‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 67 sur 101 · DE L^AAROKDISSEMSIIT DB VALOGNES · texte numérisé non relu

DE L^AAROKDISSEMSIIT DB VALOGNES

ghds ( i) l'ont chercha môme à Granville ; mais la conformité d'orthographe,la tradition de la famille da marquis de Buckingham et remplacement bien conservé de la motte du ^château ne laissent aucon doule à cet ^ard.

Suivant les preuves gën^logiques citées dans la dernière édition an Peerage de Collins ^ on y trouve beaucoup d'exemples de cette manière d'écrire ce nom depuis le XII^. siècle jusqu'à la fin du XVI^^. (a) ; on traduit ce nom en latin par Granmlia (5).

Le feu marquis de Buckingham allait souvent yiàr les ecclésiastiques qui résidaient au château de ^Winchester ; durant leur exil , il leur a plu* sieurs fois parlé de l'origine normande de sa fa-^ mille j et exprimé ses regrets que son curé de Grennwille ne fût pas avec eux : il connaissait la position de l'ancien château, et la désignait avec beaucoup de précision.

Le Câtet ou ancienne forteresse des seigneurs de Grenneville est sur une élévation peu éloignée du château actuellement habité. C'est un cône formé en partie artificiellement, et situé sur le

(i). Collmi , Peerage , édition de 1711 , tome j, part, t , page

(a) Colïiiw , Peerage , by sir E. Brydgcs , \olnme a , pngc 390 , 391.-1, 45o, 456 et 457, Lib. Nig, Seaccarii , page 189.

3a 4 A5CIENS CHATEAUX

sommet d'une colline. Ce cône est on des plus considérables de ce genre que je connaisse dans le Cotentin. Le puits de cet ancien cbâieau ezis* tait encore il y a soixante ans ; par ordre de celui qui était alors propriétaire , il fut comUé pour faire cesser les accidents qui arrivaient fréquemment , parce que son ouverture était à fleur de terre. Sur ce tertre on ne trouve aucune traco de maçonnerie.

Dans les listes de la conquête y je n'ai point vu le nom de Grenoble ; cependant il y a , dans celle de Brompton ( i ) , un nom de Geynevfle^ accolé à celui de GiOart , qui peut être le même, et )e le crois d^autant plus , que je ne tro«ve nulle part en Normandie un lieu nommé Gejr^ nesrjrle ; qu'il ne manque ici qu^une lettre , et que les Geynevyle et les Giflart se suivent dans toutes les généalogies. On voit dans les généa^ logies de la famille du duc de Buckingham (2} , que Richard de Grenevjle était à la conquête, qu'il épousa une fille de Gautier Gifiard , comte de Longueville y et premier comte de Bucking^ ham (3) y après la conquête , et qu'il possédait ua

(i) Bromptoa , apd. Twysdea , coUect. Angl. Script, y p. ^/6Set seqq.

(3) L« fils du marquis de Backinghim Tient d'être créé duc.

(5) Colline, Peerage , last edit. y tome a , page 391 .

DE l'aRROICDISSEAIENT DE VALOONÉS. 3a5

grand nombre de fiefs et de manoirs dans le comté. Les généalogistes anglais (i) le font descendre du premier duc de Normandie, par Hamon (ledentu)., seigneur de Torigny etdeCreully. Les détails d^ cette généalogie seraient trop étrangers à mon sujet.

Je présume que le château de Grennevilte fut confisqué par Philippe-Auguste ; car, au milieu du XIII^. siècle, le patronage de Téglise appartenait à Adam de Port , Cheralier (a).

Outre cette famille dePort,deox autres^connuesen Angleterre et en Normandie, ont possédé Grenneville , ce sont les Meurdrac et les Pierrepont. Les armes de ceux-ci sont d^azur au chef dencbé dW< Adam de Port, suivant un baronage anglais , portait d'argent au chevron d^azur, au chef de même, chargé de deux étoiles dW (5).

De l'église de Grenneville, on a une vue superbe de la Hougue et de tout le pays , autour de la baie la plus spacieuse du département.

3o. La hougue. Ce lieu devrait plutôt figurer dans les annales de la marine que dans celles des châteaux , et j'ai balancé à l'admettre ici. Cepen-

(i) Gollins, Feerage ; V, l'article > Marquis of BuckÎDgbamy tom. a , page ^90 et seqq.

(a) De patfouatib. ecclea. dioc. Constant. Livre Noir de Tévèché.

^5) Banks > tome 1 , page i65. *

5aR ANCIENS CHATEAUX

dant^ comme il est probable qu^îTy avait une forteresse dès le temps de$ ducs de Normandie , comme il est constant qu'il y en a eu une depuis le XrV®. siècle, je n'ai pas cru pouvoir me dispenser de lui donner une place parmi les anciens châteaux-forts du pay^ de grands souvenirs historiques se rattachent à celte localitd ; je vais les indiquer sommairement ; ceux qui désireront des détails, que le grand nombre de nos forteresses ne me permet pas de donner , pourront les trouver dans les auteurs et les renseignements que je vais citer. ^

n n'est besoin que de voir la grande l)aîe de la Hougue^ pour se convaincre de la facilite' d'y opérer, sur presque tous les points^des débarquements formidables; de là la nécessité d'y construire des forteresses pour garantir le pays. L'histoire a prouvé que les moyens de s'opposer aux ennemis maritimes y ont toujours été insuBSsants» Je vais vous marquer l'époque des principales descentes opérées dans cette baie , les forteresses dont parlent les historiens , et surtout l'origine de ces belles tours bien mieux càlculées^il semble, pour le plaisir de^ dessinateurs de marine que pour la terreur des ennemis.

La première mention que je trouve de la Hougue , est du XII*'. siècle : le roi Etienne y

DE L'ARROMDISflEIlKNT DE VALOGNES. Sf^J

vint descendre, en iiSj (i), avec une suite nombreuse.

Ceci^ me direz-vous , fait bi^ea voir que la Hougae était alors un lieu de d^arquement ; mais rien ne prouve encore qu^il y eût une forteresse» Pen conviens , et je ne doQiie ce fait que comme one indication qui sufjlira peu t« être à recIierclier,«oitââns lecarlnlaire de VÀbbajre-^ux'^ Dames de Gaen , qui avait jadis la ^pigneurie de la Hongue , soit dans des titres* particuliers , des preaVB6> positives qu'il y. avait4loc6 à^ retranchements pour défendre le port.

Je ne trouve cette preuve qiae dans le XIV^. fiâMe , en i346 y quand Edouard III descendit à la Hougue : les andennes écbtion» de Froissart disent que ce port ëtait défendu par un fort , nommé Vue madame; je ne copaprends pas assez par&iteinent ce passage. Ce pouvait être renplacement du fort actuel de la Hougue , qui forme tto^ espèce dlle , ou bien l'île de TatihoUy qui n'en est pas loin ^ et ce lieu pouvait tirer £on nom , pu de ce qu'il était possède par l'abbesse de Gaen ^ ou de ce qu'il y avait une chapelle cle la Vierge. Quoi qu'il en soit^ il ne pouvait

(i) Ogas cam magoo comiUtu eppUcuit $ Ord. Vital, apd» Iform. Script. , p. 909.

5a8 ANCIENS CHATEAUX

pas être loin du port , à uneëpoque où ilu'y avait probablement pas encore de canon dans une pareille forteresse.

Si j'ai quelque peine à indiquer bien positivement le fort qui défendait la Hougue alors , je pourrais facilement me dédommager sur les preuves de l'importance de son commerce. Quelques années avant la descente d^ÉdoJiacd UI , ce port avait fourni J4x^ vaisseaux pour. sa part delà flotte qui fut battue à TËcluse, en i34o (i)^ tandis que Sarfleur u^en fournit que neuf et Cherbourg quatre.

Un témoin oculaire qui accompagûa le roi Edouard à cette expédition, dit. qu'il y av^ alors dans le port de la Hougue onze navires ^ desquieux huit avaient Chastel depomt et derrière (a).

Le nombre des vaisseaux de la flotte anglaise qui opéra la descente est prodigieux. Le dernier éditeur de Froissart , d'après Knyghton , le porte

fi) Compte de François de lt)8pilal,clerc des arbalestricrsiCité par M. TrauUé , dâni son Ilist. da commerce d'Abb^iiUe. 0« a austii en Angleterre la liste des vaisseaux qui assiégèrent Calais» et la contribution de chaque port.

(a Michel de Northbttry , cité par M. Dacier, dans le Froissart, édit. Buchon , tom. a , p, 399 et suiTantes» ,

DR l'arrokdisskmbnt D£ VALOGNES. 3^9

à onze cent$ ( i ) , non compris six cents petits Mtimenls destinés à porter des approvisionnements.

Je ne donnerai pas le détail des autres descentes faites à la Hougile par les Anglais , en i4o5 et i4ia (a). Le comte de Montgommerjr y descendit encore, en tSj^^ avec une armée de cinq mille protestants français et anglais , que la reine Elisabeth envoyait en Normandie , pour y rétablir les affaires de ce parti (5) , qui fut anéanti peu après par le .maréchal de Matignon»

Par une enquête faite ^ en iSyB y devant le Juge de Valognes , pour constater les pertes e'prouvées, en 1 56i , par le seigneur de TEsUre , on voit qu'il y avait alors du canon à Tatihou , puisque c'était en allant y en chercher pour battre le château de Valognes, que les huguenots pillèrent (4) celui de TEstre.

Environ un siècle auparavant , Tamiral de Bourbon, seigneur de la Hougue ,y avait fait faire des travaux , et avait présenté au gouvernement un projet pour fortifier davantage cette place , et

(i) FroiffMrt, éd. Bachon » tom. a, p»394«

(3) VUJaret , Bist. de Fr. Ledjard , Hist. NaTtle j tome i » p. i56.

(5) HUt. da maréchal de Matignon, p. iao«

(4) Je possède roriginai de cette enquête-

33a AICCIEKS GHATEiUX

dëpartement , j'ai avancé que , sous les ducs de Normandie y et particulièrement au temps de ceux qui furent rois d'Angleterre , le port de Barfleur fut hién plus fréquente que celui de Gherboui^ , et que celui-ci n'avait alors qu'uae importance secondaire ; on m'a demandé les preuves de cette assertion y je vais les fournir : toutes mes autorités seront contemporaines; je ne donnerai ni raisonnements ni conjectures ; si l'on juge à propos de, me répondre , je crois pouvoir demander qu'on emploie les mêmes moyens.

Sous les Romains , les positions de la Hougue, dé Barfleur et de Cherbourg étaient couvertes par les camps de Montebourg , du Vicel et de Touirla ville : y avàit^l des ports de mer ? cela n'est pas impossible y mais je ne vois rien qui le prouve.

Durant les temps antérieurs aux invasions des Normands , on parle âe l'arrivée de St.-CIair à Cherbourg , et de St.-Rotpphaire à Barfleur. c'était ici le lieu de peser les motifs de crédibilité : il y en aurait bien plus en faveur de St.-Rompbaire y qui figure , comme successeur de Saint-Lô y sur toutes les listes des évéques de Coutanees , qu'en faveur de 5aint-Clair , dont l'histoire est on ne peut moins connue ; mais ce n'est pas ici le lieu de faire une dis«

DE L^ARROIfDISSEMSHT DE TALOGNES. 335

serUtion ; j^ai promis des faits authentiques , je

vais en donner.

Pai parle du sëjour d^Argrald à Cherbourg ^

vers le milieu du X^. siècle (i) > on en a peutêtre conclu trop facilement que Cherbourg avait alors un port considérable ; rien ne le prouve : on peut présumer quUl y résidait comme le fit deux siècles plus tard Henri II , parce qu'il y avait un château. Il est assez probable qu'il y avait un port , mais nous n'en avons pas de preuve authentique*

Au commencement de rXP. siècle ^ Ethelred, roi d'Angleterre ^ envoya une armée considérable pour ravager la Normandie (a) ; sa flotte vint descendre à Barfleur (3).

Dans un acte de maiîage du duc Richard m , en I oa6 , ce prince donne en dot à Adèle, fille du roi Robert , plusieurs domaines dans le Cotentin , entre autres le val de Saires , avec un port de mer (4) : Barfleur est le seul port de ce pays. U donne, dans le même acte ,

(i) V. Sapr. à l'article de Cherbourg, |>«g.—

(3) Gain. Gemet » apud Duchesne , Norm. script* , p. a5«. (5) Wace , Rom. de Bon.

(4) Pagum qui dicitor Sarnes tum porta marit. 11 n'y en a pas d'autre que Barfleur. Acherii spiciL y tonu Vil $ p. 3o5 , ^d. iQ'4**

354 AHCIENS CHATKAirz

les ports cTOmonville et de Portliail , s?ec le cfaâteau de Cherbourg , mais il ne parie pas da port.

Environ doose ans après cet acte j Edouard ( le Confesseur) j retire en Normandie , j équipa une flotte de quarante mmres y et passa en Angleterre pour y £iire valoir ses droits k la couronne ; son entreprise ^houa , et il fut forcé de revenir en Normandie ( i )• Le poâe Wace nous j^rend qa*jï partit de Barfleur , et qu^il sy retira avec sa flotte.

Ewart de Barbi/Ue turna , Od quarante nés s'il mena.

A Bar^flot lut son répaire.

Un historien de Guillanme->Ie-Conquérant , donne aussi des détails sur cette expédition ^ mais il est moins circonstancié que Robert Wace (a).

Je ne trouve ni Cherbourg ni Barfleur cités paniculièrem^it à Tépoque de la conquête.

(i) Roman de Ron.

(a) Gnill. PuttT , <2«fta Goill. Dacif , «pd Dache«ne , p. i7«.

DE L'ABBO]ffDIS8£MB9T DE VALOGNES. 355

Tous 1^ ports et mêmfi le Mont-Saint-Michel rivalisèrent d'empressement ; mais nous n'avons rien de positif sur leurs contingents respectifs, Orderic Vital nous apprend que le pilote du Gonquërant , celui qui le conduisit à Pevensey, était de,Barfleur (i)«

Guillaume-le^Rottx , successeur du Conque* rant , vint débarquer à Barfleur en allant secourir le Mans , et revint en Angleterre par la même route (i^)*

Henri I^^. débarqua au même lieu avec une flotte ^ en iioS (3).

Le naufrage arrivé à Barfleur , ^en 1120 , est un des événements les plus épouvantables et les mieux constatés que nous ayons dans rbistoire de Normandie ; il est rapporté par tous les historiens anglais ou normands du XII®. siècle (4). Plusieurs circonstances de leur récit prouvent quelle était l'importance du port , et

(i) Apd. Dachesne, NomaBn. Script., p. S68.

(aj Wace , vers 147^. Hatth. Paru, ad ann« 1099*

(5) Clattem parari prKcepit portnm , qui dicitar Barbeflot , applicuît ; Orderic Vital , apd Dachcsne , p. 816.

(4) Orderic Vit. apad Dachesne , p. 868 à 870. Roger de Hoacden , apd Savile , p. 973. Will. Malmesbury , ib. p. gS. Uenric. deHantingd, ib, p. aiS. Simeoi» Dunalia apd Twyaden, X script., col. 24a. BromptODf ib, 1012.

356 ANCIENS CHATSAUX

qull en pouvait sortir de gros vaisseaux. Je regrette beaucoup d'être obligé d'abréger extrêmement leurs détails : ils méritent d'être las dans les auteurs originaux y et particulièrement dans Orderic Vital.

Maître de la Normandie , Henri , après avoir défait , pris ou soumis ses ennemis , retournait triomphant dans son royaume ; il avait fait préparer , à Barfleur , une flotte considérable (i)« Il arrive en Angleterre : un seul vaisseau reste derrière ; mais ce vaisseau contenait la fleur de sa cour ^ la famille royale, dix*buit femmes di^inguées , parmi lesquelles plusieurs des parentes du Roi , ses nièces , ses filles ; ce vaisseau se brise contre un rocher en sortant du port ; tous périssent j hormis un malheureux boucher de Rouen.

Un des historiens que j^ai cités rapporte qu'il y avait eu k bord de ce vaisseau près de trois cents personnes (a) ; mais que plusieurs , parmi lesquelles il cite des moines de Tyron, Etienne de Blois et ses chevaliers , le quittèrent avant le moment du départ. Si de ce nombre

(i) Ingenti êioise in porta qui BarbefloC dicitur aggregitA , Orderic Vit. apd Duchesue , p. S68.

(a) Feré free«nf< , ut opinor, in infaustâ nayc fnenint : id. ihib^

DE L^ARBOMDISSEIIEIVT JD£ VALOGNES. SSj

on retranche celui de l 'équipage y qui à proportion pouvait tenir moins de place , on voit qnHl fallait > réellement un grand vaisseau pour contenir le nombre de seigneurs, de princes et de femmes illustres j qui étaient à bord de la Blanche^Nef.

Tous les historiens qui racontent cet ^và« nement s'accordent à dire qu'il périt dans le désastre cent quarante passagers , cinquante matelots et trois pilotes.

Je me suis appesanti sur ces détails , pour prouver que le nom de gros vaisseaux ^ magnœ naines ^ donné (i) dans ce siècle, n'était point aussi relatif qu'on pourj^ait le dire , et qu'il en pouvait entrer de très-forts à Barfleur.

Après un pareil désastre , Henri vécut encore quinze ans, mais les historiens ne disent pas qu'il se soit embarqué à Barfleur« S'il a eu pour ce port une aversion particulière > on la conçoit facilement.

On en peut dire autant du roi Etienne , qui lui succéda ; nous avons vu combien il s'en ëtait peu fallu qu'il ne partageât le sort des autres. La seule fois que les historiens parlent

(i) Roger de Hooedcn , apud StTîle i p. 4ai.

d^un débarquement de ce roi , ils le font aborder à la Hougue (i).

Il n^en fut pas ainsi du règne de Henri II : tons les contemporains semblent avoir pris à tâche de nous dédommager du silence qu'ils gardaient sur Barfleur , depuis le naufrage de la Blatiche-Nef.

Henri n'éuit pas encore roi d'Angleterre , en ii5i ,^ et déjà il venait s'embarquer à Barûeur , pour y combattre celui qu'il regar-* dait , comme l'usurpateuï' de son trône (îi).

: Aux premières nouveltoi de la mort d'Etienne, Henri accourat a Barfleur ; il y attendit des vents favorables pendant un mois^/ et aUa à Noël se faire' couronner à Westminster (5). Si le port de Cherbourg ^ût été' aussi bon que celui de Barflenr , n'eût-4I pas été bien plus simple d'aller attendre de bons vents dans un château royal qui en était, tout près , que de camper à Barfleur ?

(i) Orde^lc Vital , apd Ddchesne , kcttpt. p. 909. T. Sopr. pag. 909.

(a) Gum esset apud Barheflavium et rellet transfretare in Angliam eum manu annota, Gbroa. Normaan. apud Ba'cLesne > p. 9S5.

(3) fiadttlf , de diceto apd Tvfysden , col. 5^9,

DB L^ARROJïDISSfiMBirr DE V^LOGIfES. SSg

£n 1 1 56 , Henri passa encore de Barfleur en Angleterre (i).

Deux années plus tard , il passa les fêtes de Noël ) au château de Cherbourg , ayec la reine £léoa<Mre , venue d'Angleterre depuis peu de temps (a). On en a conclu trop facilement que cette princesse était venue débarquer à Cherbourg ; mais l'historien n'indique pas le lieii du débarquement.

Quelques pages plus loin , Tabbé du Mont- Saint-Biichel nous apprend encore que Henri vint à Barlleur as^ec l'intention de passer en Angleterre durant TAvent , mais que les vents lui furent contraires , et qu'il alla passer lea fêtes de Moël à Cherbourg , avec la reine Eléonore (3). >

Henri s^embarqua encore à Barflepr ^ en iiyo et iiyS (4)-

Il s'y esabarqua de nouveau , en 1 174 ^ avec la reine ^ ils arrivèrent le lendemain à Souihampton , d'oii il partit pour aller à Cantor-

(3} Robert de Monte, apd DacheAne» p. 993.

(a) Quat paolo ante tianifretsTent in Normanniam , id, ibid* p. 995.

(3J Xrf. ikid. p. 999,

(4) Roger de Houenden ', apd Sayile , p. 296 ; 6t Radulph de Diceto apd Trrysden , X script. , cul. SjS et 676.

34o ANCIENS CHATEAUX.

héry j au tombeaa de St.-Thomas (i) ; peu après , il revint pour aller au secours de Rouen (a).

n me serait jEacile de grossir la liste de ces exemples j surtout si je voulais citer Dumoulin et d^autres modernes ; mais en voilà bien assez ; je craindrais même d'en avoir trop dit y s^il notait indispensable de prévenir Pincrëdulité de ceux ^qui pourraient examiner Pëtat actuel du port du Barfleur.

Je ne puis cependant ^ en terminant le règne de Henri II y me dispenser d'ajouter son propre témoignage à celui de ses historiens : dans une chartre j en faveur de Tabbajre de Savign j , il ordonne à tous les commandants des ports de Normandie , de laisser passer librement ea Angleterre , et vice versa ^ les effets de cette abbaye ; il désigne tous les ports ^ et ne ci^e que Barfleur dans le Gotentin. Aurait-il oublié Cherbourg , oit il avait un châteaU| tandis qu'il n'oubliait pas même Oystreham (3) ?

(i) Venit Rez ad BarbefleC ubi muitœ navet eongregafm eranÊ in adventum ejus. R. de Hoaeden ubi sup. , p. 3o6. Bromp* tOD, apd TwysdeD , col. logS.

(3) Brompton, <6. col. 1096; et R* de Hoaeden, nb. ^np.

(S) Gartui. Saviniere» AbbaU Uembranac Gart. XXX VI » do Tariia epiacopatibos.

DE l'arrondissement DE VALOGNES. 34 1

Les guerres, et les affaires deRlchard-Cœur-âelion rappelèrent particulièrement en Orient j dans la Haute-Normandie , ou dans des paya encore plus éloignés de notre département. On ne doit donc pas s'attendre qu'il ait fréquente les ports du Cotentin. Cependant il est encore parlé du port de Barfleur : ce prince y vint deux fois , et toutes deux sont remarquables.

Aux premières nouvelles de la mort de son père , Richard y après s'être fait reconnaître duc de Normandie , et avoir réglé les affaires de la province , partit de Rouen pour venir s'embarquer à Barfleur ; il en partit avec son frère Jean ; ils débarquèrent à deux ports, différents , lui à Portsmouth j et son frère à Douvres (i).

Le second exemple est encore plus remar*^ quable : en 1 1 94 9 Richard vint d'Angleterre a\^ec cent gros vaisseaux et une armée; débarqua à Barfleur, et j sans perdre un instant , alla au secours de Yemeuil , asiégé par Philippe-Auguste (a).

(1) Brpioptoa , ap4 Twysden^ X script. , col. loSG^ (s) TnDsfreUTit io Normaaniam , et appUcuit apud Barbeflct , eum eentum magnU navibut onutiis >virU bêUicotU et •tatim fTopmwaii rérnotium , <{!iod Rex Fraoci» obtederat. R. de HoiMden , apd Saule , p. 4a 1 >v^^*

Jeao-Sans-terre rëgna peu de temps sur la Normandie ; les historiens' contemporains que j'ai consultés ne parlent ni du port de Barfleur j ni de celui de Cherbourg , pendant ce temps. Cependant il est constant qu^il s^est embarqué à Portsmouth et à Pile de Wight , pour passer en Normandie ( i ) ; et il est facile de voir que c^ëtait pour un port du Cotentin f mais , comme Fauteur ne le nomme pas , la question resterait indécise entre Cherbourg et Barfleur , si le cartulaire de Cherbourg ne nous aidait pas à la décider. Ce cartulaire nous apprend que Jean était à Barfleur , le i o février de la première année de son règne (1200) (on datait alors de 1199)7 et qu^ y confirma, à Tabbé et aux chanoines réguliers de Cherbourg y les patronnages de Barfleur et de Gatteville, donnés à cette abbaye par Henri II, et déjà confirmés . par Richard (a). •

Le XTTTe. siècle a dû amener des changements essentiels dans les relations du port de Barfleur : la Normandie rentra sous la domination française ; la communication avec r Angle terre cessa ; les rois de France accordèrent

(1) R. de IIoQtden, apd Savile , p. 4^6 recto. (a) Cité par L. de BiUy , Uiat. Mss. du Gotenliii » su^ fine.

D£ L^ikRBONDISSfiMENT DE VALOGNES. 54?

des encouragements et des privilèges au commerce de Cherbourg. Rien ne prouve qu'ils se soient occupés de celui de Barfleur : les historiens n'en parlent plus ; les renseignements domestiques manquent; tout porte à croire que les accroissements du commerce de Cherbourg sont rapides ^ et que celui de Barfleur est sur son déclin. Yoilà ce que je me croyais fondé à penser ^ et plusieurs années de recherches semblaient me confirmer dans cette opinion , lorsque la liste des vaisseaux fournis , en i34o j par les ports de Normandie et de Picardie , pour s'opposer aux armements maritimes du roi Edouard III , vint me tirer de mon erreur (i). On sait que , suivant l'usage, de ce temps , les armées navales se composaient d'un contingent des différents ports de mer j en proportion de leur importance respective (2) ; or , Barfleur fournit alors neuf vaisseaux y et Cherbourg seulement quatre.

(1) Compte de FnnçoU de l'Hôpital , clerc des arbalètriert da Boi ( Philippe VI ) » des recettes et mises par lui faites il cause de la grande armée qui fut déconfite à' l'Ecluse. Tranllé , Hist. du commerce maritime d'Abbeville.

(s) On Toxt « i la bibliothèque Gotton , la liste des Taisseaux fournis par les ports d'Angleterre , pour le siège de Calais; clic marque le contingent de chacun de ces ports ; Led^ard en donne une copie dans son histoire navale , p. m etseq.

544' ANGiENS CHATEAUX

En i346 , Edouard III descendit à la Hongne; quelques jours après sa descente y une partie de son armëe vint piller et brûler Barfleur , qui ne fut pas défendu , encore que Froissard dise que c^dtait xxne forte place (i) ; il ajoute que la ville fut rohée sans ardoir (a) ; mais Michel de Northbury , témoin oculaire , assure positivement que les mariniers ardireni la ville après que les gentz furent retirés (3). U y avait dans le port neuf vaisseaux avec châteaux datant et derrière j et la ville était grande comme Sandwich (4) 7 ville bien plus considérable alors qu'elle ne Test aujourd'hui.

Cette assertion est confirmée par une requête présentée au roi François I^^ . , en 1 533 , au nom des Augustins de Barfleur ; ils j déclarèrent que la ville réduite alors à trente feux y en avait eu autrefois i8oo (5).

Ce couvent des Augustins avait été fondé , en ia86 , par le roi Philippe-le-Bel. Avant la révolution^ on y voyait un registre de la con—

(0 Froùsart , édition de i8a4 f tome a , page 3o3« (a) Id, p. 3o4.

(3) Ib, p. 339, U) M. ibid.

(5) Titre communiqué par feu M. Ermissc , maire de Barfleur.

j)s l'arrondissbmsnt x>b talognes. 345

de St.-Thomas de Cantorbéry , fondée , en i346 , à ce monastère. On y voit figurer les noms de Louis d^Erquerj, ^véque de Coutances , de Jean Haut-Fumé , ëvéque d'Avranchesy de Monseigneur Charles, roi de Navarre^ en iSSg , de Madame Jeanne de Franee , sa femme , de Monseigneur Philippe de Navarre j comte de Longueviile , de Monseigneur Louis de Navarre ^ comte de Beaumont-le«Roger , de Monseignettr Thomas de Ladite , chancelier de Navarre , de M. Jacques Froissard ( Thistorien s^pelait Jean) , secrétaire du roi , des Mene&* trels de Monseigneur de Navarre, de Mon-> seigneur Robert d'Alençon , comte de Perche, etc (i).

Il ne £ferait.pa» difficile de prouver au dernier éditeur de Froissart ( M. Buchon ) , qu'après avoir évité une erreur de la plupart des anciens éditeurs , qui mettaient toujours Harfleur au lieu de Barfleur , il j est tombé lui-même en faisant partir, de Harfleur j Evain de Galles , pour assiéger Guemesey , en iSyit (a) ; mais cette notice est déjà hors de proportion avec celles de nos autres forteresses , et je me con-^ tente d^indiquer ce fait.

(1) Extrait du registre communiqué par M. £rmî»e« {t) Froisaart , i8a4 » tome 5 , p. 78^

Barfleur fut encore pillé et brulë par les Anglais^ en ]4o5 (a) : voilà probablement le dernier coup qai fut porté au commerce de ce port ; car c'est par une erreur manifeste que M. Le Sage (Las Cases) , dans son Atlas Historique , les y fait encore descendre , en i4i5 : pour cette fois ^ tous les historiens contemporains disent que Tarmëe anglaise' descendit réélisent à Harfleur.

Les doutes qu'oii a élevés sur Timportance du port de Barfleur , ont entraîné unç disgression pour indiquer les preuves de son ancienne célébrité. Il me reste à prouver qu^il j avait autrefois une forteresse j car , le fort eut-il été bien plus célèbre , les détails que je viens d'en donner seraient étrangers à une recherche consacrée aux anciennes forteresses.

Dans le XII^. siècle , Barfleur était fortifié : le ckastel appartenait à Ranulf d'Avranches.Nous avons une chartre de Henri . II ^ peu d'années avant qu'il fut roi d'Angleterre ; ce prince y cite plusieurs des châteaux de Ranulf , en. Nor*

(i) Ledyard , Hist. naTale d'Angleterre , tom. i , p« iSd. liollinghed , Reg, in-S». , p. 83.

(a) Hist. de Charles Vl , par Le Fcvre de St.-Remy , et la Préface de THût. de Gh. VI , par Le Laboureur. V. le m^e, tome a , p. 1002.

DE L^ARROUDISSBMBNT DB TALOONES. 547

mandie y et entre autres celui de Barfleur (i).

En i546 , Barfleur était , suivant un contemporain (a) j un bon port de mer et unejbrie

£n consëquence d'un ordre du roi Henri rV ^ au maréchal de Matignon y les fortifications de cette place furent démolies à fin du XYI^. siècle (5).

3a. MoNTFARViLLE. Dcpuis quelque temps y Tusage d'écrire MontfaiviUe a prévalu ; mais Tancien , le vrai nom de cette paroisse est

MorfarsHlle.

Sur remplacement du manoir actuel y il y avait un château à motte y clos de murs et de fossés y qui fut détruit y en i356.

Ce château y sur lequel j'ai peu de renseignements , appartenait, dansleXII^. siècle , à une famille connue , en France et en Angleterre, sous le nom de Foliot. Sous Pépiscopat de Guillaume de Toumd)u, qui occupa le siège de Coutances , à la fin du XII^. siècle y Guil-

(i) Elle est donnée en entier dans l'Histoire Mss. dn Gotentin , par l'abbé de BUly.

(s) Froissart de Bachon , tome a 9 page 3o5.

(5) Histoire dn maréchal de Matignon-, par Gaillièrea » p. 359.

348 AVCtBNS CHATEAUX

laume Foliota seigneur de Montfarville , bâtît une chapelle dans ce château ; je possède une copie de Pacte de fondation de cette chapelle, et de la confirmation qu'en fit l'évêque de Coutancés (i). On trouve , dans ces actes ^ des détails curieux sur la fondation des chapelles domestiques à cette ëpoque. On j voit en outre que le fondateur avait deux frères , Samson et Richard Foliot : tous les trois avaient alors de grands biens dans le Cotentin , et surtout dans le val de Saires. Je ne crois pas que Philippe- Auguste ait confisque leurs châteaux , parce que je retrouvé plusieurs seigneurs de ce nom sous le règne de St.-Louis , dans les cartulaires de nos abbayes ; et, pour ne pas trop nous éloigner de Morfarville , je trouve une donation , de 1227 9 faite à Barfleur , en faveur de Fabbaye de Cherbourg , par Samson Foliot , et une autre , de lasS , faite a PHôtel-Dieu de Barfleur > par Guillaume Foliot , fils d'un autre Samson (a).

Cette faftiille ne fut pas moins consideVable

(1) Extrait da cartuUire de Montebourg , page CXXXYI.

(a) Cet deux actes «ont transcrits dans THist. Ms». de Cotentin , par i'abBé de BiUy , penii not.

DE L^ARRONDISSEMBNT HE VALOGKES. 54^

en Angleterre qu'en Normandie ; j'y trouve un Samson Foliot , shërif du comte d'Oxford ^ la cinquante-deuxième annëe du règne de Henri m 9 et gouverneur du cliâteau d'Oxford. Sous le règne de Henri H j environ œnt ans avant celui dont je viens de parler , Gilbert Foliot fut ëi^êque de Hereford et ensuite de Londres. On trouve beaucoup de détails sur sa vie , dans l'histoire de Matthieu Paris.

Les Foliot d'Angleterre portaient de gueules à la bande d'argent (i).

Au manoir actuel de Montfarville, on voit encore remplacement de la motte , des fossés et de la chapelle de l'ancien château ; il appar* tient à M. du Mesnilda.

53. AifNEViLLfi-EiC'SAi&E. Voicî CDcore une paroisse qui a donné son nom à un des seigneurs contemporains de la conquête de l'Angleterre ; son nom est le second de tous sur la liste «de Brompton : au lieu à^Annes^ille , il est écrit ^Aundevjrle ; c'est l'ancienne manière de le prononcer ,. qui n'est pas encore perdue dans le Val-de-Saire. Le nom de Man^ deyyle y qui le précède sur la même liste , a

(i) Bankf , Eztloct Boronage , tome i , pages Si, S5 et S6»

350 AlfCIENS CHATSAUZ

subi la même métamorphose ; il à ëté changé en Magne^Ule.

Quoiqu'il en soit , le château qu%abitaient les seigneurs qui portèrent le nom de la paroisse a entièrement disparu ; ils ont fait tant de donations à l'abbaye de Leôsay , que leur fief a beaucoup perdu de son importance primitive (i). Il s'étendait autrefois dans les paroisses du Vicel , Réville ^ Morfarville , Barfleur y Sainte^enneviève , Valcan ville et Saint- Flocel.

Sous le règne de St.^Louis , les seigneurs qui portaient le nom de la paroisse , passèrent à, celle de Montaigu<-la-Briselte ; la seigneurie d'Anneville passa , par un mariage , dans la famille de Montigny (i) ; puis dans celles de Villiers et de ColomUères. Dans le XIV®. aiècle , elle appartint quelque temps à la famille du Guesdin ; elle passa ensuite à Louis de France y duc de Guyenne ^ dauphin Je Viennois y avec le comté de Longue ville et la seigneurie de la Roche-Tesson (3).

(i) Généalogie de la famille d' AnneTille > preuves des premiers degrés. Gall. Christ. XI. Neustr. Pia.

(a) Généal. de la famille d'Anoe ville , pièces jastificatives. (3) Hist. des grands Offic. de la couroo. , tome 6 , pag. iSj,

DE L^ikRHOKDISfiEMENT DE YALOGNES. 55 1

L'amiral de Bourboa , seigneur de Yalognes et de la Hougue , le fut aussi d'Anneville ; eï\ 1496 7 Jeanne de France^ sa veuve , la vendit à Geoffroy Herbert , évêque de Goutances ; celui'- ci ^ en 1 5oo j donna encore une grande partie de ce domaine au chapitre de Goutances. Gette donation y qui a beaucoup appauvri le fief d'Anneville y a aussi beaucoup contribué à la démolition du château dont nous faisons la recherché. Ge château était «près de la rivière de Saire ^ dans une prairie qui porte encore • le nom de Pré de la Motte : ce nom est la seule indication qui nous- en reste ; Pépanchôment des eaux de la Saire en faisait là plus grande force.

L^istoire de Guemesey parle de la famille d'Anneville y comme de la plus ancienne de cette île. Avant loSo, elle était infestée par des pirates venus de la baie de Biscaye , qui y après l'avoir souvent ravagée , s'y étaient enfin établis t Guernesey faisait alors partie de la Normandie ; les habitants vinrent demander dû secours au duc Guillaume , qui résidait alors au château de Yalognes ; ce prince leur envoya des troupes commandées par Samson d'Anneville. Elle chassèrent les pirates , détruisirent

55a ARCIEHS CfiATEAUX

leurs foFti&cations , et firent si bien qu'ik n^y revinrent plus (i).

Un seigneur d'Anneville fut nommi^ gouvçrneiur du Val-de-Saire , en 1 066 , durant l'expédition d'Angleterre, et sous la r^ence de la duchesse Malthide ; son irère suivit le Conquérant j et obtint des concessions en Angleterre* Sa posle'ritë s'établit dans le comté dTork et dans llle de Wight (9). Richard d'Anneville signa y comme témoin , une charire de Guillaume de Reviers , comte de Devoui seigneur de llle de Wight^ en faveur de l'abbaje de Lyre et du prieuré de Carisbrook.

Je pourrais suivre cette famille en Angleterre , dans les comtés d'York et de Sommerset ; mais vous pourriez me reprocher un article bien long pour une paroisse qui n'offre plus les traces d'un ancien château. Je . vais me hâter de dire quelques mots de ceux qui figurèrent en Normandie , au temps de la croisade du duc Robert Courteheuse et de Godefiroy de Bouillon.

Dans l'acte de fondation de l'abbaye de Lessa j j qui est un peu antérieur à la conquête

(1) Ghronic. S. Stepbani Cadom... Généal. de la faniOt d'Anneville. W^orsleys , Uist. of the iile 6t Wight.

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