‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 21 sur 101 · XV\ B APPORT · texte numérisé non relu

XV\ B APPORT

extravagances de Caligula, qiû marchait dans ] les rues aSublë du costume des dieux ; quelquefois ^ sans barbe , et suivi des Grâces comme Apollon. D^autres fois on le voyait , comme Mars, avec une barbe épaisse, un casque et une <$pëe; il prétendait réunir la majesté de Jupiter , les agréments de Bacchus , la puissance de Neptune ^ et le mérite de toutes les divinités ; il se montrait en publie avec des gants et des bracelets , dansait la naîfc en habit de femme, devant des spectateurs mande» par lui-même au palais , et prenait jusque de& parures de Vénus et des costumes de déesses. , Il portait aussi quelquefois le trident , on s^armâit d'un foudre simulé ; il se fit bâtir un temple ^ et le sénat lui en ayant fait élever un autre , il y fit placer, sa stalue , et se créa un collège de prêtres et de prêtresses dont il fut le chef«

M. Rêver pense que les statuettes de Lillebonne étaient des figures votives , consacrées à cet empereur impudent , usurpateur des honneurs divins. En efiet ^ on peut reconnaître dans Tun de ces bronzes le bizarre assemblage desL attributs de différentes divinités ; la tunique et la chaussure sont celles d'un pontife (t) ; oa.

(i) Geai qui voudroot prendra une coonaiMaDce plm appiow foodie des statuettes de Lillcbonne , peuvent se procortr Vwir-

SUR LES TRAVAUX DR LA âOClâTÊ. LXXVll

voit sar les épaales une peau de lion , principal attribut ifHercnle , et la tête est celle d^un Neptune oa d'un Jupiter , qui tenait peut-être un foudre dans la main droite. L^aulre figure est plus fruste; elle paraît représenter un jeune honme dont les cheveux sont boucles ; une longue ëcharpe bouffante près de Pestomac est passée sur Pëpanle de gauche a droite ; elle est nouée en devant à la hauteur des hanches , et les deux bouts qui se rejoignent descendent en plis rampans jusqu'au quart de la jambe , pour finir en pointe à distance égale des genoux ; tout annonce Pattitade et le costume d'un jeune danseur. Le poidg delà première statuette est de i3 onces 3 gros ; h hauteur est net de o^ iS8 ™. La seconde statuette pèse 1 1 onces o gros 34 grains , et la hauteur est de 0,128 ■>•

On a tiré de la même fosse une lampe à deux becs de même matière^ et une médaille de JuUa Domna en petit module.

La conservation des anciens édifices devrait être une religion pour tous les peuples ; il j a

vrage publié par Ri. Rcver , Ji Évreuz , an commencement de 1825 , el dans lequel on trouve les deux statuettes Uthographiées.

LZXVlir RAPPORT

je ne sais quoi de sablime dans les traces des générations qui ne sont plus; les ef&cer, c'est effacer nos souvenirs , c'est en quelque sorte renoncer au passé* Ce n^est donc pas sans une vive douleur que nous voyons tous les jours délé« riorer ou détruire les monuments du moyen âge. La Société s'occupe de les décrire avec d'autant plus d^intérét qu'ils touchent de plus près à notre histoire moderne.

Vous avez reçu de M. Marquis , membre de la Société , à Rouen , un mémoire sur quelques antiquités observées à Dreux. On voyait dans le château de cetle ville j avant la révolution , une église bâtie en 114^, comme l'indiquait une inscription gothique gravée sur le mur. Ce monument a été détruit , il n'en reste plus que des chapî^ teauz romans , curieux par les sculptures qui les couvrent. L'un d'eux représente la ns^tivité. du Sauveur , la Visitation ^ et i'annoncialion aux bergers ; l'autre offre la figure d'un monstre à deux corps , buvant par la bonde d^un tonneau qull soutient entre ses bras. A vingt-deux pieds aa dessous du niveau de Téglise détruite , on a trouvé les fondements d'une autre église beaucoup plus petite y qui avait la forme d'un carré long. Des crânes en grand nombre étaient enveloppés dans la maçonnerie très-solide de cette même cons«

nm LIS TRAYAVX PB LA SOCI^Ti. UOUT

trocdoii f qui appartint probaUemeat au premier teaiple chrétien ëlevë à Dreux.

A peu de distance de Tëglise on a décoavert na petitcaveau sépolcral en forme de croix , dans lequel étaient des vases d^une forme singulière; îb âaient infârienrement terminés par un pro* loogement ^ et paraissaient avoir été filés dans des trous et rangés autour du cadavre. D'autres vases de différentes formes ont été trouvés dans plusieurs tombes placées sous Téglis^,

Un scean dlnnocent VI , et une pièce de monnaie du roi Jean f ont été découverts dans les mêmes fouilles. .

On a aussi trouvé y dans un tombeau y une petite . boëte de cuivre j en forme d'écusson ^ «'ouvrant par le haut y et dans chaque partie de laquelle est peint un blason que M. Aug. Le Prévost a reconnu appartenir à la maison de Cbâtillon-sur-Marne.

M. Marquis a encore recueilli deux autres objets antiques ; Tiln est une clef en bronze , presque entièrement semblable à celles qui ont été figuréeh par Mooifaucon ; Tautre une de cas pierres aiguisées de manière à former un îaslrament grossièrement tranchant , qu'pn d^ «gne souvent sous le nom de hache , quoiquç Is véritable usage de ces instruments soit assex

difficile k déterminer. Ces deax derniers itior^ ceaux ne proviennent pas des fouilles fiôfeai sous Tandenne église da château de Dreux | ils ont été trouvés dans les environs de cette ville.

M. Pluqaety de Bajeux , membre de la Société royale des Antiquaires de France ^ vous a adressé une dissertation sur le véritable emplacement d'une maison de plaisance des dacs de Normandie , connue dans le moyen âge aoos le nom Bitr^le^RoL L'auteur pense que c'est à Noron Nogrondus , village fort ancien de Tarrondissement de Bayeux , oii l'on voit encore les ruines d'un château considérable , qu'il faut ' placer cette habitation ducale : votre confrère a d'abord prouvé que les ducs de Normandie séjournaient souvent à Bayeux et dans le Bessin; il a ensuite contredit l'opinion de cenx qui placent Bur-le-Roi à Balleroy : cette opinion ^ fondée sur l'analogie du nom de Bur-le^Roi avec celui de BaUeroy Balereium ou Barlar^ reium , existait auparavant que l'on eût donné au Bur , ou résidence ducale du Bëssin , celiH de Bur-'le^Roi ; d'un autre côté l'existence des ruines situées à Noron , appelées dans plusieun actes château de Bur^le-Roi , et la tradition du pays qui attribue ce château à Guillaume-le-

SUB LES TRAVAUX DS I.A SOClâri. lUXXI

CflDqoânAt, âemblent iodiqucr la yëritable positim de la maûon ducade.

IL de Gerville j dont le zèle iafatifBble à T«da taat de services aux sciences et paiticn» liéremeotàrarchëologie, vous a envoyé plusieitfs mëoflùres d'un grand intérêt , qoi se rapportent à l*hiBt4Mre dea monumenU et des familles da d^psctemei^ de la Manche.

Le premier a pour bnt de signaler les éi^iees les fhis anciennes da diocèse de Ckmtances. Deu on troîa exceptés j les plus anciens mo» aunents ret^enx de ce diocèse se rapportent à rXI^ sîàde. Pair leurs arches semi-circalaires , lem cdomies massives , et par TensemUe de Iwi fonnea ils ofirent des réminiscences de Fsrdntectnre romaine , d^oîi ils ont été appelés opmRonumum. On conçoit facilement la raison de cette ressemblance : les Romains y maîtres de notre par^s pendant plusieurs siècles 9 ont laissé (les modèles aux peuples qui les ont remplaça ; d'un antre .côté , les missionnaires qni y annoncèrent l'évangile étaient envoyés de Rome , ils y faisaient de fréquents voyagea | 3s Qi rapportaient des instructions ponr Padmi* oistntioa de leur troupeau , des modèles ponr coQAniîre leurs églises : M. de Gerville a nommé cette architecture mixte , architecture romane ;

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