‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 32 sur 204 · LXXXIV GEORGES MANCEL · texte numérisé non relu

LXXXIV GEORGES MANCEL

de langueur, dont les progrès effrayants ne laissèrent bientôt plus de doute sur son issue Tatale, vint le saisir, dans Tété de 1861. Il se traîna péniblement pendant quelques mois. Tous les soins de Fart lui furent prodigués par des médecins qui étaient aussi ses amis. Un autre dévouement veillait à son chevet, dévouement admirable dans sa délicatesse et sa constance héroïque. Rien ne put ranimer sa constitution naturellement débile et depuis longtemps appauvrie. Quand il apprit que la ville de Caen venait de lui assurer, comme bibliothécaire, un traitement plus digne d'elle et de lui, un triste sourire effleura ses lèvres. C'était pour sa Adèle compagne et non pour lui-même qu'au Tond du cœur il remerciait l'administration municipale et son digne chef, qui devaient plus tard s'associer, avec un si honorable empressement, à son dernier vœu. La religion, dont M. l'abbé Do, son collègue et son ami, lui offrit les secours, adoucit et fortiQa ses derniers moments. Il les reçut avec une simplicité et une ferveur touchantes; et, le 23 mai 1862, il s'éteignait doucement à l'âge de 51 ans.

Ses obsèques eurent lieu le 26 mai, au milieu d'un nombreux concours de collègues et d'amis. La tristesse était dans tous les cœurs et sur tous les visages. La plus grande partie des assistants suivit le corps jusqu'à la sortie de la ville.

Quatre discours furent prononcés sur sa tombe : par MM. Travers, au nom de l'Académie Impériale de Caen ; Isidore Pierre, au nom de la Société d'Agriculture; Charma, au nom de celle des Antiquaires, et Eugène Châtel , archiviste du département : touchante expression des sentiments et des regrets unanimes dont je viens à mon tour de me faire l'interprète.

Il avait voulu être inhumé à Ducy-S*'-Marguerite , à quelrues lieues de Caen. Sa famille y possédait une modeste habitation. Il y avait passé une partie de son enfance. Homme , il y venait chercher ses plus doux loisirs. C'est là qu'il repose, au milieu de ces villageois qui connaissaient et aimaient tous Monsieur Georges , près des arbres plantés à sa naissance et qui devaient lui survivre, à la place même qu'il avait marquée derrière l'abside de la jolie église que ses souvenirs d'enfance et ses goûts d'antiquaire lui rendaient doublement chère. Une modeste pierre porte cette inscription :

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