‹ Mémoires (volume 2)Chapitre 86 sur 204 · MARTI A LIS ET BOLANI P P ET · texte numérisé non relu

MARTI A LIS ET BOLANI P P ET

DED CAVIT ARL

Dits Manibtts

Martmi sexti filii

et Pefjjeiuae conjugis Uberorumque

eorumdefunctorum Teostillae et Martialis et Bo/ani , posnerimt et (1) dedicavit art.

Le style de cette inscription semble appartenir à une époque reculée. Les signes du tbéta des Grecs, pour indiquer la mort des enfants de cette famille, placés dans Tintérieur du nom d*nn de ses enfants, a quelque chose de singulier et semble marquer une origine étrangère. Quoi quMl en soit, elle méritait d'être signalée et que Ton constatât cette particularité.

M. de Formeville, membre de la Société des Antiquaires de Normandie, a signalé à cette Compagnie la découverte d'un tombeau romain, qui fut faite en 1771 , sur la propriété de M. Boudard , à Lisieux , en jetant les fondations du mur qui ferme actuellement le jardin de M, Duplessis, sur le bord de la route de Pont-FÉvêque.

Le tombeau était formé d'une pierre droite, haute de /j. pieds, large de 2 J/2 , épaisse sur les bords de â pouces 1/2, et creusée de 1 pouce dans SOIT aire (2).

EHe portait cette inscription :

VILLAORIX . INTIN COES • FIL • V • A XYIII •

La pierre ne parait pas avoir été conservée , et Ton a ainsi perdu tfn monument qui appartenait indubitablement aux premiers moments de

(i) Nous sommes persuadé que l.i larune qui subsiste à la dernière ligne de celte inscription tumulaire doit être remplie par la formule : sub ûscia.

(2) Antiquaires de Normandie, VI» vol. ÎÉ-8», iSSS, p. 369.

DAïNS LE DÉPARTEMENT DU CALVADOS. 91

roccupation romaine , et qui par cela même offrait un plus grand intérêt.

Nous ne croyons pas que la pierre dont il s'agit paisse être considérée comme un tombeau dans la véritable acception du mot, mais bien une pierre sépulcrale consacrée à la mémoire d* un jeune gaulois, fils dV/7tinius Coesms , mort à l'âge de 18 ans.

C'est encore dans cette même ville de Lisieui (l'antique Nœomagus ou Noviomagus) que l'on a découvert, au nord de la ville, un vaste cimetière gallo-romain , sur le bord d'une ancieBoe chaussée ou voie romaine, qui a transmis son nom à une rue voisine. Ce cimetière , placé dans la vallée, s'étendait jusque sur le versant du coteau qui domine à l'orient le Grand- Jardin (1). Une large tranchée, pratiquée en 1861, pour l'ouverture d'une rue, a mis à découvert un cippe gallo-romain bien conservé, ainsi que de nombreux vases, dont trois ornés de rinceaux , ont conservé en partie leur couverte métallique , des agrafes ou fibules, etc.

Dans un cartouche quadrilatère, avec moulures, supporté par un socle orné de deux pilastres , se trouve l'inscription funèbre , au-dessus de laquelle on voit le buste d'un personnage tenant une coupe de la main droite et le bras gauche relevé près de la figure ; le tout dans une niche surmontée d'un fronton triangulaire, avec des acrotères vers les angles (Voir page suivante). Voici l'inscription :

VOSTRVS

AVSI r t r V r A f LXXX

Cette stèle funéraire, qui est celle de Vostnis, fth d'Ausits, mort à l'âge de 80 ans, a 1 mètre 793 centimètres de hauteur sur une largeur de kk centimètres.

Les autres objets trouvés dans les fouilles faites, en 18/t6, dans

(1) La pierre Vostrus a été conserrée par les soins et le zèle de MM. Pannier , Ch. Vasseur et de Gaumont , qai Font sauvée de Tabandon et de la destruction. Ce dernier en a fait l'acquisition pour le Musée de la Société française d'Archéologie, et elle est maintenant à Tabri de tout danger. La planche qid contient ce monument a été publiée dans le Bulletin monumental et ensuite dans la Statistique monu-mentale du Calvados, t. V, p. 187. C'est à la bienveillance toute spéciale de M. de Gaumont que nous devons de pouvoir reproduire cette vignette si intéressante.

KFIGR.APUIB flOlIAlKB

yn

fi

le Grand-Jardin , qui sont en majeure partie des urnes funéraires « sont déposés au musée de la Société des Antiquaires de Normandie , à Caen.

Nous devons poursuivre nos investigations en signalant les inscriptions sépulcrales découvertes , à une époque déjà ancienne , à Vieux. Vieux , connu depuis près de trois siècles par le célèbre piédestal , désigné sous le nom de marbre de Torigny , qui y a été découvert , est un village du canton d*Évrecy , à un quart de lieue de la rivière d'Orne et à 2 lieues au-dessus de Caen (1). Vieux est considéré comme Fancien chef-lieu de la cité libre des Viducasses. On croit que le nom propre de la ville des Viducasses est Araegenua , designé par Ptolémée sous le nom 'ÂpYévouç BcSuicé(7iov (ÂpiQYevoua, selon des manuscrits). La table de Peutinger désigne une station à tourelles sous le nom A'Araegenue , qui doit être le même lieu. La ville des Yiducassiens aura abandonné son nom primitif pour prendre , comme tant d'autres , au IV* siècle , le nom de son peuple : de là le nom actuel de Vieux.

De nombreux objets d'antiquité ont été découverts, dans cette localité, à la fin du XVIP siècle , et surtout lors des fouilles que fit exécuter M. Foucault , intendant de Caen , au commencement du XVIII^ Les inscriptions recueillies à Vieux , qui ont été publiées , sont au nombre de huit, savoir : six sépulcrales et deux votives. Nous allons les reproduire. Les deux premières sont considérées comme des fragments :

MEMORU MENORIA

MAGNINI VASSIONI

SENICIONIS Q • E .

L'inscription suivante , bien conservée , était gravée sur un bloc de marbre rougeâtre , comme celui des carrières du pays. Elle fut trouvée, dans l'église de Vieux, en creusant une fosse pour servir de sépulture , et resta longtemps dans un coin de cette église. Depuis , le curé la fit transporter de l'église au milieu du cimetière , oii M. Galland l'avait

(1) Voir notre Mémoire sur ce monument inséré dans le VI* vol. des Antiq, de Norm, , 1833 , in-S"* p. 319.

9& ^PIGRAPHIE ROMAINE

vue, d'où ensuite elle fut enlevée et transportée à Magny , près Bayent , oii M. Foucault avait un château :

NOVIVS VÎC

TOR MEMO

RIAE DOMI

TIAE PANFIL'

Voici deux autres Tragments d'inscriptions qui étaient également sur marbre :

SEX • SENODIO SEVERO VESTIARIO HEREDES POSVERVN • •

L • FRONTIO IVNIANO DEFVNCTO

L • FRONTIVS IVNIVS PATER-V-S-P •

En 1697 , l'on apporta de Vieux à M. Foucault une autre inscription qui, comme celle de Noin'us Victor, ne contenait que cinq mots. La voici:

Page 1