‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 28 sur 101 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

Prononcé par M. DE MÂGNEVILLE \ la séance publique du aa avrU i8a5.

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Je ne puis attribuer qu% votre Bienveillance II10.1H neur de présider vos travaux. H y aurait eu de la tëmëritë de ma part à accepter une fonction aussi dëlicate , si je n^avais pensé que Pindulgence était inséparable des sentiments que vous m'avez toujours manifestés. Je la réclame surtout dans ce moment oii j^occupe le fauteuil qui était destiné à noire savant confrère , M. Fabbé de La Rue , dont la présence eût répandu tant de lumières et de charmes dans cette séance solennelle y qui est en quelque sorte celle d'inauguration delà Société des Antiquaires de la Normandie.

Cette Société a déjà jfastifié par ses travaux tout ce qu'on devait attendre d'elle ; composée de savants distingués j des cinq départements

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l^ renferme notre ancienne province , chacun d'eux peut mieux étudier le pays qu^il habite ; il rapporte au centre commun le fruit de sea recherches , et la Société' rattachant tous les rfib de notre histoire , pour coordonner les faitS| die en fera jaillir de nouvelles lumières.

Peu de pajs, Messieurs, présentent un champ plus vaste aux recherches et aux méditations des Antiquaires y que la Normandie : favorisée par h fertilité de son sol j par la douceur de son dinat , par le voisinage de la mer j et arrosée par un grand nombre de rivières , elle a dû être lulxtëe dès les temps les plus reculés. Cest dans ces temps de barbarie qu'ont dû être fabriquées ces haches ea pierre qu'on y découvre quelque* fois. Ces énormes pierres , monuments du culte Druidique , que leur masse a sauvées de la destraction, rattachent notre histoire à celle des Celles et des Gaulois , et les vestiges des cens* tniclions romaines, répandus sur tous les points de la Normandie , font suffisamment connaître quelle a été une des plus importantes provinces de ces conquérants du monde. Les monuments nombreux élevés dans le moyen âge attestent aussi sa splendeur^ et prouvent que les Normands ODt toujours rivalisé avec les nations les plus civilisées.

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Si noas jetions nos regards sor les ùwtea de leur gloire militaire , nous voyons un Guillaume^ vainqueur à Hastings ^ conquenr le royaume d'Angleterre » y porter les lois et le langage des Normands; unRobert-courte-Heuse, compagnon d'armes des Godefroy , des Kayniond , .passer à la Terre Sainte avec Tëlile de ses chevaliers , et faire la conquête de Jérusalem } les Tancrède de Hauteville conquérir le royaume de Sicile ; une poignée de gentilshommes défendre leMonU Saint-Michel contre une armée anglaise ; enfin nous ne devons passer sous silence la bataille de Forroigny , qui décida du sort de la Normandie.

Nos trouvères, qui chantèrent leé ezploiU des guerriersNormands, furent aussi les premiershisto* riens de leur pays et les pères de notre littérature; mais quels diangements n'a-t- elle4)as dû éprouver avant de parvenir au degré de perfection oii Tout portée les Malherbe et les Corneille!

Enfin , si nous nous arrêtons un instant sur la législation des Normands , nous remarquons Rollon débarquer avec ces peuples du Nord. Ce ne sont plus des Barbares qui viennent saccager un pays , et se retirer ensuite chargés de butin ; il vient fonder un élablisseûient durable, il adopte la religion de sa nouvelle patrie , il reçoit le baptême^ il fait des lois justes et sévères ;

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Perdre s^éublit , la propriëtë est respectée ; mais Rollon reconnaît d^autres droks que celui de conquête ; il fait un traite à Saint-Clair-sur* Epte avec Cbarles-le-Simple , et fonde le duché de Normandie ; les ducs ses successeurs ajoutent de nouvelles lois appropriées aux besoins de leurs sujets, et elles deviennent Torigine de la coutume de Normandie y que le temps et Texpérience avaient fait qommer la sage coutume ; et ce dudië réuni à la France sous Philippe*Auguste| conserva encore ses francbitès , ses libertés et ses lois.

En esquissant rapidement quelques époques glorieuses pour notre patrie ^ je n^ai voulu , Messieurs ^ que vous faire remarquer combien la Société sera dédommagée de ses travaux par lespages brillantes qu'elle ajoutera à son histoire, et par les droits qu'elle acquerra à la reconnaissance publique*

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