‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 83 sur 101 · DE L^LE NOMMÉE 08GELLUS. 5^J · texte numérisé non relu

DE L^LE NOMMÉE 08GELLUS. 5^J

ce que chaque lecteur de nos annales du IX^. siècle ne soit plus oMigé dé se Jivrèr par lùw même à un eximeh aussi fatigant. ' . La proaière des objections .de M. Bonamy restées sans réponse, est fondée sur ridentitd

établie parla chronique de Fontenell» , entré le fort bâti par Bemon , en 856 ^et celoi qu^assiëgea Charles-'le-rChauve en 858 , et que les an-' nales de St.-Bertin nomment Ôscellus. Nous disons 856 ^.quoiquela chronique dé Fontenelle place ce siège en «SSg , mais c'est une erreur' manifeste , puisque c^est Uen le même dans lequel Varmée : française fut trouUéedans ses ope* rations^ et même la personne du' Roi mise en Çrand péril par Tinvasite inopinée de son frèî^c Louis : Sèd factîàne Ludo9ièi Jrdtris et qtiCh rumdanksedMosorumtij^ eo répéttituf'j Chrà. FontaneU. , et que le -roi • rendit compte, au' ipois de.juin:859, décès événements arrivés au' mob de juillet : il fallait donc bien que ce fût juillet 858. LVtpnnement de M; Bonam^ porte sur l^vraisemUance. qu'il th)uve à prendre Gefos$el pour point de d^art et de iretraité en' 857 , si Oscellus existait déjà dans une' situa-^ t^n plu^ voisiné de Paris. Mais il esit facile de rétorquer cet argument et de lui dire : diaprés

OaS POBÏTIOir .

\ot propres paroles , si QsoeUos est de besmeôd)! plus au-dessous .de Gefiôssê , que Gefosse n^esC de BoQgival , pourquoi les Normands de 858 Pavaiem-ils pris pour place d^armes, prëfërablemeut à ce même Geibsse , qui est I»ea plus près de JParis ? Pourquoi ^ pendant les quatre années suivantes,reslèrent-ils toujours timidement cantonnés à oette distance , quand leur sécurité ne fut troublée qu'un moment par le siège de 858 9 dont le peu de succès dut augmenter encore leur confiance , et quand leurs anciens retranments les attendaient dans une situation bien plus favoraUe à leurs expéditions ? Il faut ajou'ter que ce n'est pas à la suite d'une retraite que Charles-le-Chauve vient les assiéger à Oissel , mais dans le lieu où ils étaient établis ^ com^ morantes , et parce qu'un point de départ si rapproché rendait leurs brigandages tout«à-*fait insupportables à la capitale et aux abbaye^ voisines. .

Nous voyons d'ailleurs que , dès 846 , les Normands avaient eu un «établissement temporaire à Charlevanne. Il est donc très-possible que Bernon ait fortifié eh 856 l'île voisine, et tout* à -fait naturel que les Normands ^ déplus en plus confiants , j aient transporté leur quartier général en 858.

DE lIlE KOMMÉe OSGBLLUS. &a()

%^^ Uidentitë de nom entre des lieux mentionnes dans les écrivains du moyen âge et ceux qui existent aujourd'hui est sans doute une chose fort commode quand elle ne peut occasionner de méprise^ mais n'est jamais un argument d'un grand poids par elle-même , toutes les fois qu'on peut prouver qu'un autre lieu , place d'ailleurs dans des circonstances plus analogues^a aussi porte ce nom. Le plus important est que le point auquel on veut rattacher un nom l'ait porte vers l'époque dont on s'occupe , et non qu'il l'ait con* 9ervë jusqu'à nos jours , au milieu des change- Bients de toute espèce qu'ont éprouvés ces* désignations. Or , il est suffisamment démontré par les faits qu^allègue l'abbé Le Bœuf ^ que des traces du nom d'Oscel se sont conservées sur les deux rives de la Seine ^ aux environs de Bou-^ gival f jusque une époque assez récente. Que ces traces aient ou non disparu aujourd'hui , cela est indiffé^nt ; l'essentiel est qu'elles aient existé.

5<>* Le s^our des Normands à Pistes j en 865, est une circonstance tout-à-fait étrangère à la question. Dans leurs expéditions sur la Seine y ces pirates paraissent avoir afiectiouné particulièrement les cinq stations ou étapes suivantes:

'53o POSITION

Juinièges, Rouen, Pistes, Gefosse et Oscel. II est possible qu^arrivës à Pistes, et avertis de Tarrivée de Charles-le*Chaave , ils aient cru convenable de Vy attendre , ou que ce prince aoit venu assez tôt à leur rencontre pour les empêcher d^aller plus loin, ou encore qu'ils se soient trouva arrêtes par le nouveau système de défense de ce point de la Seine , déjà difficile à franchir par lui-même à cause de la chute d'eau. Encore une fois , cela ne fait rien à la détermination da camp retranché de 858.

Quant à RoUon , il s'arrête au Pont«de-rArcbe, par une raison bien simple , c^est que tes Français ne lui laissent pas le temps d^aller plus loin. Mi dans Tun ni dans Tautre cas , rien ne prouve qu'il fût question d'un établissement stable : im^ morabantur Nort7nannL...Stationem navium componunt...i... Llleoù M. Bonamy est obligé de transporter les Nortnands , dans TimpossibOité d'en trouver une suffisamment étendue auprès de Oissel , en est à plus de deux lieues par eau , et n'a jamais rien eu de commun avec ce boarg pour le nom ni pour quoi que ce soit ; c'est ici que les suppositions deviennent tellement gratuites que Tabsurdité en saute aux yeux. .

4^. Les mouvements des Normands et àtp

Z>B lIlE irOMMâE OSCELtUS« Sot

Français s'âxplique&t encore plus facilement^daDs la suppôsitioii de M. Pabbë Le Bœuf, que dans celle de M. Bonamy. Ce qui serait une invrai-^ semUance choquante , c^est que les Normands , après avoir pa3sé tranquillement Phiver de 857 àGefbse , eussent rétrograde gratuitement jusqu'à CKssel, en 856 , avant d'être attaques par Qiarlesle^Chaave. On conçoit bien que leur supériorité dans la navigation leur ait fait ordinairement pré* férer la route d'eau à celle de terre ^ quoique plus longue , mais rien n'autorise à supposer q^i^ils aient gratuitement triplé la distance entre eux et les établissements exposés à leurs coups de main. Les Barbares connaissent tout aussi bien que les nations les plus civilisées , l'avantage qu'il y a pour le chasseur à se rapprocher de sa proie*

5^. L'observation de M. Bonamy , sur ce que FAndelle était aussi bien que l'Epte comprise dans le pays de Telle , et pourrait par conséquent être aussi bien qu'^e désignée dans ce passage , perJluA^iwlH Tellas ascendunty est encore toutàfait étrangère à la question. L'abbé Le Bœuf n'a pas exclus l'AndelIe j parce qu'elle était hors 4tt pays de Telle y mais parce qu'étant appel^e^ de son vrai nom dans le même récit , il n'est pas

55a POSITIOK

vraisemblable que Phislorien l'eût dësignde ditfé^ i^mmeot qudques lignes plas haai. D^aiUeiirs,tei Normands auxiliaires de Roland , n'auraienl pas eu plus de besoin de remonter TAndelte qne FEpte , ponr arriver par la Seine à Oissel ou à nie située vis-à-vis Preneuse , ni même pour aller se concerter avec Gkarles - le - Chauve k Pistes , comme l'insinue M* Bonamj. CTest encore un des points sur lesquels son système est insoutenable.

On conçoit assez bien an contraire que j slX existait au-<lessous de Bougival , à Gefosse par exemple, un poste de Normands allies des assises, tes auxiliaires des assiégeants aient pris un détour par PEptc pour éviter de passer sons lenrs retranchements. Nous ne quftterons point an reste ce sujet sans faire remarquer la singulière conformité de noms qui a existé k celte époque entre le pays de Telle , situé dans le Yexin et ]e Talon , portion septentrionale du pays do Caux y oii il existait aussi une rivière de Telle. Ainsi , tandis que noi>s ne saurions douter 'qu'il lie s'agisse ici d\ine rivière affluenle à la Seine ^ ni que TEpte ne soit comprise dans le pays de Telle , voisin de cette rivière , d'après ce pas^ sage d'un diplôme de Charlemagne : in paff> Tetlao Sonarciaga villa ( Sincrcy ) super ^-^

DÉ &TlK VOwkK 0SCBLLU9. 553

%Hum f^ia , ndii8 trouvons dans ta chroniqae de ¥onïeaéile:Ulm'rum et JVarinnamfiscos dùosr éfui sunt in pago TeUau juxtàflmnos Tèttàs^ et fWarinnam...^ ^ ou il s'agk îocoatestaUemeoft de lieux silnës dans le Talott. Comme ce dernier est beaucoup plus connu que le pays de Telle , il a résulte de cette confermité de noms beavrcoup de méprises parmi les modernes au préjudice de celni-d»

Nous erojotts avoir rempK la tâche ^e nouf BCHis ëticKis imposée j et nVivoir laissé aux amis de Phistoire et de b vérité Toccasion d'aucun doute sur la position de rétablissement normand dX)sceUus. En nous livrant à cette discussion y nous avons en , nous le répétons , pour unique bnt d'achever de répandre, sur un point dequelque importance dans nos annales, autant de jour qu'en peuvent admettre les ténèbres visibles dn IX*. sièle, et non de porter aucune atteinte à la mémoire d'un antiquaire aussi recommandaUe que M» Bonamy. Nous ne cesserons jamais au contraire de l'associer dans notre pensée à la vénération toute particulière dont nous faisons^ profession pour son illustre adversaire , l'abbé Le Boeuf» Honneur et reconnaissance étemelle a ces savants qui ,au milieu d'une compa^e^peut-^

534 FOSITIOM I>K 1.1 te HOHM&E'OSCSLLUS.

êtreiT4^ axclttsitomeiit occupée d^aatres tnivrax^ OQl ea le courage de ft^carter des routes ordirnaires | pour Jeter un regard de prédilection yen leur propre contrée et leurs propres annales r

Festigia grœca Ausi deserere^ et celebrare dômes tÎGa/acta^

ERRATA POUa LE PRÉSENT MÉMOIRE.

Page 5i« , ligne si , an lieu de Haldohê, liiez ffétdanf. 5t3 » ligne 3 , an tien de Coelioui, Uaez fFêland^

5 1 5 , ligne 19 , et pi^geS 18 » ligne 4 » touronn§ , IlitxC«ftroKji«, ( nom d'une commune voisine d'Oisfel. }

5 16, ligne as » an de de Ronee>f , lisez Rouen, 519^ dernière ligne , «îontes : oh mux,

5aOp ligne s5 , an lieu de Bofdan», vert 865 » \^9ci Hmêdânt,

vtrsSjGs ' Uem , ligne a(>, au lieu de ffmidmiu^ liseï ffasdànti 5*4 1 ligne 8 , au lieu-de diffirenee^ lisez diaU^ee* 538 , ligne 1 5 , au lieu de Oùtel , lisez Oscet, 53s , Kgne 3 , au lien de Botand, lisez ff^^taïuf, Jdêmj, ligne dernière, au lieu de Simtref , lisez S/evnyw 535 , ligne i^?. » au Lea de (>ta , lisez Itta,

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