‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 17 sur 101 · ANTIQUITÉS CELTIQUES · texte numérisé non relu

ANTIQUITÉS CELTIQUES

Parmi les monuments que Ton rencontre en Normandie , il eh' est Ai petit norpbre dont la rudesse est peut-être une imagé assez fidèle de

SUA LES TRAVAUX DS LA SOClâxâ. XLVff

Télat de la civilisation à IVpoque où i!s furent ériges ; je veux parler des antiquités celtiques.

BL Lange, après avoir peint le site pittoresque des rochers de Saint* Quentin , près l'e Falaise, vous a fait la descriplion de quelques objets antiques qui furent découverts avant la révolution au sommet de ce monticule ; on y trouva une grande quantité de létes kumaines, des tombeaux d'une seule pièce , longs de plus de six pieds , et recouverts d'une seule pierre; quelques-uns contenaient des squelettes. On découvrit encore beaucoup d^ossements humains qui paraissaient avoir passé par le feu ; Pun d'eux était enveloppé d'un linge à demi-brûlé. Enfin , les fouilles qu'on a faites à dilTérentcs époques, ont produit plusieurs instruments en cuivre et des haches de pierre ; M. Lange nous a rappelé que les druides choisissaient toujours pour leurs sacrifices , les lieux les plus sauvages et les sites les plus propres à étonner Timagination du peuple ; il en a conclu que la roche . Saint-Quentin , dont l'escarpement a quelque chose d^imposant , fut occupée par ces prêtres, et spéizialemcnt consacrée au culte de Iet:rs divinités. On trouve fréquemment en J^ormandie des iiaches en pierre et en cuivre , dont plusieurs

Xr.VIH RAPPORT

ont étc déposées jdatis votre muséum ; la plupart lie celles qu'^oa a trouvées dans le Calvados sont faites avec les silex du calcaire oolitique , si communs dans ce département.

Grâce aux recherches de votre savant confrère, M. de Gerville y de Valognes ^ et aux excellents dessins de Jiï. le comte d^Estourmel , préfet de la Manche , vous jouirez bientôt d'un travail complet sur les pierres druidiques de ce département; il est probable que des recherches soigneuses feront découvrir de nouveaux monuments de ce genre dans les autres départements de la Normandie ; et déjà les recherches de votre confrère M. Vaugeois , membre de la société royale des antiquaires de France , ont été couronnées du succès.

Une autre espèce de monuments de la même époque^ qui n'a pas autant excité Taltention publique , mais qui ne mérite pas moins la nôtre , pourrait servir encore à attester l'état peu avance de la civilisation: ce serait ce qui nous reste de la langue qu^on parlait dans notre province avant Finvasion des Romains. Ces mots celtiques ne subsistent plus que dans des noms' de paroisse ; il serait curieux de faire voir que beaucoup d'entre eux n'offrent aucune trace d'habitation. Parmi les autres , les uns ne sont que l'indication d'une demeure près d'une localité lout-à-

SUR LBf TRAVAUX DR LA SOClAri. XUX

&k naturelle ; plus de la moitié n^âiinonce aaame idée de propriëtë , encore moins d^archilectare et d^'arU. L^on a mal à propos rapporte presqoe toas ces mpts à une origine latine ; presqa^ancuns n^onâ pu être expliques au moyen d*aae. langue qui ne fui jamais vulgaire chez nous. M. ^ GervUle vous a déjà développe ses idées sur ce sujet j et il se propose de vous faire part du fruit de ses longues recherches sur les étjmologies celtiques.

Votre confrère , M. Alphonse de Brébisson de Falaise , vous a communiqué plusieurs mé daiUes Gauloises trouvées à Gard près de Saint- Pierre*sur-Dives , en faisant la route neuve de Usieux a Falaise : elles paraissent fort curieuses et fourniront le sujet d^un mémoire intéressant. à M« Lambert de Ba jeux , qui s'est chargé de les examiner. On a découvert en même temps le haut d'nn vase en bronze de quatre pouces de diamètre ^ dans lequel il est probable que ces médailles avaient ^té renfermées.

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