A50 LES DROITS DE MER
de Yillars, un mandenient qai lui prescrivait de restituer aux religieuses la valeur d'une baleine prise sur leur baronnie de Quettehoa. Il y avait eu uue enquête, per inquisitioneni totiiis patriœ ^ pour fixera sept livres dix sous la valeur de cette baleine (1).
En 1269, c'était la dame d'Ourville qui contestait à Tabbesse le warec venu dans une pêcherie établie près de Temboucbure de la Saire, et le procès se terminait par un compromis qui décidait que la dame d'Ourville n'avait « droit ne usage es poissons descordables » (2).
En 1296 , il avait été nécessaire de recourir de nouveau à la juridiction souveraine de TÉchiquier pour faire consacrer les droits de l'abbaye à rencontre des gens du roi.
Dans les siècles suivants, les litiges ne cessèrent pas. Il y en eut, en 1325 , pour la c prinse de vin » , c'est-à-dire pour la coutume des navires, que le roi réclamait encore;— en 1336, pour « plusieurs draps et « marchandises arrivés en varec » et qui furent, après instance, déli-. vrés aux religieuses par le bailli du Gotentin , Jehan Blondel ; — en 1&12, pour des vaisseaux de la flotte anglaise qui s'étaient « deppechiés et cassés • au havre de la Hogue et qui, après une enquête faite par Ysart Grippel, lieutenant de l'amiral de France, furent adjugés « par fourme de varesque » aux mêmes religieuses (3); — en !&!&, l/i29, 1A39 et l/i.80, pour des marsouins et gras poissons, nommés chaudrons; — en 1&16, pour du bois en gloc [h) et des vaisseaux échoués sur le rocher de Bencstre, etc.
Uarrêt du Parlement de 15/^9 était loin , on le voit , d'être le premier mot de la justice ; nous ignorons s'il fut le dernier et s'il donna à l'abbaye de Ste-Trinité la paix définitive dans sa baronnie de Quettehou. Il est permis d'en douter; car, au moyen âge, l'esprit processif était général et très-ardent. Chacun défendait ce qu'il regardait comme son droit avec cette ténacité, bien aflaiblie de nos jours, qui a donné naissance à cer*
(i) Grands rôles de C Échiquier (éd. d'Anîsy), no Â65.
(2) Arrêt de 1549 , mss.
(3) Enquête de Tamirautë de France { Arch. du Calvados ).
(k) La gloc ou gloe , gloQy était une bûche ou morceau de bois préparé pour certains usages, soH de cbarronnage ou autre. Ainsi les astelles employées par les bourreliers étaient appelées tnorceaux de gloe. Les ouvriers qui façonnaient la gloe se nommaient gloiers ( Des revenus publics en Norm^^ €tc.; ap., BibU des chartes, 1. 1*' de la 8* série, p. M8).
EN BÂSSE*NORMÂNDIE AU MOYEN AGE. j^Sl
tains préjagés auxquels notre province est en butte » grâce à la puissance des traditions et des souvenirs. On se ferait difficilement une idée , avant d'avoir compulsé nos archives, de ce qu'une seule abbaye, comme celle qui nous occupe en ce moment , a , pendant son existence , soutenu de procès, sollicité de sentences, entassé dans son cbartrier de procédures aussi coûteuses qu'interminables, éprouvé enfin d'attaques de tous genres, pour maintenir des droits que la royauté , non sans quelque raison , regardait comme un démembrement de la fortune publique, et que la féodalité , par d'autres motifs , s^eiïorçait de reconquérir sur la royauté autant que sur les établissements religieux.
iVBBAYE DE SAINT-ÉTIENNE DE CAEN.
Guillaume le Conquérant , en fondant l'abbaye de St-Ëtienne , à Gaen , et parmi les nombreuses libéralités qu'il lui faisait, lui avait donné le Pont-de-Dives , Pons Divœ (1) , Cabourg et deux masures à Barfleur. Des deux premiers fiefs dépendaient non-seulement les colons et vavasseurs , conditiormarii seu liberi hommes , qui y résidaient , mais aussi les droits et coutumes ordinaires qui dérivaient de la propriété du rivage maritime (2)« Les deux masures de Barfleur n'impliquaient, ainsi qu'on pourrait le supposer , aucune propriété de ce genre ; elles n'étaient des* tinées qu'à fournir aux religieux une sorte de pied-à-terre , dans lequel ils attendaient les départs des navires pour l'Angleterre , lorsqu'ils voulaient se rendre dans leurs possessions d'Outre-Manche. C'est pour ce
(i) La charte de 1073, insérée dans le Cartulaire normand , porte : Pontem Divœ; la charte d*OdoD , éyfique de Bayeux (1068) : Burgo Divœ cum antiqna eapella uaque ad PonteUum, et enfin la charte de Richard (1191) : Portion Divœ ( Arch. du GalT., n* 155 to, 190 ). H est probable «n'au XI* siède le bourg de Diyes était appelé Pont'DiveSy comme ron disait l^ni'PÉnêqut , Pomt^Àudemer , PonPéô' i'Arehê, etc.
(S) €h«rie de ±%7$ , ndimée en 1S78 par Philippe le Hai« ci en 1468 par Louis XI ( Areh. du GaJT. Gart norm., n"* 8S6 ; ap. Mém. des Aniiq,^ U XVI).