TROUVÈRES NORMANDS ANONYMES
Blason etlouenge des singularitez et excellences de la bonne ^ille de Dieppe. C'est un petit poème de 80 vers de huit syllabes , composé en l'honneur de la ville de Dieppe dans le XIV«. siècle. U est rempli de détails curieux et
(1) Voyez notice sur la vie et les ouvrages de Wace. Rouen, Frère, i8a4f gnnd io-S*., avec gravure, (a) ArcboïoJogia , tom. XIH , ppg. a56.
paraît avoir été inconnu à toais ceux qui ont ëcrit sar cette ville : on y trouve une description de ce fameux paradis me'canique qui fut brulë pen« dant le bombardement de 1 694 :
TJng paradiis faict et trassë Contre les voultes fcompassé , Qui ne s'euvre qu'une foys Pan j Plus beau n'en a jusquà Milan.
Il est ouvert à moult grant coust A la grant Nostre-Dâme d'aoust j Et met on sus le grant autel L'imaîge Nostre-Dame , tel Qu^l représente son sainct cors y Et les anges en mains acors Descendent de ce paradiz Et l'emportent aux bënëdictz.
A bien parler c'est si grant chose Qu'àultre chose dire n'en ose , Car à celluy bel ëdificé Neveoyt-on corde d'artifice, Ne fd d'archal aucunement y Mais sont pourtraictz les monumens Si subtilement en pratique , Quil semble que soit art magique.
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Poème à la louange de Rhétorique. Maim»crit sur parchemin, petit in-folio de six feuilles^ écriture de la fin duXV«.siècle.L'auteur anoii3rme se dit eschàlier de la très-^nehle université de Caeh , et il s'adresse souvent à un sieur de la Ghesna je , son très-honoré maître. On pourra juger du style de Tauteiir par ce passage :
Or sur ce poinct monsieur de la Chesnaye y Vous me direz que k moy ne tient que n'aye Gicero bien defiendu et purgé Que il affectait trop estre advantagë.
Des homes granz je parle avec dévote Religion et tous leurs diz je note (i).
Torf et ses descendants. Tel est le titre d*un petit poëme de a 45 vers de huit syllables^ que de La Roque a insère' dans le tome III^. de son histoire de la maison d'Harcourt. Quoique le style de cette pièce soit évidemment du XIV^. siècle cet auteur , doué de- peu de critique, l'attribue à Wace qui , dit-il , était contemporain de Guilr laume-le-Conq aérant. Haellixi-même a partagé Terreur de de La Roque , et cite un passage de cette pièce comme faisant partie du Roman
(i) Manuscrit de mon cabinet.
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•die Rou (i). Voici le débat de ce poè'me compose à la louange de Tillustre maisoo d'Harcourt.
Je ne suis mis tost à escrire
Du noble Humfray , dont veul dire
De son estât et mariage ,
Et du lieu dont il print lignage,
Turluphus en fut le bon père ,
Dudeline c'estoitsamère/
Ainsi pour vray si me recors.
Le père Turluphus fut Tors
Dont en ce pays plusieurs villes
Si ont prins les noms de Tourvilles.
Tors estait un homme de magniere y
Il avait Turthetil son frère ,
Qui père fut , pour faire court
De Hanchetil de Harecourt.
Suit Vaventure du duc Richard et de Gonnor ; le poëte parle ensuite de Dudeline , de Humphrai, du mariage d^Albérée , de Roger de Beaumont , de ses deux fils , de la fondation de deux monastères , etc. ^ etc.
Fie du bon Thomas Hélie'. La vie du bienheureux Thomas Hélie, prêtre, mort en odeur de sainteté dans le Cotentin en laSy , &t écrite en vers quelques années après par un poëte du
(1} Origines de Gaen. a*, édition, p. Soj.
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pays , qui s^est dësigaé par ces deux veis énig* matiques : .
Nomen Baptista cognomen nomiais iste ,
Gessit qui dudùin vestivit nudum contrit frigas( i ) .
Voici le dëbut de ce poëme dont le style est rude et grossier métne pour le temps où il fut composé :
Eu la duchey de Normendie Fut ney le bon Thomas Hélie , Ou il n^ut bobans ni vantanches y En dipcèse de Goutanches , En une asez petite ville A Saint-Pierre de Buinville.
Sen père He'lie fu nomey , Qui fut homme bien renomey , Si ut sornom du nom sen père | Et Mahaut aveit nom sa mère , Qui esteit moult prede famé Et servit Dex et Nostre-Dame.
Si ço fut un lëal mariage , Et tant vint quant il fut en aage
(i) Ce dernier vers est estropié , mais il est ainsi dans le mi' nuscrit original.
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D^enfanche fu mlz à aprendre j Et il y out l'engin si tendre Qu'il devint si fort chrestien , Tantost très-bon grammairien Et très-bon cler et bien prolatif , Tant qu'il fu le superlatif Et du tout le plus de clergie , Et prest k douclriner mesnie (i) Par exemple et par paroles , Puiz tint en mainz les escholes.
Je* n'ai point prétendu donner une liste complette des Trouvères Normands y mais seulement indiquer ceux qui sont venus à ma connaissance. Ce travail ne doit donc être considère que comme un essai destiné à éveiller l'attention de ceux de nos compatriotes que leur goût et leur position mettraient à même de se iivrer à ce genre de recherches j qui jusqu'ici a été fort négligé.
(i) Famille, troupe » société.