‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 88 sur 101 · PU 1I0T81I ACB · texte numérisé non relu

PU 1I0T81I ACB

aa nord et au midi , et dont la tête 4iaàt figurée par le chœur placé à l'est et terminé eu demi* cercle. L^entrée principale était à Pouest au bout delà nef (a) ; de chaque côté s-élevait ordinaire^ iiif^nt une toqr qqi corrûgpondait àchacun des bas^ côtés (a) ( Saint^Etienne de Gaen , Tabbaye de Sainte-Tnnité| Jumpè^, prieuré de Saii^t-Gabriel^ Fécamp , etc. , etc. ). Une autre étak apuyetil placée sur Finterseetion de la croix , oii eUe ajoutait àla solidité en pesant sur le centre , auiquel les murs et les arfihes viennent ifiboutir ( mêmes 4gHsea, et à Gerisy ,. Lessay (Manche)^ Socberville , Seine-Inférieure^ etc. 9 çtc. )•

JU y avait souvent , sous chaque tour romane y une chapelle séparée de la nef (fiay eux , église de Saintr>£tienne de Caen) ; cette eh^petti^

(») L'auge de placer le sanctoaire d»c6té da levaot est fort ancien ; VitroTe le prouve en prescrivant de tourner vers le concbaut la atatue de la divinité. Signum f uac^ crii in cette roÊhm^wmi spteUt ad vëêpêftimam 9œti r^ianem, afin , dit-il, que cffiS' ftti iacrifiettl oapneot ao dehors , ea^inagient tout à I» &)!» la tediple et IViient , eo -Bséini; temps ^pie>ks Diany aemblar«9l ae i«ver « et , ean^nae daa astoaa^ a'^icanoer da l'bmiit peiur laa- regarder ^ ti Um vota êmtcipUnUs> em»imcê»imr . adtm et .0Figniêw^ .aai/^#' ipsufue- s/mutaani MUêmutur tœorMmtin Uktueri êupplimnêeê et Metifkenleë»

(^) XI est iontile d'observer que fes églises de campagne, qu» ii'èvneat prasipK jamais* do pbapeJle latérale, n» p«éae«itèrent :|ia«tajB{oiarak forme. d'paacroii : {e.dfiiaeliafiitir las pl«s beaox. idîjficea po«c typ« de met descriptions.

664 ARCUIT£CTUIl£ RfiUIGiEUSE

et la tour étaient sous rinvocation d'un Sainf. Le radine Gervase nous apprend que le même usagé existait en Angleterre (i).

La forme des tours romanes est carrée : elles «ont percées des quatre côtés par des arches semicirculaires plus ou moins étroites , et Ton voit souvent des corbeaux sous la corniche ( voyez planche 5 , fig. i'^. , la tour romane de Vienne^ arrondissement de Bayeux ) ; collées à l'édifice sans être liées avec lui , ou même entièrement séparées (2) , il s'ensuit qu^elles sont souvent placées de côté* Les plus anciennes sont peu élevées j leur pyramide terminale est écrasée ( Voyez la tour de Ver, planche |f«. , fig. a). Sous le règne de Guillaume-le- Conquérant, ces tours devinrent très-hautes et plus élégantes , mais leur pyramide terminale fut toujours à quatre pans ; c'est un caractère certain qui

f 1) Sub medio aul« ecclesi» cantaarienris da« eratit tarrei promtoentef ultra ecciesiae alas , qnaram nna , quae in aoitro crat , sab hoDore B. Gregorii aUare dedicatiim habebat et ia latere principale hostium ( ostium ) ecclesis , quod Snthdon dicitur. Alia Tero turrU in aquilonari plagA , è regiooe illiiu » condita fait in honore B. Martini. Gervac. Dorob. de CombiiAt. et réparât. Ecc. Doroo. Âpiu) Twisden , X -script.

(a) La tour de Ver , arronditsement de^ Bayeux , dont je donne une partie , planche i '•. , figure i*. , est placée k deoz on th>is pieds de distance de TégUse , de sorte qu'on poomit / eu faire le tour.

mi MOYEN iGE. 5t>L>

les distingue dés tours, gothiques j comme je vais le démontrer plus loin.

Dans les tours romanes, on trouve souvent un escalier formant à Pun des angles une saillie ou tourelle arrondie^ qui se termiiieà ta naissance de la pyramide {leurs de Tabbaye de Saint-Etienne de Caen, tours de la cathédrale de Bayeux, etc).

Les premiers chrétiens célébraient TofGce divin dans des souterrains , et , lorsque leur re« ligion devint dominante , ils continuèrent à pra* tiquer des cryptes sous leurs églises. Gel usage: subsista tant que ^architecture romane fut eu vigueur , mais il cessa dès que Tarchitecture à ogives fut adoptée. J^ai donné , planche 2 , une vue intérieure de la crypte souterraine de la cathédrale de Bayeux^ elle est sous le chœur 9 elle avait été bouchée de tous côtés lorsque Pou reconstruisit là cathédrale au XII<^. siècle , et elle ne fut découverte qu'en Tannée i4i^ 9 ^n creusant une tombe, comme on te voit par une inscription gothique qu'on lit sur le linteau de la fenêtre qui y fut pratiquée à la même époque (i). Cette crypte a 48 pieds i/a de long ,a5 de .

(4) Voici Tiascriptioa qui atteste que la crypte de Bay^ux ne fut découverte qu'en i4ia. L'abbé Beziers l'a Mppoitée dana «on histoire de Bayeux:

En l'an mil quatre cens et douze Tien jour d'Avril que pliiye arrwuse

366 ARCHIT£GT«1IK AfiLIGIEUSft

large et 9 1/3 de haotesr ; ki voàte ea est fiOnte» nue par huit colonnes sur deux rangs^ B 7 a aQssi des cr jrptes sous le chœur de l'abbaye de Sainte- Trinité de Caeh y sous Péglise Saint^Marcoaf (Manche) j et dans plusieurs ^tises romanes de France et d^Aagleterre.

Le genre de maçonnerie usité dans Parchitecture romane mérite principalement Tatten^ lion ; il a élé abandonné aussitôt/qoe le style gothique a été adopté. Lorsqu^on se servait de pierres plattes ou moellon ^ on les rangeait sur le côté en les inclinant altamativemeftt à droite et à gauche , d'où Ton a appelé cette manière de construire , maçonnerie en arête de pmsson ( y oy « la fig« 1 1 *, planche 5 , qui représeote une parde de Pégiise d^Anisy ^ arrondissement

Lèt bi«ki8 de la tèxrtf ta )<nini€è Qae la l^aafoei fat célébfé«* If oble homme et Revereod pen Ichan de Boistey , de la Mère Eglise Ah Èayewi PaMear Beadi l'ame à ma Gréatev Et Ion en foimant la place Devant le grand Autel de giace TrdTa l'on la bawe Gbapellft Do^I n'avait été nooTelle On f ert mit en sépnltare INen veuille avoir son ame en enra.

1>U MOTBII ÀGt. 567

de Gàen^ et la figure i^^. ^ plan, 5 , qui montre une portion de l'ëglise de Vienne y adossée à la tour )• Lorsqu'on employait des pierres de < taille y on les rangeait horizontalement ; on peut remarquer qu'dles étaient d'un petit volume et toujours d'une grosseur égale. Il en fut autrement du temps des ogives. Depuis lé XIÏ*^. siècle j les pierres employées furent plus volumineuses et inhales en grosseur ^ le changement dans les formes avait ataiéné un changement dans- la coupe des pierres et dans la manière de les assembler.

On voit aussi, dans l'architecture romane, des pierres disposées de manière à figurer un damier ( Ver , Mouen ^ etc., Tabbaje aux Damesy (planch. 3 , fig. lât).

Les contre- forts bu p&Uiers extérieurs , des* tinés k fortifier les murs ( on en voit aux angles de la tour de Vienne , planch. 5 , fig 1'®. ) sont peu saillants dans l'architecture romane , ùhdh qu'ils le sont beaucoup dans l'architecture go- ' thique.En général, ils sont d'antànt moins saifiatits que le monument est plus iàhdèn : dans qaéU ques-ùhs , ils n'existent que pour mémoire ou pour ornement.

Les voûtes à plein-cintre présentent de^ arceaux croisés | ordinairement sans moulures ,

5G8 AnCHITBGTUftB RELIGIEUSE

en pierre de taille , et uo remplissage en

moellon.

Les arcades sont toutes semi-cîrciUaires (plan. 4 9 fig. ,2 ) plus ou moins larges et entourées d'ornements variés ; on en voit trois rangs superposes dans les grands édifices ; celles qui servent de fenêtres sont ordinairement plus alongees et plus étroites que les autres ; enfin , leurs dimensions varient beaucoup , on en voit plusieurs réunies sous une autre arcade plus grande (i).

Les cintres surhaussés, ou qui offrent plus d'un, demi cercle dans leur courbure ^ sont ap* pelés en fer à cheval;c&àx qui sont surbaissés^ou dont la courbure ne dessine pas un demi- cercle entier , s'appellent en anse depanier.

Les portes sont à plein-cintre , Parchivolte est chargée d'ornements dont les plus ordinaires sont les zigzags , les frétes-crénelées y des zigxags en regard^ des cables ^ des torsades , des étoiles , etc. Ces portes sont pour la {)lupart placées au bout occidental des églises , où on les voit quelquefois au nombre de trois ; il j en a aussi de percées latéralement. Qudquefois au milieu

(i) Cette combinaison se retrovTe dans rarchitectnre gothique du XJl*. et dn XIII'. siècle i comme nous le Tenons pins iaio.

DU MOTEH AGE* 569

d^an cintre boadië, on voit ane petite porte carrée ; Tespace 8emî-K;irculaire qui reste entre le cintre et cette porte ^ eat alors rempli par des ba^rdieb grossièrement sculptés ( Marigny , Gotteville , arrondissement de Bayeuz ; Bully, Gambe ^ arrondissement de Caen ; Urville , dë*partement de la Manche ),

On voit 9 très-rarement à la vérité, des portes cintrées sans colonnes , . et ornées de zigzaga depuis le haut jusqu^en bas : Mortain ( Manche ) , Bourg-Achard ( Eure ).

On trouve encore autour des cintres , (ur* tout autour des portes , un ou plusieurs rangs de pierres formant Tarcbivoite , taillées ordinai* rement en forme de coin , et rangées de manière à s^emboiter les unes dans les autres , ce que Ton concevra en jetant les yeux sur le^ fig. i5 et 16, pU 7. Si ce# pierres étaient de couleurs différentes , ellejs formeraient desmo* saïques , et je ne doute pas qu'elles n*en soient une réminiscence : on n'y voit jamais d^autres ornements que des étoiles. Ce gienre de portes n'est pas race dans le Calvados : je citerai prin«cipalement celles de Frenouville , de Busly , et du Plessis-Grimoult , dont j'ai représenté une partie, fig. x^^ pi. 7. ^

Quelquefois des portes romanes se trouvent

SjÔ ARCff(TfiCrUR£ RSLIGtE0S£

dans des édifices modernes ; ce qiii peat embarrasser d'abord , qaoique l'expUcadoQ soit bien simple : ces portes avaient fait partie d^une ^Kse antérieure , et elles ont été rephcëes dus la nouvelle construction , chose facile en numërotant les pierres ; les corbeaux ont été coorserves de la même manière. Quelquefois aussi les murailles nouvelles . ont ëté rajustées avec les parties déjà existantes ^ sans déplacement de celles-ci.

La porte principale «st presque toujours la imlie la plus ornée ( voyez la porte de l'église 4e Tours , Calvados ^ pianch. i^. ^ fig. 5 ) ; et ^ dans les campagnes , c'est là qu^on peat espérer de trouver quelque chose de remarquable.

• Les feusses portes ou fausses fenêtres ^ figurées sur les murs extérieurs j produisent un effet agréable : on en voit à Motre-Darae de Blagnj (pianch. 6 , fig. i*^. ) 9 k Vau^-sur-SeuUes , Mouen , à l'abba je de Saint-Etienne de Gaen , au prieuré et à Péglise paroissiale de Saint- Gabriel, à Cheux, à Tban, à Bény , etc. ^Calvados. Ce genre de décoration était en usage chez les Romains.

Les colotvies romàoeisi sont des cylindres pleins ou Mes demi-colonnes réunies entre elles et ap* pliquées sur un pilier ; leur grosseur est égale

]>0 MOTElf ÂÙ%. fijî

àepnu le haut jasqu'en bas ( Voyez les arches de la nef de la cathëdraie de Bayeaz , figare 4 9 planeh, a, qui sont soutenues par des colonnes romanes ) ; «lies ont pour base une espèce de pKiithe , élevés de quelques pouces. Des es^ pècesde pactes existent souvent anz quatre angles de la base , à la naissance du fût des colonnes.

Les chapteesnx affectent le plus souvent la fomecorintUènneou composite^ plus rarement là forme ionique ( i ) ; quelquefois unis (d) j fls smil ordinairement varies , les uns ornés de grosses cânelures en relief , ou garnis jusque moitié d\ui rang de palmes alongëes ;^ Vautres convins de monlures nattëes ( SaiQté-Oroiz de Ssmit-^L^ ) ; d'autres enfin représentent des ob-** scèna, des grypbons ^ des lacs d^amour', des tètes grotesques , des monstres avec de longues queues qui se divisent à Texlrëmilé ( presque ' ton)o«rs ib ont la tête tonmëe en arrière et se mordent le bout de ia qnéue ) ; il y a des chapiteaux dont les angles présentent la tête d*un ani-

(i) A SaiQt-GerTAM de Rouen , il y a un chapiteau groMiè" rement dorique ; c'est le seul que je connaisse.

(3) M. Auguste le Prévost , dont les recherches Tiennent chaque jour enrichir les sciences , et dont les voyages ont toujours un résultat si avantageux pour elles , a observé der-* niérement que , dans le département des Vosges , les chapi* teaux romans sont souvent terminés par quatre faces plates^ tantôt nues , tantôt chargées d'ornements do peu de relief * et sembbbles à celui que j'ai figuré plan. 3, n*. a.

Sja ARCHITECTORB RELIGIEim

mal à detxx corps , place» Tan à droite et Vaaibeè à gauche ( St«*George$ de Bocheralle y ( Seine- Inférieure ) , Bull j , Huppain ( Calvados )• Sur d^autres chapiteaux on voit des chimères j des serpents , des dragons , et tontes les inexplicables créations de l'imagination dn scdptem* ; toutefois on retrouve quelques figures allégorique et même des scènes tirées de lliistoire religieuse (i). J'ai réuni dans la planche 5 bisj douze chapiteaux romans qui donneront ue idée de la manière dont on traitait ces détails architectoniques dans l'XI^/ siècle» Les nu* méros iy^y5jJ^,jet8j sont tiré$ de l'église de Ryfp près Bajeux ; les numéros i ^ a , 3 , sont surtout curieux par leur style barbare et par le sujet qu'ils représentent y sujet que je trouve exprimé à pea près de même à GoUeville (a) , et à Hnppak 9 arrondissement de Bajeux , à BuUj , arrondissement de Caen , et à Gérisy j Manche ; c'est un homme dévoré

(1) On peut Yuir les chapiteaux curieux décrits par M. Marquis , premier volume des mémoiref de la société des «otiquaires de Normandie.

(3) A GoUeville j'ai trouvé aussi un poulpe sculpté sur uu chapiteau ; on reconnaît très-bien ses bras et «es ventouses qu'on y a figurées par des points. Il n'est pas étonnant que l'image de ce céphalopode se trouve dans une église si voisine delà mer ; la vue de cet animal singulier avait probablement plù sieurs fois frappé les habitants du lieu , qui en fiivnt le sujet li'anc sculpture.

I>U MOYBir ilGE». 575

par des monstres. Les numéros S , 6 , 9 , 1 o ^ 11 et I a sont bien différents des premiers ; c^est ce que j'ai vu de plus correct en ce genre ; ils sont lires de la crypte souterraine de laxathédrale de Bajeux ; ils offrent quelque cessem- .blance avec les colonnes romaines qui ont été trouvées dans les fondements du château de la même ville (1) , et que M. Edouard Lam« bert a sauvées de Poubli en les dessinant. Les Normands ^ après avoir dispersé les débris des monuments romains qu'ils trouvèrent encore ^ les prirent ensuite pour modèles, lorsque le goût des arts eut germé dans leurs cœurs ; cette conséquence si naturelle vient à l'appui de ce que nous avons établi plus haut.

Les colonnes romanes n'eurent aucunes proportions fixes : tantôt pesantes et courtes ^ tantôt très-alongées , on les vit quelquefois s'élever jusqu'à la voûte (a) ; leur diamèilre vari^ éga-> lement beaucoup.

(1) La dUTérenco esBentielIe que T^ remarque dans une dca colonnes de la crypte de la cathédrale de Bayeux ( la colonne^ n*. 5, pi. i bU)i avec celle trouvée sur l'emplacenient du château de la même Tille , coosiate dans le déplacement des ornementa qoi passent du ffit des colonnes romaines sur le chapiteau de la colonne du moyen âge. ( Note de M. Ed» Lambert, }

(a) C'est intérieurement et principalement entre chaque arche que l'on voit une colonne en demi-relief, dont le long fût s'élève jusqu'au sommet du mur ( Cérisy , Saint-Gabriel t Tabbaye aua Hommes.)

$74 ARCHITBCTURB RELIGISUftft

L'entablement est très-nnal entendu j Tarch»* trave et la frise sont onbliées i dVnormes tailloiis reposent ordinairement sur les ciiapiteaux.

Les principaux ornements de Tarcbitecture rpmang sont places autour des portes , des fené* Ires j des arcbes , sous la cornicbe j etc. ; voici lies plus remarquables :

i^. Les zigzags, ou bAtons rompus (planch, 3^., fig« i«».y et planch» 4^., fig. i^.) : cet ornement est le plus commun ; c'est en même-temps celui qui parait le plus ancien et celui qui fut abandonne le demier. Lorsqu'il y en a plusieurs rangs, on les appelle , suivant leur nombre , zigzags doubles, triples , quadruples , etc. ; leurs angles sont plus ou moins aigus,et leur assemblage est susceptible de produire un effet agrëaUe , comme on peut le voir fig# !«*. , planch, 3.

ao. Ornement zigzagué , ccmtre^zigzagnëi eom* posé de deux rangs de zigzags , dont les angles sont opposes (planch. 3^. , fig. i5 ) ; quelqnefoil on figura un gland entre chaque angle , comme on le voit à Tune èes arches de la cathédrale de

Ba jeux ( planch* 4*^^ 7 ^S* ^ ) 9 ^^ 4^^^ ^^ ^'^ élégant.

5^. Frète crénelée ( planch. 5«, , fig. 3 ) j c^est un cordon croissant toujours k angle droit et formant alternativement les trois c&tés d'un

DU MOTtN AGK« -S/S

carre : on trouve des frètes crâielëes « autour des archesdans la nef delà cathédrale deBajeux, aux églises de Meuvaines ^ Vaux - sur -* Aufe j Vienne , Rje , Fresnaj , Saint-Gabriel , Bernières-sur^Mer y Tottrs^ Tabbaje de Sainte- Trinité , Calvados ; dans les ^lises de Briquebec^ Urvilte , Sémiilj y Sainte-Croix , etc. ^ Manche.

4^, Pomme de pin , fascicule : œs moiilnres sont ordinairement placées autour des arcades et au-dessus des frètes ' crénelées et des zigzags | etc. , comme on peut le voir aux trois arches de la cathédrale de Bayeux ( planch. 4^* 9 fig« a ), et à la porte latéraleild F^lise de Sommérvienx ^ Calvados ( fig» i^.y mâme planche).

50. Les têtes de clous (planch. 3^, fig, 4) rassemblent à des tôtes de grands clou») qui seraient chassés à des distances égales.

6o« Les biliéttes ( planch. 5^. ^ 6g. a ) ressemblent aux morceaux dW bâton cylindrique qui serait scié en plusieurs pièces d^égale longueur} on les plaça printdpalement autour des arches , . sous les corniches et au haut des murs ; la même figure en creux s^appelle conire-billette^ on voit aussi des billettes anguleuses.

'7^. Les hachures, ou moulures hachées (planch. 3*^. , fig. 8)^ ressemblent à des en-< tailles I faites à coops.de hache et à des distance^

576 ARCUITBCTURB RKLIGfEUSE

égales. Oa les Toil le plas souvent sur les coiv

niches , les cordons ^ etc. } elles sont communes

dans Tarrondissement de Bayenx.

S^. Moulures à facettes ( planch • 5^. y fig, g) • 9^. Les nëbulles ( planch. 3® • ^ fig. 7 ) sont

des lignes ondulées (i).

loo. Étoiles simples (planch. 3^. ^ fig. 10 )• 1 1^. Étoiles doubles ( planch. 3®. ^ fig* 5 ) ;

elles sont très-Ksommunes dans les environs de

Gaen ; on en trouve à la Maladrerie , à Gambe ^ à Frenouville y à TÂbbaye de Sainte-Tnnitë el à Tancienne église du château de Gaen. On en voit moins dans rarrondissement de Bajeux.

. 1 3<^. Festons et moulures prismatiques (planch* 3e. , fig. 6 ).

i3o. Cordons et torsades ; ces ornements sont employés presque partout.

i4^. Les têtes plates servent à orner Tentourage des portes , des arches et des fenêtres j comme on le voit à Mouen , Saint -Gabriel, Marigny , Huppain , Engranville , Calvados , et par Tune des arches figurées planch. 4^. , fig* a« On en trouve aussi à BrucheviUe , Manche (%) et

(i) On troure des nébolles rar plafienn mpnamenti Fomaioc du 111*. siècle.

(s) Voyez la planche qai représente quelques fragments d'arcliîtectùre des églises du département de la Manche.

BU MOTEK AGE. 677

dans beaucoup d^autres lieux en Normandie. Il est à remarquer que ces léles grimaçantes et aplaties ont ordinairement de longues barbes.

i5<>. Les becs d'oiseaux se placèrent autour des arcades comme les têtes plates : les exemples en sont rares dans le Calvados , on en troove dans le département de la Seine-Inférieure ; M. de Magneville a \u k Bonnebosq-en-Auge une très-belle porte romane , entourée de tètes d^oiseaux.

16^. Moulures nattées; elles tirent leur nom de la ressemblance qu^elles offrent avec des nattes ou les enlacements d^un panier , on en voit de deux espèces différentes entre les arches ( planch. 4®. yfig. a.); plusieurs chapiteaux él^an^, de Féglise Sainte-Croix de Saint-Lô^ sont ornés de moulures nattées*

170. Les guirlandes de pampres de vigne, de laurier , de lierre , etc. , se voient aussi quelquefois (Mouen, Tours , planch. i^>^., fig.3).

De la corniche extérieure.

Les Corbeaux ou Modillons ( planch. 3®. y fig. la) méritent une attention particulière ; ils sont un des caractères les plus constants et les plus visibles y comme un des ornements les plus

578 ARCHIT£GTUR£ BBLIGIftUSE

remarqaaUes de Tarchilecture romane ; la variâë des objets qu^lls représentent jette quelque lumière sur les mœurs du siècle : on ne peut douter que , dans Torigine j le bout des solives supportant le plancher , et formant saillie sous la corniche y niaient donné la première idée des corbeaux y dont on fit ensuite un ornement , en les chargeant de sculptures ; le plus souvent les corbeaux figurent des têtes d^ommes grotesques et grimaçantes , des têtes de monstres ou dV nimaux domestiques ^ des grjphons idesoiseaux^ des volutes , des étoiles , des sautoirs , des angles de corniche , des obscèna , etc. ; ces corbeaux ott consoles sont placés sous la corniche extérieure , sous les parapets , etc. ( Voyez un fragment du mur extérieur de rAbbaye-aux-Dames de Gaen , planch. 3^ • ^ fig. la ) ; quelquefois ils ornent le sommet des fenêtres (même fig. )• Les corbeaux ont subi des changements qui font connaître leur âge : les plus anciens sont grossiers , très-saillants et surmontés d^une grosse corniche plate ; dViutres ^ supportant de petites arches ( planch. 3^. , fig. 11), sont moins anciens que les premiers } ccux-^là sont à leur tour plus vieux que ceux qui ne présentent plus de têtes sculptées (planch. 6^^ fig, 6)^ ou qui forment ^ntre eux de petites ogives (même planche, fig. 7).

DU moteh âgz.. 579

A Pëpoque de la transitioii du plain-cintre aux ogives^lesmodillonss^aplatirenl, et les variëtës eu devinrent plus nômbreusés.Ceiui qui est en forme de dents de scie ( planch. 6^. , fig. 5 ) ^ et celui qui est figure planch. 7®., fig. 17, ainsi que plusieurs autres variétés se rencontrent très-souvent dans les monuments de transition et dans les monuments à ogive de la fin du XU^. siècle ; on en trouve même encore à quelques églises de campagne du commencement du XUI^. siècle.

JPappelle contre-corbeaux des reliefs quelque» fois places entre les modillons ; on en voit à la tour de Vienne ( planch. 5«. , fig. i*^. ).

La corniche qui surmonte les corbeaux est souvent assez élégante, comme on le voit planch. 3®. , fig. I a ; quelquefois elle est ornée de zigzags j de billettes , de cables , de moulures hachées ^ de moulures à facettes y de torsades^ de pommes de pin | etc. (i) : d^abord très-^saillaotes , comme les plus anciens modillons , les corniches diminuèrent progressivement comme eux , k IVpoque de la transition , et bientôt elles furent entièrement changées , par la pràence de

(1) M. Aagotte Le Prcvoit a trOQTé , daos le départemeot de laSeine-Inféricnref une corniche fort élégante, que je n'ai pas Tne aillenn ; elle <e compose de quatre on cinq rangs de nodilloiis en miniatnre.

58o ARCillTftCTfJRE BELlGlfiUSE

ces balustrades qui courotmerent reotaUement gotbiqae.

Tels sont les principaux caractères de Tarchitecture romane dans l'XIe. siècle ; on peut ajouter qu*iln*y eat jamaisde niches ^ de pinacles, on j vit seulement quelques tourelles. Les statues, qui 9 dans les siècles suivants , firent Fomement des églises gothiques , ne décorèrent jamais Parchitecture romane y à moins que Pon n^appetle statues j des figures comme on en trouve quelquefois au-dessu$ des portes ( Sainte-Croix de Saint-Lô j Manche ; St.-Loup de Bajeux , Meuvaines y Calvados ( Voyez les deux statues de Meuvainesy planche i^'^., fig. a )• Mais ces sculptureSy qui sont de la plus barbare exécution , sont bien plutôt des demi-relie& que des statues, et les bas-relifs ont été employés dans Parchitecture romane. Eàfin , on ne voit presque jamais d'armoiries ou dMcussons.

Tous ces détails , quoique minutieux en apparence , sont cependant très-utiles pour reconnaître Page d^un monument à la première vue : j'en ai probablement omis beaucoup encore , mais il sera facile à Pobservateur detrouVer aux ornements que j'ai pu omettre des rapports plus ou moins rapprochés avec ceux que j'ai décrits.

BU BIOTSV A6S* 58 f

Voici la liste des églises nomandes dans lesquelles on trouye des parties d^arcbitectnre romane ; il est probable que des rechercbes plus ëtendues en découvriront un plus grand nombre par la suite.

jiRRONPISSSMEIlT D£ ClBlf.

Eglises de RanviUe( i ) Golombdles^ Yaucelles, Lyon I la Dëlivrande ^ Douvres y Cambe , le Beny y Than y Gairon y Colombie y Creully ^ Saint-Gabriel y Allemagne ( la baute ) , Alle-

(i) Parmi les églises que )'iiidiqa« ici , il 7 en • de plus remarquables que les autres » et qui n'oot eocore excité l'atteotioii de personne. Je me propose d'en faire connaître qnelqnes-ttnes et notamment la belle église de'Gbens que je Tiens de dessiner. Le cberar trés^onrt et l'abside qui. le termine » ofljrent lecarnctèn: des plus anciennes constructions romanes secondaires ; on j tronre des colonnes dont le fùt est chargé de zigzags depuis le haut jusqu'en bas , ce que {e n'avais pat encore vu dans le Calvados. Plusieurs chapiteaux sont ornés de petites figures en p ied y bien barbares.

La nef est moins ancienne que te chosnr ; c*est nn bel exemple de transition. Les arcades intérimires , qui sont en ogive , reposent sur des colonnes romanes ; les murs extérieuss sont gjamis d'une longue suite d'arcades à plain-clntre bouchées, d'un ciTet trèt-agréable , et dont les colonnà sont très-mlncei ; en un mot', tout est à étudier dans cette vaste éf Use ; je om réserve à en parler plus longuement par b suîte«

58a ARGHITSCTIIAE RKLIGIBVSE

magne ( la basse ) j Mouea ^ Clînchamps , Fierville , Avenay , Bally , Vieux , Tîlly-sor- Seulles y Quilljr ^ de Pabbaje de Saint-Etienne dé Caen , bâtie avant 1066 ; de l'abbaye de Sainte-Trinité , de même date ;de Sainte-Nicolas de Caen , un peu plus ancienne ; de Sainte- Paix, antérieure à 1066 ; du prieuré de Saint- Gabriel, bâtie avant la conqnête ; de Bemière»- 8ur-Mer , Saint-Gontest , Mathieu , Biévitte ^ Beuville, Carpiquet , Gbeux , etc.

ARRONDISSEMENT DE BATEUX*

Eglises de Maisons , Etreham , Gommes , Ver , Rye y CoUeville , Meuvaines , Tours , Vanx-sup- SeuUes , Vaux-sur- Aure , Marigny , Vienne , le Manoir , Gueron , Saint*Loup , Littry ,

Surain vières

loir , tvueron , daint^JLioup , rattry , , Formigny , Fresnay ^ Huppaîn , Tréw^^^a , Vouilly , Gpttun, Osman ville^ Saint- Glément^ Sully , Noron , Hottot.

Dans d^autres parties du département , les églises d e Saint-Gervais et la chapelle du coU^e, à Falaise", les églises de Guibray , Jors , Boanebosq^ , Courcy , St.-Sever , Harcourt.

Dans le département de la Manche , les^isis de Semilly y Sainte-Croix , Saint-Gilles , Sainte-

]>U MOTEN AGE. 58S

Marîl^*du-M(mt,SaiQlrCôllle^cKMonty Bruche- TÎIle, le Ham j UrviUe, Bricqaebec j etc. (Voyez pK 1 1 ). It y en a environ soiiante dont on 'trouve les noms et la description dans le mémoire de M* de GervîHe ^ sur les églises nH mânes de la Manche ; il y a aussi dans ce dé-» partement plusieurs églises abbatiales de la même épo<{ue , également décrites par M* de Gerville ; je me dispense de les citer.

Dans le département de la Seine*Inférienre , les principaux édifices romans sont les suivants , 4|ui , prescrite toqs ^ appartiennent à des communautés religieases ; églises de Saint-Geor-ges de Bocherville , F.écamp , . Montivilliers , Grâville , Jumiège , un bfttipent attenant à Té- , glise Saint-Ouen de Rouen , appelé Chambre aux clercs ; le prieuré de Saint-Julien ^ les églises du Mont aux «Malades j du Qair , la Vaupalière, Paxîllj 9 Goumay.

Dans le département de l'Eure , Iji nef de la cathédrale d'Evreui; , une portion de Tégiise de Saint-Taurin , Fabbaye 4e Bemaj , tes églises de Broglie , Chambrais ^ Boisney , FontaineliSfloret , le portail de Cerqnignj , le portail de Sattffe-Victor d'Epine , l'ancienne église Saint- Germain de Pont-Audemer , celles de Fouilebec, Saint-Samson , le Vaudreuil^ ^^7^ ^^o^

584 ARCHITECTCRK R£LIGIEUSK

Quoique dans leX®. siècle on âevftt propor-* lionaellement moins d'ëdifices reUgieuz dans les aatres parties de la France qu^ea Normandie , Parchitectore prenait cependant partout ua certain essor , partout elle présentait à peu près les mêmes caractères. L'élise de la célèbre abbajre de Gluny fut élevée à celte époque ; Téglise de Saint-Lucien ^ à Beau vais ^ fiit réparés en 1078 ; en io56.| Girard^ prieur de la Gha» rité-^ur-Loire , fit construire l'église de son couvent , qui fut terminée à la fin de l'XI*. siède ; on. 7 voyait quelques ogives romanes mér langée^ avec les plains-cintres ; en soSù j Hnmbert f archevêque de Lyon j fit construire sur la Saône un pont de pierre y dont il fut lui-même Tarchitecte (i).

En Angleterre , il y avait si peu de monn* ments avant la conquête de Guillaume , qae presque aucune église ancienne n'est antériwre à 1 066 j parmi les plus belles bâties dans le style roman , je citerai de préiifrence la cathé* drale de Durbam j la partie de Téglise de Winchester I élevée en 1080 ; les deux tours de Péglise cathédrrie d^xeter ) bâties en ma; une porte au nord de la cathédrale de Peter-

' (1) Whîttîn^n'» EisaL

DIX lfOY£N ÂGE. 685

boroogb ; une partie de la cathédrale dt)zfort ^ de r i8o ; une portion de la cathédrale de 61oeesler^ qui e^ de iioo ; P^lise Sainte «Croix, près de Winchester , Mtie par. Henri de Blois, an ii3o (i).

On Toit , par ces dates , que la transition des cintres aux ogives s'est opérée {dus tard en An* gl^erre qu'en Normandie ; nous aurons occasion de rèrenir sur ce sujet.

TRAKSIS'IOjr BB L'ARCHITSCrURE ROlfAlfB OU A PZJBIir-CIlITRK^ A l'ARGHITSGTURB GOTHiqUJi OUAOGIVSS»

n y a trois systèmes différents sur Piatroduction de Parchitecture à ogives en Occident.

Les uns prétendent qu'elle existait depuis long- . temps en Orient, et que les croisés, enthousiasmés^ de ce qu'ils avaient vu en Syrie et dans les pays voisins , apportèrent cette architecture en Europe , oii elle^ fut généralement adoptée peu de temps après. Et comment , disent^ils , pourrait-on expliquer autrement la grande révolution qui s'opéra , au XII®.* siècle , dans l'art

(i) WhArton'i EiMy.

566 ARCBITECTURB HKLIOIEUSE

de bâtir 7 Croira-t*on qu^an archiieclede France^ d^Angleterre ou d^Âllemagne, ait iaventë tout d^un coup le genre gothique , et que , malgré la difficulté de» coounuaications y maigre le penchant à suivre les soiciennes routines , tous les arch^ tecles d^Europe se soient entendus pour adopter les nouvelles formes à peu près dans le même temps ? Groira-t-OB y d'un autre côté , que tous les architectes aient spontanément inventé Pogive dans tous les pays : cette supposition serait aussi incroyable que la première ; il est bien plus naturel de penser que le débordement de la population européenne en Orient , qui d'ailleurs a produit une amélioration générale dans les arts et les sciences ^ amena aussi un changement dans l'architecture ; les croisés , partis de tous les points de l'Europe, rapportèrent^ dans leurs patries respectives , l'idée de ce qu'ib avaient vu , ils vcwlurent en retracer l'image ; aussi l'architecture gothique smtrodoisit en Europe , précisément dans le temps des croisades.

Les seconds sont d'accord avec les premiers quant à l'origine du genre gothique , mais ils prétendent que les Maures l'avaient introduiL^a Espagne long-temps avant les croisades , et que de là il se répandit dans toute l'Europe ausâ

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