DE BIENS NATIONAUX
Fac-similé de l'affiche annonçant la mise en i du chateau d'etupes.
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9 Ventôse an V, avec d'autres immeubles, le château d'Etapes sur une mise à prix de 25,000 livres.
Lorsqu'aprèsavoirexaminé cette très grande affiche en détail nous avons cherché, d'après les indications forcément incomplètes qu'elle donne , a nous orienter et à tracer au crayon une sorte de plan des salles qui se succédaient, nous avons échoué. Il faut donc, pour toute description, se borner à en donner textuellement copie.
On offre donc :
« Le bien appelé le château, consistant, le dit château, confiné au levant par la commune d'Etupes, au midi parla grande route, au couchant par le grand jardin potager et au nord par la grande prairie d'Etupes, contenant un grand bâtiment composé d'une grande salle â manger avec un fourneau de fayence, ayant vue sur les jardins au nord et, au couchant de cette salie, un appartement avec un fourneau de fayence, un autre à cheminée, à côté, un appartement qui communique au grand corridor et une chambre a côté chauffée par un fourneau de fayence, un appartement a côté, une chambre avec un fourneau de fayence. »
« Au levant de la salle à manger, une salle à cheminée de marbre blanc, une autre, à cheminée en marbre rouge. »
« A côté, à droite, un appartement à fourneau de fayence et de cet appartement à gauche un appartement à cheminée, une chambre a cheminée à marbre rouge, une autre à secret à côté , une autre chambre et une chambre de bains avec un fourneau de fayence » (').
H A l'entresol de l'aile du levant, sept chambres. Vingt-deux appartements de plein pied, de cette aile, au couchant. » (")
« Quatre appartements à l'aile au couchant, six chambres au midi du grand corps de logis (*).
it A l'aide du rez-de-chaussée du corps de logis quatre chambres , une vaste cuisine, deux chambres à côté et six autres
(I) D'après eca lndicatlon)i , I» grande Mille k manger, prenant sann doute toute l'épaisseur du bâtiment, et dane laquelle donnaient plusieurs salims, Hemblc avoir occupe la partie centrale du château. (!) C'eut- ft -dire en se dirigeant de l'aile, du levant a celle du couchant I3| Cette description concerne le petit bâtiment bas i]ue l'un avait il gauche en regardant la façade du château.
chambres aux mansardes et greniers, une cour et une fontaine. »
« Au levant, un bâtiment composé de trois écuries à vaches et greniers au-dessus, une cour, ensuite un bâtiment en allant au couchant , composé de deux écuries, une grange au milieu et des greniers au-dessus. »
<( Au midi, un bâtiment composé d'une écurie, deux chambres basses, une cuisine et une chambre à coté, quatre chambres de plein pied elles greniers au-dessus, et, à l'aile du grand corps de logis, une vaste chambre et des écuries à vaches. »
« Au couchant, une vaste remise, deux chambres à côté, deux chambres au dessus, une cour, le manège (') à coté, au midi la cuisine du neuf château, avec cinq chambres, une charbonnière, une cour et une pompe.
« Ensuite, le nouveau château, consistant en une fort grande salle avec deux fourneaux de fayence, trois chambres à l'extrémité au levant, dont une avec fourneau de fayence et autant au couchant et une petite cave et une chambre à l'entresol a chaque extrémité , et dans l'étage du haut, dix-sept chambres de part et d'autre du corridor et, sous le toit, quinze chambres de domestiques. » (')
« Un jardin anglais dans lequel on trouve différents bâtiments de fantaisie, pièces d'eau, bosquets, parterres ornés de statues, le tout fermé de murs, contenant environ quarante journaux y compris encore le bâtiment de la Tournelle consistant en trois pièces au rez-de-chaussée, trois pièces au premier
(1) Le prince Frédérir-Eugtne, aasM impotent lorsqu'il arriva, pour se fixer, — dfill ni 11 rament croyait- il, — a Mont bel lard, souflrant d'une blessure qu'il avilit reçue au service de la Prusse dans un combat contre les Autrichiens, ne montait plus k cheval. Le manège avait Ole établi pour servir à l'éducation des jeunes. princes ses fils, ou a leur agrément, lorsque de Lausanne ou de Berlin ils revenaient en vacances à Elupes. Voici comment, dans l'ouvrage île- KraHl que nous avons déjà cité, il est parlé de cette construction :
h (> bâtiment, construit en (ace des écuries a le mérite d'être d'une construction aussi hardie que bien conçue. Son décor intérieur, surtout de la tribune, est d'un style noble et d'une architecture pure, convenable enfin a ces aortes il éililiees toujours destinés, dans les jours de courses et d'exercice, a renfermer la meilleure société. »
(Si Le nouveau château avait élé construit pour loger la suite de Paul, grand duc et plus tard, empereur de Russie, ."■ ■
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étage, trois pièces au second, une orangerie et une hollandaise au levant. Le tout estimé vingt-cinq mille livres. »
En somme, il s'agit là, non d'une demeure d'apparat, mais cependant d'une installation importante.
A coté d'un train de culture et de très nombreuses dépendances qui la complètent, elle se compose, suivant l'affiche, en principal, de trois châteaux : le bâtiment central, puis celui qui est désigné sous le nom de nouveau château, puis enfin dans le jardin, du côté du village, la vieille construction dite la Tournelle, ainsi nommée en raison de sa hauteur. C'était la l'ancien château d'Etupes édifié par Uopold Eberkard. Ce bâtiment avait trois étages et renfermait neuf pièces mises en communication par un escalier tournant.
On ne trouve, niaux archives de la Haute-Saône, ni dans celles duDoubs, trace de l'adjudication annoncée pour le 15 Ventôse an V (Fév. 1797) à Vesoul. Il parait donc certain que lors de la mise aux enchères, aucun amateur ne s'est présenté. La vente a dû être eflectuée de gré a gré, un peu plus lard et la démolition date de 1801. Elle faisait, croyons nous, partie des conditions de ia vente.
Après bien des recherches, nous avons pu établir, grâce à l'obligeance de Me Sender, notaire à Etupes, la transmission à peu près complète de la propriété. M*1 Sender nous dit : « Les archives de la mairie d'Etupes contiennent un état de sections constatant, en date du 2i> Brumaire an VII (Nov. 1798), que le cliâteau, avec cours et jardins, appartiennent à un sieur Frédéric Kaiig d'Etupes. 11 passe ensuite à Frédéric et Charles Kœlig, fils de celui-ci. Puis, par une mutation, en date de 1834, il devient ia propriété de M. Louis Beurnier, commandant du génie à Montbéliard, dans la famille duquel celle propriété est longtemps restée. »
La ferme de l'ancien château d'Etupes, nouvellement reconstruite par M. Richard, son propriétaire actuel, qui, après en avoir été longtemps le fermier, l'acheta de la famille Beurnier, est particulièrement bien aménagée. Les écuries , pour la construction desquelles le fer et la pierre n'ont pas été mena gés, sont spacieuses et d'un service facile. Au-dessus, sont une vaste grange et de beaux greniers à fourrage, avec rampe d'accès et appareil mécanique pour décharger les voitures. La cour est pourvue d'une fonlaine coulante et les terrains de culture un
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tourent les bâtiments d'exploitation. C'est, cerlamoinent, une des fermes les mieux comprises de la rentrée.
Quelques mots encore avant de terminer.
Les événements que ce récit retrace sont venus surprendre une population paisible, et, dans sa généralité , attachée au gouvernement sous lequel elle était placée. D'autre part le nouveau régime qui s'implantait par la force, s'était montré à elle, tout d'abord peu bienveillant. Ses représentants s'étaient fait voir : intolérants, avides, cruels, dépourvus de scrupules. — Quoi de surprenant dès lors que l'attachement n'ait pas été immédiat et. que M. Duvernoy, qui, en 1832, publiait ses Ephémérides, s'exprime comme nous allons le dire, à la date du 31 Mai, a propos de la réunion de Montbéliard à la France :
» Ainsi finissent les petits états, toujours absorbés par les grands, un peu plus tôt, un peu plus tard. Alors il faut renoncer à des affections d'autant plus fortes quelles sont traditionnelles, à des positions que rien ne remplace; il faut promettre attachement et fidélité à un régime nrmrwra qwe l'*«t connaît peu ou que l'on connaît mal, quand le régime ancien a dès longtemps acquis des droits les plus incontestables à l'attachement et à la fidélité de ceux qui lui étaient soumis ; il faut rompre des liens antiques cimentés à la fois par les bienfaits du prince et la gratitude des sujets... »
On le voit, l'auteur, né sous l'ancien régime dans une famille de fonctionnaires, après quarante ans, en est encore aux regrets. Historien, il vil surtout dans le passé.
Depuis un siècle , les événements se sont déroulés : de tous temps français de langue , cent ans d'épreuves et de bonheurs communs, de même qu'une éducation libérale, ont fait de nous des Français de cœur. Aussi nous pouvons dire sans crainte d'être démenti, qu'aujourd'hui parmi les populations de l'Est, qui toutes rivalisent de patriotisme, aucune ne surpasse sous ce rapport le pays de Montbéliard.
C'est ce qu'on a pu voir en 1870, époque à laquelle personne plus que lui ne s'est associé au deuil de la patrie. C'est ce qu'il lit voir encore en élevant sur sa principale place publique une statue à Denfm-Rochrreau, h à qui — dit l'inscription — notre pays doit d'être resté français ». C'est ce qu'il montra enfin, plus récemment encore en 1893, lors du centenaire de la réunion de Monlhéliard à la France. Belle fête d'allégresse enlière-
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ment spontanée el plus encore, grande manifestation de patriotisme, à laquelle toute une population, sans exception, s'est adonnée !
A sa joie sincère se mêlait, pour beaucoup, parmi les gens âgés, un sentiment profond de gratitude envers la Providence, en raison des dangers auxquels, vingt ans plus tôt, par suite de l'héroïque défense de Belfort, on avait échappé.
Les Halles de Montbéliard.
Dates de construction du bâtiment des Halles. — Sa destination. — Les tournois devant les Halles. — Détails l'aménagement. — Location des Halles par les soins du gouvernement français. — Protestation de la municipalité. — Rejet de sa demande. — vente a porrentruy. — les bourgeois de montbéliard adjudicataires. — leurs débours. — nomenclature des acquéreurs. — abandon a la ville a titre gratuit. — Autres exemples de ventes de biens nationaux. — Stipulations FORMELLES QUANT A L'EMPLOI DES REVENUS DES H ALLES. —
Mise en location des locaux. — L'éminaoe. — Le Musée. — Le dessous des Halles. — Les merciers. — Les charlatans. — les enrolements. — l'imprimerie de jacques foillet. — les archives spoliées. — La Société populaire. — L'Institut. — Les écoles primaires. — La Lancastre. — Le cercle. — La bibliothèque. — La synagogue. — Ll salle de spectacle. — Les échoppes. — Les perruquiers. — Les officiers des Halles.
Le bâtiment des Halles, dit M. CL Duvernoy, fut commencé en Juin 1536. L'aile droite remonte à 1382, l'aile gauche a 1624. (')
11 succédait à des constructions beaucoup plus anciennes, en bois, et paraissant avoir eu dès l'origine la même destination que le nouvel édifice.
Il) <■ Le 30 de Mars 1624 a ealé la première fondation du ragrandl Mentent de le* mi nage de l'Asie de Monlbéllard. » (.Bois de-Chêne.)
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Comme matériaux, on employa la taille. Elle se trouvait encore toute fraîche et blanche lorsque , le 9 Mars 1545 , le duc Christophe donna une fête devant les Halles. 11 s'agissait d'un tournoi, auquel il prit part ainsi que te comte Georges, le marquis de Bade, le sieur de Vergy et différents seigneurs dont les noms ne nous sont pas parvenus. Des fenêtres du premier étage, les dames, la duchesse en particulier, assistaient du spectacle.
Un de nos vieux chroniqueurs nous dit aussi , — i) s'agit ici d'une époque un peu plus ancienne, — « Le mardi premier de Mars 1526, l'on courut la bague devant les Asles ('). 11 y eust plusieurs seigneurs français, nommément les sieurs de VUlarmon, ceux d'Arey, le sieur d'Araine... »
« Le lendemain l'on combalit avec la pique, l'allebarde, l'espée, et lorsqu'on en vint a combattre en gros avec l'espée, la barrière qui prenait tout le long estoit remplie de fusées, et quand ce vint au plus fort, l'on y mit le feu et pour ce, il se m bloit qu'il y eut quelque coup de pistolet. »
Le soir, au château, un brillant festin fut servi à toute cette noblesse qui y était en séjour. On se divertit fort aux dépens du sieur d'Araine. Il avait été, au plus fort du combat, désarçonné par un coup de pique; mais en tombant, il n'avait éprouvé aucun mal sérieux.
Pour le temps et pour Montbéliard, c'étaient de belles fêles que le peuple fut admis à contempler de loin.
Près de cinq siècles se sont écoulés depuis, les Halles sont sont toujours là et la solidité de leur construction semble devoir leur garantir encore une longue existence; poursuivons ici leur histoire.
Aux Halles tout d'abord, avait son siège l'administration du pays; là étaient les archives, on y rendait la justice : dans la ville, c'était le bâtiment du prince.
Celui-ci s'y rendait parfois avec une certaine, pompe. On voyait encore, il y a une cinquantaine d'années, les marches ondulées d'un escalier sur lequel les piétons pouvaient se tordre les chevilles, mais qui par contre, permettait au seigneur d'en gravira cheval les degrés, pour mettre pied à terre quand bon. lui semblait, à l'entrée des salles du premier étage, comme le fit
(1) Les nouvelles Halles c'étaient pas construites, il s'agit Ici des an-
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en 1770, Charles, duc régnant de Wurtemberg, qui était à Montbéliard pour recevoir les doléances des habitants. L'audience publique qu'il donna dura de neuf heures du matin à sept heures du soir. Les trois corps de la magistrature lui présentèrent en grande cérémonie, un cahier de doléances aux quelles il promit de faire droit. Le jour de son départ, le duc régnant reçut de nouveau la magistrature avec plus de bonté encore que la première fois, assure Mme A'Obrrkirch.
L'escalier en question a disparu, mais on voit encore les voûtes de son plafond dans l'aile du levant.
C'est en raison de l'état de propriété qui vient d'être exposé que le gouvernement français, à la Révolution, quelques années après s'être emparé de Montbéliaid, d'ailleurs pressé d'argent et sans faire une distinction qui aurait été nécessaire: qu'il s'agissait là, en effet, non d'une propriété privée de l'émigré Frédéric Eugène Wirtemberg ou de Wirtemberg, mais d'un bâtiment administratif nécessaire au pays conquis, ordonna la vente aux enchères publiques de cet immeuble.
Cependant, avant qu'on se décidât à procéder a l'opération, il y avait eu location en détail.
Les archives de la mairie de Montbéliard conservant un souvenir assez réjouissant des faits relatifs à cette opération, nous allons copier textuellement :
Extrait du registre des délibérations du Conseil général de la commune de Montbéliard.
« Séance publique du seize pluviôse an trois de la République, à laquelle ont assisté : Verenet, Duveruoy, Oruet, Curie, Fayot, Berger, Beclcer, Bernard, Rayot et Retté. »
« Un membre a observé que le douze courant un Citoien de cette commune avait eu en amodiation pour la somme annuelle de trois cent livres le dessous des Halles ; »
» Que l'arbitraire dans lequel l'amodiateur donnera en exigeant beaucoup trop des Citoiens habitués à se retirer dans ce local, principalement dans la mauvaise saison pour y vendre leurs marchandises, était uu motif pour que le Conseil réclame près de l'administration du District ; n
u Sur quoi, considérant que depuis un temps immémorial le dessous des Halles a toujours été fréquenté par les Citoiens qui venaient en cette commune pour y vendre leurs marchandises ; »
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<( Que sous le régime des despotes du Wurtemberg, ou n'exigeait de cette classe de Citoiens qu'une faible rétribution qui tournait à l'avantage d'un Citoien qui leur pourvoyait les bancs nécessaires à étaler leurs marchandises ; »
« Qu'aujourd'hui, devenus français, la nation ayant foilemeUtment [sic) déclaré qu'elle abolissait tout ce qui rappelait l'excécrable féodalité, il résulterait, si cette amodiation devait subsister, qu'un droit féodal renaîtrait dans cette commune, à la vérité sous une autre dénomination ; »
« Considérant en outre qu'il y aurait une insouciance coupable de sa part a ne pas chercher à faire tomber dans le plus grand oubli l'existence d'un droit devenu répugnant à la France généreuse; »
« Arrête, ouî l'agent national:
« Que l'administration du District sera invitée de déclarer nulle et comme non avenue l'amodiation faite à un Citoien de cette commune, pour la somme annuelle de trois cens livres, du local de dessous les Halles, attendu que le droit qu'exigerait l'amodiateur, rappellerait la féodalité. »
Le Directoire dn District auquel la pièce est adressée, l'envoie au receveur de l'enregistrement pour donner son avis et indiquer les motifs qui l'ont déterminé à amodier le local au dessous du bâtiment national des Halles.
Celui-ci répond en substance : qu'il a agi dans l'intérêt de la République et conformément aux lois qui ordonnent à l'administration du District de louer toutes les propriétés nationales qui en sont susceptibles. « Quant a l'exécrable féodalité que le bail dont il s'agit, dit-il, va faire renaître par l'arbitraire dans lequel donnera l'amodiateur, c'est une terreur panique que les délibérants auraient pu ne pas se donner sans qu'on leur en fit un crime. Ces citoyens auraient tout aussi bien raisonné s'ils avaient prétendu que les baux qui ont été faits au même moment, de 900 fauchées (') de prés nationaux, doivent être déclarés nuls, sous prétexte que les amodiataires donneront dans l'arbitraire en sous amodiant trop chèrement les dits prés ou en vendant trop cher les récoltes qu'ils en retireront, h
A la suite : délibération du Conseil du District. Cette assem-
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blée estime que le bail en question est très préjudiciable à la commune a laquelle l'emplacement loué est très nécessaire pour la tenue des foires et marchés, la place devant les Halles n'étant pas suffisamment vaste.
« Du reste, dit-elle, de tous temps on y a vu des marchands cordonniers, quincaillers et de vaisselle de terre y vendre leur marchandise. »
« Un citoyen qui leur prétait -les bancs ou planches pour les entreposer, s'en faisait payer autrefois une faible rétribution au nom du ci-devant prince de Montbéliard et elle était déjà odieuse au peuple..., etc..., etc... »
Le Directoire du District épouse donc tout-a-fait les intérêts de la ville.
Suivant l'habitude louable de toute administration qui se respecte, celle* du département de la Haute-Saône, en possession du dossier, lui fait faire un nouveau voyage : Elle l'adresse au District de Montbéliard « pour faire joindre le bail des Halles dont il s'agit, entendre les fermiers, dresser procès -verbal de leurs dires, pour le tout, être renvoyé avec un nouvel avis, s'il y a lieu, afin qu'il soit statué. »
Ce corps délibérant donne à nouveau, comme suit, son impression sur la demande du Conseil communal :
« De plus en plus il est convaincu que le bail ne peut être maintenu, puis, développant longuement ses raisons, très savamment il s'appuie sur des documents historiques et termine par un coup de griffe, disant : « qu'en se permettant de donner en amodiation le local dont il s'agit, le receveur des revenus nationaux n'a consulté que les intérêts de la République — et les siens propres.» « Cette opération ne peut se justifier que par cr seul endroit, dit-il, car, si on l'examine avec impartialité, on se convaincra qu'elle est contraire à tous les principes, et que même, sous l'ancien régime, elle eut été réprouvée. »
L'heure de la solution approche : En ellet, à la date du 19 Prairial an trois, l'administration de la Haute-Saône, suffisamment éclairée, paraît-il, se prononce comme suit ;
« Considérant que la propriété des Halles de Montbéliard ne peut être contestée à la Nation représentant le dernier prime, et cela avec d'autant plus de raison que le titre invoqué atteste que celles-ci appartenaient au ci devant prince, décide qu'il n'y a pas à délibérer sur l'objet de la demande.*
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Nos conseillers montbéliardais s'étaient donc donné beaucoup de peine pour n'obtenir que la plus dédaiguense des réponses. Mieux encore : on les couvrait de ridicule, l'autorité ne daignait pas examiner leur requête qui, cependant était fondée, semble! il, si ce n'est sur un droit effectif de propriété, au moins, pour le rez-de-chaussée des Halles, sur un droit d'usage immémorial.
Trois années plus tard, ce n'est plus de location, mais de vente de l'immeuble des Halles dont il s'agit ainsi que nous l'avons déjà dit.
Les représentants de la ville s'étaient émus et, timidement, avant qu'on y procéda, avaient fait observer : que ce bâtiment est le dépôt dés archives; que ses greniers servent à la République tant pour ses grains que pour le sel ; qu'il s'y trouve une douane indispensable au commerce ; que le rez-de chaussée est nécessaire pour la tenue des foires et marchés : les cordonniers, marchands de tissus et autres négociants n'étant pas seuls à y exposer leurs marchandises à la vente, mais encore les habitants de la campagne y apportant leurs blés les dits jours de foire, dans le local de VEminagr, où ils restent souvent en dépôt. En un mot, que les Halles sont absolument nécessaires au fonctionnement normal de leur vie , tant sociale que cornmerciale.
Aucune de leurs raisons ne fut capable d'ébranler le gouvernement dont les dispositions étaient prises.
La vente fut donc annoncée pour le 10 Ventôse an IV, à l'orrentruy.
Cette mesure qu'on croyait légale, mais qui certainement était peu bienveillante, pour les nouveaux annexés de Montbéliaï'd, dont il aurait été politique de s'attirer l'affection, eut pour effet de les unir dans une même pensée : faire en sorte que les Halles, auxquelles tant de souvenirs étaient attachés, ne tombent pas en des mains étrangères.
Dans ce but, ils se concertèrent pour racheter à tout prix le vieux bâtiment. La somme qu'ils débourseraient serait pour eux comme une nouvelle contribution de guerre.
Le 19 Ventôse, à Porrentruy, personne ne se présenta à la vente. Mais le 2-'i du même mois, les enchères devant, ce jour là,
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être définitives, plusieurs amateurs s'élant mis sur les rangs. elles furent fort animées.
Au quarante -deuxième feu, uu citoyen Léman, (peut être s'agit-il ici A' Antoine Lématu dont nous avons déjà parlé au sujet de l'orangerie d'Elupes, ou plus probablement de Germain hématie, son frère, acheteur d'autres biens nationaux), un étranger enfin pour nos Montbéliardais , misa jusqu'à cent quatre-vingtdouze mille francs; mais l'adjudication n'eut lieu qu'au quarante-troisième , pour cent quatre vingt-treize mille francs, au profit du citoyen Pierre-Frédéric Goguel, mandataire d'un certain nombre de bourgeois de Montbéliard.
Quelle fut exactement la somme déboursée? Nous ne le savons pas. Four toutes les nombreuses ventes de biens nationaux, il est très difticile, même impossible, de faire un compte exact, celui-ci dépendant non seulement des conditions de la vente, mais encore du moment où l'opération s'effectuait. En etfet, partie était soldée en numéraire, — la République, disait ou, méprisait le vil métal , mais elle en avait besoin pour régler différentes dépenses, — le surplus se payait eu assignats. Or, le cours de ceux-ci était très variable.
Dans un travail publié par M. .V. Kohler, qui figure dans les Mémoires de la Société Jurassienne d'Emulation, relatif à la Vente des biens Nationaux dans le Département du Mont-Terrible, en 1797 et 1798 {'), travail des plus complète sur la matière, auquel nous allons faire quelques emprunts, nous trouvons par exemple que le 1" Vendémiaire an V, le mandat de cent francs a une valeur de 4 fr. 75, qui, en Nivôse de la même année, tombe à 0 fr. 80, c'est-à-dire à peu près à rien !
Ainsi s'expliquent en partie des prix donnés par M. Kohler que nous ne pourrions comprendre si nous n'avions pas connaissance de ce fait.
Voici par exemple, Jean-Georges Rfmanil, meunier à Audincourt, qui fait achat pour 43,0:)0 francs d'un pré d'environ un quart de fauchée, situé dans une lie du Doubs, vis-à-vis du village d'Audincourt et près du moulin. Ce pré est loué pour dix-huit ans, moyennant uue censé annuelle de deux francs, à Pierre Guyot, meunier à Bélieu. — L'Ile en question n'est autre que l'emplacement sur lequel se trouvent aujourd'hui les était) MoQtbAlIard faisait alors partie du département du Muni -Terrible.
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- 2lfi -
blisseinents. créés vers 1830, de MM Constant Peugeot et O. (')
Le même Itémond dont la descendance est encore fixée à Au dincourt, à la même époque, fait achat de la Houcherie située près de la place, sur la rivière, à Montbéliard. Tout en n'étant pas très fortuné, il paie ce bâtiment 270,000 francs. On est surpris de voir une construction tout aussi nécessaire que les Halles a la cité, être ainsi exposée par l'administration aux enchères et dès lors, de la voir rachetée par d'autres que les bouchers auxquels elle servait journellement.
Enfin, donnons ce dernier exemple: En l'an VI, Frédéric Japy, — dont nous avons déjà parlé au chapitre précédent et qui nous occupera encore dans la suite, — se rend acquéreur, moyennant quatre millions cinquante mille francs, de la belle abbaye de Iktlelay située dans le département du MoDt-Terrible.
Les biens de cette abbaye étaient si considérables, qu'à eux seuls, ils 'donnèrent matière à 73 adjudications en quelques mois. Beaucoup d'entre eux étaient situés à Neuveville sur le lac de Bienne.
Mais revenons aux Halles dont nous nous sommes pour un instant éloignés et donnons les noms des acheteurs, non seule ment parce qu'il s'agit d'un effort de patriotisme local étendu, mais encore parce que l'état que nous allons établir fournira une indication assez complète des familles bourgeoises de la cité, il y t\ un peu plus d'un siècle.
Les acquéreurs de l'édifice sont donc, par ordre alphabétique: Frédéric Rerdot. Veuve Berdol, médecin, née Wolf. David Beurnier, inspecteur des forêts. Joseph Beurnier l'atné, licencié en droit. Jean-Georges Berger. Pierre- Conrad Berger. Berger
11) L'hiver do 1788-1789 ayant été particulièrement rigoureux, les glaces sur le nouhs avalent acquis une épaisseur considérable. Au dégel, lorsque Ih débâcle se produisit subitement ces glaces formèrent au bas du village d'Audincourt un barrage improvise, de telle façon qu'en peu de minutes les eaux montèrent a un niveau élevé et se répandirent partout. Nous avons encore entendu raconter que le dit meunier lean-Gtorget Rtmuitit, surpris et bloqué .sur son Ile, ne dut son salut qu'à l'agilité dont il fit preuve en grimpant sur un peuplier a sa portée. Au village d'Audincourt, les glaces transportées, venant se butter contre les murs do la vieille église située au tournant de la rivière, s'y brisèrent et s'étagerent au point d'atteindre les brandies du vieux tilleul. Ih» là, portées par les eaux, elles se répandirent dans les prés jusqu'au coteau d'Kxincourt. Il en resta de telle* quantités qu'en Juin la fonte n'en était pas terminée.
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l'aîné. La veuve Jean-Jacques Boigeot. David -Frédéric Bernard. Bernard père. Jacques Binninger. Frédéric-Charles Bouthenut, notaire. Charles Christophe Bouthenol. David- Frédéric Rurgity (ou Bircki).
Sa mue! -Frédéric Ch:Uel, prérepteur. Frédérir-Chailes Chàtel, monteur en boëlcs. Georges-Louis Chavet.
Jean Christophe Decker, imprimeur libraire. Henri Frédéric Delhielle, marchand. Charles-Gustave Dorian. La veuve Dorian. Pierre- Frédéric Dorian , aubergiste. Jacques- Nicolas Diény. Charles Christophe Duvernoy, avocat. Charles Louis Duvemoy, homme de loi. Georges- Frédéric Duvernoy, faiseur de bas au métier. Jean-Georges Duvernoy. ex-surintendant. Jean-Jacques Duvernois.
Léopold -Frédéric Flamand, ex capitaine. Georges Conrad Fries, marchand. Samuel- Frédéric Fallut, notaire. Pierre Frédéric Fallût. Joseph -Frédéric Fallut. David Frédéric Fallol. Veuve Fallot née Bernard. Jacques-Frédéric Ferrand. Jean- Georges Feschotle. Georges Frédéric Fayot, marchand.
Pierre -Frédéric Goguel, Charles Christophe Goguel. Charles- Louis Goguel. Jacques -Frédéric Goguel, le jeune, bonnetier. Caspar Goguel. Charles-Christophe (iropp, licencié en droit. Gœgel, boucher.
Nicolas lenné, ci devant maître en chef de la Société des bouchers.
Kohler, apothicaire.
Léopold-Frédéric Leconte, marchand. Léopold Frédéric Leconte, faiseur de bas au métier. Frédéric Charles leconte. La veuve Leconte née Verenet. Georges David Lalance , marchand. Jean-Frédéric Lockert, maréchal -ferrant. David Lods, cordonnier. Isaac Lods. Jérémie Frédéric Lang.
Georges Esaye Meyer, marchand. Jean-Georges Meyer. Georges-Frédéric Meyer. Pierre Mégnin. José ph-Frédé rie Marthel. Morhard père. Georges Frédéric More), confiturier. Pierre- Christophe Morel. La veuve Marier et lils cadet.
Charles-Frédéric Parrot. Léonard Frédéric l'a r rot. Veuve Parrol née Boigeol. Pierre Frédéric Pajot. Veuve Pitot ou peutêtre Titot) née Surleau. Pierre -Frédéric Quaillot. Raisin, médecin. Veuve Rossel, née Benrnier. Charles Urbain Bosse), marchand. Julie Rayot, née Dubois. Jacques Frédéric Rau et Jacques Bau, marchands associés. Caspar Frédéric Richard.
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Georges Samuel Sahler. Jean David Sabler, marchand. Pierre- Louis Sa h 1er , marchand. Charles- Frédéric Saigey. Charles" Frédéric Surleau, homme de loi. Jean-Jacques Surleau, auber giste. Isaac Surleau.
Jacques-Christophe Tuelîerd. Catherine Tuefferd, née Surleau.
Léopold Frédéric Vernet. Charles-Christophe Vernel. Georges Verenet. Frédéric Werner.
Dans cette liste des acquéreurs des Halles on ne trouve pas le nom de famille de notre illustre concitoyen Georges Cutier. La situation de fortune de son père, officier en retraite, qui avait servi en France dans un régiment étranger, était des plus modestes. On n'y voit pas davantage figurer les familles nobles alors domiciliées dans la ville : les de Fortsner ('), de Sponeck, de Goll, qui n'émigrèrent point et ne furent, pour cette raison, pas inquiétés dans leurs biens.
Ce n'est pas par oubli que nous ne citons pas les Scey-Montbêliard, qui n'ont jamais résidé à Monthéliard. Dans sa Galerie Héraldique Nobiliaire de la Franche-Comté, M. Louit SwcA<imj-(1878)
(!) Voici, à titre de curiosité, d'après les registres do la paroisse de Saint- Martin a Monthéliard, l'acte de naissance d'un des derniers représentants de notre noblesse indigent que nous ayons counu :
h 1ht ï» Février 1789: FrèdiTic-lonH-AlexnnâTe , fila de Mena. Charles- Louis Ferdinand de Forft-ner, gentilhomme de la Chambre et capitaine de cavalerie au service de S. A. S. Monseigneur le Duc Régnant de Virtembcrg et de Madame Annc-Elisabelh Eléonore, comtesse de Sponeck, son épouse, naquit le el fut baptisé le ££i Février 1*89. présenté »u St-Bapléme par Monsieur Louis Christophe de Forslner, seigneur de Dambenois el par Madame son épouse, née Baronne d'Ertgdorff, au nom de Messieurs le Comte de Sponeck. Chambellan et Grand Foré lier au service de S. A. S. Monseigneur le duc de Virtcmherg ; le Baron d'F.rtgdorH, major au service de S. A. S. le prince de Cfîchlngcn ; le baron de Gemmingcn, maréchal des logis, gentil-homme de la Chambre el Capitaine de cavalerie au service de S. A. S. Monseigneur le Duc régnant do Wirtembcrg ; le baron de Schilling, gentil-homme de la Chambre et capitaine des grenadiers au même service, le baron de Guillling, gentilhomme de lu Chambre, brigadier des Gardes nobles et capitaine de cavalerie au même service, les Parrains ; et au nom de Mesdames la baronne de Schilling, née Lœsrh ; la baronne de Guiltling , née Slaln, les marraines. Signé F.-G. DHreriloy.ii
Frédéric Louis-Alexandre de Forslner, grand vieillard, eut mort a lage de quatre-vingt-treize ans, le 5 Février 1883, ayant toujours conservé une altitude des plus dignes. Ce n'est que diins les dernières années de sa vie , qu'isolé, abandonné de tous, il consentit a accepter les secours qui lui furent discrètement ollerls par la municipalité de sa ville natale et par ses voisins compatissants.
donne comme suit l'origine du nom : « Pierre III de Scey épousa au XII' siècle, lionne de MoniMinrd, dont il eut quatre (ifs, qui s'attribuèrent le surnom de MoutMiard à cause de la naissance illustre de leur mère, »
Nous ne nous arrêterons pas non plus ft Gueveau de, Mawlltéliard, le collaborateur de Bullon, dont les origines montbéliar daises n'ont jamais pu être établies d'une façon certaine, malgré "son nom qui ne prêle pas à équivoque.
Par contre nous aurions pu ajouter à notre liste les de Coligny, enfants illégitimes de Léopold Ebeiliaid, prince de Monlbéliard, qui leur avait donné le nom de sa mère, arrière petite fille de l'amiral Gaspard de Coligny. Mais les de Coligny avaient quitté Montbéliard en 1723, a la mort de Léopold Eberhard.
Cette vente des Halles n'est du reste qu'un épisode car quantité de propriétés, soit personnelle au prince, soit appartenant à la principauté, comme nous l'avons déjà vu et comme nous le verrons encore, eurent le même sort. En ce qui concerne la vente des presbytères et des terres appartenant à la Recette Ecclésiastique (1), on trouvera de nombreuses indications s'y rapportant dans le XX" volume des Mémoires de la Société d'Emulation, collection qu'il n'est pas étonnant que nous ayons si souvent à citer. Elles sont contenues dans le travail historique de M. Chenot sur les Eglises de la Principauté de Monlbéliard pendant la Révolution Française.
Les Halles conquises restèrent indivises entre des arqué reurs sous l'administration de quelques uns d'entre eux jusqu'en 1809. Ceux-ci alors, suivant leur intention première, en firent don a la ville. D'après un acte en date du 7 Décembre, passé en l'étude du notaire Uoguel, voici en quels ternies cette cession gratuite fut faite :
.... « lesquels considérant que lors de l'acquisition qu'ils ont faite ou leurs auteurs avec les autres co-propriélaires du dit bâtiment et dépendances, suivant procès verbal d'adjudication donné par la ci devant administration centrale du Mont Terrible le vingt rinq Ventôse an six de la "République, duement enregistré à Porrentruy, le premier Gemini») suivant, tousTes~<lils
Ml La forme do Bclchnmp qui provenait de cotte institution fui vendue ii des étrangers, pour !,£>O,Ou0 francs en assignais, le lu mars I7ÎW.
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propriétaires sont convenus, à la raison .de. la grande .utilité qu'a l'édifice des Halles et ses dépendances pour la ville de Montbéliard, de les conserver par indivis pendant vingt ans en laissant à la dite ville la faculté de les acquérir durant ce terme au prix de l'adjudication qu'ils en ont eu et, désirant venir au secours de la jeunesse dont l'éducation se trouve dan» un funeste abandon depuis la chute du Gymnase qui existait au dit Montbéliard , ont , de leur plein gré et mouvement, arrêté les dispositions suivantes » :
« 1° Lesdits sieurs et dames comparants ont donné et donnent par vente entrevifs, purement et irrévocablement, à la ville de Montbéliard, la propriété des portions du bâtiment des Halles de cette ville , dépendances et appartenance qui compétent a chacun d'eux, estimés à la somme de cinq mille francs... (')
2° Les retenus des dits bâtiments et dépendances ne feront point partie des recettes communales de la dite tille dont ils demeureront absolument distincts et séparés ; mais ils seront A perpétuité et exclusivement affectés à titre de donation à t Instruction publique dans cette ville de Montbéliard, tant pour le salaire des maîtres que pour les différents objets servant à l'instruction et tes réparations capitales et locatives du bâtiment. »
« 3° Au cas que, contre toute attente, l'école a laquelle les dits revenus sont destinés vienne à tomber, ces mêmes revenus ne pourront jamais et pour quelque cause et événement que ce soit, prévu ou imprévu, être divertis dans leur destination, mais seront et devront être cumulés et placés pour former un capital au profit de la dite dotation. »
« 4° Enfin Messieurs les maire et membres du conseil municipal de la ville de Montbéliard sur le zèle et le dévouement desquels les dits sieurs et dames comparants se reposent entièrement, voudront bien prendre toutes les mesures propres à seconder leurs intentions et a assurer le succès de l'établissement projeté, tant pour l'administration de l'école et les fonds qui lui sont affectés, que pour le choix et le salaire des maîtres.»
(i Dont acte lu aux dits comparants.... »
Ce don, approuvé par l'autorité compétente, avait pour but
(1| Estimation donnée- en rue des droits et 1res inférieure à la valeur de la libéralité. Dans une succession ouverte en 1808, on évalue une action des Halles a la somme de deux cent vingt livres.
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