NOTICE SUR LES CLEPSYDRES
de rborlogerie. Cette importaute conception , dont Tbonneur revient à Gerbert, fut mise en pratique dans Thorloge de Magdebourg» qu'il exécuta en 996.
Le recueil des usages de Giteaux, réuni vers 1120» donne des preuves certaines qu'il existait , à cette époque , une borloge sonnante dans cette abbaye* Le règlement enjoint au sacristain , fort versé sans doute dans Tastronomie, de se servir de la position des étoiles pour contrôler la marche de T borloge, et de la régler dé telle sorte qu'elle sonne et réveille avant matines.
Ces horloges primitives devaient être remontées quatre fois par jour ; les balanciers en étaient très-légers ; les rouages se composaient seulement de deux ou trois mobiles , et » malgré cela , Timperfection des engrenages, faits à la main sans le secours d'aucune machine, était telle que des poids de mille à douze cents livres étaient nécessaires pour faire tourner les roues, dont le diamètre dépassait souvent trois pieds. Ces horloges devaient être d'une grande iiTégularité ; aussi, durant trois siècles après Gerbert, on se servit encore, concurremment avec elles, de clepsydres à sonnerie , auxquelles on ajouta quelquefois un réveil.
Les patients et habiles savants que les cloîtres abritaient avaient seuls assez de science pour étudier des effets mécaniques souvent compliqués. D'un autre côté, la vie monastique demandait des habitudes tellement exactes, qu'ils éprouvèrent les premiers le besoin d'entreprendre des constructions rendues longues et dispendieuses par le peu de moyens dont on disposait alors. Mais , sous le règne de Louis le Gros et surtout sous celui de saint Louis, l'affranchissement des communes, prenant des développements considérables , donna aux villes le droit d'avoir un sceau , un beffroi, une cloche, et rendit les municipalités jalouses de se procurer à leur tour des machines horaires devant contribuer puissamment à une bonne organisation et à la meilleure exécution des règlements. Aussi , le XIV» siècle vit41 presque toutes les grandes villes de France installer une borloge dans leur maison commune.
La première fut placée à Caen , dans une des quatre tours qui flanquaient l'hôtel -de- ville, alors sur le pont St-Pierre et nommé i le chastelet de Caen. • M. de Bras dit qu'elle était placée dans le beffroi et