‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 41 sur 101 · OBJETS ANTIQUES · texte numérisé non relu

OBJETS ANTIQUES

chrétienne en ce pays , enterrés pour les retrc»»ver au beseia ? C'est une cpieslion que y& Bae pemets de iaire et non de résoudre.

Toutes ces antiques antilées, trouva àp^iai de profondeur , péle-méle ^ et confondues avec des fcharbons et des fragments de yase «a terre cuHe ) me portent à croire ^'on les avail en-* terrées dans ce creux £iit à la hâte , aaosi "pré^ caution conservatrice ^ et non dans Vîuteiitîoa de les retrouver un jour;, car ^ si tellfi eut ét^ Tio^ tention des déposants, il est raisonnable de croire que ces objets eussent été placés dans quelque vase ou dans quelque encaisseatei^ propre à les garantir de Phumicfité , et non jetés néghgemr^ ment comme objets de dédam ou d'exécratioiia.

La multiplicité des sûnulacres de Vénus me semble annoncer que ce laraire lui aurait été spécialement consacré.

Quant aux bronzes , dont la plupart sont da travail le plus grossier , M. le comte de Gaylus , qui en possédait de semblables , les crojail de fabrique romaine ^ et les regardait comme des ex-voto destinés par la médiocrité de leur travail et la modicité de leur prix aux gens de la campagne , qui les achetaient vraisanblablement dans les marchés et les appendaîent dans leurs temples^ ou devant les divliiitéstutélaires dont ils gardaient

©tcOrVERTS A BIGULLEVILLE. Sj

les représentations dans leurs maisons , pour obtodr la conservation et la propagation de leurs animaux domestiques.

On peut donc y d'après une autorité aussi reye<aiHe ^ présamâr qM not» avons renoontro la d^utta dir la chapelle d^ panvre jpaïen , sespéoates, aes instniBienta de sacrifice et lesmo- Boments de sa reconnaissance et de sa pi^é.

En conséquende , et dans le sens du savant aotîqaaire précité j je ne balance pas à 4ire qa^il j a conformité entre les monuments que possédait M* de Cajlus , et ceux que nous avons trouvés ; que ces deliris ^ aussi cbéuis que lea «ens, démontrent la panvreté de leur ancienpossesseur j et qull ne pouvait se rencontrer avec eux ni médailles d'or ou d^rgent ^ ni objets précieux.

NOTICE

Sur quelques antiquités observées à Dreiur ( Eurent-Loir J j par M. MARQUIS M. jP. j membre de plusieurs Sociétés vantes y à Rouen^

Dans l'enceinte du château de Dreux, sita^ sur une colline qui domine la ville , existait avant la révolution une ^lise remarquable par soa aoitiquitë et par sa structure.

L'inscription suivante , gravée sur le mur en caractères gothiques | quoique postérieure , sans doute I indiquait IVpoque de sa construction r

Centieê iOuUnU quater annis êulde n&oenos , Sexto qui sequitur Ihnnui hae fundata probatur.

« A cent fois onze ans, ajoutez-en quatre « fois neuf; au sixième qui suit fut fonde ce « monument »•

Cette inscription indique évidemment Pannëè ii4a, et non Tannée 1119 , comme le porte la traduction inexacte de ces deux vers , placée récemment dans un caveau dont je parlerai plus loin.

^7fTIQUIT£S ODSERVaâs A DR£UX. Sq

Il parait aa reste qu'il s'agit ici , non de tii fondation primitive de celte église , mais de sa rëédificatioa et de sa dotation par Robert de France, £ût comte de Dreux par Louis-le»Gros, son père, en ii35.

Cède église, oii M. le duc de Penthièvre avait fût apporter et déposer dans un caveau les dë^ pooilles mortelles de plusieurs princes de sa maison , est du nombre de celles que le vandalisme révolutionnaire a détruites. A Tépoque où Tangoste famille qui a donné tant de rois à la France fut enfin rendue à ses vœux, M™®, h duchesse dX)rléans entreprit de la relever di| milieu de ses ruines , et de la consacrer à la s6^ puhore de saiannlle. Ce projet a continué, depuis la mort de cette princesse , d'être suivi avec activité par son fils. Aujourd'hui s'élève sur cette [^ce un temple d'une architecture élégante et noUe, malgré ses dimensions ress^rées, surmonté d'une coupole , et sous lequel deux étages de caveaux j construits avec le plus grand soin , renferment d^à plusieurs tombeaux , et entre autres ceux de la respectable et pieuse fondatrice , et de son vertueux père. ^

Quelques chapitaux de l'ancienne église , trèscurieux par les sculptures bizarres dont ik sont chargés , et qu'on a placés dans les caves se-

fio ANTIQUITÉS^

pulcrales, comme souvenirs du monument cl^ truit y sont , avec l'inscription citëe plus haut , recueillie par un particulier , tout ce qui en a été conservé. Je ne^ puis m'empôcher de regret:—' ter une porte qui subsistait encore il y a pett d'années , mais que depuis on a cm devoir sacrifier à de nouvelles dispositions , et dont les c€>— lonnes , et Tare semi- circulaire , orné du bâton rompu ou zig-zag , si commun dans les constructions de ce temps y offraient tous les carac— tères de l'architecture du XI«. siècle y et du commencement du siècle suivant.

Les foniUes profondes nécessitées ponr la construction des caveaux , ont révélé l'existence ^ sur le même emplacement, d'une église bien antérieure à celle que la révolution a vue tomber. A â2 pieds au-dessus du niyeau de l'édifice actuel , ont été reconnus les fondements d'une autre église beaucoup plus petite , et qui n'offrait que la forme d'un quarré long. Des crânes en assez grand nombre^ enveloppés dans la maçon* nerie très-solide de cette antique construction ^ offrent une singularité remarquable.

Plusieurs firagments de verre coloré ont été trouvés à la même profondeur. Un caveau spacieux, creusé dans le roc, existait aussi au niveau de ces anciens fondements, qui appartinrent pro-

QJBSFRV££S A DREUX. Gl

baUemcait ati preisîer temple chrétien dlevë à Oreax.

A pea de dislance de réglke f sous un aacîeDi

mas de f ortificatioa , a été découvert oa petil

caveau sëpolcral , ea forme de cfoix et voûië^doiit

les murs , d'une constnictioâ asaex grossière, of-

(leiilplosîeim aiches de forme q[uaiT^,QuelqQe&-

Does de ces niches ^ à en Juger par des vestes

de ier rouillé , scelles daos la pierre , parais-

Mal avoir été fermées par des barreaux y oa a»-

irwQDt. Chaque bras de k croix ^ forÉnâB par

jce caveau, est d'eaviron 6 pieds de hâuteor y et

de 5 et demi de largeur.

Des quatre bras de ce cfveau trois seuleoient éuie&teatiers quand onfadécouvert : le quatiième, ea partie démoLî^iAdiquaitima violation hesniooiip plus aadeune de ce s^ulcre , qu'on peu t avee quel*qœ fondement rapporter au XII^ • siècle, -^oque de la coostruction du mur de fortification^ sous hpA A se trouve {Jacé. L'ouverture s'en trouva sans doute bîeatôt obstruée par les décombres qui le remplîssûent en partie , et il demeura ^ de nouveau enfoui sous la terre pendant planeurs siècles.

Quelques vases de teire sont tout ce qu'a pu ^^^caeîlUr dans ce monument le directeur des travaux , homme intelligent et curieux , qui m

6a A5TIQU1T£S

foarni ces détails. Un morceaa de fier roogë par la rouille ^ et qoi paraît être le débris d'une hache d^armes y s^est aussi tnmvé d2ms les décombres. Cette hache est à on seul tranchant comme la francisque trouvée dans le prétendu tombeau de Childéric.

Les vases trouvés dans ce tombeau sont d'une forme assez singulière. Bs sont infinrieorement ierminéB par un prolongement en forme de tenon, au moyen duquel ils paraissent avoir éké fixés dans» des trous faits à quelque pièce de bois ou dans la maçonnerie j et rangâ autour du cadavre.

Beaucoup d'antres vases de formes diflS^rentes ont été trouvés dans plusieurs tombes placées sous Téglise.Chacune n'en contenait que de deux à quatre. Quelqoefr-uns sont munis d'une anse^d'autrès en manquent : la plupart sont percés de plusieurs trous^ordinairement qnatre,disposés circu* lairement à leur partie moyenne. L'enduit noir et charbonneux que tous offirent intérieureroent indique qu'une substance y a brûlé.

La rencontre de vases de ce genre est au reste assez fréquente , suivant M. Lenoir (i) , qui les regarde comme ayant servi à brûler des .par-

(i) Ilitt. dca aitt en France, p. 5i.

OB^ERVâlS A DREUX. 65

funsdams la cârëfflome funèbre. BeaoMup de ces vases ont été titmvés dans les fouilles fsdtos lors de la d^olition de Pancieime ^îse de Sl^. GenneYiève de Paris , dans des tombeanx qoe ee savant npporte aux premiers temps de lamonarcbie ; mais tons de même forme^ et non de finrmes très^-diffërentes, comme ceoz qne j^ai observés à Dreux.

Le tombeau que je viens de décrire me semble rappeler , mais avec les différences qui résoltent de Pëioignement d*ëpoque et de lieu j et âeVait plus grossier qui a préside à sa coostrucùoa, les tombeaux découverts en si grand nomlnre dans la Gampanie , et où se trouvent les beaux ^ases des Étrusques. Les vases prolongés en ^pme, qu'il renfennait, offrent aussi quelque analogie avec les vases antiques infârieurement aloDgés , et qu^on a regardés comme destinés à recevoir les larmes des amis du mort y ou avec pbis de raison j à contenir les parfums qu'on versait sur son bûcher et sur ses cendres. Quelques grottes sépulcrales antiques , creusées dans le TOC et observées en Étrurie , présentent la forme ^ croix (i) comme le tombeau de Dreux. C'est s^ns doute à l'époque où les restes des usages

(i)MiUio, dict. des artt, ajrt. tombeau.

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