AD SIÈGE DB SAINT-SACYEDR
Kalterlon » et qa*en outre ils emporteraient tous les objets qui leur appartenaient (1).
Ces conditions très-favorables, on le voit» étaient acceptées avec un empressement qui pouvait paraître excessif. Mais, à ce moment, les événements de Bretagne inspiraient certaines inquiétudes ; et d'ailleurs , malgré les c gros canons • , les capitaines français considéraient la forteresse comme imprenable c par engin ne par assault. ^ A ces considérations, il convenait d'ajouter que le roi de France n'était pas maître de Cherbourg , et que Charles le Mauvais, qui l'occupait , changeait facilement de parti.
La capitulation à terme ne suspendit donc que les hostilités; elle D*arréta pas les préparatifs. On continua de faire fabriquer des canons ; on amassa des munitions et des vivres ; on appela de nouvelles troupes et on compta bientôt environ « 10,000 hommes d'armes , armés de c toutes pièces, autant au moins de bonnes gens d'armes et bons comf battants et grant foison d'arbalestriers • (2).
Le secours espéré n'arriva pas ; les assiégés rendirent la place le S<* jour de juillet (3). Leurs harnais et bagages furent transportés c aux dépens c du pays > jusqu'au havre de Carteret; on employa à ce transport soixante charrettes, sur lesquelles étaient attachés, comme sauvegarde, des pennons aux armes de France, que Guillaume Le Gallois, peintre à Caen , avait mis en couleurs [h) .
La victoire obtenue, on s'occupa de la payer. Les états provinciaux avaient été convoqués dès le & juin, en prévision de l'exécution de la capitulation ; ils avaient approuvé tout ce qui avait été fait ; et ils avaient en même temps donné à Tévèque de Coutances, à Guillaume Paisnel, sire de Hambye, à Robert Aupois, maire de Falaise , et à trois bourgeois, Guérin Aubert, de Caen, Jacquet Mouque, de Bayeux, et Robert Le Rossignol , de St-Lo , plein pouvoir pour réaliser soit par voie d'emprunt, soit autrement, la somme de 60,000 fr. d'or, regardée comme nécessaire
(4) Chron. de$ quatre prtmieri Vatoiêf p. S53. (2) Ibid,t p. 25&« — Froissard, lir. I» chap. pcxci.
(8} Chron. de Pierre Cochon (édiU de la Soe. de l'HUu de Normandie)\ p. iS9. — Cont Frolisard» Ht. I , chap. dcxcii.
{à) HiêU du chdUt etc.; pièce» jost., n*' 479 et 180.
550 LB GRAND CANON DB CAEN AU SIlfiOB DE SAINT-SADVEDR.
pour satisfaire les vaincus. Le Trésor royal consentit à prêter, 20,000 rr,^ Un emprunt forcé sur les habitants notables des villes de la Basse» Normandie procura le reste.
Une quittance du 3 juillet 1875 constate que, dès ce jour, 53,000 fr. d'or furent versés par Raoul Campion au capitaine anglais. Les emprunts furent remboursés au moyen d'impôts divers: aides, fouages, droits sur les vins etc. (1). Puis le Roi distribua des récompenses aux principaux personnages qui Tavaient le mieux servi. On ne payait pas les services , dans ce temps-là, autrement qu'avec de l'argent, et nul ne songeait à s*en plaindre ou à s'en offenser. L'évèque de Coutances eut 1,000 fr. d'or pour sa part (2) , etl'évêque de Bayeux, 600 liv. tournois (8). Tous les deux , comme Tévêque de Beauvais , s'étaient montrés , pendant le siège , des hommes d'armes accomplis ; le Roi les en félicitait dans les termes les plus élogieux.
La capitulation de St-Sauveur fut accueillie en Angleterre avec tristesse et avec colère. On y comprenait que c'était un échec grave pour la nation, in non modicum regni detrimentum (A). Le chevalier Jean d'Annelles, l'un des héritiers de Jean Gbandor, accusa Thomas Katter ton de s'être vendu à l'ennemi et lui en demanda réparation en champ clos devant la cour du connétable siégeant à Westminster (5). Il était permis de croire , en effet , que le sol normand était affranchi pour toujours de l'invasion étrangère. C'était une illusion que l'avenir devait bientôt dissiper.
(i) BUu du châUy etc,\ pièces just, n«* 170, 171, il h, 175 etiair.
(f) lUd.; pièces just, nf> 305.
(8) lind., vfi 318.
(A) WalsDigh., pièces jusU, p. 188.
(5) Walsnigh., p. 237, fait on récil curieux de ce duel qui eut lieu tu mdi de Jidn 1880.
COMPLAmCTE DES NORMANS