XC RAPPORT
qui a plusieurs fois été un sujet de discnssian parmi les antiquaires : les uns prétendent qu'elle est du XI^. siècle , et s^appujant^sur une tradition assez vague , ils disent qu'elle représente^ Guillaume -le* Conquérant ; d^autres avec plu^ de raison la regardent comme un monument du XV^. siècle ; mais la prenûère opinion conserve encore de nombreux partisants. M. Lambert ai essajé de fixer avec certitude IVpoque de cette sculpture I devenue plus célèbre qu^elle ae le mérite^par les conjectures auxquelles elle a donaë lieu.
Le bâtiment de l'ancienne église de Saint— Étienne-Ie- vieux appartient incontestablement ' au XIV«. et au XV^. siècle; la nature des sculptures et des ornements qui y sont répandus , ae laisse aucun doute à cet égard ; la statue parait du même genre de travail ; la pierre conserve la même teinte que tout l'ensemble de Tédifice , elle est placée extérieurement sur un pilier d'appui et supportée par une console y couverte d^omements en usage dans le XY®. siècle. Si rpn ajoute à ces considérations que cette église fut presque ruinée lors du siège de Caen , par Henri V, en i4i7 , et que Henri VI par lettres patentes du 6 avril i4^6 , accorda looliv. aux paroissiens, pour la réparation de leur église
SUR LES TRAVAUX DE LA SOGl£Tfi« XCI
tombée en ruine , il demeurera établi qu^iuie grande partie est de cette époque, et il suffit du plus simple examen , pour voir que la statue est du même temps que le mur sur lequel elle est placée.
M. Clément , maire de Saint-Lô , qui met tant de zèle et de goût à embellir- sa ville , nVn montre pas moins pour l'étude des antiquités ; vous lui devez des renseignements sur les objets ' qui furent découverts , il j a deux ans^ dans les marais de Tripebou ; ce sont : unTasede ciiivfe^ un sabre à deux tranchants , quelques ihstru— inents de fer et les débris d'une' barque ; toutes ces cboses ont été trouvées à quatre pieds de ' profondeur, mais elles ne semblent pas d'une aussi grande ancienneté que Ton s^étaît plu à le ' répéter ; il paraîtrait même , autant qu'on peut en juger dans Tétat de dégradation où elles se trouvent présentement , qu'elles ne sont pas antérieures au XY^. siècle. On peut an reste prendre une nouvelle connai£(sance de ces objets , à la préfecture de Saint-Lô , où ils sont déposés. '
La société se propose spécialement d^étudier la littérature du moyen âge , de compulser les ' manuscrits , les c4iartes , les chroniques ; de chercher surtout dans les trouvères Normands
les premiers pas de la poésie, et cette naïveté iaaé^ parable d'une dviliaiatioa peu ayancëe^ image fidèle des mœurs du siède ; de faire revivre enfin tous les ouvrages utiles , quelqu'en soit le sujet. Plusienn de vos confrères s^occupent avec succès de ce genre d'étude foit important.
Parmi eux , je vous citerai d>bord votre savant directeur , M. Tabbé de La Rue , membre de llnsti^t de France , et de la Société des Antiquaires de Londres ; ii suffit de prononcer son nom pour rappeler «es immortels ouvrages.
M. PJuquet vous a récepiment adressé un mépv)ire suç les ^rquyères Normands ; il a divisé en quatre genres principaux les poésies des trouvères , depuis ïlQllpn jusqu'au X VI». siècle. Le premier genre comprend les cbants de guerre, les chants héroïques et leç poèmes historiques, dont les épisodes étaient souvent chantés à la table des princes. Jusqu'au XII^. siècle on écrivit rarement; à cette époque l'histoire écrite en vers remplaça l'histoire chantée , et Ton vit paraître de longs poè'mes.
Les Normands , convertis au christianisme , devinrent très-dévots ; lorsqu'ils eurent abandonné la religion d^Odin , , leur cri de guerre fut Dex aie y et la No.rmandie se couvrit d'églises et de monastères. Les trouvères Normands ne
StR LES TBIVAVX DE LA SOCliTi. ICIfl
resÉRnt point étrangers à ce zèle rdigirax , iU tonposèrent des chansons pieuses , des contes dévots , el beanconp de TÎes de saints , où Ton retronve tontes lespieoses bbles des lëgendaires : ces poëâes forment le denxième genre étaUi par M. Pioqnet.
Le titûsiènie genre comprend les poésies satiriques dont Pongine remonte à 1^«. siècle : ie Dom de Sirventois fol donne à ces pièces loQjoon dirigées contre 'des personnages émi«- Mots; les rois et les ecclésiastiques n'y étaient pas sème épargnés.
Enfin ) les chansons et les poésies erotiques fensent le quatrième genre. Nos ancêtres ainnait beaucoup les poésies badines , on en dnatait jusque dans les processions , et la ces* ntioQ de ces chants populaires était un signe <le calamité publique. Parmi ces pièces les ro- ^nenges étaient des espèces de ritournelles qui « duntsient avec accompagnement de vielle <m rote , instnunent favori 4« nos pères ^ le mI qae les paysans normands ccdtivent encore *5<»rdTrai.
U hi était grave et mélancolique ^ on hii 'olvtitQa la romance au XV^. siècle.
Après avoir établi les quatre genres pfécé- ^^^ ) H. Pluquet a donné une notice sur la ^ et les écrits de soixante^huit trouvères