COMPTES ET DES ROLES DE FOUACE
Les comptes de fouage ne renseignent qu'assez imparfaitement sur le nombre des fenx existant dans chaque paroisse, parce que, pour ce genre d'impositions, il y avait des exemptions très-nombreuses, comme on peut le voir par cet article, de Tancienne Coutume de Normandie , chapitre du morméage :
c De cest aide sont quictes tous religieux, tous clers qui sont en sainctes ordres, les sergens fieiTez des églises, tous ceux qui ont bénéfices en saincte église et tous les chevaliers et les enfans qu'ils ont de leurs femmes espousées , les veufves femmes qui n'ont vaillant vingt soulz d'annuelle rente ou quarante soulz de meubles hors leurs robes. •••• Plusieurs sont quictes de cest aide par la franchise de leurs maisons ou des lieux où ilz sont., tous ceux qui ont en leur membre de haubert prevostz, fournier ou monnier. >
Ainsi on voit à Barentin , en 1&55, 2 collecteurs, 52 personnes payant fouage et 28 exempts; et à Bénesville, doyenné de Gan ville, en 1479« nue seule personne payant fouage , le collecteur , 10 resséants du fief de Berville , 15 resséants d'un autre fief et & resséants en aumône.
Hais les comptes de fouage peuvent être comparés entre eux ; on peut en tirer des conclusions, quand les chiffres qu'ils fournissent pour certaines paroisses est supérieur à ceux du Fouillé ou des rôles de la débite. Quant aux rôles du fouage, ils peuvent être consultés avec plus de sûreté , puisqu'ils font connaître les exempts , aussi bien que les contribuables.
Le compte du fouage du bailliage de Bouen de l'année 13&7 , publié récemment par M. Léopold Delisle (1) , fournit une nouvelle preuve de
(1) Aetet normandt de la chambré des Comptes sous PhUijppt de Valois , 1871 » p. 853, 858.
ET DU DIOCESE DE ROUEN AVANT 1789* i^5
la supériorité de la population du XIY* siècle (l*^ moitié} sur celle du XIII* (!'* moitié }• 29 paroisses, la plupart des doyennés de Cailly et de Pavilly^ entre lesquelles la comparaison est possible, comptaient 2,106 parois* siens d'après le Fouillé d*Eudes Rigaud, et 2,880 personnes payant le fouage , d'après le compte de 1347.
La diminution de la population au XV"" siècle ressort clairement des comptes de fouage de la seigneurie de Longueville. tlette imposition, qui était de 129 livres en 1387, était tombée à 81 livres en 1458, et, en 1468, elle n'atteignait encore que 102 livres , à raison de 1 denier par feu (1).
Nous croyons intéressant de comparer avec les chiffres du Fouillé d'Eudes Rigaud ceux des rôles de fouage de quelques paroisses au XY* et au XYI* siècle (2). On y trouvera la conGrmation des observations que nous avons faites précédemment au chapitre III de ce mémoire*
Comparaison du XIll* siècle avec ks premières années du XV*.
Grand-Couronne. — XIIP siècle, 120 paroissiens, — 1413, 180 personnes payant fouage ; de plus , 2 resséants du fief de Ste-Yauboui^ ,
2 prévôts et 19 autres personnes exemptes. Le chiffre du fouage est plus élevé que celui de 1446 , ce qui parait naturel , et même que celui de 1530.
Grand-Quevilly. — XIIP siècle , 80 paroissiens. — 1413, 69 personnes payant fouage; de plus, 3 prévôts, 4 resséants en aumône ou aumôniers,
3 particuliers prétendant que leurs parents avaient payé sur une autre paroisse, 6 pauvres.
Buglise. — XIIP siècle, 60 paroissiens. — 1404, 49 personnes payant fouage; de plus, 1 écuyer, 1 sergent du roi, 2 aumôniers du prieuré de Graville , 1 aumônier de St-Eustache-du-Bec , 1 particulier qui assurait qu'il paierait à Montivilliers*
Bautot. — XIIP siècle, 50 paroissiens. — 1413, 62 personnes payant fouage ; de plus , 3 prévôts de seigneurs , 2 femmes nobles , 1 vagabond»
(i) Ardi. de la Seine-Inférieare. F. da Domaine et de la Chambre des Comptes. (S) Presque tout les rôles qae nous citons se trouvent à la Bibliothèque Nationale.
llS6' RECHEIUCIIBS SDR LA POPULATION D£ LA 6âN<llALITi
Butot; — XIIP siècle, 55 paroissiens. — H07, 27 persoiiDes psiyant fomage; de plus, 1 exempt
Maromme. — XIIP siècle, 100 paroissiens^ — UIS, 46 personnes payant ibuage ; de plus» 1 exoapt et 9 pativres. En 1503, le nombre des personnes sujettes au fouage était descendu à 99«
Boos. — XIII* siècle, lO&parGfissienSi -^14i&, lt6 personnes payant fouage; de plus, U ânmMmay 1 prévôt y t a«rb*e exempt , 8 mendiants.
Périers-sûr-Andelte. — Xlll* Siècle y 198 paroissiens. — fftlS, 211 personnes payant fouage; de plus, 3 exempts, ftpWvÔts, 2 serviteurs, 9 pauvres.
Bretot. — XIIP siècle, 100 paroissiens; — 1403, 45 personnes payant fouage , de plus , i sergent de la forêt et 3 autres exempts.
FoUetière (La). — XIIP siècle, 40 panToissien». -^1398, 14 personnes payant fouage; de plus, 8 veuves, 10 mineurs, 1 prévôt fieffé.
Quevillon. — XIIP siècle, 60 paroissiens, — 1413, 68 personnes payant fouage; de plus, 18 resséants du (ranc fief de Breteuil et 6 autres exempts.
St-Pierre-de-Manneville. — XIIP siècle , 100 paroissiens, — 1418, 76 personnes payant fouage; de plus, 17 veuves, 62 mineurs, 8 exempts^ 7 pauvres.
Résumé : 12 paroisses comptant 1,083 paroissiens au XIIP siècle , donnent 911 feux sujets au fouage dans les premières années du XIT"* siècle. La difiérence n'est pas désavantageuse à la seconde époque, si Ton songe au nombre considérable des exempts. La quantité des veuves et des orphelins est à noter à St^Pierre-de-Manneville.
Comparaison du XIII* siècle avec les années de Poccupaiion anglaise.
DoyeiMi^ de WtuêquevWe,
St-Maclou-dè-FolleviUe. — XIIP siècle, 90 paroissiens. — 1428, 8 chefs d'iiôtel.
VassoOTitte. - XIII» siècle, 38 paroissiens. — 1428, 17 cheft d'hôtel,
Doffenné du Baun^theti'aHÏde,
Berville-sur-Seine- —XIIP siècle, 70 paroissiens. — XV siècle, 44 personnes payant fouage; de plus, 16 veuves et 7 familles d'orphelins.
Biiyetmé île CMUff»
Augevîlle. — XHI® siècle, 24 paroissiens* —.1428/6 chefs (i'bôtjçl (!)•
BeaumonMe-Hareng. — XIIP siècle, 21 paroissieAS. — - 1428, 10 cbeCs tf hôtel.
Beuzeville. —XIII* siècle, 36 paroissiens. —1428, 8 chefs d'hôteU
Bosc-Berenger.— XIII* siècle, 50 paroissiens. — 4428, 8 chefs d'hôteU
Bosc-Guérard. — XlIIe siècle, 72 paroissiens.— 1428 , 10 chefs d'hôteL
Cotlévrard.— XIIP siècle, 90 paroissiens.— 1428, 22 chefs d^hôtel (2).
Gouville. — XIII» siècle, 52 paroissiens. —1428, 6 chefs d'hôtel.
Grigneuseville. — XIII* siècle, 60 paroissiens.— 1428, 16 chefs d*hôtel.
Leoilly. — XIII* siècle, 60 paroissiens 1428, 7 chefs d'hôtel.
•La Prée. — Xlir siècle, 42 paroissiens. —1428, 4 chefs d'hôtel.
Toufffreville. -XIIP siècle, 56 paroissiens. — 1428, 3 chefs d'hôtel.
Biennais. r- XIIP siècle, 32 paroissiens. — 1428, 8 chefs d'hôtel.
Écalles. — XIIP siècle, 45 paroissiens. — 1437 , 16 personnes payant •fanage; de plus, 4 prévèts, 1 resséant en fief d'aumône, 2 pauvres, 5 nobles ou femmes de nobles*.
Ville de Rouen , paroisse de St-André. — - XIIP siècle , 60 paroissiens. — 1421 , 35 personnes payant fouage.
St-Éloi. — XIIP siècle, 260 paroissiens.—- 1421, 41 personnes payant fouage.
St-Hilalre. — XIII® siècle, 77 paroissiens. — 1421, 26 personnes .payant fouage ; de plus, 13 mendiants.
St-Pierre-du-Châ«el. — XHP siècle , 80 paroissiens. — 1421 , 28 perwnnes payant fouage.
St-Michel. — XIIP siècle , 112 paroissiens. — 1421 , 33 personnes payant fouage.
(i) Les chiffres de iAS8 sont emprantés à un rôle da guet, conservé aux archi?es delà Seine-Inférieore. (2) A Ëtaimpuis, d*après le rôle du guet de iA28, 8 chefs d'hôtel; A8 feux, d'après le Fouillé de 1788. — A GiaTille, d'après le rôle du guet de 1A28, 12 chefs dliôtel; 50 feux, d'après le Ponillé ,a«i788.
A28 RECHERCHES SUR LA POPULATION DE LA GlâN^RALITi
St-ËtieDDe-des-Tonneliers. — XIIP siècle , 120 paroissiens. — 1421 , &3 personnes payant fouage.
Grand-Couronne, — XIIP siècle, 120 paroissiens. — 1&&6, 80 personnes payant fouage; de plus, 1 sergent pour le Roi, 2 prévôts, 1 resséant sur le fief de la Madelaine, 1 soudoyer.
Fresnay. — XIII* siècle, 58 paroissiens. — 1428, il personnes payant fouage.
Vameville-aux-Grés. — XIII* siècle , 55 paroissiens. — 1428 * 9 cheb d'bôtel.
Eslettes. — Xlir siècle, 50 paroissiens. — 1428, 3 chefs d'hôtel. En 1530 , 15 personnes payant fouage ; de plus , 5 sergents et 5 pauvres»
Ectot-r Auber. — XIII® siècle , 75 paroissiens. — 1421 , 4 personnes payant fouage; de plus, 1 prêtre non bénéficié, 1 noble, 1 veuve de noble, 6 mendiants. En 1536, 46 personnes payant fouage.
Houppeville. — XIII* siècle, 80 paroissiens. — 1428, 27 chefs d'hôteL
Poville. — Xlir siècle, 54 paroissiens, —1422, 13 chefs d'hôtel.
St-Maurice. — XIII® siècle, 60 paroissiens. — 1428, 9 chefs d'hôtel
St-Victor. — Xlir siècle, 95 paroissiens. — 1428, 16 chefs d'hôtel.
Le Tôt — XIII* siècle , 56 paroissiens* -- 1428 , 2 chefs d'hôtel.
Of^yeNMë «le Pérîetf^,
Bois-d'Ennebourg.— XlIIe siècle, 56 paroissiens.— 1437, 14 personnes payant fouage ; de plus , 1 exempt et 5 pauvres.
Mesnil-Baoul. — XIIP siècle, 100 paroissiens. —1446, 43 personnes payant fouage; de plus, 6 pauvres mendiants ou bâtards.
St-Léger-du-Bourdeny. — XIIP siècle, 85 paroissiens. — 1437, 18 personnes payant fouage; de plus, 2 exempts et 9 pauvres.
Brétot — XIII» siècle, 100 paroissiens. — 1443, 24 chefs d'hôtel ou chevetaignes ; de plus, 6 prévôts et hommes d'église, 4 veuves, 4 mineur».
BT DU DIOCÈSE DE BOOEN AVANT 1789. A29
ToqucTille. — XlIP siècle, 28 paroissiens, — lA&S» 12 chevetaignes ; de plus, 2 exempts, 5 veuves, 2 mineurs, /L mendiants»
OoycMMë de ll|r«
ErnemonL — XIIP siècle » 56 paroissiens» — 1&37, 2 personnes payant fouage. On note que t Toutre plus des paroissiens s*estoit absenté » et qu'il ne restait plus dans la paroisse qu'une prévote et 2 pauvres mendiants.
Résumé : Dans 39 paroisses, où Ton comptait, au XIIP siècle, 2,765 paroissiens, on ne faisait état , pendant l'occupation anglaise, que de 680 personnes sujettes au fouage.
Comparaison du XIJI* siècle avec les années comprises entre 1450 et 1470.
Intraville. — XIII^» siècle, 50 paroissiens. — i&O/i, 30 personnes payant fouage; de plus, 1 prévôt, 1 aumônier, i pauvre, i particulier prétendant avoir payé ailleurs.
Amfreville-la-Campagne» — XIIP siècle, 70 paroissiens. — l&O/i, 95 personnes payant fouage; de plus, 3 exempts, i mendiant et les orphelins d'un autre mendiant.
Barentin. — XIII* siècle , 260 paroissiens. — 1455 , 54 personnes payant fouage; de plus, 28 exempts. En 1488, 105 personnes payant fouage ; de plus , 14 exempts.
Ectot-l'Auber. —XIIP siècle, 75 paroissiens. —1452, 58 personnes payant fouage ; de plus, 6 exempts.
Bosc-Bordel. — XIII* siècle , 40 paroissiens. — 1458 , 23 personnes payant fouage ; de plus , 5 exempts.
Hautot-sur-Seine. — XIIP siècle , 40 paroissiens. — 1458 , 23 personnes payant fouage; de plus, 1 sergent, 1 autre exempt, 4 pauvres.
Résumé : 6 paroisses ; 395 paroissiens au XIIP siècle ; 304 personnes sujettes au fouage, de 1450 à 1470.
En comptant les contribuables payant fouage et les exempts, exception faite seulement des pauvres et des mendiants entre 1470 et 1500, on trouve pour 35 paroisses (1) 2,105 feux sujets au fouage, tandis que
(i) Doyenné du Bourg^eroulde : Bosc-Nonnant (râle de fouage» iA85).— Doyenné de GaiUy: BemevUle-la-GilTart, U88; CoUnare, iÂ97; Esterflle, 1488; OrmesDil, &A9A; Pnbeof, 1&78 ;
UiO AECHERGHES SUA LA POPULATION DE LA OiNÉRALlTÉ
:les;]néiDes(iparois$es»)d'apràs k PowUé j^Jgodes Aîgaufl, foiinu8seDt« aa XIIP siècle , 2 JÎ18 panwsieqs.
A St-Denis de Lillebonne, on ne comptait plus, en i&76, que 82 feux (1) au lieu de 300 paroissiens (ivi s'y trouvaient au XIII* siècle. Barentin, en 1A88, n'avait que 119 feux exempts et non exempts ; il ayait au XIII« siècle 260 paroissiens, et encore y avait-il eu, dans celte localité, une augmentation notable depuis 1455 (2). En revanche, St-Pierre-de-Car- ^He, qui n'avaU, m XIII' siècle, que lAO paroissiens, comptait &63 feux, {dus 13 mendiants , en 1&97, différence considérable due à l'établissement des moulins à foulon qui assurèrent aux drapiers de Darnétal un avantage sur les fabricants de Bouen, restés fidèles à l'usage de fouler au pied.
Dans la première moitié du XYI* siècle, 16 paroisses (les Âuthieuxsur-Ie-Port-St-Ouen , Auzouville-rEsneval , Auvillers, Cottévrard, Gritot, Ectot, Eslettes, Frettemeule, Maniquerville, Maromme, le Mesnil-sous- Jumiéges, Notre-Dame-du-Parc , Pitres, Sau'chay*le-Haut , Yandreville) donnent 636 feux sujets au fouage, au lieu de 938 paroissiens au XIII* siècle (3).
Les guerres civiles qui désolèrent la France à partir du règne de Cbarles I^, les épidémies, les famines, si fréquentes autrefois^ même
Yqnebeuf, 1A97. ^ Doyenné de CanTille : BénesTille, 1A79. •>- Doyenné de la Chrétienté : SC>Pierre-de- 'Carfflle, 4497; Mont-aux-Maladca, 1A97. — Doyenné d'Envcrmea : Bailli«i:RiTière, ià91; BellengrevUle, 149A; Glicourt, iàH; St-Remi-en-Campag:ne » i&97. «»- Doyenné de Foucanaont : Foucarmont, 1A91. — Doyenné de Fau ville: St-Denis-de^Lillebonne, 1&76. — Doyenné de Gamaches; Amfreville-80U9']es-Mont8, fA82. -^ Doyenné du Havre : CanviBe, 1485 1 ficraimiUe, 1470; les 6a6 da Valasse, Angenrille, 1485. — Doyenné des Loges,: Maaterille» 1473. ^-rDoyenné de Neufchâtel : Gravai» 1497. — Doyenné de Pavilly: Barentin, 1488; Brettenlle, 1485; Clères, 1497; Le Saussay» 1482. — Doyenné de Périers : St-JTacques-sur-Dafnétal , 1485. — Doyenné de Pont-Ândemer : Foui^ metot, 1485.-^Doyenné de Ry : Iforvîlle, 1497. — Doyenné de St-Geoiges : St*P«ër, UI79. — Doyenné de St-Romain : Crasmesnll, 1475 ; St-Jean-des-Bssarts» 1478; Virville, 1473. —Doyenné de Valmont : Bec-aux-Gauchois, 1478; Claville, 1479; Riviile, 1478; Thérooldeville, 1494.
(1) 43 personnes payant fouage; de plus S8 valets ou pauvres particuliers et 89 resséants de Tabbaye de Valasse.
(1) En 1415, diaprés un Me de fouage, on comptait à Barentin 105 personnes payant fouage, plus 14 exempts.
(8) Authîeux-sur-le-Port St-Ouen Qes), 56 paroissiens, XIII* siècle, 44 personnes payant Ibaage, {dos 18» en 1505; — Auzouville-rEsneval « 58 paroissiens, XIII* siècle, 85 feux, 1557;— Auvillers, 34 paroisfiais, XJII* siècle; 60 feux, 1545; — Cottévrard, 90 paroissiens, .XIII* siède, 38 feox, y compris « légiomiaîres et de plus 7 «mendiants.
ET DU DIOCÈSE Dfi BOUBN AVANT 1789. i|[âl
simis le règM de^ Lomi XII, eftpèchèrent la po|>HlaiioD de revenir au (AiUre étevé' qu'elle avait:^ atteint au XIIP siède et priiKiipalemeDt< d«t tMips* de Philippe le BeL Les- plaintes consignées* dans les cahiers àest ét«Ft» de notrte pTwince, tmt en Msant la part de r^&agéraHioQ» ne per^ Mettent pas^ de douter die Teitrôme misère oè ce pays, si riche et si AMa^aot^ aujourd'hui , a bnghi pendaat si longteinps (1).
Nous aurions désiré pouvoir étendre les limites de ces recherches, eit compiara;nt , au point de vm de la population , le XIII* siècle aux époques antériewes. Malheiirecisenent les documents Toot défaut et Vou est réduit à des C0tt|ecturés. YtHci: eepencbnt quelque» faits significatifsf^; qM> ûoùs croyons devoir rap(piéleir : les paroisses étaient à peu près*
' (i) Antttles'déê^renkmîi'ànâéê dtê Étah^ iSBl^ Dt: • Le ptnvfe pett^ db Nbrmai^dte' est à présent réduit en telle nécessité qu'il" n'a mçfyeù dermancfer' chair, aii|9 se noornssent de fhiictages et letaiges. qui est cause en partie de la contagion, i — 1585, I^: «Le Tiers-Estat se plaint de mortalité et conta-* gîon de peste par la rigueur et injure des teknps, inondations et desbordements d*eaues, en quoyon fteut apl^ércevoir é^demtnenC Tire de Dieu. »— 1698» XVl: « Aujourd*haf«c-flst chose monstrueuse de voir en ceste province qn*en telz endroicU y ait un cheval, jument, bceuf, mouton on autre beste ^ tellement que oe que faisoyent faire vos povres sujets de ceste dite province par leurs vallets et serviteurs avec une charrue bien attelée de bteufe, chevaui ott jutneiits, c'est une chose lamentable voir un père de fiimillet sa'ftàime et ses enfans servir de hestes et la corde sur Tespaule ^er à force de raias une petite charuette : voir les pauvres gens, en général, si défaits, si bazanés» si découverts de toutes parts, qu'il ne leur reste aujourd^huy pour Textresme povreté à laquelle ils sont réduits, desquels la moitié sont morts»
c^c » — 1596, LV: Ceux dû Ilers-État« reconnalssâlit que « le secours des hommes leur est dénié »,
appellent « les flesches du courroux de Dieu sur ceux qui les assassinent, qui viollent leurs filles et leurs femmes, qui commetteet des cruautés pleines de bestialité, qui les font mourir et languir aux prisons et cachots misérables, qui leur brisent les os pour succer la moelle. > — 1609 : « Le peuple est en tel estât que rien ne se peut adjonster à sa calamité que la mort > — 1615: « Ne nous reste que la voix pour gémir et plaindre. >— 1631 : • Bien que le Tiers-Estat soit le marchepied, le sommier qui porte tout le &ix, le père nourricier de tous les autres ordres, sy estf-il neaotmoins comme anathème et exécration, abandonné de tous, voire opprimé par tous, Téglise prend sur luy, chacun sçait comme il est indigne* ment traité par aucuns de la noblesse, œ soldat imlpieQX le bat, le vielle, le voUé, ne luy laisse qne ce qu'il ne peult emporter. Des gens de justice il ne s'ed oieroit plaindre, les maltotlers et ingénieux architectes de nouveaux impostz le chargent de fardeaux insupportables, la peste le persécute, les gresles et impétuosité extraordinaire des eaux ont ravagé ses fruictz. s — 162 : « La stérilité des bleds a esté si grande en ceste province depuis plusieurs années qu'elle a causé une famine générale et la fimine dei maladies contagieuses qui ont emporté un million de personnes. >'>-^1626: < Si oehiy cmi a^dict qvie Promethée avoit paislry dans les larmes l'argille dont il forma les hommes, l'avoit accommodée à vostre pauvre province de Normandie, il auroit par ceste fabuleuse et mistérieuse invention véritablement exprimé la misère et calamité -qui l'oppresse, n'estant les habitants d'ioelle nez que pour pleurer les adversitez qui les gesnent de tons costez. • — 1633 : • Telle disette que plusieurs paSsans ont est^ contraints paistre l'herbe et mener une vie qui ne ressentait rien moins que d'hommes. » Ramvoché de ces témoi-* gnages, celui de La Bruyère sur l'état des paysans perd un peu de son prix.
&32 RECHERCHES SDR LA POPULATION DE LA GÉlCëRALIT^
aussi nombreuses aa XIP siècle qu^au XIII% et beaucoup plus que les paroisses et les communes actuelles. Les expéditions auxquelles les Normands prirent part doivent faire supposer une nation populeuse. La réunion de la Normandie à T Angleterre, fâcheuse pour la nationalité française, dont elle compromit gravement l'existence , dut être favorable au commerce et, jusqu'à un certain point, à la prospérité de notre
province.
Il est fort à regretter que nous soyons privé d'un document important dont nous avons eu déjà l'occasion de parler , de ce Fouillé du XII* siècle encore conservé au secrétariat de Tarcbevèché, du temps de l'arcbevèque Guillaume de Flavacourt (i). Nous n'en connaissons que l'extrait suivant, qui a été transcrit au folio 1 du cartulaire de l'abbaye de Beaubec » actuellement entre les mains de H. de Blangermont , propriétaire du château de Martigny (Seine-Inférieure) :
t Gtdllelmus , archiepiscopus Rothomagensis^ qui invenit in regisiro suo ab antiquo tempore scripto seu composito super juribus patronatuum eccle^ siarum Rothomagensis dyocesis verba eadem que secuntur : Cteuvilla (3) , abbas de Bellobecco patronus ; valet XX libres ; parrochiani LX. Gerardus^ presbyter presentatus à dicto abbate^ receptus d domino Rotrodo (4). Datum per copiant registri. M* CC* LXXIX\
La notice correspondant à celle-ci dans le Fouillé d'Eudes Bigaud est ainsi conçue :
Clouville, abbas de Bellobecco patronus; valet XX libras ; parro^ chiani L. Presbyter Gervasius^ presentatus à domino abbate, receptus à domino P. [Petro).
On voit par là que le Fouillé d^Eudes Bigaud ne peut être considéré comme une œuvre originale. Bédigé pour l'usage du secrétariat de l'archevêché et vraisemblablement par les employés de ce bureau , il remplaça le Fouillé du XIP siècle , de la même manière que le Fouillé de 1738, attribué à l'abbé Saas, secrétaire de Mgr de Saulx-Tavannes, remplaça le Fouillé de i70&.
(i) Archevêque de Bouen, 137d-1806.
(3) Ce cartulaire, qui n^est autre chose qa*un inventaire détaillé où les documents sont rangés par ciroi/i, est du XIY* dède.
(8) Cleuvilie (St-Légei^e-), tu doyenné de FanvUle. (&] Rotroui archevêque de Rouen, 1165-1188.
ET DV DIOCÈSE DE ROUEN AVANT 1789. /l33
On voit encore que la population de Cleuville, du temps d'Eudes Rigaud ou plutôt de Pierre de Golmieu (1) , était plus faible qu'elle ne rétait du temps de Tarchevêque Rotrou. Elle avait perdu 10 paroissiens sur 60. Le fait est curieux à noter; assurément, ce n*est point assez pour conclure en faveur du XIP siècle , mais c'est assez pour inspirer quelques doutes et pour nous rendre réservé dans nos jugements sur une époque encore bien peu connue.
(1) Pierre de Golmieu i arche?è<itte de Rouen, I3i5-I2A7«