‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 155 sur 204 · LES DROITS DB MBB · texte numérisé non relu

LES DROITS DB MBB

dans la paroisse de Lion, en compensation des pêcheries qu'elle avait çifr le littoral anglais, dans le diocèse de Ghichester (1). . Mais rélément le plus important de sa fbrtane en produits oatureli était la pêche et la chasse dans le grand-marais de Troarn, que la Dives traverse sur toute sa longueur. La charte de ISfti, insérée dans le Petit livre rouffe, f 10^ et dans le Jjvre blanc, î* 2 (3), nous fait cmntttre la nature et Téteudue des privilèges attachés à oette propriété* Nul ne pou*» T,ait« sans le consentement de Tabbé et des religieux, couper de Therbe, établir des pêcheries ou pêcher dans le marais. ^ Chaque année, le iim^ nastère avait droit à tout le poissaa qui se preoait dti» l'espace d'une nuit, et cette nuit était indiquée d'avance aui tenanciers. ~ L'explot* tatipn de la rivière appartenait exclusivement à Tabbaye dq^nis le poot Avessin ou du Pied plombé, situé près de dévilie , jusqu'au Pont de France, au-delà de la route au Fore et non hûn de Ste««Giaire (S).

La pêche de cette rivière était affermée moyennant des redevances eD argent et en poisson. Cela permettait aux religieux de payer les rentes d'anguilles qu'ils devaient , — genre de rentes assez ordinaires dans le pays (4).

La chasse des oiseaux sauvages était , ob le comprend , un accessoire naturel de la propriété du marais. Dans un acte de 1&83, on mentionne une garenne de cygnes que Tabbaye entretenait tmU dans ledit marais qt4e dans la mare du Ham (5)« Le flottage des bois était aussi une dé* pendance de ce domaiM.

Au-dessus de la chaussée de Janville, le marais était commuft et les habitants des paroisses riveraines avaient droit à Fherlie , aux oiseaux sauvages et aux poissons , sauf ceux qui se trouvaient dans les pêche* ries possédées d'antiquité par des particuliers. — Quicumque voluerit capiet herbam et cooperturam et aves salvanges et omne genus piscium quod inveniri poterit ,^ exceptis piscariis antiquis (6).

ifi\ Qiarte dç i2fldL. Axch. 4u GalK*^ CwrtjH^v nonn^ a* S7«. .,(2) Q« sait que ces dem^ précieux outulaDre» «pparUelmeiit tnx amk; da Cakadm.

^Q), Dap& q^wlque$ i^ct^ ce« «km»», s^ni écriu Pi^pv TVoMrnii et r^vu an MMm tném. v»., lédlfé en iQ80 dans Tofiaire conljre la dane d'Olonne» dame de SMHenre-du^lMiqaet). . (A) Voy. n*' 414-87 et.di7-S7i dea ExtraHè dws charu$, par L. d'Aniay.

(5) Arch, du CaW. — Transaction entre Vébhé et le seigneur du Hanu

(0) CiMrte de iSOO (ann. 1* Jean sans Terre). — Grand$ rôUs^ MU d'Anisy, p. ÎOS*

EN BASSB-NOBUÂNDIE AU MOYEN AGE. &59

Nous avons vu combien les deux grandes abbayes de Caen avaient soutenu de procès pour défendre leurs droits maritimes ; l^abbaye de Troarn en soutint de plus nombreux encore à Toccasion de son marais. Nous Q*essai^rons pas d'en faire Thistoire ; elle remplirait un volume , maïs on en trouverait tous les éléments dans nos riches archives département taies* Noos nous conienteroïis d'en indiquer sommairement les incidents qui se rappûrtent à cette étude.

C'était surtout le privilège exclusif de la poche qui excitait les convoitises , tes mécontentements, et les tentatives d'envahissement des seigneurs riverains.

Dès le XY' siècle , nous trouvons un projet de transaction , dressé le 13 janvier 1&22, entre l'abbaye et le seigneur du Ham, Massieu de GourseuUes (1). Le seigneur du Ham avait , en effet , d'après les chartes les plus anciennes , et notamment celle de 12â&, que nous avons déjà citée, le monopole de la pêche dans une partie de la rivière qu'on nommait la Mare, — excepta domino de Ham aquui sua que vocatur Mara. Le seigneur du lieu se fondait là-dessus pour soutenir que son droit s'étendait beaucoup plus loin.

Le roi d'Angleterre suspendit le litige en s'emparant de la terre de lilassieu , qui avait pris parti pour Charles YII , et en la donnant , en i&23, à Thomas Criquebey (2). L'ancien propriétaire rentra dans sqj) domaine ' après l'expulsion des Anglais et recommença le procès. Le 3 août 1&56 , une sentence de la maîtrise des eaux et forêts donna gain de cause aux moines et décida qu'au-delà de sa mare leur adversaire ne pouvait pêcher dans la Dives. Cela n'empêcha pas les héritiers ou représentants de celui-ci de soulever les mêmes prétentions dans les siècles suivants. La dernière procédure ne précéda que de peu d'années la Révolution de 1789 ; elle fut faite à la requête de la marquise de la Ferté-Senneterre. Nous signalons, en passant, une lettre qui fut adressée à cette dame, le h mars 1780 (3), pour lui démontrer le mal-fondé de sa demandé, par un personnage anonyme, probablement un bomipe de l'opposition du temps et qui se donnait le titre assez original < d'Ar*

' (f) Areh. d«i Cal?., liasse rdail?e à la rinère la Dlves. (2) Arch. du Galy., liasse sup. du (S) Ibid., id.

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