ARCHITECTURE DES ÉGLISES
architecture antérieure au XIII^* siècle.
En observant nos anciennes dglises, il est facile de se convaincre qu'elles sont une imitation plas ou moins grossière de Tarchitecture des Ronlains.
On conçoit aisément la raison de cette ressemblance. Les Romains , maîtres de notre pa js durant plusieurs siècles , laissèrent des modèles aux peuples qui les ont remplaces. Les missionnaires qui y annoncèrent Tëvangile étaient envoyas de Rome , plusieurs d^entre eux ont des noms latins ; ils faisaient à Rome de fréquents voyages, ils en rapportaient des instructions pour Padministralion de leur troupeau ^ des modèles pour construire leurs eglisjes.
De ces constructions primitives , indiquées dans d'autres parties de la France par Gr^oire de Tours y il ne nous reste rien ; le temps a détruit une grande partie de ce qui existait chez nous quand ce père de notre histoire écrivait (i). Les Saxons et les Normands , qui dévastèrent si souvent notre pays , et qui s^attachaient partîcu*lièrement à détruire les églises; les Normands
(i) Hitt. Fraoc. Lîb. XI, cap. 16» de glorU martyruoiy 1. I. G. 9.
DU DiPARTJBMEHT DE LA MANCHE. 8t>
devenus etix*méines chrëtiens^dëmolissaient cellen qai ayaient échappé aax ravages de leurs ancêtres,' pour les remplacer par de plus belles. Tout a conspiré à anéantir les monuments ecclésiastw ques juscpi'an X^. siècle y et , s'il en reste parmi nous on seul antérieur à ce temps , c'est une petite chapelle de Saint - Germain y qu'on voit encore dans le cimetière de Querquéville, près de Cherbourg, et à laquelle on ajouta très-postërieurement une tour et un quatrième c6td versl'çuest (i). Cette chapelle , qui est probablement le plus ancien édifice ecclésiastique du département, n'offre aucun caractère particulier qui fasse présumer l'époque précise dé sa construction. £lle n'a ni colonnes , ni arches , ni briques , ni pierres de taille qui puissent guider l'observateur ou lui fournir des rapprochements ; ses petites fenêtres liirait percées après coup , ta position oblique ou en zigzag de ses assises de pierres lui est
(i) Je regrette d'être encore ici forcé de crîtiqaer ira antiqaaire dittingné^M. Grivault de Yincelle, qui , lar des rapports fautifs, a doonè une description de cette chapelle. II dit qu'elle est b&tie eo briques poiées en ligza^ dans un banc de mortier , où l'on remarque des coquifles étrangèrea au pays. Le fait est qu'elle n'est point bâtie en briques , mais en pierres , et que le mortier est sans coquilles étrangères. Aurait^on pris pour du mortier <liKlqurs morceaux de tufeau , où l'on trouTe effectivement de polypiers et d'autres fossiles.
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Gommnne avec Péglise de Saint-Lô j et plusieurs autres du tenips des ducs de Normandie.
Au total, c'est un bâtiment si petit j si bas j si insignifiant y que , s'il prouve quelque chose y c'est tout au plus les Ëiibles conuneucements d'une rdigion qui dans la suite donna en tout genre des modèles au-dessus de ce qu'on avait vu jusqu'alors*
Sans m'arréter à discuter Quercuum villat j dont on a (ait re'tjmologie de QuerquievillCi pour ériger sa cbapeUe en un temple de Druides , tandis que les Druides ne construisaient point de temples en maçcmnmie ^ mais adoraient in aperto ; sans observer qu'il serait bien plus naturel de donner pour racine au nom de cette pdroisse kerk ^ qui signifie église dans la langue des' Francs ^ mot si aj^licable an lieu d'une de nos premières ^^iises ; je passe aux bâtiments dont l'origine est plus connue , et qui ont des caractères pnq^ires à en faire déterminer l'ëpoque : celle de Saiute-Groiz à Saint-Lô doit figurer la première sur ce catalogue.
Je ne vous répéterai pas les raisons que je vous ai données, dans ma lettre précédente, pour vous porter à croire que les parties anciennes de cette église sont de la date donnée dans le Neustria Pia :A Carolo magno oUmfiinéUuum anno
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80S et à Sanctd Cmce timc dgnominaium{i).
Personiie ne nie^fue les ^Ikes 4es teiops postérieurs ^ JQsqu^ la fia de VXi^. siècle , ne soient <ia jBeme st jle , opa^ ¥X>manum : seulement les ooiiaim<^ons des Noimaads sont bien plus vastes et plus magnifiques*
Je crois qn^ea y regardant de près on trouverait le moyen de signaler des époques dans l^nrcliîtectiire romane , aussi bien qa'<m Ta fait dans cdle qu'on ncname gothiqttô. Peut<-être que les aeeessoîresy la sculptare, les bas<-reliefs , l'écritnre j l'absence des contreforts , la rudesse des détails ^ des caribeaHS , <les cbapiteaux ; la JMrdiesse plus ou moins grande dans les colonnes ou les arches , la petitesse des absides , les rapprochements plus immédiats avec Tarohitecture grecque^pourraîeiit fournir des moyens de classer ces époques. L'espace ne manque pour entrer dans ces détaib de théorie ; je dois me borner à ma tâcbe d'indicateur.
Ce qoi m'a paru distinguer Pé^e de Saint-Lo de ceAes ^'on a pu hire à son imitation, ce sont les accessoires en sculpture ou en bas - relief ; Pa* nimal sans tête que deux hommes tiennent en-* chaîné, au-dessus du portail occidental ; les figures qui dans rkitérieur décorent plusieurs
(i) Page 936.
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chapiteaux ; celle par exemple de St.-Éloy e« de St.-Hubert9 dontPhistoireëtait encore toute récente ; celle da Diable qui rôiit des corps boinaius ; celle du pèsement des âmes qui rappelle d^abord ceavers deFortuaat pour le jour de la. passion :
Statera facta corporis ^ Pradamque tulit tartarij
Cest encore ce médaillon pose extërieurement au bas de la nef j ce bas relief dont Tinscriptiom nous occupait il y a un mois. Nous n^avons certain nement pas dMglise aussi ornëe dans ce genre; mais nou&en avons beaucoup qui semblent une imi ta tioa de celle-ci* Parcourons les divers arrondisser ments , et voyons les principales.
Dans celui de Cherbourg , en partant du point le plus septentrional du département , nous trouverons d^abord IMglise de Jobourg : la voûte du chœur est soutenue par des arches en fer-àcheval. Dans Féglise de Martinvast , nous aurons plusieurs détaHs dignes d^être ëtudiës. Le chœur en est vcûté , les colonnes y sont plus âevdes que^cclles des églises romanes , les arches sont sans nervures diagonales entre elles ; la pre« mière j en entrant dans le chœur , est omëe de moulures en frètes crénelées. La seconde est garnie d^un double zigzag triangulaire ; plusieurs contreforts sont plats , larges, peu épais y et tels.
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qo^on en voitauz églises de cette époque. D^autres ofirent un mélange dVehitecture grecque et romane. Ceux-ci entourent Pabaide ; leur partie
iafâîeure est romane. Elle est surmontée d'une colonne cylindrique j s'miple , couronnée d^un chapiteau ionique , qui soutient des corbeaux grotesques et bizarres.
Le chœur d'Octevilie , près Cherbourg , oflrail encore il y a peu d'années un modèle d'ar chitecture du même genre ; mais on en a dernièrement dénaturé l'intérieur , par des travaux exécutés avec beaucoup de fraisât peu dégoûtai est presque méconnaissable ; Tabside, ou petit rondpoint derrière Pautel , est très-basse , ' et percée de petites fenêtres antiques ; le clocher est en* core bien caractérisé. Un morceau de sculpture èa même temps est incrusté en dehors dans le mur du chœur, au midi : il représente la Sainte- Cène, en bas*relief. Ce morceau, ainsi que les détails du chœur et du clocher , mérite encore d'être étudié.
Mais de toutes les églises de l'arrondissement de Cherbourg , la plus entière est celle de Toilevast. Tout en est ancien , excepté la partie mé' ridionale de la nef , refaite dans le XYIII^. sîède , et quelques fenêtres repercées pour pro* carer un peu plus de lumière qu'on n'en don- Bail aux anciennes églises. Le chœur est voûté:
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se$ arches en ferià^heval n'ont poini de nâr-yjires intarmëdiaires ; elles sont onu^es de zigzags redoubles. LW^neur dte Tabside ou rondpoint oriental est très - Kmarquable : sa forme semi-circulaire^ ses contreforts plat^, mais étroits , ses corbeaux grimaçants miéritent de fixer Tatiention. Le portail de Touest n'est ps^ moias <:»nBUX*
L'ëglise de Cameville avec ses petites fenêtres , son abside arrondie et basse , la mef de celle de Coqueville j quelques parties de la nef de Saint-Pierre et de celle de Néville , et les ruines de la chapelle Sainte-Ergouefie^ à SurUinville, offrent encore <les dëtails curieux de la même architecture.
L'arrondissement de Valognes est le plus abondamment pourvu dMdifiees romans^ La nef de Rëville, le chœur de Saint -Vaast, la petite abside d'une ancienne église de Saint-AJicbel y à l'Estre, le chœur de Quineville^ celui d'Écauceville , une grande partie de Téglise de Saiot- Marcouf , et particulièrement sa crypte ou cbapelle souterraine, la nef et surtout le portail de Teglise du Ham, les deux portes de TégUse dTTrville , près Valognes , le clocher octogone de Tamerville, avec ses contreforts cylindriqueS| un portail au midi de la même ëglise , IVglise de Sôtosville ( aujourd'hui r^dunie à Saint-Cjf ) f qui , comme celle de Martinvast , a une absiJe
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«ncourëe de contreforts mi-paitifl de grec et de roman ; tout mérite d^étre examiné.
Si aoQs suivons la route de Portbaii ^ nous peurrons voir la nef de Briquebec ; c^est un escdlent modèle de ce genre : ses grosses colonnes gnmpées et très-courtes j leurs chapiteaux variés à Finfini, les arches basses qui garniesent les entrecolonnements, mériient d^étre obser- Tes. Le chcour de llagDeyîUe ^ réuni à la nef de Briquebec , ferait une église tout entière d'ardàitecture romane.
Ce nodtte complet se rencontre àBamevîUe , dont Téglise est une des plus curieuses et des ^us anciennes du département.
En revenant du canton de Bameville , dans la directi<m de Carentan , nous trouverons quelques traces de roman ; dans le canton de Saint- Sanvenr4e-Yioomte, à l'abbaye de Saint-Auteur, ï la nef de Ranville - la- Place , au choeur de
PIfis loin , sur la.méme direction ^ il y a <pielqœs détails curieux dans Péglise d^Oiiglandes. GeQe de Cbef^u-^Pont nousfournira unéchantH- Ion précieux. Les colonnes^ et les arches en fer*^* <i«val qui soutiennent le clocher de Sainte-- Mère-E^ise y attireront notre attention. En pé-* nétrant d'avantage dans ce canton , nous venrons avec fdaisir la nef de Saint-Martin-de-Varre-
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ville j celle d^AudouvilIe , celle de Boutteville ^ et rint^rieur de celle de Sainte-Marie^u*Moiit* Cette dernière église nous offrira une' ogive remarquable j omëe de zigzags ; chose peut-étr& unique dans le département.
On verra aussi les églises de Carquebu et de- Brucheville ; cette dernière a une tour curieuse. Un portail Louche am midi de Ft^lise est d^ua genre très-singulier : je Fai fait dessiner.
Il n'est pas surprenant que Parrondissemenl de Yalognes soit le plus riche en monuments t presque toutes Ips pierres qui s^ trouvent soqI fadles à tailler.
Vers Carentan , Tarrondissement de Saiat-L6 communique facilement avec les carrières de celui de Valognesl Au-delà de Saint-Lô j il peut ai— sèment s'approvisionner dans le Calvados. Àassi a-t-il une assez forte proportion dVglises re^marquables.
La première , après le canton de Sainte-Mère- Eglise 9 vers Carentan, est celle de Saint-Cosmedu-Mont. La partie septentrionale est romane. Ce côte fut autrefois Tëglise du monastère ; le portail , garni de plusieurs rangs de zigzags , les fausses fenêtres semi - circulaires au nord da chœur extérieurement ; mais Tabside surtout , qui a de grandes fenêtres ornées de zigzags j méritent de fixer Pattention. Les contreforts sont
on DÊPlRTBBfBNT DE LA MAHCHX. qS
d'one espèce pariicalière ; ils ont toute la partie pliteet unie des contreforts de ce temps ; mais eBe est flanquée d'un long cylindre à chacun des cotes.
En suivant la route de Saint-Lô , les églises dmit quelques portions appartiennent à Parchi* tectmre romane sont cdles de Saint - Hilaire | de Mont-Martin , de Craignes et du Désert.
Saint-Hilaire ne se distingue que par ses cor^ beaux. J'ai cm y remarquer des rudiments de nos anciennes armoiries | des chevrons , des fasces , des bandes ^ des pals , des sautoirs : je n^en parlerais pas , si je n'avais eu déjà Toccaâon de faire la même observation dans Parraidissement de Cherbourg j et notamment en examinant les corbeaux de Téglise d'Octeville ; peat-étre que ces observations , si elles sont fondées , jetteraient quelques lumières sur l'époque des premières armoiries.
£a quittant Saint-Lô , et en nous dirigeant Ters Tabbaye de Cérisy au travers du canton de Saint-Clair, nous aurions à examiner le chœur de YiUiers : il est extrêmement court ; les nervures de la voûte sont disposées comme les phalanges des pieds des oiseaux paUnipèdes. Cette dispoâtion m'a frappé. Je l'ai retrouvée dans les ^lises de Semillj-la-Barre et de Jobourg. En allant de Villiers à Cérisy , on voit , sur
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une hauteur qui domine la rivière d'EUe , uru petite ëglise dont le chceur est le plus éorstsé que je connaisse , c^est celle de Savîgny ; la voûte n'a que treize pieds sous clef. Si l'on en joge par l'extrême petitesse de ce chœur y par les co» lonnes très-courtes et massives qui le soutiennent, on sera tente de prendre cette partie de Pëglise de Savigny potn* une de nos plus anciennes constructions ecclésiastiques.
J'ai appris qu^on avait ajouté une noavelle paroisse à cette chëtive et misérable petite église^ qui pouvait k peine contenir son ancienne congrégation.
Quel contraste avec l'abbaye de Cérisy j qui en est si peu éloigoëe ! Celle-ci était , ilya peu d'annéeS) la plus longue du département , mais on vient de détnoHr la portion autrefois destinée à la paroisse j cette portion faisait vers l'ouest le prolongement de Téglise abbatiale. Celle-ci senle est encore plus que suffisante pour contenir la population de la commune.
Ce monument d'architecture romane est d'aatant plus précieux qull remonte k une époque con* nue^ quoiqu'ancienne. Fondé par leducRoBert, vers loSa ^ il fut consacré au commencement du règne de son fils Guillaume , surnommé depuis le Conquérant. La noble et sévère simplicité qui caractérbe la nef de Saint - Etienne , autre-
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fois relise de rabbajre-aui->Homines de Caen , etPabbaye de Lessay, distiague ce vaste ëdificci dont fëlëvation répond à la grandeur. H est à r^retter qae la nef et la croisse ne soient pas voûtées ; leur charpente nue fait un âcheox contraste avec la voàte du chœur.
Les colonnes et leurs chapiteaux sont d^one grande simplicité ; dans le chœur seulement on voit quelques moulures en forme de billettes ( i )• La même espèce de moulures se voit autour deg trois étages de fenêtres qui décorent extérieurement la partie orientale du sanctuaire.
En comparant celte église à celle de Lessay , qui fot terminée plus de i oo ans après^ont trouve trèspeu de différence dans le style dVchitecture ; cela vient probablement de ce que le plan de Lessay | adopté à Tépoque de la conquête de PAngteferre, nVprouva aucune variation pendant plus «Tau siècle que dura la construction.
En revenant de Cérisy à Saint-Lô. par la grande route ^ nous trouvons plusieurs échantil^ Ions dVchitécture romane d^an genre plus orné. Je vous indiquerai près de cette route les arches et les colonnes qui soutiennent le clocher de
(i) BHittits ; 4'a^rèt Itt Anglftk, |e donne ce lom à de f etttt* mouions ijaairées en relief qui décorent souTent les archet remanef; C'est un mot tiré dn bUson. Je nomme conire-bUteties 1«» "'^«es (|tiarr6s en ovav. I) y en a aM portiili de Bameville et <1« ToUerast.
9^ ARCHITECTUBE DES EGLISES
Bérign y ; un portail très-curieux au midi de Pégl de Saint-Germain-d'Eile ; les ëglises de Sainte- Pierre et delà Barre-de-Semilly. La porte d'entrée du chœur de Saint-Pierre de Semilly est très* remarquable; elle est garnie de zigzags grec^s et d^autres moulures depuis le haut jusqu^au bas ; ce que je n^ai yu que là et à Tëglise de Mortain.
Si de Saint-Lô nous allons ensuite vers Coa^ tances , les morceaux de ce genre ne nous man^ queront pas. Nous en retrouverons au chœur de IMglise d'Aigneaux , au clocher et à Tentrée du chœur de Saint - Gilles : le chœur de Marigny est tout entier du même travail.
Nous entrons dans l'arrondissement de Cou— tances. La première ëglise romane que nous y rencontrerons un peu à Test de la grande roate , est celle de Savigny , ancien prieuré dépendant de Tabbaje deSainte-Barbe-en-Auge. L'extdrieur de IVglise annonce peu de chose ; il faut j entrer. Le chœur est un des modèles les plus curieux et les plus anciens que nous ajons. G)mme ceux de Martinvast et de ToUevast , il est soutenu par des arches sans nervures intermédiaires.
Tout , jusqu*à Tétat d'abandon et de dënument où je vis cette église il y a deux ans , contribuait à en faire ressortir les caractères d'antiquité.
£n nous éloignant davantage dans ce côté de
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raiTODdjssemait y nous aurions à examiner les portes de la nef de Roncej et le chœur de Gavraj. Là, nous commencerions à voir des ëchan« tillons en granit. Malheureusement on ne retrouve plus ici, ni au midi du département, cette pierre de Valognes et du Calvados, qui fait tant d'honneur à nos églises des arrondissements da QonL
Revenons & l'autre extrémité de Parrondissement, nous y trouverons deux beaux modèles de Fancienne architecture ; Téglise de Saint- Germain^sur-Ay et celle de Tabbaye de Lessay • La première appartenait à un prieuré dépen-* dant de Tabbaye du Mont -Saint-» Michel. Le chœur offre de jolis échantillons de ces fausses fenêtres , qui , dans TXI^. siècle, décoraient sou*^ Te&t les murailles des bâtiments. Je la crois du commencement de ce siècle, époque de la plas grande ferveur de restauration parmi les seigneurs normands , animés par l'exemple de leur duc Richard H. Les moulares en hillettes sont communes ici dans le chœur : il est entouré d'un banc grossier de pierre , dont les murs font le dossier. De grosses colonnes groupées , et d'un bon travail , le séparent de la nef : celle » ci est soutenue par des pilliers quarrés simples et grossiers.