs années, et avait gravi successivement tous les échelons de la hiérarchie ; grâce aussi, nous pouvons l'ajouter, à l'esprit de concorde, â l'heureuse entente qui n'a cessé de régner pendant ces trois ans entre tous les membres du Bureau et qui contribuait à donner à nos réunions un caractère d'affectueuse sympathie, dont je garderai quant a moi le meilleur souvenir, — De cette façon, la Société d'Emulation est entrée et s'est avancée sans heurt et sans faux pas dans son second demi-siècle d'existence. Elle n'a qu'à continuer sa route. Nous avons confiance qu'en remettant à d'autres le soin de l'administrer, nous ne laisserons pas à un tournant difficile l'œuvre si bien commencée par nos pères et qui se poursuivra sans défaillance parla bonne volonté de nos successeurs !

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