DISSERTATION SUB
traire éloigae d'ane maDÎère biea précise toate idée du Vigaé , de Surraia et de Colle ville, Noos invitons M. Lambert à relire sa page i5 : nous y voyons que, rendus à Formigny , les Anglais en partie se plac èrent du cdtë du ruisseau près du pont ; que les autres , se rangeant à un trait d'arc du village j s ' appuyèrent sur le ruisseau et des jardins remplis de pommiers et antres arbres. G^est à ce point de la narration que Modstrelet dit : 91 Là furent francoy s et anglofs les « 1^72^ des^ant les autres par l'espace de trois « heures j toujours en escarmouchant j et « pendant ce les anghjrs/eirènt grands troux « et fossez eh terre avec dagues et épées , a afin que ceulx qui les assaudraientpeus-' « sent tomber eulx et leurs chevauLc j etc. » . Il ne s'agit là d^aucun autre endroit que de Formigny.
Indépendamment d'un témoignage si clair, comment supposer qu'une petite armée à peine de sept mille hommes , fatiguée du passage du grand Vey , et arrivée le matin pen de temps avant le comte de Clermont qui la poursuivait , ait couru élever \ Surrain un retranchement placé si loin sur ses derrières , et un autre à GoUeville placé sur son flanc à une lieue et demie. Si l'on s^était battu là ou dans le Yigné, le sol creusé en
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doBiieirait des preuves ; car a coup sur on n^aura pasrapportë d'endroits si Joignes les quatre mille cadavres environ restés sur la place , et qui furent inhumés dans quatorze grandes fosses à Formirgnj I oii tant de fouilles récentes attestent leur dépôt (i)*
Ma^é les intéressantes recherches de M^ Lambert et les subtiles inductions quHl en tire j tranchons net , et disons que rien dans le tableau n^a le moiodre trait d'analogie avec les métamor-^ phoses qu'il a combinées. Ce tableau, le voici : Le plan où se passe une moitié de l'action consiste en une langue de terre parallèle au-devant , et dont la largeur , se projetant vers le fond , ne contient tout au plus qu'un espace de trente perches métriques. Le surplus de la perspective , déployé sous un plein ciel à une distance de sept ou huit lieues , n'est qu'une véritable vue marine. La longue ligne d'une grève' monotone s'étend de la droite à la gauche, oii elle se confond avec une dune l^èrement indiquée. De ce profond éloignement une espèce d'anse ou de baie rentre dans les terres, et j forme un vaste terrain sabloneux , a travers lequel serpentent des levées et des digues ; cette anse se rapproche tellement
(«) Voir le Mémoire , pages 19 , 37 et 38.
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des combattants que la seconde moitié (le la bstaille a lieu sur Pane même de ces levëes» X7a lien très-^oignë y bâti au niveau de ta mer y et perdu en quelque sorte au rnilien de cette solitude y se trouve entoure de certains affbàillemeiits symétriques j qui , plus ils s^approchent du spectateur, se 'desfflneat à côté l'on de Tautre en forme d'échiquier , et indiquent sans équivoque les couches ou carrés d'un marais salant. Ces carrés ont Pair d'avoir été pris par H. Lambert pour les retranchements qu'il a dit exister sur les hauteurs ; trois ou quatre cei^ pieds de £fférencedaos Mévation s'opp(»entà ce système: ajoutons que^ si c'étaient des redoutes destinées 3l se garantir de l'ennemi , leur intérieur serait garni de troupes. Loin d'y trouver un seul per« sonnage y on en voit deux qui j^ pour éviter y en fîiyant , de sy plonger dans Peau ou dans des couches de sel y font soigned sentent le circuit du marais ; le groype de bâtimients entrevu au loin dans le centre de ces salineé ne peut guères être considéré que comme la résidence et le corpsd^-garde des employés royaux y prisés à la police du lieu et à la perce^ai^n des .droits de gabelle. £str-ca en se repaissant de ce spectacle qu'on peut reconnaître nos paysages de Saint- Laurent et de CoUeville , là où jamais oh n'a
LA BATAILLE DE FOnMIGNT. 4$)9
recuefllî de sel , et oii le gisementdos cfttes iat le permettrait pas ? Tant de disparités locales forcent de sentir que le tableau conoenite quelque autre rivage de la Franqe: .r;»
Il 7* a mieux \ hotré prétehdae représeatatûm de la bataille de Formigny ne peut rëellomeMt en représenter quMne autre postérieure âU éoAim d'un siècle. .....: j
En i45o, les arcs et Tarbalète formaient là majeure partie . des armes t le surplus dés milW tairez était composé dé lanciers à piedet à chéVal* Cependant lé tableau. né présente aucun' arc '| atucuné arbalète, aucune flèche , 'quoitpiela rifti^ ntion n^éntrètiehne , pour ainsi dire , que d'ar<^ chers depuis le commencement de Faction jusque la fin , et que , pour évaluer les distances , les traits d'arc et d'arbalète soient partoutcités comme offrant la mesure la plus Êimilîère. Pas un seul mot n'indique que péi^otine eût en lùain des armes à feu. Gé n'est pas que certain mode d'artillerie nérendittléjà quelques légers services; le récit même atteste que le comte de Clérmont , en faisacft avancer quinze ^nts archers dadsla partie voisine du moulin , les fit . accompagner de deux couleuvrinés qtii furent tour à tour prises et reprises;' Cet emploi de couleuvrinés , si rare encore y si caractéristique de la bataille de
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Form'gar, est laisse de côté par le peintrç, malgré l'assertioh de la brochure , page 4^9 ^^^ îl nV ^ d^evident que du dësordre , de la fumée , des morts y etc. , sans la plus légère apparence de canons , d^affuts ^ ni d'aucune décharge enflam— xnant TorUicé de ces petites pièces de campagne. Au lieu de les faire figurer parmi les arcs , les ^ées , les haches et les lances j seules armes manuelles alors admissibles dans les rencontres »de laplainCi quel esprit d'anticipation aurait porte .le peintre à armer les combattants de mousquets et de pistolets , lorsque , pour disputer un terrain de niveau y la mousqueterie ne fut réellement de .quelque usage dans la manœuvre des armées que sous Philippe II , en 1 667 ? Le duc d'Albe , son général dans les Pajs-^Bas y est le premier qui en ait risqué répreuve , en 1667. Estrada y contemporain de la lutte soutenue par les Flamands , en a écrit Phistoire en latin ; il dit en décrivant Tor- . ganisation de Parafée espagnole ;
« Chaque compagnie , contre Tusage , avait à « sa lête y par un arrangement nouvellement « conçu y quinze si^lçlats armés de moujsquets: n pour appuyer^ au moment de s'en servir, des « instrumenu si loin d'être maniables, cessoldaJs « portaient des bâtons surmontj&d'unepelitefour-
LA BATAILLE DE FOBMIGNT. 5oC
•« clie. Jusque là personne n'avait cru que Tdpaule « put se charger de pareilles bouches à feu : elles « ne (iraient que du haut des murs ou elles étaient « assujetties à de grosses pièces de bois (i)« »
Comment après cela se figurer que Tartiste chargé d'exécuter le monument de notre victoire ait donné dans de pareils écarts ? Son tableau , an milieu de quelques fautes de composition, n'est pas dépourvu d'un vrai mérite ; il faut donc qu'il ait eu une autre affaire en vue ; il le faut, parce que ainsi l'ordonne la triplé inspection du local , des armes et du costume. En même temps qu'une conception bizarre lui aurait fait employer , en i45o , des armes qu'on né faisait qu'essayer 1 17 ans après y quelle autre incartade lui aiirait inspiré de fouiller encore plus loin dans Tavenir pour les vêtements du temps de Henri IV et de Louis Xlil(a)?
(0 Privé de Torigmal » et rédait h ïa traduction espagnole qu'en a fbTte Melcbor de Novar , je cite les propres mots : ; La Frenle de cada compania cnbrian , con nueva tcazft , fuera de orden , quinze soldados con mosqaetes y borquillat ; que por ser de ninguna suerte mannales , no ppdîan dltpararée aînesse arrinio. Porqne antes estas bccas de fuf'go , por parecer que no se podian llevar al ombro , no se soliàn disparar si o «s desde los muros , coUocadas sobre una banquctla de madera
ée trespics Guerrat de Fiandtt*;
.,.. amberes. 3*. Impress. vol i , pag. 3 16.
(1) Voir le Mémoire , page 44*
5oa I>IS8£RTATIOir SUR
Ce total oubli des convenances n'est sans donte qu'apparent : ponr s'en assurer , il me semble que d'excellents juges seraient des personnes ërudites babitant les rivages de la Saintonge. Probablement à la vue de leurs marais salants , et faisant les mêmes remarques que nous sur Phabillement et Parmure , elles diraient : voilk le tableau d'une rencontre dans notre pays, auXVI^. siède , entre les royalistes et les ligueurs. A cette époque , de nombreux cbe£i de partisants étrangers jouaient^ dans nos troubles , un rôle très-actif , tels que les Espagnols j les Lorrains j les Flamands. H est impossible de mëconnaitre ces dififërents partis à leurspanacbes et leurs ëcharpes jaunes , couleur distinctive de FArragon , de la Lorraine et des Paj&-bas (i).Les Au^ais; dans leurs étendards, leurs pavillons et autres insignes militaires , ont toujours donné la préférence au rouge. Si le tableau médiocre que M. Lambert dit avoir été transféré de la chapelle dans Féglisç paroissiale , ne s'est pas mépris sur le drapeau ronge des Anglais, c'est que, en saisissant quelques traits historiques plus ra{^rochés de la vérité, il voulait réellement peindre la bataille de Formign j , et
(»} Les cécitt de i45o ne parlent point de cette couleur jaune.. Mit Ubieaa seul en fait usa^, et d'après lui toutes les pages dr fe 3s partie dn mémoire»
LA BATAU»L£ Jf^fOUmOTHY. 5o5
que. le grand. taUeau de IQlayeux n'y a jamais s6ng0.(i,), ,
. Une dernière remarque suffirait pour prouver que i'aclipn .de. ce ^bleau ne. peut se :rappprter au 1,5 aynlj et que sa date, appartient à une saison beaucoup pluq avancée, lie i^ avril ^^ dans, le Bessin ^ ^^yeloppeà peipie. quelque indice de vé* gëtat^on; I^e^lie pdjrçjfafe; encore apx bestiaux: si les feuilles Mliyas de quejiqç^.arbuslçscoiiir 9ÇIlç#9^à^pntrera^eplp4i^^€^ 1^ verdurç^ tocs les ^l^rçft m %éùéi^^ pe fmA qu'arton^ leurs booi^c^S:; l^^r9^ nlaMΣ9 r^p^diy^ dabs \^ .c^uh pagM. n'pfliîw^t ,: à peu de : 4i»WttC6 comme. ^^ ^hr.m'»^ ^wraflçbage d^pou^ié.tjsjl qu^îl se fait voir su fond de lliiver. Ce n^est donc pas la bataille de Formignj que le. peintre a pj) ^ccompa^er de grands arbres ^ ^ t^te touque , dont le feiiiUf^e conden^^ intercepte tou^^jet de lumière. ïfe.fpiftve j malgré $es fautes ,.a trop bien traité e^taines par^p p^r igiag^ner qu'il ait commis daçs spn feuillage une; inadvertance si oontraire àjfpnjspjet):.,un .pareil^conflit d'idées ne peut ^l^rti^i^îi^^qi^^ap ;£)ire incorrect et au^. mauvais stjleque M. Lambert a lui-même signalés dans le tableau de la chapelle. ^Permis à celui qiii Ta
(i) Le Mémoire , pag, 33.
So4 DISSBRTAtlOlV fUR
fait d'offiÎTy à trois oo qaatre perches dn champ de bataille dëjà hërissë de morts ^ on atelier de bonnes gens paisiblement occupés des travaox de la moisson : certes , il n'y a en cela que de quoi sourire et se taire (i). Les traits d^itelligence répandus dans le tableau de Bayeux j h règle d^unité à laquelle il s^est asservi j une heureuse entente du clair-obscur ^ et la iadle application des teintes ètent tout soupçon qu^ ait Toulu mal à propos prêter au preoiier éveil dn printemps les couleurs fortement prononcées de rautomne.Le verd rembruni de ses arbres certifie l'époque du fait qu^il nous a transmis : sans un excès d^^ards on n'y lira jamais la date dn i5 avril.
Reste à savoir comment le tableau d''une bataille inconnue se trouve dans^ notre ville , et par quelle singularité ses apprêts d^explîcation n^aboudssait à rien sur sa légende : puisque le champ des conjectures est le domaine des antiquaires , je vais y entrer aussi , sans attacher an cas que je présume une importance eidusive ; je tâcherai du moins que le plausible donne un pen d'assietteà la pensée.
Personne n^ignore les maux affreux dont les
(i) Héuioire , pag. 3a.
LA BATAILLE DE FORMlGNT. 5b5
cyiiereDQs reKgleases et la Ligue inondèrent les plus petits recoins de la FraDce: point de locâlitë <gni n'eût ses défiances , ses baines , ses projets plus ou moins sinistres : Caen , Saint-L^ , Bayeux^ passant alternativement sous la doromàtion de chaque pttti ^ étaient piUës j dëtastës par tous les genres de frâiësie. Rien ne répugne à ce <(a^)ors (juelque habitant distingué de Bajeux , l^étéque j si Von veut , ait reçu d^on parent ou #an àm , lié an sort de la Guyenne , le tAbleafu d%lE fait d^armes ^ oh cet ami ^ ou qtiet^^ùh des siens , se serait distingué. Miiis , en temps de ré-* volotion'^ ce qui est honorable d^ns une rue , dans telle autre est une Cache. Le tableau n'est donc reçu qu^en secret et communiqué de même i des intimes^a peinture n*ose non plus is'exprimer qu'à demi : le blanc de sa légebde a la prudence dHgnorer ce que lui veulent àke les caractères majuscules éparpillés sur la toile. La solution de l'éiûgme n^est confiée qti'à<llai lettre d^envoi dont la publicité compromettrait an milieu de lespior nage et des manœuvres sourdes d'une foule d'énergumèaes qui ne cherchoat qu'à produire des explosions. II en arrive : des provocations , des emprisonnements , des assassinats , des traits de la plus atroce barbarie oUigent^ le possesseur du
5o6 DISMRTATIOK 30R
(ableau de se caohec oa de fuir (i)« Sonpalaîs est brutalem^at .yîsk^. «^ Quel est ce Ubleaa ? *^Un subterfuge devientalors iaâiëpeosabtezc^esst, répondent 1^8 gens de rÉvèqiie, la gbrirniae image de la bataille de Formigny ^qni nous sauva tOMS y il y a plus d'ua siècle, -— La répoasène depl^tt pas I et de. ce moment voilà la fausse bataille de Formigoj ^btie.saus contradiction dans un îles appartements de Péyéclié. : C^endaii la terrer couMnae^ les . vacations .ira aVrét^t. pas ^ la lettre d'eovoi disparait j , les ^^nfidenjts .mfNirfi|it-> b lëgQ^de reste iQu|^^.
' Que cette cause d!Ulpsî|oa oa une aud?e i^qnivalfin^e ait vagueiQ^t a^dnit pqe mulMtode i^at- ^entJLVeiy ji^iQiçpn,Yépiept ^ mvice; .mais i^e
fç^ntifiqpemeot Terreur )trQ^vo 119;. appui ,dl^a$ Mm Lambert , If^ chose d^vi^ent tri^p idig^e 4^ remar<p2e pour qja-pn s'en t^isj^Tout d^cat.qa'ç^ le mouvement qui lui failî o^ei^er rittustriition des armes ,nonnandes:d|ipsi;fie4{^è|i6 qui le^resti^âp^ plicaUe /j'espère ^'après^ un . examen ]^ps. mûr ,
(1) Hit t. de Bayeux , par Ùénen , pag. %S ot raîv»-: y vnirnoiR»
ét^qnc forcé de preodie U fuite et de se stttTer en Fioerdie^
Les iaqaiétudes durèrent jusqu'en 1690; c'est dans rinterTalfe de
' cette date remontant k tSSy , qn'il eit possibte d'assigner la
. CQiifecUon do tableau : qui U ferait, descendre 80tt$ Ia>«i$ iLIll t
iosqa'en 1628 , n'aurait peut-être pas tort.
LA BATAILIiB . DB FORHIGIIT. 5<>7
son veea coBtiipe le mlîto serîi de voir figurer nos
vengéurB dnns^ quelque nduvelle œavre qui teur
scMt àpëcîaleméiit eonsacrtfoi Ceui qui^ pendant
leor vie y ont acquis taM de gloire ae doivent
pas être réduits y dans teur lombe ^ à n'emprunter
qa'iiDf chifQé^querlrOphëe ;écha0aud(^ sur des
ouUis de toute règ(e^ Um de ebancçlaols hors de
doute et d'iDViaisenibtal)Ies;t7e{4hâfir^i Nos rëchs
reafenneni deux eiroonjstâneçs .^U les pei&trea
poonaisot saisir deux-brillaots sujets de is^eaux
faisant suite ;, ce seiïaitr^ si je pe^s^ m'exprilner
ainsi ^ un pçême ei| deux chants, du |>lus vif în-^
Quoique en soit de la cQQtrariét^^nos idées ^ M« Lambert est prié de <2roire^ qjoe je me eon*^ tente de Icjs rau^er.fur-la^mème lig{le^y et d^oi laisser le «choix; a^l^i^eurs j.IejB npjiçnsefriusflettt*elles écartées ^ îe n?ep . aM»cher4i)pft$ upi moHidre priic a<» futuro essais d'un jeiwe* 4 estîmsbiè an^ tîqiwreiqui^e .v^^^pujour4 disposé à parier avantageus0Dieat.de secr lumières et de son zèle»
ISos i^t^entions I sout CQnftirmes relativement 4. une restauration da nieuument.qiiiektstatt à Foroigny. Si j'ai donné à; oette peMée unepriorîté de vingt ans 9. ce n'est; q^'un faible mérite dû à la diySéren,ce de nos Âges ; qu'il me soit permis ^ eu la redouvelant ^ d'insister pour que les déco^
iroS DISSBKTATIOK SUK
nations de la chapelle k rétablir ne prësenteat rien iie louche , de contradictoire et d^nexpUcafale : il me semble que toute peinture j devra respirer une fidélité locale, satisfaisant les étrangers comme les habitants , et les personnes de Part comme celles^ dont la simple piété ira remercier et bénir la Providence. La vérité exige encoreque le rappel fictif d'une journée aussi fougueuse que ceHe de notre 1 5 avril ne se borne pas à exprimer Tem^ portement du courage par une méthodique et molle chaleur ; tout se piréterait au spectacle de la plus mâle énergie dans les deux pendants que je propose. Premièrement Tarrivée du connétable près le môulki d'AgnerviHe , le désordre qu^l y jette pdrnh les Anglais , et le passage du pont qu'il se fraie malgré eux. En second lieu , de Vautre côté du village , au nord , Tattaque du retranchement où l'armée ennemie fortifiée subit sa destruction totale. Quel peintre n^ambition* lierait pas de déployer toutes les ressources de son art pour rendre présents , autant que possible, cet enthousiasme de valeur j cette héroïque opiniitreté qui firent que trais mille hommes j ne perdant que huit ou dix des leurs , en exterminèrent près de quatre mille , en forcèrent quatorze cents de remettre leurs armes , et mirent le reste eu fuite ? Un succès si extraordinaire , si