LA BATAILLE DE FORMIGNT. 50C
évidemment favorise du ciel , doit aiguilloner les artistes d'une imagination ardente. La toile , le burin , la lithographie peuvent se partager llionnenr de vérifier notre monument et d'enrichir nos salons de che£3--d'oeuvre précieux à tous les bons Français. Cette réunion de talents, je Tin^ voque , et termine par une épigraphe aussi bien placée ici quVn tête de la dissertation.
Let onr now«bless*d countrj be bold. Anonyme. To talL of duds of arms of old ! Walter-Scctu
Que noire joyeuse contrée^
Au doux mois d'avril, tous les ans.
De primevères décorée «
Fête, sous les bourgeons naissants.
L'heureux Jonr où Ta délivrée
Un beau lait d'armes du vieux temps l
Sur la position de VOe nommée Oscellus dans les récits . relatif s aux ihwisions des Normands^ Par M. AuGusm LE PREVOST.
ApHÈ» une trc^ longue indifl^rence, tous les regards se portent enfin vers notre histoire de Normandie , vers le phénomène que présente cette race , la dernière 'arrivée de toutes les tribus du Nord dans nos contrées , et en cette qualité ayant presque seule jusque nos joors rempli POccident du bruit de ses ravages , puis , aussitôt qu'elle a touché le sdi français , renon* çant tout-4i«-coup à ses habitudes vagabondes et déprédatrices , pour devancer tous les peuples voisins dans les sentiers de la civilisation comme dans la carrière de la gloire : aussi n^est-ce pas seulement parmi les descendants des conquérants de la Neustrie , qu^un fait si extraordinaire occupe Tattendon générale. En France, en Angleterre , tous les amis des sciences historiques en font Pobjet de recherches appr(^ iondies , et feuillettent avec un intérêt tout
POSITION DE lIlE ItOMMEE OSCELLUS. 5lf
particulier les preiriières pages dé ii^s annales. Dernièrement 'encore ; la ï>las-iUusbe coiflpagrtie savante du royaume appela les' {trav.aax des archéologues sur Porigine et les invasions des Normands. Déjà nods possédons .Pun des mé^ moires qu-a produits cet important concours , et lMen05t , nous Pespérons ^ celui quî , au jnge^ ment de l'Institut , a jeté le plus dé jour sur ces questions obscures , viendra enfin , après une longue attente^ noo^ eiiricbir de tous les trésors d'une érudition puisée aur sources les plus sûres et les plus lointaines. Bientôt aussi , des travaux non moins savants et pins chers encore à la compagnie , puisque c'est dé son sein qtfib sortiront , nous moAtreront les premiers points de débarquement , les- premiers camps retranchés des hommeS'du Nond sur nos côtes ; nous rév^rpnt les caractères pardcnliers de lewr système de fortification et jusqa^à quelqu'ésHins des secrets les plus curieux de leurs arts. Il n'est personne parmi nons qui n'applaudisse à cet heurenx et long-^temps ine^érsé coocours de recherches sur ces. origines de notre histoire f personne qui ne, doive ^ sinon prendre une pari active à de si savants travaux , cherx^heraumoins à fournir qt&elques matériaux de détail à leurs auteurs. Telles softt les considérations qui «iou6
5ia POSITION
ont porté à entretenir la compagnde dans les premières recherches que noas loi soumettrons, de quelques positions de lieux mentionnes dans le récit des invasions des Normands et sur. lesquels on n^est pas encore d'accord. Précédés dans celle carrière par un illustre devancier dont nous nous ferons toujours gloire de suivre les pas ( Tabbé Le Bœuf ) , nous ne ferons guères que rappeler et confirmer ses déterminations ; mais nous les avons vues trop souvent combattre ou méconnaître , pour ne pas croire à la néces^ site de reproduire et d'entourer de quelquei développements nouveaux les savants raisonnements dont il les a appuyées.
Lorsqu'on porte les yeux sur Tobscur et affligeant tableau des invasions des Normands dans le bassin de la Seine , on rencontre parmi plusieurs noms de lieux bien connus et ne pouvant être Tobjet d'aucune méprise j ceux-ci , dont h détermination est plus difficile et plus contestée : OsceUus 9 Givolâi-Fossa et Haldaus.
Le premier , OsceUus , et en mème^temps le seul dont nous nous occuperons dans le présent mémoire , est le nom par lequel les (krivaios du temps désignent Ttle dont les Normaads cla bassin de la Seine firent leur retraite et leur place d'armes pendant les a^ées 858 7.859 et
Dl VlLU nOMM&S OêCEhLVS. 5i3
86 1. A cette dernière ëpoque , flg en farent diuséi pir Chftrle8-4e-Chaave j assisté d^autres Normands qne commandait Gocland , et noua ne vojoaa Bulle part qu'ils s'y soient jamais retranckës de nonveaù y dans leurs invasions postërieores.
Le nom <|e cette tie se tronve consigne dans les annales de St.-Bertin (i) ; dans le traité d^Aimoin 9 SDT les miracles de St.-Gennain (s) ; dans
(0 DCGCLTIII , qaandù ipM Garolu intravit in iniplav 8e4|iiaiui , dicUm OiceUiim» obi magoam sustlnait pericoliftii, •îcat à nmkjs tanc fuit cognitnm , et qsandù ftattor/ raot Lu-* dowicat laper îUmn Tenit cum onai hcMtili appar«tii« Scd lar^ giente misericordiA Dei cum honore non receuit.
Sarioff tes intulam Sequan» voeabnlo OsceUum Denot in eê commorantei obteanonu même jalio adgredîtar , nbî ad epni Karolna puer fifios ejui ab Aqoitanlè perTcnit. Cum qno Pippi« •imi{ani kioam tntcipit et ei comitatas ac monaiteria in A» qnitanîA triboit* Lotbariat etiani ses ad eamdem inanlam mense Angutto properat » aTuncolo adjnlorian conlaHiraa* Ubi naquè IX Kil. octobrit absque profcctu obfidionb de* morantur*.,**
Dani.«.. de Anglia reTertentea dnee Welando cnn docentis et ta ampliiif naTÎbun per Seqnanam ascendant et caatellam in inaolft que Oacellai dicîtur « à Nortmannis conHtmctum et eos«
dem Nortmannôi obtldent intereà Danorum pars altéra eun
eezaginta naflbns per Seqaanam in flaTinm TeUat ascendant indèqne ad obsidenles castrum perfeniunt , eommqae societate jnngnntnr..... Obsesti anteu famîs inedlA et miseriA omni •qaealore eottpuisi ses millia fibras inter anrani et argentam <^aidentibna douant , eisqoe sociantnr et sic per Sequinam
otfnè ad mare descendant,
(s) Ifastnaani ireid apvd tmidatti loenai^ qni dieStar Os*
5x4 POSITION
une proclamatiou de Charles-le-Chauve , coatre Weailon (5) ; et daas le gssta Normannarum antèRollonemducem (^/^)*
Le père Sirmoad e$t le . proqûef invaot. qui ait cherché à se roadre compte d^ T^apUcement de POscellus des passages que nous venons de citejr. Sans le détecminer d^une manière précise y il se contenta de dire qu0 fkies devait en être voisin. Valois ayant remarié qu^il existait un Oissel aux environs de Rouen , crut y avoir trouve le point indique paries historiens da IX.^. siède ^ et la fixation du Pistes des capitulaires à Pitres , près le Pont-de- VArche., qui u^estguères qu^à deux lieues d 'Oissel ^ le confircna dans cette opinion , qui fut adoptée par Mabillon , Félibien , Daniel , Diiqilessiset autres. Balûse seul s'en ëtkit écarte , en voulant , contre toute raisob , reporter Oscellus au-dessus de Paris , dans lés environs de Melu»..
cellas » in qu&dam Seqaanae IdsqIA residentei^, ParisUs Mcpè don proraùtf placebat, navali excursu Teniebant
(S) Deindè chm contre paganos ad iosulam looî qoi Oscelluf dicitur cum fidelibas nostrû et terreno itiatre ac navigio > sicol scitia , perrexi
(4) Deindè cnm duce eoram Welando cnm G. C. navibus per Sequanaui ascendant et castellum in iasulâ qii« Otccllos dicitur , obaidènt.
BB l'IlB KOHMÊlt OSCSLLITS. Sl^
Maig , vers le mitieu da siècle dernier ^ Tabbé Le Bœuf sMtant occupé avec beaucoup de détail de la topographie du diocèse de Paris ^ à Toc-r casion de la notice ecclésiastique qu^il eh rédi*geait ^ fut conduit par ses recherches , et 'par la découverte d'un premier nom de lieu ( Charlevanne) à reconnaître, daiis le même endroit , des vestiges de rexistèncé d^n autre Oscellùs , in* finiment plus voiski de la capitale que FOisset sur lequel avaient porté jusque là les conjectures; Cest vers remplacement de la machine de Marly qu^il^ trouva la montagne à laquelle il pensa qii'avak été d'abord particulièrement appliqué ce nom , devenu commun depuis à Hle et à la presqulle voisine , genre d^extension fort ordinaire à cette époque , comm^ il le prouva pour Pautre Oi^el mentionné comme une . Ile dans une charte du > XI^. siècle y eti même temps qu'on lui donne pour synonyme couronne j ce qui prouve qu'il ne s'agit réellement que d'une presqu'île. Insulam Oscelli quœ alio nomine Corhulmits diàitur. Il parait au surplus qu'il existe en France plusieurs autres lieux de ce nom ; par exemple^ dans l'Orléanais, l'Auxerrois , la Franche-^îomté et le^ Quercy .
Quoiqu'il en soit , c'est dans Hle même , voisine delà mach&e de Marly , et l'une des plus
5l6 POSITION
longues et des plus vastes de tout le cours de la Seiae , qae le savant académicien plaça le poste militaire occupe pendant quatre ans par les Normands. Ses principales raisons pour s'éloigner de Topinion généralement reçue,fureat : ]<>• ridentité de lieu quHl crut remarquer dans Aimoin (de miraculis S^\'~Germani) , entre Charlevanne ( aujourd'hui la Chaussée j hameau de Bougival ) ^ et FOscellus en question , d'après ces expressions de Fécrivain. Jpud eumdfira locum y qui dicitur Oscellus.
^^. he récit fait par le même auteur d'une surprise de Tabbaje de Saint- Germain -des* Prés , un jour de Pâques au matin, par les Normands j partis dès le vendredi de leur station d'Oscellus^et qui avaient pris toutes les précautions propres à cacher leur marche. Ces précautioiis réussirent si bien que les moines ne furent prévenus par quelques-uns de leurs cavaliers qu'au moment même où les Barbares arrivaient. Si les Normands fussent partis de l'Oissel voisin de de Roncej , dit l'abbé Le Bœuf y leur marche n'aurait eu rien que d'assez naturel, et les espions des moines n'auraient eu aucune difficulté à la pénétrer; il est probable, au contraire,qa'ils firent quelque grand détour , de manière à faire sop^ poser qu'ils étaient occupés fort loin de-Ià.
DB l'île NOMMâB OSGELLUS. S\J
3o. Xie graûd vaisinage de Paris, où ils allaient et venaient k leur gré : sœpedàm prorsàspU^ <ehat, navali excursu veniebant, ce qui ne saurait s'entendre d'un lieu distant de dn^uaente lieues par eau ^ comme est lOissel des en virons de Rouen»
' 4^. La marche progressive des Normands , qui ayant pour but et d^âoigner leur place dWmes^ des pays déjà ravages , et de la rapprocher de plus en plus de la capitale , sVtaient déjà portés successivement à Pistes et a Gefosse , et n'avaient aucune raison pour rétrograder vers Rouen,
5^. La circonstance de la rivière de Telles, que les Normands nouvellement arrivés remontent en 86 1 , pour aller renforcer les assiégeants r per Sequanam in Jlus^ium TeUas ascendant. L'auteur, aprèsavoir rappelé que , dans le même récit, l'Andelle et TEure sont désignées par leurs noms connus , établit que ce ne peut être que TEpte , à laquelle on aura donné le nom de la contrée dans laquelle elle coule , nom encore reeonnaissable dans ceux de Neuillj-en-^Telle , d'Hénonville-en-Telle , de Jouj- en-Telle , que portent des villages voisins , de même que la Juine a quelquefois été appelée : Fluvium Stampas.
6^. Enfin, des circonstances locales, telles que
5l8 PJSITION
la grandeur de l^le situëe vis-^i-vis de Bougival, et qui cofloprend au moins cent cinquante arpents ( tandis que i^Oissel voisin de Rouen , et même tonte la péninsule de couronne n*offre des iles que d'une étendue fort bornée ) , les foss^ faits de main d^homme , qui en isolent le ndliea ^ les vestiges d'un édifice de pierre , le nom de grande ile de la vieille Loge (magna insida de n)^teri Loffa ) qu'elle portait au XIII^. siècle y et qui «ect encore k désigner une de ses parties : l^e de la Loge. On sait d^ailleurs , ajoute-t-il ^ que ces mots de vieille loge équivalent à ceux^-ci : vieille tour, vieux château,
Kopinion émise par l'abbé Le Bœuf contra-* riait trop d'idées, reçues pour ne pas rencontrer beaucoup d'opposition. Immédiatement après la lecture même de son mémoire^ i )9nombre d^objections lui furent adressées de vive voix , et, deux mois après^Mv Bonamjr^qui s^était ajassi beaucoup occupé de cette affligeante époque de notre histoire de France ^ en recueillit la [dus grande partie dans une dissertation insérée au même volume de l'Académie des inscriptions (tome 5o, p, 109), et tendant à soutenir l'ancienne déter-* mination.
Les arguments qu'il apporta à l'appui de cette
(i) Mèm. de TAc. desinicript. t. XXX, p. 91 » 109.
DB lIlB irOMMiE OSCKtLUS. SlQ
deiermioatioa j et qui lui appaitiékinept li pea près teos: en. propre^ aucn& de ses nombreux devancierB n'étant entre dans Texplication de ses ' modfs , peuvent être compris^ soas les neuf chefs ' suivants: «
fo. LHdendl^ établie par la petite chronique de Fontenellé y entre le fort conêtrnil par Ber« non, en 856 , «t. celui ou Charles«-le^Ghauve as- ' siëgea les Normandsii non* pas en 869 y comme ' elle le dit par erreur, maïs bien en 858 : sequenti anno (;S56).... Berna inguâdam insulâcas^' trum œdificatp ubi à Carohregê na{>aUi>h^'
sidione obsèssus est anno 8$9.-; Or^ en
856^ dit I^p Bonamy ^ les Normands partent de Gefosse , et y reviennent dans leur expédition de la fin de décembre, contre Paris, Il fallait doncf qu'0scellu8,déjà fortifië,fut aindessousdéGefosse^ pour qu^ils ne Paient pas choisi prëférablement pour point de départ et de retraite de cette expëdition,
a^. L'identité, ou au moins le grand voisinage que Gharles^le-Chauve établit lui-Même dans les actes du parlement de Pistes , en 861 , entre le lieu où il tenait cette assemblée des grands du Royaume, et le séjour des Normands : in loco qui Pistis dicUur^ ubi exigentihus peccatis nostris y aliquandiù sedes Juit Nortmannchrumj convenimus. C'était donc à Pistes o
5ao Po$vtnf9 ^
enviroos qM les Normands avaient établi tear place d'armea; cVtait d^aiUeoisa Pistes oa àMaM le voisinage qu'on prenail des mesores d^ea^ sives poor prëveinr leur retoor. Ad locum qtà Pistis didtur...^ muniticmes construens as-cendendi vet àesàendendi nàiribas propter NortmannM aditum iniereimUt. Olr Pîstea est, de Tavea de tûat te monde , Pitres, pris le Pontde4'Arche» <7est donc dan||ee quartier qn''i^£Mt eherchar OsceHus» liais le village actuel dYKssel n'en est pas à une grande distance , et enire^ deux on trouve j vis4«vis Preneuse , une grands lie tout à*£ut propre à vecevoir un àaUissemeBl militaire , si âenda qu'bn veuilte 1^ supposer, € et telle qpie M» Tabbë Le Bœuf U demande € pour y loger noû-seulement les Normands^msk « encore une partie des troupes françaises qui « les y assiégèrent en 858. •
3o. Lldeatité complète et encore stifasigtsnte du nom.
4^« Le choix que les* Normands font encore de Pistes pour s^y établir en 865 : usque aà locum quiPistis dicitur, ubi intmorabantur Nortmarmi ; et Rollon du Pont-de^FArche on Haldaiis , vers 865 : Stationemque navium apud HcUdaus qweArchas dicituTy compo^ nunU Or , 111e ci-dessus mentionnée est située
9% lIlX XOMMiS OtCXLLUS» Sat
entre Pisiti , le PooHie^PArche et Qbsel^ de inaBière à poiivoir élre à pea près indifféreniineiit dësignëe bous lous ces nbnis dans les récits Tâgoes el confas da IX.** sièclew
5^. Les circoDstances rapportées par Aimoia
concernant la surprise de St^^Germain ^ par les
Kormands ^ et qni paraissent à M. Benam y être
de nature ii prouver qu'Oscdlusr était li bien
phis de trois UlMies du consent. Les Normand»
panent le vendredi pour arriver le dinuoche au
matin. Âimom dit bien qu?ils avaient recours ^
pour assurer le succès des expéditions de ce
genre , à un secret impénétrable , et mêine à la
fâinte rebtivemenC à leur départ » mais non point
à un détour dans leur marche : St quotieS"
cumque <ale quid agere disposuissent , dis^
simidabant se mukis diebus aruè nuUàtenus
quoquam ire y ne oui illomm furtivus inno^
tescerit ad^entus. Cest gratuitement aussi qu^on
a prêté des espions aux moines , quand Aimoin
ne parle que de quelques-uns jd^ l^urs cavaliers :
quidam nostrorum équités.
&^. La légèreté du rapprochement entre Charlevanne et Oscellus , fondé sur ces seuls mots d'Aimoin : apud eumdem hcum^ sé« parés du nom auquel on veut les rapporter par
522 POjllTlDlC
jun grand OQOibre de chapitres formant ^ept page$ ÎQ-folio de texte.
70, La facilite avec laquelle tons les rëcits des auteurs j tous les mouvements des Normands et des Français s'expliquent en rapprochant Oissel de Pistes et de Rouen.
8<>. La possibiiîtë d'appKquer à PAnddle tout aussi hien qu'à PEpte la dénomination de ^/Zt^ pium Tellas , puisqne Pistes était pareillement situe dans le pays de-Telle , d'après une charte du roi P^in : in pago Tellao Pistas
Q^. Enfin , 1^ peu d'attention qu'il faut accorder à la distance , surtilut par eau ^ les Normands ëUnt accoutumés k faire des courses bien au- Irement considérables , iliêmeen présence de leurs . ennemis y puisqu'ils remontèrent une fois jusqu'à Melun , quoique les deux rives fussent bordées de soldats français. Ainsi, ni la consi-^ dérâtion de la distance, ni celle des postes ennemis semés sur leur passage , n'étaient d'aucun poids pour eux , comme l'atteste encore l'insoFente course et, le tranqciiUe retour de deux cents de leurs guerriers de Pistes à Paris , par terre , en 856 j dans l'unique intention d'aller chercher du vin (1).
(1) Mém. de l'Acad, de» îowript. , t» XXX.
PS lIlb nomik& oscellus. 5a3
L^abbë. Le Boeaf a^ayail point eominùmquë. son premier mëmoire à M« Bcmamy ; il parait que celui-c;î ne lui eoBiiiitini<fua pas non plus^ le sien , puisque , dans de nouvelles observations à Tappui de sa détermination , ce savant acadëinicien ne répondit qu% quelques - unes des «ombreuses et spéci0uses objections qui s'y trouvaient renfi^rmëes. En revancbe, le mëmoire supplémentaire répond à d'autres observations faites de vive toix ^ comme nous l'apprenons pa^une note de Féditeur.
Dans ce second mémoire assez court , Tabbé Le Bœuf passe sous silence la première objection de M* Sonamy, fondée sur Tidentitédes fortifications de Bernon en 856 y avec celles d'Oscellus en 858. Quant au rapprochement étaUi par son adversaire entre Pistes et Oscellus y d'après le préambule des actes du parlement de 8&a y il remarque fort bien que tout ce qu'on peut inférer idgoureusement des expressions du rédacteur de ce préambule^ c'est que les Normandsy dans une de leursincursionsprécédentes,' avaient . séjourné à Pistes y comme la cbro*nique de Fonténelle le dit positivement y et non pas que c'éuit le lieu d'où Charles-le-Cbauve renaît d'obtenir leur expulsion. On ne peut rien inférer non plus du choix de la position du
3 4 P0ê\rio,n
Poot-(le-l-Âtchè y coiBOie poste fortifie contre lei Kbrmiind^ ca 860- , par rapporl à Kemplaoemeiit de leur prtfeédenie place* d^arroea. B est? naturel que le$ Français- aient cherche à reculer le plua loin possible h barrière ({ùHU établissaient contre eux j età la porter aii-deQi des bassins de r£^> de TÈtire et de FAndelle»
La« diffl^rence notable qui se trouve entre ces mots r eumdem looum et le nom- de Chaule vanne, n^4^anle point , chezi'abbë Le Bosoff la ferme conviction de leur identité ; il 6dt remarquer que Pespace intermëcbaire n^est vempli que de récits de miracles , qui sont une mani-* feste interruption dans la narration de lliistorien, et que, par ces mois, il avertit lui-même qu!ïl y. rentre.
Enfin Tobjection tirée de l'invraisanbianco des trois jours em^oyés à venir de Bougival ou Gharievanne à St,-Germain-des*Prés , est longuement discutée par lni«, et il conclut de ces mots furti^us adçentus , malignus ad^ vjentus y quW a voulu caractériser unesopercbe* rie tout-4h>fait extraordinaire , et qu'ils viennent puissamment à. l'appui de son opinion sur le grand détour fait par les Normands* On voit d'ailleurs,, dans un autre récit du même événement , que fe$ Normands centrèrent dans leur retraite' : cum
DB lHlE IfOXHâfi OSCSiXUft.. 52$
prœdd Ufidecumque acquisitd. Ce qui proave qu^ils o'ëtaieat pas allés en ligne droite dK)s-* eeilus a St.-Geniiaia-des<^Prës. De qui d'ailleurs les moioes auraient^^ils- si bien connu le jour du dëpart des Normands , si ce n^est de sentinelles chargés de les oboenrer?Or, ces sentinelles, s^its étaient partis des environs de Rouen , avraient mis une grande négligence dans leur marche en nVrivaat que le dimanche matin.
Il termine $n repoussant cette autre objection (probablement faite de vive voix , car nous ne vo jons pas qu'elle appartienne au mémoire de M • Bonamjr) , qu'il est singulier que les Normands ^ placés aux environs de Bougival, aimassent mieux venir par eau à Paris , en faisant dix lieues ^ que d'abréger ce chemin de plus des deux tiers en prenant par terre. Parisios^ sœpedàm prof'r sus placebat , navali ea:cursu venhbant. La difficulté , dit-il^ serait la même , si Von sup« pose les Normands établis aux environs de Rouen ou du Pont*de-I'Ajrche ; car leur route était encore moins sûre ^ plus longue et plus facile à observer. Mais tous ces inconvénients, dans l'une et l'autre situation , étaient abondamment compensés par l'immense supériorité de ces barbares dans la navigation^ C'était aussi leur manière favorite de voyager , et la néces-
5a6 POSITION
site seule les engageait à y renoncer. Oa voit même, parles expressions d'Aimoin^ qn -Os liaient peu . familiarises avec l'ëquitation , et qu^ik s'y exerçaient tour à tour : Studebant ^icissun
. n est a regretter que Tabbë Le Bœuf n'ait pas cm devoir répondre d'une manière plus complète et plos méthodique aux raisonnements de son confrère. Dans i'ëtat actuel des choses ^ il . est difficile de prendre un parti positif après avoir lu ces troiis mémoires : aussi voyons-nous que la plupart des écrivains qui sont venus après ces deux savants , u'oiit osé prendre sur eux de se déclarer franchement pour Tune ou l'autre détermination. Quelques-uns cependant entraînes par une considération tout-^à-fait étrangère à la question ( la découverte de qudques médailles romaines à Oissel ) 9 et surtout par identité du nom , n'ont pas même pensé à aller chercher ailleurs POscellus du IX«. siècle j c'est pour faire- Cesser l'indécision des premiers et l'erreur des seconds que nous avons cru nécessaire d V nalyser la discussion et de compléter la réfutation des objections élevées par M, Bonamy ^ de. manière à ce que justice entière soit rendue h l'heureuse découverte de son adversaire , et à