‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 26 sur 101 · TRAVAUX DIVERS · texte numérisé non relu

TRAVAUX DIVERS

M. Le Romain j architecte du département du Calvados, qui par sa position est k même de rendre de grands services, et auquel nous devons déjà la restauration de plusieurs monuments dumojren âge,vous a fait part de ses idées; i ^. sur les travaux de la Société ; a<>. sur les inconvénients qui pourraient résulter du défaut d^ensemble ; 5^. sur la proposition d'un plan de rédaction ; 4^* sur quelques moyens de favoriser la connaissance de nos antiquités.

Je vous rappellerai spécialement ici le plan conçu par M. Le Roniain , pour la répartition des travaux et la recherche des antiquités. Il a pensé qu^une méthode fixe était nécessaire dam les descriptions , et il a proposé d^indiquer dans Tordre suivant y i <^. les lieux où sont situées les constructions; ^^. leur nature; 5^. leur âge supposé ; 4^. leurs différentes parties ; il voudrait aussi que chacun parcourût avec soin un arrondissement ou un canton déterminé j afin que Ton eût par la suite une connaissance détaillée de tous les monuments de la iKormandie.

SUR LES TlliViVZ DE LA MOClkrt. CY

Les courses archéologiques ont toujours un heureux résultat , et il est a désirer que chacun de Doos en fasse de fréquentes , afin que Ton connaisse bien ce qui n'a pas encore été exploré 00 ce qni ne Ta été qnlmparfaitement. Parmi ceax qui ont fait des excursions vers les différents points de la Normandie , je citerai M. de de Gervitle, qui a visité environ sept cents ^ses et un grand nombre d^autres monuments, MM; Auguste Le Prévost , Langlois , Marquis ^ Rêver j de Magneville , Léchaudé , Pattu ^ Des« liajes , de Yauquelin , Richome , Lambert et de Caamont.

Poarraj-je oublier les services éminentsquivoos ont Ad rendus par MM. Hyacinte Langlois , Léchaudé, de Vauquelin ,Lambert , Marquis, Desbajes et par M. Nounûchel , jeune artiste qui donne de grandes espérances. C'est à eux que TOUS devez toutes les planches qui ajoulerout tat de prix à votre premier volume.

Je dois en particulier exprimer vos remercimeuts à M. Langlois , de Rouen , auquel vous devez la charmante composition destinée à orner V0B diplômes ; on reconnaît dans cette jolie vignette , les heureuses conceptions si familières * MM. Langlois et Le Prévost , qui s^élaicut

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réciproquement communiqué leurs idées , pour réunir de la manière la plus gracieuse , tout ce qui peut retracer à la vue les traits principaux de rhistoire normande.

Un des plus beaux titres de votre Société^ Messieurs y c'est d'être pour ainsi dire préposée \ la garde des monuments de la Normandie entière ; c'est d'être créée pour compléter ITiis— toire de ce beau pays. Vous consignez dans vos registres tous les faits qui parviennent à votre connaissance^ vous donnez de justes élo«-» ges à tous ceux qui cherchent à seconder vos eflbrts.

Je n'oublierai donc pas de vous rappeler que c'est à votre confrère , M. Clément , maire de Saint-Lo , que vous devez la conservation du marbre de Thorignj , piédestad de la statue de Titus - Sennius -* Solennis. Vous connaisses tous l'importance de ce marbre chargé de Ion* gués inscriptions ; il me suffira de retracer le» dangers qu'il a courus , pour augmenter votre reconnaissance envers celui qui l'a sauvé ; trouvé en 1 58o , enseveli dans les ruines de Vieux , près Caen ; transporté la même année au châtçau de Thorigny , par les ordres du maréchal de Matignon ; négligé après la mort de ce mare chai arrivée en j 694 ; retrouvé de nouveau ea

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1670 , dans des masures qo^OD achevait de dànolir pour execater les fondements d'un bâliment destiné au logement des domestiques , laissé long'temps gisant tout près de ce bâ-* timeot ; transporté dans rorangerie du château ; çzposé à Teffet de Pincendie qui consuma cette orai^erie en 171a ; resté de nouveau à la suite de cet accident , exposé aux injures du temps , et peu après , en 17^6 , 'à celles de malheureux coavreurs qui s'avisèrent de tailler pendant longtemps des ardoises dessus ; et enfm porté tout miidlé , par les soins du duc de Valentinois , dans le salon du parterre du château de Thorignj; on Vj voyait encore en J784 : i^ échappa aoi fareurs révolutionnaires , et il est maintenant entre les mains de M« le maire de Saint-^Lô, qui ea seot tout le prix.

On doit au zèle éclairé de votre confrère , M. de Clincbamps , de Saint-^Lô , la restauration d'an monument tout- à-fait national y que la révolution n'avait pas respecté plus que les autres : je veux parler de Tinscriprion placée au Moot-Saint-Michel , dans la salle dite des Chevaliers : oette inscription contenait les noms des cent dix- neuf valeureux guerriers qui défendirent le Mont y sous les ordres du eomie d'Eslouteville , en i4a3, et le sauvèrent de Talta-

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que des Anglais , bien sapërieurs en nombre ; c^est à la sollicilation de votre confrère que If. Esmangard , ci-devant préfet du département de la Manche y a autorisé la restauration du modeste monument élevé à la mémoire de ces braves Normands. On peut aujourd'hui y comme autrefois , voir les noms et les armes des héros du Mont--Saint-Michel| ds^sla grande salle .de cette ancienne abbaye.

Qu'il me soit permis , Messieurs , d\>fiHr aujourd'hui l'hommage de notre reconnaissance , aux Académies célèbres auxquelles nous devons tant de travaux utiles en Normandie, TAcadénfie des Sciences y Arts et Belles-Lettres y la Société d^Emulation de Rouen , et la commission d'antiquités du département de la Seine - Inférieure , n'ont cessé de prendre des mesures efficaces pour arrêter les ravages du marteau , pour réveiller de Pétat de torpeur où l'on a été si long-temps plongé. C'est à Texemple de ces Sociétés et aux excelleats ouvrages qu'elles ont publiés , que l'on doit Timj^ulsion qui aujourd'hui est donnée dans toute la Normandie. C'est à leur soUiciUtion que plusieurs monuments d^une haute importance ont élé sauvés : je veux parler du thâitre Romain de Lillebonne y et du chapitre de Saint-Georges*

SUB LIS TRATAUX DB LA SOCliTÊ* CIX

de-Bocherville ^ qai sont devenus la propriété dn dëpartanent de la Seine-Infërieure ^ an moment où ces constructions allaient être détraites.

Dans d'autres contrées , la Société d'Âgrieul* ture et de Médecine d'Evreux , TAcademie et la Société d'Agriculture de Caen, ont rendu des services non moins signalés. Vous vous rappelez, AfesfdArs , avec quel zèle la Commission d'An-, tiquités du département du Calvados remplit les vues de TAcadéroie de Caen , et justifia la

confiance de M. le comte de Montlivault , qui l'avait formée..

Toutes ces compagnies savantes vous aide^r ront de leurs lumières ; toutes ont applaudi à vos premiers travaux et la plupart des membres qui composent votre Société sont sortis de leur sein.

. Je ne négligerai.pas de' vous parler des nombreux avantages qui résulteront encore pour vous de la correspondance que vous entretenez aussi avec les autres Sociétés savantes de l'Europe. L'Académie rojale des Antiquaires de Franco , les Académies de Marseille , Toulouse , Nantçs-, Cambray , et la Société Linnéenne da Calvados , se sont félicitées d'entrier en relation avec vous , ;et vous enverront leurs actes et

ex RAPPORT

leurs ouvrages , en échange de vos mémoires. ' Déjà vous avez reçu de MM* les membres d^ la Société d^vreuic , plusieurs numéros dn jeur« nai scientifique publié par cette compagnie ; Is Société d'Émulation de Cambray et la Socie'të Linnéenne du Calvados , vous ont adressé les TolUMes qu^elles ont publiés en i8â4«

Malgré tous les efforts des hommes dévouée au bien , il existe encore des abus ; j'aî*^artî— euUèrément à vous dénoncer Tignorance et le feux zèle qui j depuis quelques années surtout^ mutileàt , comme aux premiers temps du chns-' tianisme. Les sculptures du moyen âge , parti*' cuUèt^ikient celles des portes et des fênéires disparaissent tous les > jours dans nos églises de' campagne ,' pour faire place aux misérables conc^tions d'un maçon inhabile. Il est jaste de faire des percées nouvelles pour se procurer plâS'de jour etfitus d^air; mais il fâudt'ait épargner' les parties remarquables des édifices et mëitvis un peu* de goût dans ces changements. Désirant , autant que possible , arrêter lés ptiogrès du mal , j'ai pensé que MM. les desservants qui , d'après la direction de leurs études- j ne sont point étrangers à la science qt^i nous ^ occupe^ et qui peu veut si facilement interposer leur autorité pour empêcher la dé^

SUR LES TRAVAUX DK LA SOClixi. CXï

gradation des temples (i) , ëtaient les v(^ritables auxiliaires que nous devions rëdamer. JTai conçu! le projet de leur adresser , en votre nom , une circulaire à laquelle je joindrai des planches qui représenteront les diffërents genres d*architec- . ture curieux à conserver ;. je les engagerai on même temps à faire connaître le stjle de leurs' églises , les inscriptions qu^elles peuvent renfermer j et à hâter ainsi par leurs utiles renseigné-^ ments, le grand œuvre que vous avez entrepris y éd faire Ténumération complète de nos richesses architecturales , de tracer , pour ainsi dire j ta géographie monumentale de la Normandie.

L'administration n'est pas indifTérente a vo^ efforts , elle vous aide et vous protège dans toutes les occasions ; et MM. les Préfets des cinq départements formés dé Pancienne Normandie , qui s(mf de droit membres titulaires dé votre Société, vous ont déjà donné des preuves de leor bienveillance.

(i) C'est avec la plds Ylve doulenr que j'ai vu dans le Calvados mutiler des coibeaaz et flûro taoter k coups do martsam des .cordons « des zig-zags , çt antres moulures semblables , sans aucune nécessité ; je n'indique pas ici les nombreuses égUaéa ofa ces dégradations ont en lieu , par uéuagement ponr MM. les curés qui les desservent , et qui probableiàent se repentent maintenant d'aroir ordonné ou permis de pareils triFaoz.

cm RAPPORT

M. le comte de MontlivauU , conseiller d^Ktat^ préfet du Calvados ^ et à la puissante protectioa duquel notre compagnie doit Tautorisatioa du Roi, a toujours encourage également les sciences , ' les arts et les lettres , dans le département qui a le bonheur d'âlre confié à son administration ; c^est lui qui forma à Caen deux pommissions ^ l'une pour la recherche des antiquités , Pautre pour faire connaître les richesses naturelles du pays ; ces Jeux conunissions ont justifié soa attente et rendu des services avant la création de la Société des Antiquaires de la Normandie et delà Société Linnéenne du Calvados. .C'est encore à M. le comte de Montlivault que Ton doit les travaux qui ont amené la découverte des^ thermes antiques de Bajeux.

M. le baron.de Yaassajr, tour-à-tour prë&l de la Manche et de la Seine-Inférieure , n^a cessé d^eucouragerles recherches historiques d^s ces deux départements ; dans le premier il a créé une commission d^antiquilés ; dans le second il a su inspirer un nouveau s&èle aux membres de la. même commission déjà formée.

M. le baron de TAître , préfet de TEure ; et *M. Seguier , préfet de TOrne , ont concouru avec le même zèle à encourager les recherches dans leurs départements respectifs.

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