‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 56 sur 204 · EN 1870 ET 1871, CLXV · texte numérisé non relu

EN 1870 ET 1871, CLXV

compétents une sorte (l*aiitorité officielle , en lear déléguant un thre en Tertfi auquel lear mission serait aussi féconde en bons résultats qne dans la Seine-Inféi^eure et les autres^ départements, oit une pierre d'église on dlHin monument public ne pent ^tre touchée qu'avec Tassentiment et «ous la TesponsabiKté et riospectenr ou de la commission spéciale.

Noire 0Msée s'est »enridH des fMrésents oferls fiar les donaieuns dont soif em \fiB mmas :

MM. Le conseiller Eug. de Beaurepaire : hachettes en bronze.

Le commandant de Brécourt : hache en silex, vase et amphore ^

poteries de Samos.

Le professeur J. Cauvet : modillons-corbeaux provenant de Tégtise

de Mouen.

Le secrétaire £. Gbatel : bacbettes en bronze et monnaies an--

ciennes.

Le D' Faucon du Qnesnay : thèse sur satin. J. Morière : tétine d'enfant jromain , fiole lacrymatoire en verre. L'abbé Noél, curé de St-Âignan-de-Gramesnil : objets divers,

armes et bijoux trouvés au Ystl-des-Dunes. Rév. H. OUard : sceaux et monnaies.

Le D' Pépin, de St-Pierre-sur-Dives : débris de poteiûes antiques. Léon Puiseux : hache en »iex.

De Rampan : monnaies et objets divers.

Tesnières : poterie^ de Samos.

h Tirard : poterie^ et divers objets de provenance ancienne.

i||ais 'VOUS vous «étonoez tons que je «^aie pas «hs en 4ète do ^:etle liste le nom de celui qui, en notre état de détresse financière, a tenu à nous mettre à même de poursuivre nos fouilles et versé à cet effet dans notre caisse juste la valeur de rallocation ministérielle qui nous faisait défaut. A quoi bon citer ce nom ? Me Tavez-vous pas tous dans Fesprit et dans le cœur , parce qu*il est en tout et toujours au premier rang des listes des œuvres de F intelligence , et quMl est le synonyme d'initiative, de progrès et de dévouement absolu et constant à tout ce qui éclaire Tesprit , à tout ce qui élève le cœur ?

Mais à quoi servent les richesses, si Ton n*en sait faire usage? et»

GLIVI RÉSUME DE L*HIST01RE DE LA SOGIÉTlî

pour cela , il faut Tordre et rharmonie dans le classement et Tarrauge* ment de nos œuvres d*art. Aussi M. Gervais^ le conservateur du musée» et M. Lavalley-Duperroux, toujours prêt, quand il y a un service à lui demander pour la Société , se sont-ils mis à la tâche et ont-ils recommencé cette classification qui double la valeur de nos trésors et de nos collections.

Je ne m'aviserai pas d*énumérer tous les objets ofierts à notre musée, non plus que la liste de deux cents et quelques livres provenant de dons des auteurs ou des échanges avec les Sociétés savantes de TEurope entière et de toutes les provinces de France, Je ne citerai que cet admirable dessin de la mosaïque de Lillebonne , si merveilleusement reproduite par notre confrère M. Duval, aidé de M. Bouet, et cette splendide thèse de théologie sur satin , dédiée, en 1723, par Frère Claude- Irénée d*Aunas de Beauséjour de Roquemartine, carmélite de Blois, au premier prince du sang, Louis P'', duc de Chartres, fils du régent.

Cette thèse en satin rappelle et explique, par sa longueur et sa largeur, le sens des vers de Boileau, flétrissant avant Racine Tavarice de Madame Tardieu, femme du lieutenant-criminel :

Peindrai-je son jupon bigarré de latin Qu'ensemble composaient trois thèses de satin, Présent qu'en un procès sur certain privilège Firent à son mari les régents d'un collège , Et qui, sur cette jupe, à maint rieur encor Derrière elle faisait lire : Argumentabor f

Notre thèse est d'autant plus remarquable qu*elle offre la gravure de la statue équestre du prince à qui elle était dédiée, d'après un *tableau de Coypeh Les dessins qui Tentourent sont admirables et dus à Hecquet et à Chasteau.

Citons maintenant les noms des élèves de rhétorique qui, ayant obtenu le premier prix d'Histoire , ont mérité les médailles que la Société ac-corde chaque année.

En 1870, En 1871,

Au lycée cTAlençon.

Edouard Beaudouin. Alcide-Eugène Barberousse»

Bw 1870 ET 1871. CLvni

Au lycée de Caen.

Philippe Guillouet. Henri Boisoe.

Au lycée de Coutances.

Loais Lagouge. Adolphe Duchemio.

Au lycée d^Évreux.

Eag. Havage. Paul-Émile Valiet.

Au lycée du Havre.

Henri Viller, Adolphe Foubert.

Au lycée de Rouen.

Edouard Capelle. Paul-Constant Piquet

Si les jeunes élèves de dos lycées désirent des médailles , nous n*en désirons pas moins qu'eux , et nous sommes fiers quand nous avom à enregistrer Tobtention des médailles de l'Institut. Cette année, nous avons le bonheur d'annoncer que la Société des Antiquaires de Normandie a vu l'un de ses membres, M. Joly, obtenir, au Concours des antiquités nationales, une médaille d'or pour son immense travail sur Benoit de Sainte-More, remplissant le tome XXYIP de nos Mémoires.

Mais la plus belle récompense que nous puissions enregistrer dans nos Annales, c'est celle que vient de conquérir par son travail M. Gh. de Robillard de Beaurepaire, archiviste de la Seine-^Inférieure , élu membre correspondant de T Institut, titre qui en fait un des maîtres de l'érudition Trançaise.

Cl^Vm RiSUMlî DE l'histoire de la société en 1870 ET 1871.

OOMPO&ITION DU BUREAU Pour l'annëe iSVfl-IOTi.

Directeur ; M. de Câdmont.

Président : M. le conseiller Eug. de Robillard de Beaurepaire» Vice-Président : M. le conseiller Gustave Dupont.

Secrétaire : M. Eug. Chatel, archiviste du Calvados» Yice^Secrétaire : M. Gaston Le Hardy, docteur en droit. Conservateur du musée : M. Cb. Gervais, ancien bâtonnier de Tordre

des avocats.

Bibliothécaire: TA. Cb. Renard.

Trésorier : M. Léop. Hettier, membre du Conseil général. Membres du- Conseil d'administration: MM. Dansin, — Jules Cadvbt, — DE FoRHiGNT DE Lk LoNDE , — le barou Le Mendet et Â. Jolt.

COMPOSITION DU BUREAU Pour rannée iS7l-.IS99.

Directeur : Mgr Bravard, évéque de Coutances et Âvranches.

Président : M. le conseiller Gustave Dupont.

V4cerPrésiderU : M. J. Ferrand, préfet du Calvados.

Secrétaire : M. Eug. Chatel, archiviste du Calvados.

Vice-Secrétaire : M. Gaston Le Hardy, docteur en droit.

Conservateur du musée : M. Cb. Gervais , ancien bâtonnier de Tordre des avocats.

Conservateur-adjoint : M. Lavalley-Duperroux, arcbitecte.

Bibliothécaire: M. Cb. Renard.

Trésorier: M. Léopold Hettier, membre du Conseil général.

Membres du Conseil d'administration : MM. de Formigny de La Londb ; — Joly, doyen de la Faculté des Lettres ; — Jules Cadvet, professeur à la Faculté de Droit ; — Hippoly te Dansin , ancien professeur à la Faculté des Lettres ; — le conseiller Eug. de Rorillard de Beavrepairb*

Par m. g. DU FRESNE DE BEAUCOURT ,

Membre de la Société.

Vers le milieu du XY'' siècle , sous le règne de Charles VU , trois personnages du même nom acquirent , à des titres divers , une noto* riété considérable: Tun, Guillaume Gbartier, évêque de Paris, dont les contemporains vantent la science , la sagesse et les vertus (1); Tautrc, Alain Ghartier , poète illustre ,

Clerc excellent , orateur magnifique (2),

et qu'Etienne Pasquier compare à « Tancien Sénèque romain (3) » ; le dernier , Jean Ghartier , moine et chantre de Tabbaye de St-Denis , chargé officiellement par Gbarles YII d'écrire l'histoire du temps.

(i) V. Gommi]ies(éd. ;deM"* Dupont), 1. 1, p. 71 ; Thomas Basin, t. II, p. 15-16 } Jean Castel» Chronique êcandaleuse ( publiée sous le nom de Jean de Troyes ) dans le Panthéon littéraire , p. 296; if) Je peu après visitant ce quartier

Vis un poète hault et scientiflque, Hélas ! c'estoit feu maistre Alain Ghartier , Doux en ses faicts , et plain de riiélorique Clerc excellent, orateur magnifique, Gomme Ton peut par ses dicts tesmoigner. ( Octavien de St-Gelais, Le séjour d'honneur, ouvrage composé sous Charles VIII. ) (8) • «.•• Et une infinité d*autres belles sentences , desquelles il est confit de ligne à autre , que je ne le puis mieux comparer qn*à Tancien Sénèque romain. • Les recherches de la France , livre VI » cfaap. XVI.

2 I.BS CITÂRTIËR.

On sait peu de chose sur Torigine de Guillaume , Alain et Jean Ghartier. Les biographes s'accordent à les regarder comme frères, comme originaires de Bayeux , et attribuent à Alain la priorité de naissance» Moréri, le premier, rassembla, dans son Grand dictionnaire historique {i) ^ les rares notions qu'on possédait. Le bénédictin Chaudon vint ensuite (2) ; il copia Moréri , avec quelques additions de son propre fonds. Enfln M. Weiss, dans la Biographie universelle (3), compléta les recherches de ses devanciers , et donna en quelque sorte le dernier mot de la question. Toutes les biographies — sauf la Nouvelle biographie générale sur laquelle nous reviendrons —sont restées depuis dans Tornière tracée. En y regardant de près , Ton voit comme deux maigres ruisseaux, ayant chacun leur source spéciale , et dont les eaux se répandent discrètement , sans être grossies du moindre afQuent dans leur cours. Pour ne citer que les ouvrages les plus connus, Feller (4), la Gtwide encyclopédie (5), Desessarts (6), Peignot (7) ont leur type dans Ghaudon, tandis que le Dictionnaire de la conversation (8) , V Encyclopédie des gens du monde (9) , Le Bas (10) et X Encyclopédie du XIX^ siècle (llj ont suivi la biographie Michaud. De nos jours, MM. Bouillet (12) et Dezobry (13) ont combiné ou plutôt confondu les données fournies par leurs devanciers ; c'e&t ce qu'a fait aussi M. Th. Lebreton dans sa Biographie normande (14).

(i) Dans sa 1^ édition (1674} » Moréri coasacre une noUce à GuiUamœ, 4atiB lufaelte it ae tN>nie à mentionner Alain et Jean. Je n^al pu consulter toutes les éditions du Grand dictionnaire historique ; maïs j*ai pu remarquer que dans celles de 1707, 1712, 1718, 1725 et 17S8, Moréri ne parle pas de Torigine Bayensaine, et dit seulement que Jean était frère de Guillaume. J*ai suivi Tédition délbiiliïc, donnée par Di-ouet en 1759 ( 10 ?oL in-fol. ).

(2) 1'* édition en 1766. Tai fait usage de Tédition de Lyon, an XII, 13 vol. in-8*.

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