‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 133 sur 204 · BECHERGHES SUR LA POPULATION DE LA GÉNÉRALITÉ · texte numérisé non relu

BECHERGHES SUR LA POPULATION DE LA GÉNÉRALITÉ

rétat des cliers de fomille talllables de cbaqne paroisse , divisés en iS classes, suivant la taxe de la taille et de la capitatien, de 1787.

Les livres imprimés laissent» en général, beaucoup à désirer sons le rapport de la précision et de Texactitude. L'abbé Expilly, dans Tavertlssemcnt dont il a fait précéder son grand Dictionnaire géographique, combat assez jtidicieusement Topinion de ceux qui prétendaient que la population de la France avait baissé ; mais les renseignements quMl fournit sont insuQisants, et il nMndique pas à quelle source il a puisé rindicatioo du nombre des Teux et à quelle année. ses cbiiTres se rapportent. — Le même reproche peut s'adresser à Dumoulin : dans ses tableaux des pa*roisses par élections, les chiflïes sont rapportés avec beaucoup de négligence, et Ton ne voit pas non plus à quel document ils ont été empruntés. Le nombre des Teux, inscrit en regard du nom de chaque paroisse du diocèse de Rouen , dans le Pouillé de 17S8 , paraît avoir été pris dans VÉtat géographique du sieur de Masseville, imprimé en 1722, et cet auteur lui-même, bien qu'il n'en dise rien, n'a i^it que reproduire le f Dénombrement du roïaume de France par généralités ^ élections et feux» par***, employé dans les fermes », 2 vol. in-12, Paris, Saugrain, 1709 ; S vol. in-12 , Paris , 1717. On volt assez par là que ces divers ouvrages doivent être consultés avec beaucoup de réserve et qu'il ne faut pas s'imaginer y rencontrer un état fidèle de la France au moment oji ils ont été publiés. Les pièces manuscrites conservées aux archives de la Seine-Inrérieure inspirent plus de confiance ; on connaît la date de l'opé* ration qui y a donné lieu ; leur valeur peut être appréciée ; elles ont un caractère ofiiciel. J'indiquerai ici quelques-uns des résultats auxquels m^'a conduit l'examen de ces documents.

Le nombre dès feux est indiqué, en regard dn nom d^ paroisses, dans les projets du département des tailles qui font partie du fonds de Pintendance (1). Ces chiffres ne varient pas, il est vrai, d'année en année. Ils restent les mêmes comme base de l'impôt dans les projets d'états de 170S à 1758, de J770 à 1780. En comparant les diiOTres donnés, dans ces tableaux , pour 205 paroisses de l'élection d'Ârques, on trouve que le nombre des feux, qui était de 13,799 en 1708, s'élevait à 15,308 en

(i) Arclw 4e la S.-lDt C. S59 et suIt.

1770. On peut observer, à l'appui de cette observation , que le nombre des communiants indiqué par Tabbé Rose ds^ns ses procès^verbaux de Visite archidiaconate (1) est notablement plus élevé que celui qu'indique Mgr d'Auliigné dans ses registres de visites pastorales (2). Ainsi, nous vdyons que 35 paroisses du doyenné- d4i Havre comptaient lO^SO/ï. communiants en 1750 et n'en. comptaient que 8,907"en 1713.

Si maintenant nous consultons les rôles de taille des paroisses de I9 même élection d'Arqués, nous constaterons que , dès 1708 , la population était en progrès, comparée à celle de Tannée 1695. ili9 paroisses comp* talent 10,780 feux en 1708; ^lles n'en avaient que 9,535 en 1695. La population avait diminué en 2/i paroisses seulement ; partout ailleun elle était restée stationnaire ou elle avait augmenté (3).

De 1770 à 1789, il y avait eu un progrès assez marqué. 79 paroisses dii district de Rouen , qui n'avaient fourni que 11,185 Teux en 1770 « étaieat comptées pour 15,099 en 1791 , ce qui faisait une diflTércnce trpp notable pour qu'on pût l'expliquer simplement par la suppression de la classe 4es privilégiés. Il y avait eu pourtant diminution dans un certain nombre de paroisses purement agricoles : Goiiy, Mauny, Montmain, Moulineaux, Boncberolles-sur-le-Vivier , St*Aubin-la-Campagne , St-Aubin-la*Rivière* Mais, en revanche, on observait une augmentation assez considérable à €ailly, Cantelen, Caudebec-lès-Elbeuf, Déville, Grand*Couronne, Grand- Qnevilly, Hénouville, La Londe, Maromme, le Mesnil-Esnard, Mont-aux- Malades, Montigny, La Neuville-Cbant-d'Oisel, Petit-Couronne, Petit- Qoevilly, Préaux, St-Aubin-jouxte-Boulleng, St-Étienne-du^Rouvray , St-Jacques-sur-Darnétal , St-Légerdu-Bourdeny, Sotteville.

Les communes du district de Neufcbâtel étant, en général, complètettieot agricoles, avaient vu, dans le dernier quart du XYllI» siècle, (plutôt diminuer que s'accroître leur population , puisque 131 paroisses comprises dans ce territoire, qui comptaient 10,621 feux en 1791 , n'en comptaient pas moins de 10,595 en 1770 , et que ce dernier cbiflTre , si wisindu premier, doit être aijgmenté de celui des privilégiés, dont il ne pouvait plus être question en 1791. Rlangy , BuUy , MontéroUier^

(i) Aith. da Secrélariat de rardievêcbô de Rouen.

(2) Ardi. de la S.-lnf. G. 737.

{$} Ardu de la S.-ln£ G. i7iO et suiv.

Page 1