‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 106 sur 216 · SOUS LA DOMINATION ANGLAISE · texte numérisé non relu

SOUS LA DOMINATION ANGLAISE

aux uuiéM lâtA, fê9S et flâW ,

d'APHÈS trois comptes de la recette générale de NORMANDIE , CONSERVÉS A LA

BIBLIOTHÈQDE IMPÉRIALE ;

Pab Ch. de BEAUREPAIRE ,

Ancien élève de TËcole des Chartes, membre de la Socièlé.

11 existe à la Bibliothèque impériale, au département des manuscrits (n*'. 9&36, &; 9/t36, 5 ; 9/iâ6, 6), trois comptes de Pierre Surreau, rece^ Yeur-*général de Normandie : Tun pour une année et soixante-six jours, du 16 novembre 1^23 au 15 janvier 1&25 ; Tautre pour une année seulement, du 1". octobre 1&28 au 30 septembre 1&29. Le troisième est un comptejournal pour Tannée 1/^25. Les armoiries dont les deux premiers sont décorés indiquent qu'ils ont fait partie de la bibliothèque du savant conseiller Bigot , qui fut vendue en 1706. Ces volumes sont trop développés pour être publiés en entier ; mais il m'a semblé qu*une analyse pourrait en tenir lieu et servir de supplément à la collection de pièces recueillies en Angleterre par Bréquigny, dont la Société des Antiquaires de Normandie a eu la généreuse pensée d'entreprendre la publication. J'ai divisé cette analyse en trois parties : la première est con* sacrée à Tadministration supérieure , représentée par le Régent et par le Conseil ; la seconde , à Tadministratiou de la justice et des finances ; la troisième , à l'administration militaire et aux faits de guerre qui s'accom* plirent dans l'espace de temps que nos trois comptes embrassent (1 ) •

(i) Ces oompcei tout d*une écriiare soignée. Celui qui polis la cote 9Â36, & a A86 pages. C'éuît Texemplaire que le reoefeur-général Pierre Surreau a? ait conservé pour sa décharge , ainsi que le prouve une mention que Ton trouve à la dernière page : • Sic est in fine similis compoti in caméra compotorum domini Régis Parisius relenti. J. de Gamecj. > Le compte 9A30, 5 a 796 pages ; les derniers feuillets

DE l'administration DE LA NORMANDIE SOUS LA DOMINATION ANGLAISE. 171

ADMINISTRATION SUPiRlBi:RE ; LB RÉGENT ET LE CONSEIL; MISSIONS POLITIQUES;

TRANSMISSION DBS DÉPÈCHES.

Le dernier jour du mois d'août \bS2i HeDii Y était mort à Vincennes, laissant sa conquête inachevée, et, pour lui succéder, un enfant flgé d'un an à peine. Conformément à ses dernières volontés , son frère, Jean , duc de Bedfort, avait pris le titre de Régent du royaume lie France. Le Parlement anglais y ajouta celui de proiecteur et de défenseur du royaume d'Angleterre et de t' Église anglicane , en subordonnant, toutefois, l'exercice de cette haute dignité à la condition de la présence de Bedford en Angleterre. Tant que vécut le Régent, les aflbiresde France furent trop compliquées pour ne point réclamer tous ses soins et absorber toute son attention. Aussi , fut-il obligé d'abandonner presque complètement à son frère, le duc de Glocester , le gouvernement de T Angleterre. C'est presque toujours en France que nous le rencontrons, à partir de la mort de Hemi Y jusqu'à sa mort à lui-même, en 1&35.

II avait une garde composée de cent lances et de trois cents archers à cheval, qui coûta, en 1424, 35,750 1.; en 1425 et 1429, 36,000 1. On remarquait , au nombre des personnes attachées à sa maison , en 1424 : Monseigneur Thomas Rampston, chevalier banneret, son chambellan ; Mattre Jean Du Yé , licencié en Droit civil et canon , confesseur de Madame la Régente ; Richard Marbury , son écuyer tranchant ; Jean Rarton , trésorier de Thôtel ; Jean Piquet, clerc, garde des coffres, et un fauconnier, nommé Gemoun , auquel on payait 40 s. t par jour , pour lui , six varlets et la penture de seize oiseaux (1).

manquenL Ces deux registres, Tiin et Tautre sur perchemin, sont précédés d*uDe copie des lettres du Roi pour la lefée des aMes ; od y a joint , lors de la reliure , det tables des noms de personnes , composées au XVII*. siècle. Le eompte-'Joumal , pour Tannée 1435, est écrit sur papier. Pour faire le compte de 142& en double exemplaire, on acheta chet un parcbeminier ii dovEaines de parchemin propre à reccToir récriture des deux côtés, à SO s. la doutaine. Le parchemin qu'on employait pour les lettres ne coAtait que 20 s. la douzaine. On paya pour IMcriture 2 s. t. par feuillet, en tout àà I., et 20 s. pour la reliure. Les regiitm-journaux étaient en papier ; le papier s'achetait , comme la cire , chex les épiciers, et se vendait 60 s. t. la rame. P. 4S2-&36. Ct 9486, 5, p. 785. En 1429, ce fut Jehan Boivin, libraire, qui vendit le parchemin à la Recette générale. (4) On pourrait encore citer, comme appartenant à la maison du Régent : Guillaume Bâte, son serviteur;

172 DE l'administration DB la NOaMANDIB

En 1A28, messire Raoul BoateiUer et Thomas Blount prennent, Tun et Tautre , le titre de chambellan. Jean Du Yé était mort et avait été remplacé nous ne savons par qui. Jean Stanlawe, écuyer, était trésorier à la place de Barton.

La dépense de Thôtel de Bedford, indépendamment des gages de sa retenue que nous venons d'indiquer , fut portée, aux années l&2/i, l/i25 et 1 A29, à la soDune de 52,000 1. , à prendre sur les finances de Normandie. A cette dotation, si ce mot nous est permis, il faut joindre les revenus des domaines qui lui avaient été concédés en France : c'étaient les duchés d'Anjou et d'Alençon, les comtés du Maine et de Mortain, et la vicomte de Beaumont.

Conseil du Roi. — Le compte de l/i2& cite, comme membres du Conseil du Roi en Normandie à cette année-là :

Monseigneur Richard Layet, docteur eu lois, chancelier du Régent et conseiller, aux gages de 6 1. par jour. Il fut payé sur ce taux , du 1". juin 1&23 au dernier jour de décembre Ik^k ; à partir du 1". janvier 1&25 , il reçut 3,000 1. par an ;

Mons. Robert Jolivet, abbé du Mont-St.*Michel, aux gages de 1,000 1. par an ;

Mons. Raoul Le Sage , chevalier , aux mêmes gages ;

Mons. Jehan Popham, chevalier, aux mêmes gages;

Mons. Gilles de Clamecy, chevalier, aux gages de 600 1. ;

Richard Wideville, écuyer, seigneur de Préaux et de Dangu, aux gages de 100 1. sterling. Indépendamment de cette somme, Wideville touchait une forte pension à titre de grand-sénéchal de Normandie ;

Maître Raoul Roussel, docteur en lois eten décret, conseiller et maître des requêtes du Roi et du Régent, aux gages de 200 livres par an. Le duc de Bedford, par lettres données à Caen, le 20 décembre l&2â, porta sa pension à 300 1. , en considération des services qu'il avait rendus ;

Maître Jacques de Calais, licencié en lois, aux gages de 200 1. par an, conformément aux lettres du Roi, du 3 novembre l&2ii.

Colin (i*Anouval, huissier de la salle dudit seigneur ; Jean Feuton , clerc du signet ; Jean Thomas , son oublier.

hOVS LA DOMINATION ANGLAISE. 173

Maître André Margaerie, archidiacre du Petit-Caux, aux gages de 100 L paran;

Maître Denis Gastinel, licencié en lois et en décret, doyen de Téglise Notre-Dame d*Andely , aux gages de 100 1. par an ;

Hattre Jean Estourt, licencié en lois, doyen de la chapelle du Régent , aux gages de 60 s. t. par jour ;

Maître Guillaume Sebire, clerc notaire du Rd et greffier du grand Conseil, aux gc^es de 100 1. 1 par an (p. 155-162).

En l<i25 , le Conseil du Roi reste le même; mais, en 1&29, nous voyons paraître quelques noms nouveaux ; il se composait alors de :

Monseigneur Nicole Habart, évéque de Rayeux, aux gages de 1,000 K L par an ;

Mous. Robert Jolivet, aux mêmes gages ;

Mous. Gille de Duremont, abbé de Fécamp, aux mêmes gages. Le 19 février IftSS , il prêta serment, pour Toffice de conseiller, entre les mains du chancelier de France ;

Mons. Raoul Le Sage, chevalier, seigneur de St-Pierre-de*Roncheville et de Lamers, souvent désigné sous le nom de Mons. de Saint-Pierre , aux mêmes gages ;

Mons. Rerart de Montferrant , chevalier , aux gages de 800 1. ;

Mons. Gilles de Clamecy, seigneur de Prouvais, aux gages de 600 I. ;

Messire Jean Popham , chevalier , aux mêmes gages ;

Maître Jean Doule,aux mêmes gages. Il prêta sermentle 20 septembre 1 A.28;

Mattre Guillaume Le Duc , aiu gages de &00 1. ;

Maître Raoul Roussel , aux gages de 300 L ;

Hattre Jacques de Calais , aux gages de 200 1. ;

Monseigneur Thomas Holguille , chancelier de la Reine d'Angleterre, aux mêmes gages ;

Mons. Pierre de Rouville , aux mêmes gages ;

Maître Denis Gastinel, aux gages de 100 1. ;

Mattre Jacques d'Orléans , aux mêmes gages ;

Mattre Richard Gordonne, docteur en lois, aux gages de & 1. 1 par jour;

Mattre Guillaume Sebire était toujours notaire du Roi et greffier de son Conseil (p. 216-226).

Il résulte de cette simple énumération que le Conseil se composait à peu i»*ès

17/i DE l'administration de la NORMANDIE

exclusivement de Français, et qu'en i&29 il était pins nombreux qu'en l/i2&.

Les traitements des conseillers ne se payaient pas d'une manière uniforme. Les lettres par lesquelles le Régent les retenait au service du Roi leur faisaient à chacun une condition particulière. Les uns étaient payés à la fin de chaque quartier, en d'autres termes, à la fin de chaque trimestre; les autres, de mois en mois. La plupart avaient un traitement fixe par an ; quelques-uns, en petit nombre, étaient payés à raison du nombre de jours qu'ils étaient employés. A ces pensions il faudrait joindre, pour se faire une juste idée des appointements des conseillers, certains avantages que nous ne saurions exactement déterminer, et des frais de chevauchées , fixés , pour les plus favorisés , à 6 L t. ; pour les autres , à & 1. 1. par jour.

C'était généralement aux membres du Conseil que les missions politiques étaient confiées.

Au mois de novembre 1&28, Raoul Le Sage, Wautier de Hongreford , Tabbé du Mont-St -Michel et Raoul Roussel se rendirent de Rouen à Caen et aux basses-marches du Cotentin, pour conférer, avec les gens du Conseil du duc de Bretagne, au sujet de plusieurs grasses besognes touchant l'honneur, bien et prou fit du Roi, de Monseigneur le Régent et du pays de Normandie. Les conférences durent avoir lieu le 20 novembre et jours suivants.

Dans les premiers jours de février, Bedford, Philippe de Boui^ogne et les ambassadeurs du duc de Brabant eurent une entrevue à Amiens. Plusieurs membres du Conseil de Normandie y assistèrent ; ce furent : Raoul Le Sage, Jeah Popfaam, Gilles de Clamecyet l'abbé du Mont*St -Michel. On y vitpa* rattre aussi Hamon de Belknap, trésorier et gouverneur-général des finances. Le but de la réunion était de donner une solution au grave débat qu'avait soulevé le mariage du duc de Glocester avec Jacqueline de Bavière. Les conférences se prolongèrent jusqu'après la reddition du Crotoy ; elles n'amenèrent aucun résultat. Il fut décidé qu'on se réunirait de nouveau à Paris, à la fête de la Trinité.

Au mois de mars, Beraft de Montferrant remj^ssait, en Angleterre, une mission que le Régent lui avait confiée : Jean Popham et Jean Estourt allèrent l'y rejoindre. Du 6 juillet au 17 octobre, nous le retrouvons, en qualité de négociateur, à la Cour du duc de Bretagne.

Du 10 juillet au 18 août, Raoul Le Sage et l'abbé du Mont-St. -Michel vont àVernon, prendre les ordres de Bedford, qui les envoie à At^vtlle, à

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