CHAPITRE X
Les Ustensiles de Table et de Cuisine.
Eq ville, ainsi qu'on le verra au cours de ce chapitre, le bourgeois possédait quantité d'ustensiles servant à la préparation des aliments. Mais à la campagne , ce genre de mobilier était fort restreint.
Le temps n'est pas très éloigné où, lorsque dans nos villages, si on voyait sur le métrot ou dressoir, un certain nombre d'assiettes, parfois naïvement décorées, comme celles dont nous donnons la reproduction , il ne fallait pas en conclure que ces objets étaient utilisés à chaque repas. Lorsque le travail agricole se faisait aux champs, on n'y portait point la vaisselle, qui en route aurait pu se casser. A domicile souvent, le repas posé sur la table, chaque membre de la famille portant à son tour sacuillier ou sa fourchette en avant, directement tirait au plat. Le père donnait le signal , puis venait la mère, et les enfants suivaient. Les grands parents avaient une place indéterminée, ils n'étaient pas toujours traités avec égards. Quand ils étaient à charge , dans bien des maisons , on le leur faisait sentir.
Donc anciennement l'assiette, qui nous semble indispensable, fut comme beaucoup d'autres choses , un luxe. C'est ce qui explique le soin qu'on prit parfois à l'orner. C'est par elle que l'art, un art ru dimen taire tout au moins, pénétra dans nos chaumières.
Mêmes réserves à faire quant à l'usage restreint des verres, utilisés seulement lorsqu'on buvait du vin. D'habitude, posée à l'extrémité de la table, était une simple cruche ou un pot, rempli
Anciennes Fayences des campagnes du pays de montbéliard