‹ Mémoires (volume 3)Chapitre 92 sur 101 · iAGHlTBCTURK ^LIGIKU · texte numérisé non relu

iAGHlTBCTURK ^LIGIKU

supportèrent des statues entre les portes» Dan» les églises de campagne , où Ton ne trouve pas la même richesse d'ornements que dans les villes^ les portes , plus simples , sont accompagnées de quelques colonnes^ et leurs voussures ganûes d'arcs muldpliés.

En examinant attentivement tes colonnes, ^>n remarque qu'elles sont plus minces que les précédentes^ et que leurs chapiteaux moins alongés^ sont plus riches en feuillage ( pU 8 , fig; a )•

Des moutures de nouvelle invention et d^urr heureux fini décorent les différentes parties de rédiiice, et principalement les frontons et les autresgenres de corniches qui couronnent les arcades.. Les jambes mêmes de celles-ci sont quelquefois chargées de sculptures, et supportent des statues de grande proportion , élevées sur des consoles ^ et surmontées de dais ou de frontons triangulaires. Maié ce qui contribua le plus aiir charme du coup-d'oeil , ce furent ces galeries, communes dans le XIII^. et le XI V^. siècle^ dont la rectitude des lignes con^bua puis^ samment à Tunité ; on en trouve plusieurs étages superposés sur la façade et dans l'intérieur des grands édifices ; les galeries extérieures présentent presque toujours des niches en forme de lancettes simples , ou de lancettes trilobées ( pi.

DU MOTfiJff AGE. 65c)

7 > %» 8 ) en léte de trèfle , ou enfin de lan- •celtes gëminëes (même planche ^iig. 5)} sou-> vent chaque arcade des galeries extérieures . aert à placer une statue* Les arcades des galeries intérieures sont en général plus larges que celles des galeries extérieures ;' lorsqu^il y a trois étages dans un édifice , le plus élevé et le plus bas sont ordinairement percés de fenêtres j mais celui du milieu est occupé par une galerie obscure, comme on peut le voir pi. 7 ^ fig. io« •

L'ingénieuse et savante disposition des arcsboutants et des contre-forts , surmontés de pyramides et de clochetons ( pi- 7 9 fig* 9 ) > mérite surtout de fixer Tatteution ; leur force est toujours combinée avec art. Gomme ils soutenaient le haut des 'murs y on en fit en même temps des aqueducs pour l'éconlement des eaux pluviales , qui en tombant du toit se répandaient d'abord dans une espèce de gouttière en pierre , au sommet du mur , et coulant eiisuite dans une dalle pratiquée au-dessus des ares-bout an ts j venaient enfin se répandre en cascades par d^ pierres en saillie appelées gargouilles j et qui servaient en même temps à orner les contre-Ibrts.

Les balustrades sont à peu près semblables à celles que j'ai indiquées'dans le précédent chapitre : on commença cependant à les orner avec

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de petites roses et des qaatre- feuilles encadres (pL 8, fig. 4«l5) (i).

Nous avons vu plus haut que rarchitectnre à ogives avait été pratiquée en France avant de pénétrer en Angleterre ; il en est résulté pen-* dant long-temps une différence entre les édifices gothiques élevés à la même époque en France et en Angleterre, et un retard dans ce dernier pays. - Cette différence estpeut*étre moins visiUe en Nof* mandie qu^aifturs , à cause des grands rapporta que cette province a eus avec TAngleterre. Elle est même presque imperceptible dans les églises de campagne , mais il n'en est pas de même dans les grands édifices.

En Angleterre, les arcs-boutants étaient en» core cachés sous les toits dans le XIU^. siècle ^ tandis qu^en France ils s'élevaient légèrement au * dessus de la toiture , dès la fur du Xll^» siècle. «

Dès le Xin^. siècle , on faisait en ]|rance de larges fenêtres divisées par trois ou quatre meneaux, et surmontées d'un nombre égal de roses; en Angleterre , on ne connaissait encore que les

(i J'appelle quatre-fenilles encadréM lei rotefl qm n'o»t qne qaaf r« feaillet , et qui sont eolaurées d'an cercle. C*e>t poar ne pas les confondre avec les roses proprement dites , qui étaient beaucoup plus grandes et trcs^ouvragées.

DU MOYEN AÛB. 64 f

lancettes gêimnëes avec une petite rose entre deax^ comme le dit positivement^* Milner ^ et comme le prouvent IVglîse de Westminster, la cathédrale de Salisbury ^ et d^autres monuments de la même époque. La cathédrale d^Amiens et celle de Salisbury , commencées toutes deux dans la même année (i2ai ) , semblent Tavoir été à soixante ans de distance. Le premier édifice ne fut entièrement terminé qu% la fin du XIII<*. siècle , et Ton y fit encore des travaux au corn* inencement du. XI V®. ; mais le plan qui fut exécuté avait été conçu dès le commencement des travaux, c'est-à-dire , verso aai ; onjToitnéan* moios deux rangs de belles fenêtres , celles de la nef sont divisées par trois meneaux ^ surmontés d^un nombre égal de roses , et aux chapelles de la croisée on en trouve qui ont jusque cinq meneaul^ et qui paraissent du même temps que les autres. Mais Texemple le plus frappant de tous est la cathédrale de Rheimsy oiiil y a de Irèsgrandes fenêtres aux deux bouts de la creisee , et qui est un des plus beaux monuments gothiques de rÊurope entière ; cet édifice fut élevé dans la première moitié du XIIP. siècle.

Nous sommes arrivés à l'époque la plus brillante de rhisloire de Tarchitecture gothique. La plupart de nos cathédrales et de nos belles églises

f)49 ARCHITECTCRB RBLIGIEVSE

de France ont été construites dans le coars da XIII«* siècle, et terminées dans le XIV^, Dès la fin de celui-ci, il y eut surcroît d'ornements | défaut de rectitude dans les lignes, et moins dliar* monie dans l'ensemble ; Tarchitecture gothique perdit de sa noblesse et de son élévation (i); dans le XI1I«. siècle et le XIV^. , il y eut fréquemment des églises de plus de 4oo pi^s de longueur sur 1 5o de largeur, et environ loo de hauteur ; on peut juger de TeiTet que doivent produire de pareils vaisseaux , où Ton a déployé tout le luxe et toute la grâce de l'architecture da temps.

Si nous voulons réfléchir un peu sur les principales beautés de Tarchitecture gothique , lorsqu'elle était dans tout son lustre, il faudra mettre au premier rang les proportions observées par les anciens architectes , la longueur des édifices y la forme des arcades , la légèreté des colonnes ^ ces fenêtres, ces roses découpées avec tant d'art , que la pierre semble être devenue flexible pour prendre au gré de l'ouvrier les formes les plus gracieuses. Ces pinacles aigus et cette multitude

(i) 11 y a cependant des eiceptions à cette règle générale; par exemple» Tégliie Saint-Onen de Boaen , qni est an des cbeAd'cniTre du genre » n'a été commencée qu'en i3i8| el n'a été terminée que pins d'un tîécle après.

't>m moyek agb. 645

â^omements de tout geore , donnent à Tëdifice une physionomie élancée^ imprimant à Pâme un sentiment à la fois romantique et religieux.. L^eiTet de perspective qui résulta de runiformité des colonnes et du nombre des arches répétées à des distances égales ^ formant pour ainsi dire de longues et majestueuses avenues , inspirent Të-tonnement^ la sensibilité et la mélancolie.

L'œil est enchanté du point de vue grand et magnifique qui se déroule devaot lui, et se promène agréablement sous ces longues voûtes aiguës , et sous ces galeries parallèles appelées ba&-côtés. Le chœur , le sanctuaire et la chapelle de la Vierge se présentent dans Téloignement; c'est là que Tartiste a déployé Ions ses moyens d^exécution , c'est là que lœil est forcé de s'arrêter , c'est là que tout se dirige,* que tout vient aboutir (i).

(0 On a reproché, mais à toil, avx monntnents gothiques y. d'être trop étroits ; c'est un de» caractères essentiels de l'arch»tectore élancée. Il y a quelque chose de plus religieux , de plu» mystérieux , de plus touchant dans ces édifices , où l'œil se promène long-temps avant d'en apercevoir toutes les parties; les églises gothiques sont certainement plus propres à toucher l'ame que les édifices modernes, dont «n aperçoit tout d'un coup l'étendue , et qui par leur forme peu aloogée différent entièrement des monuments gothiques ; d'ailleurs , si ces derniers eussent ét^ plus larges, il eût été difficile , peut-être même impossible , d'établir ces Toutes déjà. 'surprenantes par leur élévation et leur kgùreté*

($44 ABCHITECTCRE RELIGT£VSB

On doit rapporter à la seconde moitië dn Xin*. siècle , une portion de la cathédrale de Rouen , la chapelle de la Vierge de la cathédrale d^Evreoz , une partie des chevets d'Andelis et de Gisors , une partie de IVglise de Saint-Pierre do Gaen , et de Tandenne église de Saint-Sauveur de la même ville ; on trouve encore de Tarchitecture du XIII®. siècle dans les églises de Mosles , Ranchi , Cahagnes , Tours ^ . etc, (Calvados) ; dans Péglise royale de Saint- Denis ^ dans la cathédrale de Paris ^ dans celle d^Amiens j dans Téglise de Saint-Nicaise et dans la cathédrale de Bheims , etc. ; en Angleterre , dans la cathédrale de Salisbury , dans Téglise de Westminster, etç»

GOTHIQUE SECONDAIRE (i).

Deuxième époque; de i3oo ^ i4oo.

Dans le XI V«. siècle , beaucoup de caractères sont les mêmes qu a la fin du XUI^. Je me bornerai donc à indiquer les innovations^

(i) Qnoiqat l'arcbitéctare gothi<{ue secondaire loit d'un haot îotérêt vie n'ai donné qne le nombre de figuret indispenaablef

DU MOTÊN AGS. 64^

Depuis le commencement du XlVe. ^ on trouve

. un tro^oir garni d'une rampe entre la flèche et la tour f ce qui n'avait guère en lieu auparavant* On voit (planch. 8 , fig. 11)9 une tour de la première moitié du XIV«. siècle ; il est facile d'apercevoir qu'elle diffère sensiblement des tours du X1I«. et du XIIÏ®. siècle (i) ; cette innovation vint de ce que les flèches ëtant mieux filées et plus minces , leur base fut moins ëva-* sëe , il resta un intervalle entre elle et U tour qui leur servait de support (2). Les pyramides n'avaient encore reçu aucun ornement • on s'était borne à tracer sur les piernes de leur toit des tuiles en forme de dents de ^ie et de festons y etc. ; on les perça à jour par des trous en forme de petites roses et de trèfles ; on couvrit leurs angles de crochets ^ comme on le voit par la figure précitée.

poar rinteUigence de non texte , parce que la plupart des belle» églises gothiques ont été graTées ou lithographiées , et que tout le moode peut se procurer de nombreux exemples de ce genre d'architecture. Il n'en est pas de même dn genre roman » qui est presque inconnu dans certaines pruTÎnces.

^1) Il est probable qiie l'on avait placé des balustrades pareilles dès la seconde moitié du Xfll*. siècle; mais en général ce fut au commencement du XIV*. qu'elles furent employées.

(») On voit que cette disposition est tont-à4ait opposée à ceUe 4es pyramides romanes.

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